‹ Théodore, le roi d'étéChapitre 98 sur 120 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Le lendemain , Frédéric était debonl à î'entrée du souterrein du fort, dont les soldats bouchaient la porle avec de la terre, par son ordre; lorsque Trévoux, qui avait commandé en dernier lieu la défense de San-Peliegrino, arriva au grand galop de son cheval tout couvert d'écume.

— Comment, cousin, lui dit Frédéric avec étonnement, vous avez abandonné votre forteresse ?

— Ma forteresse m'a vomi dans la plaine, répondit Trévoux avec son insouciance -habituelle, j'ai cessé d'être commandant

en attendant que je cesse d'être prince. C'est là, ne vous déplaise, le premier acte de notre sécularisation, le toiir du prince est venu; et puisque vous avez fait une conversion qui vous a jeté sur Porto-Vecchio, selon toute apparence votre viceroyauté ne tiendra plus long-temps.

— Quoi? votre garnison vous a trahi!

s'écria Frédéric avec véhémence.

— Elle m'a déclaré fort poliment, reprit Trévoux, qu'elle desirait avoir un commandant français. Je voulus d'abord répondre avec du plomb à quelques-uns de ceux qui me faisaient cette ouverture; mais comme deux compagnies me couchèrent en joue avec leurs carabines, je fus obligé de céder à un argument aussi péremptoire. Nous nous sommes quittés les meilleurs amis du monde, et je me suis rendu ici pour prier votre altesse de m'accorder un coni^é illimité.

— Vous voulez donc abandonner notre bonne cause! s'écria Frédéric avec emportement.

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