CHAPITRE XI
On avait quitté la table; le roi s'était retii-é dans son cabinet pour travailler avec ses ministres, chose qui ne se réduisait pas cette fois à affaire de formes , vu les embarras du royaume. Ils étaient tels , que Théodore pouvait déjà supputer le jour où la riche dot d'Olympia disparaîtrait dans les gouffres sans fond du trésor royal.
Frédéric devenu, en si peu de temps, de pauvre étudiant qu'il était, baron, prince royal, colonel de cavalerie, commandeur de l'ordre de la Rédemption, et fiancé avec l'une des plus belles femmes de l'Italie, ne
l38 IJILODORE, LK ROI d'ÉTÉ.
s'inquiétait pas de ces minutieux embarras financiers. Pour échapper à la foule importune de ceux qui lui adressaient leurs félicitations, il entraînal'heureuse Olympia sur le balcon,oii les ombres de la nuit dérol)aient le tendre cbtrple aux yeux du peuple qui se pressait en flots joyeux sur la place du marché.
Les amans, enlacés dans les bras l'un de l'autre, n'entendirent même pas les trois coups de cdnoïi qui* donnaient le signal du feil d'ariitîce , par lequel l'inspecteur gériérîll de l'artillerie, comte A vischi, célébrait les fîaliraiil'és duprince royal.
Tout-à~eoup , mille fusées s'élevèrent i*iajestlié|Jsement danà les airs et formèrent;, èittrè Ift fefrre et la voûte du ciel, de Jargeà 'i^iiliafis- dé feu. Un cri du peuple , qui les suivait des yeux , applaudit au vol hardi de ces globes iumiiieux , qui , après avoir tracé de longs sillons, répandirent des millions d'étoiles scintillantes et convertirent les ténèbres en une vive clarté.