‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 90 sur 120 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

«rovables efforts , une étroite bande du littoral. Ses espions lui avaient donné avis que Contades, qui commandait pendant la maladie deBoisseux, n'attendait plus, pour risquer un coup décisif, que l'arrivée de troupes fraîches et que l'on avait déjà aperçu , à la hauteur de Tile, les bâtimens qui les portaient. Il se promenait sur le bord de la mer, cherchant dans son esprit des moyens de salut , et dans ses méditations il ne s'était pas aperçu que la nuit couvrait déjà la terre.

Tout-à-coup un bruit étrange le réveilla en sursaut de ses sombres rêveries : il fit un mouvement de surprise , et , en revenant à lui , il se trouva tout senl et fort éloigné de son camp. Les étoiles brillaient avec éclat sur un ciel sans nuages; la mer semblait caresser le rivage et roulait de petites vagues avec un doux murmure. Le bruit qui avait tiré Frédéric de sa rêverie continua de se faire entendre : il ne ressemblait , ni au mugissement du vent qui soiiffle à travers des ruines, ni au croasse-

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ment des oiseaux aquatiques , ni au hurlement des loups si nombreux dans ces cantons, ni au rire moqueur de l'homme; mais c'était un mélange confus de tous ces sons, dont l'effet était terrible. Frédéric, que n'abandonnait jamais son courage , se dirigea, l'épée à la main, vers le lieu où ce bruit se faisait entendre.

Il ne tarda pas à apercevoir , entre les rochers du rivage, une sombre hieurrougeâtre, et bientôt il distingua, sur un feu brillant, une énorme chaudière, autour de laquelle étaient agenouillées trois ^^eilles femmes semblables à des spectres, qui entonnaient un lioiTible chant. Elles se levèrent et firent trois fois le tour de la chaudière à pas lents, puis elles se saisirent par leurs mains décharnées et formèrent autour des flammes une danse digne desThyades; puis elles s'agenouillèrent de nouveau, recommencèrent leurs chants, et, à mesure qu'ils retentissaient dans les airs, le ciel semblait s'obscurcir davantage, les étoiles ^disparaître , et de sombres nuages s'accu-

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