‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 89 sur 120 · CHAPITRE XXJV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXJV

La flotte française venait à peine d'entrer dans le port de Bastia, que déjàBoisseux et Contades avaient débarqué leurs troupes et commençaient à déployer leur terrible activité. Semblable au sapin qui ne pousse que peu-à-peu ses racin-es entre les pierres , mais qui n'en détruit pas moins l'édifice le plus solide , l'armée alliée avançait lentement , mais avec une force irrésistible.

Giafferi et Paoli appelèrent encore une fois le peuple aux armes par un manifeste énergique ; et ces paroles de Judas Machabée , par lesquelles il finissait : « Il nous

« sera moins douloureux de périr dans le* « combat que de voir une pareille misère « dans notre peuple et dans notre sanc- « tuaire » , ne se perdirent pas dans les airs sans avoir été entendues. Les Corses se réunirent encore une fois, oubliant leurs querelles particulières, pour combattre Tennemi commun ; mais en vain ! La supériorité de la tactique et de la discipline de leurs ennemis l'emporta, et là où cet avantage était insuffisant, les plus bas stratagèmes furent mis en usage. Boisseux fit prendre à une partie de ses troupes le costume des paysans corses , et ce travestissement, qui causa une grande confusion , coûta la vie à un grand nombre de défenseurs de la liberté; car lorsque les partis se rencontraient dans les montagnes , les Corses ne reconnaissaient les ennemis qu'aux balles qui venaient éclaircir leurs rangs. Vaincu dans plusieurs combats, Frédéric se trous'a bientôt refoulé , avec le reste de son armée , sur la côte orientale, où il continua de défendre, avec d'iu-

Page 1