‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 82 sur 120 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

semblait vaincu; ils ne faisaient plus qu'une molle résistance ; mais tout-à-coup une activité nouvelle se fit remarquer autour des chefs : la mesure s'accéléra ; les mouvemens devinrent plus rapides. Les Maures et les chrétiens, constamment en activité, changeaient de position à chaque instant ; tantôt ils étaient serrés de près , tantôt ils serraient leurs adversaires ; mais peu-à-peu les Maures perdirent courage. Les cris plaintifs des vaincus retentirent au milieu du fracas des armes, et la voix étouffée de leur général qui encourageait les siens à combattre avec une valeur nouvelle, semblait porter l'expression du désespoir et être le signal de sa défaite. L'illusion fut complète et l'âme des spectateurs était profondément agitée : tous se croyaient témoins d'un combat véritable. Trévoux se trouva enfin près de son cousin, auquel il remit son épée ; l'armée des Maures mit bas les armes. Les vaincus suivirent les vainqueurs dans le même ordre dans lequel ils s'étaient avancés pour le combat;

mais la crainte , l'abattement, le désespoir se peignaient sur leurs traits ; les chrétiens exprimaient avec la même vivacité, par leur mine, la joie qu'ils éprouvaient de leur victoire , et entrèrent avec leurs prisonniers sous les portes de Mariàna.

CHA.PIT11E XXI. 2r3

Page 1