CHAPITRE Xlll. Ï
beaucoup de choses. Quant à nous deux, notre sécularisation ne doit pas nous causer des appréhensions excessives; si toutes les cordes viennent à rompre, vous pouvez faire le métier d'avocat, et moi montrer l'exercice à des recrues. Partout dans notre Europe civilisée, il y a des procès et des soldats. Ainsi choquons les verres, monsieur l'avocat; le lieutenant boit à votre nombreuse clientelle. Mais Frédéric ne lui fit point raison, sa blessure lui causait de vives douleurs, et les yeux fixés vers le ciel, il se livrait à de sombres rêveries: écoutez cousin, lui cria Trévoux, vous me semblez aujourd'hui aussi ennuyeux qu'un Allemand puisse jamais l'être; je prodigue mon esprit pour vous amuser, et vous êtes planté là dan3 votre fauteuil comme si vous méditiez une retraite à la Trappe. Est-ce la fuite d'Olympia ou nos revers qui vous occupent?
— La fuite d'Olympia m'inquiète peu :
séparée de moi, privée de tout appui, elle a pu fuir un iJcUiger imminent; mais me
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devenir infidèle? jamais! Elle est unie à moi par des liens sacrés, et je puis compter sur son cœur.
— Hem ! dit Trévoux d'un ton ironique, si vous êtes réduit à faire le métier d'avocat, ce n'est pas moi qui serai caution bourgeoise pour la riche duchesse; mais, de vous chagriner pour cela dès aujourd'hui, de vous en chagriner en quelque temps que ce soit, ce serait folie! Non, autre chose vous tourmente, car jamais je ne vous vis une pareille figure. Allons pariez. Peut-être pourrais- je vous tirer d'affaire.
Frédéric posa sa montre sur la table. — Dans une demi-heure, dit-il, il faut que je fasse fusiller quatre officiers!
— Des innocens? reprit Trévoux, cela serait un peu dur; mais lorsque la sentence porte (le par le Roi, je commande le feu avec autant de calme que dans une manoeuvre.
-^ Ils ne sont pas innocens , reprit Frédéric; ils voulaient livrer Porto -Yecchio