‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 72 sur 120 · CHAPITRE XVIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIL

Frédéric , couché dans son cachot , souffrant de ses blessures mal pansées, plus tourmenté encore par ses souffrances morales, desirait avec impatience de voir luire le jour qui devait finir tous ses malheurs. Un faible rayon de lumière pénétra à travers les carreaux; il entendit le bruit d'une lime qui rongeait les barreaux de fer dont sa fenêtre était garnie ; les barreaux tombèrent, et il entendit dire à voix basse : — Montez, je veux vous sauver!

Frédéric recueillit toutes ses forces pour s'élever jusqu'à la fenêtre. Il y était at* tendu par un homme qui le fit descendre

ï'90 THÉODORE, l.E ROI DÉTÉ.

dans le fossé demeuré à sec, sur une échelle de cordes, dont il s'était servi lui-même pour arriver jusqu'à la prison. La porte d'une galerie se trouvait ouverte : l'homme saisit la main de Frédéric, l'entraîna dans la galei'ie et en tira la porte. Ils marchèrent à grands pas dans cette étroite route souterreine, dont les voûtes s'abaissaient ou s'élevaient, selon l'élévation du sol. Les exhalaisons de la terre gênaient leur respiration, et au-dessus de leurs têtes ils entendaient le cliquetis des armes, le roulement des voitures, le mugissement de l'eau. lis cheminèrent long-temps de la sorte; enfm ils aperçurent des étoiles dans le lointain, et l'air de la nuit sembla un baume rafraîchissant à Frédéric, dont les forces étaient épuisées. Ils ne tardèrent pas k se trouver dans la plaine, où un cavalier les attendait avec un cheval de main.

— Vous êtes sauvé, dit d'un ton joyeux le conducteur de Frédéric, en l'embrassant cordialement.

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