‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 61 sur 120 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

aux Génois , et me faire prisonnier ou me tuer. Je leur dois la mort de mon brave Horra et cette blessure.

— Et vous êtes affligé de les envoyer dans l'autre monde? dit le comte en riant aux éclats. Excusez ma franchise, cousin, mais si mon oncle vient à mourir, je vous déclare incapable, et je m'empare du pouvoir comme votre tuteur, car vous ne serez jamais en état de gouverner.

— Pour moi, répondit Frédéric, si je suis obligé de faire exécuter ces scélérats, c'en est fait de mon repos.

Trévoux était un étourdi, mais il avait un cœur excellent : après avoir long-temps réfléchi, il se leva brusquement et, remettant son épée dans son ceinturon, il s'écria : — Il faut se prêter aux folies des malades; mon cousin, vous ne pouvez pas juger ces gens. Vous êtes blessé à la tête, et par conséquent vous êtes incapable de réfléchir aussi mûrement que le demande une affaire où il s'agit de la vie de trois hommes. Vous avez été blessé par les pré-

venus eux-mêmes, et ce sont eux qui vous ont privé d'un fidèle serviteur; ainsi vous êtes devenu partie dans celte cause. Mais moi , après vous le premier dans le royaume , et qui suis rentré en activité de service puisqu'on m'a rendu mon épée, je dois veiller à ce qu'il ne se fasse rien qui puisse nuire au service du roi, et compromettre l'honneur de ce souverain. Je vous demande donc les pièces du procès, afin de présider le conseil de gueire à votre place; je ferai mon rapport directement à sa majesté.

Frédéric le regarda d'un air étonné. Les émotions, que lui avaient fait éprouver les nouvelles que Trévoux venait de lui communiquer, avaient agi trop fortement sur lui; il s'évanouit.

Son cousin s'empara des dossiers, fit porter Frédéric dans son appartement, présida le conseil de guerre avec dignité, et vota pour la uiort des inculpés dont le crime étaitprouvé jusqu'à l'évidence. Lorsque Frédéric reprit connaissance, les der-

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