‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 71 sur 120 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Olympia le regarda d'un air indifférent et dédaigneux, mais attentif. — Il me paraît encore jeune, dit-elle , et je suis fâchée que l'on ait profité de son inexpérience pour le porter à se révolter contre la sérénissirae répid^liqne. Si des motifs particuliers ne me faisaient pas éviter de vouS' avoir aucune espèce d'obligation, je vous demanderais sa vie, Rivarola.

— Je suis ravi, reprit Rivarola embarrassé, que vous ne mettiez pas ma galanterie à une semblable épreuve; car j'ai pour principe de ne faire grâce à aucun rebelle pris les armes à la main.

— Un refus, un refus! même avant que je vous aie adressé aucune prière! s'écria Olympia piquée. Maintenant mon honneur se trouve en<;agé à obtenii' sa grâce, et je vous demande de me l'accorder, si toutefois vous ajoutez encore quelque prix à ma bienveillance.

— Deux passions bien différentes se combattirent alors dans l'âme du rusé Génois; mais lorsque Olympia eut posé sa

l88 THÉODORE, LK llOI d'ÉTÉ.

main sur la sienne, et que la belle duchesse lui eut dit, d'une voix pleine de douceur: — Vous hésitez encore, Ilivarola? il ordonna de conduire le prisonni>ep dans un cachot jusqu'au lendemain, où it devait décider de son sort.

Dès la première parole qu'avait prononcée Olympia, le Corse était resté immobile, l'une de ses mains posée sur sa tète blessée; lorsque le major lui indiqua la porte , il se pressa la poitrine des deux mains, poussa un cri douloureux, et sortit en chancelant.

Rivarola étonné fit un signe à Annibal Lucioni, gentilhomme corse, qui n'était passé du côté des Génois que depuis peu, et à son cousin le capitaine Franchi, passa avec eux dans Tembrasure d'une fenêtre, et leur parla long-temps avec chaleur.

Olympia observait de loin les interlocuteurs, et ne perdait pas un seul de leurs gestes.

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