CHAPITRE xvrr
— C'est la voix de Franchi! s'écria celui-ci avec étonnemenl.
— Qui s'estime heureux, reprit Franchi en Hmant les chaînes de Frédéric , d'avoir été à même d'exposer sa vie pour vous délivrer : ce n'est qu'ainsi qu'il pouvait s'acquitter avec vous. Déjà Rivarola soupçonnait que vous étiez le prince royal ; ses soupçons ne pouvaient manquer de se convertir aujourd'hui en certitude, et votre sort eût été affreux.
Les chaînes tombèrent; Franchi jeta sur les épaules de Frédéric un manteau de cavalier, le coiffa d'un casque de dragon génois, l'aida à monter à cheval, et lui dit : — Capo-Corsico est entièrement à nous, Nebbio ainsi que la plus grande partie de la Bologna se sont soumis à la république, déjà notre cavalerie légère a poussé ses excursions jusqu'à Corte, et votre père est assiégé par ses propres troupes dans le couvent de Monte -Maggiore; ainsi, appuyez vers le sud, et tâcliez de gagner Pérégrino par le rivage de
TIlIiODORE, LE EOF D KTE.
la mer. Vous pouvez compter sur votre guide. Que Dieu protège votre fuite! Dans votre haine pour Gènes, n'oubliez pas qu'un Génois vous aime de tout son cœur, et qu'il ressentira pour vous la plus vive reconnaissance, tant que durera cette vie qu'il doit à votre générosité.
Franchi disparut dans la galerie : Fré- .déric se dirigea au grand trot vers le sud, avec son conducteur, enivré par le délicieux plaisir d'être libre, etne sentant plus Jes douleurs que lui causaient ses blessures.