‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 67 sur 120 · CHAPITRE XV. iSr · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. iSr

commandait la sortie, écumait de rage, et cria que si la garnison tirait encore un seul coup de carabine, il la brûlerait avec la tour. Mais l'incendie, dont on menaçait les Corses, était encore loin d'eux,etles cinquante quintaux de poudre se trouvaient sous leurs pieds. Julia, la mèche allumée à la main , leur semblait Lachésis ellemême; aussi continuèrent-ils le feu avec une incroyable ardeur. Cependant les Grecs avaient établi une batterie, et leurs boulets incendiaires frappant le bois de la tour, elle ne tarda pas à être en proie aux flammes.

Frédéric descendit dans les caveaux où il trouva la redoutable Julia, assise près d'un baril de poudre défoncé, tenant avec tendresse dans ses bras son enfant endormi.

— La tour est en flammes, lui dit-il; je ne puis la défendre plus long-temps : je vais faire une sortie avec le reste de la garnison, afin de me frayer un chemin à travers les ennemis ou mourir. Mais vous,

iSa TiiiîoDORE, Li; ROI d'été.

femme admirable, si je ne puis vous sauver, c'en est fait de l'ardeur qui m'aida pour combattre , car je vous regarde comme notre ange gardien.

— A'^taquez à la garde de Dieu , don Fédérigo, ne songez pas à moi, lui répondit Julia avec calme ; je ne puis vous suivre, car je ne saurais emmener mon enfant : j'attendrai le retour de mon mari ; il viendra xne sauver ou me venger ! Faites crier aux assaillans que vous allez abandonner la tour, mais qu'il s'y trouve dix milliers de poudre, et que la femme de Castagnetta a juré d'y mettre le feu au moment où un soldat ennemi mettrait le pied sur le rempart. Les Génois me connaissent; ils n'oseront y pénétrer.

— Que Dieu vous protège ! s'écria douloureusement Frédéric, et il s'éloigna. Il prit le costume d'un paysan Corse, puis donna ses ordres pour la sortie. La proclamation qu'il avait fait faire, la réputation de la courageuse Castagnetta, tinrent les Génois éloignés de la tour, et il put

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