‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 8 sur 120 · CHAPITRE r · texte numérisé non relu

CHAPITRE r

à mon retour, si je trouve que tu as bien fait ta besogne , je te donnerai un ducat.

— Eh! mon beau blanc, ne parlez donc pas tout de suite de ducats, reprit la jeune fdle avec humeur, en s'approchant du blessé. Vous croyez vous autres que mes pareils ne font rien pour rien. En parlant ainsi, elle leva le bras de Schmidtberg et s'écria avec vivacité qu'il fallait lui ôter son habit.

— Voilà ce que j'avais pensé, répondit Wachtendonk, mais je craignais d'irriter la plaie en tirant la manche.

— Ah! quelle lenteur! reprit la vive brune; elle saisit son couteau, fendit la manche du haut en bas, nettoya la plaie et la pansa d'une main légère et exercée.

— C'est là un cas semblable à celui de l'œuf de Christophorus Colon que l'on appelle inexactement Coloriibus , dit Wachtendonk d'un ton important. Je laisse lo blessé entre tes mains, ajouta-t-il, ta physionomie honnête ni'est garant que je te retrouverai ici à mon retour.

Ù.0 THEODORli, LE ROI D ÉTÉ.

— Cela va sans dire, répliqua la jeune fille , en fixant des regards animés sur le visage livide de son malade. Waclitendonk qui s'en aperçut, dit avec un sourire ironique : — Quœ medicamenta non sanantyferrum saiiat; quceferrum non sa^ natj ignissanat* y nous enseigne Hippocrate. Ma démonstration, aussi savante que concluante, n'a rien produit; le fer, comme le fait le prouve, n'a point agi comme médicament, mais bien plutôt comme materia peccans ; voyons maintenant si le feu de ces yeux aura une vertu curative ou s'il augmentera le mal. Et il s'en alla à pas lents pour gagner le rivage, secouant la tête et se retournant souvent.

* Le fer guérit ce que ne guérissent pas les mcdica- Hiens , le feu guérit ce que ne guérit pas le fer.

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