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« coiiiTie voi-s la vérité divine. » Les iiKxlesles écrivains du recueil de la nouvelle alliance ne se .seraient jamais attendus au culte qu’on leur voua par la suite. Les opinions aujourd’hui changent aussi à leur sujet et changent en bien.
Rien de plus facile que de signaler des variations plus nombreuses encore sur la nature du Christ et son autorité. L’opinion fut très partagée sur ce point parmi les premiei's chrétiens, les uns voulant qu’il fût homme, les autres qu’il fût Dieu, d’autres qu’il fût intermédiaire entre rhomme et Dieu. Vint ensuite la doctrine devenue orthodoxe d’après laquelle il est à la fois pleinement homme et pleinement Dieu. Depuis le xvi' siècle de nouvelles variations se sont fait jour.
Le temps viendra où l’on .sentira généralement le véritable caractère de la Bible. Alors on verra qu’en dépit des contradictions de l’Ancien Testament, de ses légendes si belles comme fictions, si inadmissibles comme histoire; en dépit de ses prédictions non accomplies, de ses conceptions puériles de Dieu et des malédictions cruelles qui déparent les psaumes et les prophéties, — il y a dans ce livre un respect de la nature humaine, une confiance en Dieu, une profondeur de piété que nos cœurs d’hommes du Nord ressentent bien rar»*ment. Alors le sons religieux des auteurs hébreux, leur sainte fierté, la majesté de leur vie, redou-
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bleront pour nous de charme et de puissance. Le prophète et le psalmiste réchaufferont plus que jamais nos cœurs. Leur voix réjouira la jeunesse et .sanctifiera les cheveux blancs, nous charmera dans le labeur de la vie et adoucira la coupe que nous tend la mort quand elle , vient déchirer ce manteau de chair. Alors on verra que les paroles de Jésus sont une mélodie céleste chantée par une voix terrestre, et que l’écho de ces paroles chez Paul et chez Jean doit sa puissance à leur vérité, non pas à quelque élément accidentellement lié avec elles. Alors la Parole, qui était au commencement et qui est tohjours, trouvera accès jusqu’au fond du cœur de l’homme et lui tiendra un langage qu’elle parle bien rarement aujourd’hui. Alors la Bible, cette bibliothèque des plus profondes pensées, des plus sincères sentiments de piété et d’amour que les langues humaines aient jamais exprimés , sera lue bien plus qu’aujourd’hui, non pas avec l’esprit de superstition, mais avec la raison , la conscience et la foi déployant toute leur énergie. Alors elle sera le soutien des hommes courbés sous le poids du chagrin, elle sera la censure du péché, l’encouragement de la vertu, et elle répandra au loin et au large cette semence d’amour qui fournit à l’homme sa moisson pour l’éternité.
Malgré tous les obstacles entassés sur sa route, que de bien la Bible n’a-t-elle pas fait au genre humain l Aucun abus n’a été assez fort pour nous priver de ses bénédictions. Vous pouvez suivre sa trace à travers le monde depuis les jours de la Pentecôte jusqu’il présent.
Comme au cœur d’un continent de sable s’élance le fleuve dont le père est dans les cieux et le lieu de naissance dans les montagnes lointaines; comme son cours va s’élargissant toujours, se créant le long de la plaine aride une fraîche et verte ceinture qui le suit partout où ses détours le mènent, faisant naître les bois de palmiers et les champs fertiles, où les chaumières exhalent leur fumée le soir et où les cités de marbre renvoient au ciel le rayonnement de leur splendeur, — telle a été la marche de la Bible sur la terre. Malgré les monuments idolâtres construits sur le sable de ses bords, elle a fait sa marque plus profondément dans le monde que toute la riche et magnifique littérature des païens. Le premier livre de l’Ancien Testament dit à l’homme qu’il a été fait à l’image de Dieu; le premier livre du Nouveau nous dit : « Soyez parfaits comme votre Père qui est aux cieux I » Il n’a Jamais été dit rien de plus grand que cela. De quelles bénédictions les vérités contenues dans la Bible ont été pour nous la source ! 11 n’est pas un enfant sur les collines de la Nouvelle- Angleterre, il n’est pas une pauvre fille née dans quelqu’une de ces horribles caves qui déshonorent les capitales de l’Europe et crient contre la barbarie de la civilisation moderne , — dont après tout le sort n’ait été amélioré par ce grand livre.
Sans doute aussi le temps viendra où l’on verra Jésus tel qu’il est. En vérité, il pourrait nous dire : « Je suis depuis si longtemps avec vous , et vous ne me connaissez pas encore ! » Nous avons fait de lui une idole, et
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nous avons ployé les genoux devant lui en disant : « Salut, roi des Juifs! » Nous l’avons appelé «Seigneur! Seigneur! » mais nous n’avons rien fait de ce qu’il disait. L’histoire du monde chrétien pourrait se résumer dans ce seul mot de l’évangéliste : « Et ils le crucifièrent là ! » Car à chaque siècle on a crucifié de nouveau le Fils de Dieu. Mais si l’erreur prévaut pour un temps et vieillit dans le monde, la vérité pourtant finira par triompher , et alors nous verrons le Fils de Dieu tel qu’il est. Il attirera, de sa hauteur, toutes les nations à lui. Alors on comprendra cette parole de Jésus qui ne saurait passer. Alors nous verrons et nous aimerons la vie divine dont il a vécu. Quelle influence que la sienne! Quel changement son esprit a opéré dans les cœurs de ses disciples qu’il trouva rudes, égoïstes, fanatiques ! Quel changement dans le monde ! Ses paroles jugent les nations. Le plus sage des fils des hommes n’a pu encore mesurer leur hauteur. Elles parlent à ce qu’il y a de plus profond chez les hommes sérieux, à ce qu’il y a de plus saint chez les hommes de bien, à ce qu’il y a de plus divin chez les hommes religieux. Elles rallument la fiamme de la piété dans des cœurs depuis longtemps refroidis. Elles sont esprit et vie. La vérité proclamée par Jésus ne lui est pas venue de Moïse ou de Salomon : la lumière de Dieu a resplendi à travers son âme, sans mélange, sans déviation. Sa vie est le reproche de tous les temps. Elle condamne l’ancienne civilisation, elle condamne la moderne. Nous avons eu, depuis, des sages et des saints.
mais ce jeune Galiléen marche en avant du monde pour des milliers d’années, tant il y avait en lui de divinité! .Vs paroles résolvent les questions de notre âge. En lui le divin et l'humain se sont rencontrés et embrassés, une vie divine est née. Comparez à Jésus les plus grands des enfants du monde : qu’ils sont pauvres à côté de lui ! Mesurez à sa taille les meilleurs des hommes : qu’ils paraissent petits et infimes! Exaltez-le autant que vous pourrez : vous resterez peut-être encore aude.ssous de ce qu’il mérite. Mais pourtant ne fut-il pas notre frère, fils de l’homme tel que nous , fils de Dieu comme nous-mêmes? Sa perfection n’a-t-elle pas été une perfection humaine? Sa sagesse, son amour, sa
piété, si douce, si céleste qu’elle fût , serait-elle audessus de ce que nous pourrions atteindre? En lui, comme dans un miroir, nous pouvons contempler l’image de Dieu et marcher de gloire en gloire jusqu’à ce que nous soyons transformés à son image, conduits par cet esprit qui illumine les humbles. Considérée à ce point de vue, que la vie de Jésus est belle ! Les deux sont descendus sur la terre, ou plutôt la terre est montée aux deux. Le f’ils de Dieu est majeur et a pris possession de son droit d’aînesse. C’est la plus brillante des révélations, car elle nous révèle ce qui est possible pour tous les hommes, sinon dès à présent, du moins dans l’avenir. Combien pur est son esprit et combien encourageantes ses paroles ! « Pauvre affligé, » semblet-il dire, « vois comme je porte la croix ! Pauvre travailleur, sols fort : vois comme j’ai travaillé pour les
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ingrats et les égoïstes! Pécheur égaré, vois ce dont tu es capable! Relève-toi et sois béni! »
Mais si , comme quelques-uns des premiers chrétiens 1 en donnèrent l’exemple, vous vous formez du Christ une idée païenne, si vous faites de lui un Dieu, le Fils de Dieu dans le sens exclusif, vous perdez une grande partie du sens de son caractère. Sa vertu n’a plus de mérite, son amour plus d’héroïsme, sa croix n’est plus un fardeau, son agonie n’est plus une souffrance, sa mort n’est qu’une illusion, sa résurrection qu’une apparence. Car s’il n’était pas un homme, s’il était un Dieu , que signifient toutes ces choses ? Que sont .ses paroles, sa vie, sa perfection? Elles ne sont plus rien, en comparaison de la grandeur immense de Celui qui a créé les mondes et qui remplit le temps et l’espace. Dès lors sa résignation ne nous enseigne plus rien , sa vie n’est plus notre modèle , sa mort n’est plus un triomphe pour vous et pour moi, qui ne sommes pas des dieux, mais des mortels, qui ne savons pas ce qu’amènera le jour de demain et qui marchons par la foi, en tâtonnant, sur notre chemin tout semé de périls. Hélas ! nous avons désespéré de l’homme et par là détruit sa plus brillante espérance.
Doctrines et formes, nous les voyons toutes soumises au changement. Partout instabilité et incertitude. C’est sur les points considérés comme les plus vitaux que les opinions ont le plus varié. Si nous pouvions ressusciter un docteur chrétien d’un autre âge, du vr au xiv siècle, par exemple, un docteur d’une orthodoxie incontes-
table, dont la parole a rempli les églises de la chrétienté, c’est tout au plus si les clergés d’aujourd’hui lui permettraient de s’agenouiller à leur autel ou de s’asseoir avec eux. à la table du Seigneur. Ses idées sur le christianisme ne trouveraient pas d’expression dans notre langue et nous ne pourrions lui présenter les nôtres sous une forme intelligible à ses oreilles. Les questions de son temps, celles dont on pensait alors que le christianisme dépendait, des questions qui embarrassaient et divisaient les docteurs subtils, ne sont plus des questions pour nous. Les querelles qui rendaient alors les sages furieux, ne provoquent plus maintenant qu’un sourire ou une larme, selon que nous sommes disposés à rire ou à pleurer de la faiblesse humaine. Nous avons d’autres fétus pour nous quereller aujourd’hui. Leurs anciens iivres de dévotion ne nous disent plus rien, leur théologie n’est qu’un bruit de mots. Sans même remonter si loin, les spéculations théologiques de nos pères pendant les deux derniers siècles , leur théologie pratique, leurs sermons eux-mêmes, malgré le talent et la piété de leurs auteurs, tout cela, à bien peu d’exceptions, est devenu illisible, tant les doctrines ont changé !
La postérité regarde ordinairement d’une même
hauteur les traqueurs d’hérétiques et les hommes traqués pour hérésie ; et elle s’étonne également des uns et des autres... La dispute sur la transsubstantiation, celle concernant la pureté des textes hébreux et grecs de l’Écriture, furent poussées avec une amertume dont
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rien n’approche de nos jours. Le protestant sourit de l’une; le catholique, de l’autre; l’homme de bon sens, de l’une et de l’autre,
Quand on laisse là les discussions entre catho-^
liques et protestants, trinitaires et unitaires, ancienne et nouvelle école, pour en venir aux paroles mêmes de Jésus de Nazareth, le christianisme est chose simple, très-simple. Il est moralité pure, absolue; religion pure, absolue: l’amour de l’homme et l’amour de Dieu agissant indépendamment de tout obstacle ou empêchement. La seule doctrine qu’il pose est la grande vérité qui surgit spontanément du coeur religieux : u II est un Dieu ! » Sa devise est : « Soyez parfaits comme votre Père céleste ! » La seule forme qu’il exige est celle d’une vie divine, et cette vie consiste à faire le mieux pour le mieux, pour les plus saints motifs, à obéir parfaitement à la grande loi de Dieu. La sanction , c’est la voix de Dieu dans vos cœurs, la présence permanente de Celui qui nous a faits, nous et les étoiles qui sont sur nos têtes, c’est le Christ et le Père habitant au dedans de nous. Tout cela est très-simple, un enfant le comprendrait; et très-beau, l’esprit le plus élevé ne pourrait trouver rien d’aussi doux... \a fin du christianisme, c’est de faire que tous les hommes soient uns avec Dieu, comme le Christ ; de les amener à un tel état d’obéissance et de bonté que nous pensions des pensées divines, que nous sentions des sentiments divins, et que nous gardions la loi de Dieu en vivant d’une vie d'amour et de vérité. Ses moyens sont la pureté et la prière, qui
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va chercher de la force en Dieu et qui en use pour le bien de nos semblables comme pour le nôtre. L’Évangile autori.se la liberté parfaite. Il ne demande pas à tous les hommes de penser de même, mais d’avoir de hautes et nobles pensées et d’approcher autant que possible de la vérité; il ne leur demande pas de vivre tous de même, mais de vivre saintement et d’approcher , autant que possible, d’une vie parfaitement divine. Jésus ne pose pas de colonnes d’Hercule au delà desquelles il est interdit de faire voile en quête de la vérité. « J’ai bien des choses à vous dire, mais vous ne pouvez maintenant les comprendre... Vous ferez de plus grandes œuvres que celles-ci, » voilà son langage. Le christianisme
n’abais.se pas une main brutale sur l’individualité sacrée
du génie et du caractère. Au contraire, il n’est pas de secte chrétienne qui n’enchaîne plus ou moins l’homme. Elles voudraient toutes que tous les hommes pensassent de même, ou qu’ils étouffassent leurs convictions dans le silence. Si tous les hommes étaient quakers ou catholiques, unitaires ou baptistes , il y aurait beaucoup moins de diversité de pensée, de caractère et de vie, beaucoup moins de vérité agissante qu’aujourd’hui. Mais le christianisme nous donne la liberté la plus large, la liberté des fils de Dieu, et si tous les hommes étaient chrétiens à la manière de Jésus, la variété serait mille fois plus grande qu’elle ne l’est. Car le christianisme n’est pas un système de doctrines, il est une méthode pour atteindre l’union avec Dieu. En conséquence, il demande une bonne vie, de piété au dedans, de pureté
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au dehors, et nous promet que celui qui fera la volonté de Dieu connaîtra aussi la vérité de Dieu.
Dans un âge de corruption, comme sont tous les âges, Jésus se leva et regarda vers Dieu. Il n’y avait rien entre lui et le Père de toutes choses, pas de vieille parole, qu’elle fût de Moïse ou d’É.saïe, d’un rabbin ou d’un sanhédrin de son temps; il n’y avait pas non plus de péché ou de perversion de la volonté finie. En conséquence de cette pureté virginale et de cette parfaite obéissance , la lumière de Dieu vint resplendir dans les profondeurs de cette âme et lui donna tout ce (pie la chair peut recevoir de divinité. Dieu veut que nous fassions de même , que nous l’adorions directement, que nous agissions, pensions, sentions, vivions en toute obéissance à sa volonté ; et nous ne serons jamais chrétiens , comme Jésus était le Christ, jusqu’à ce que nous adorions, comme Jésus, sans Intermédiaire, sans médiateur entre nous et le Père de toutes choses. Jésus sentit que la parole de Dieu était en lui , qu’il était un avec Dieu. Il dit ce qu’il voyait, la vérité; il vécut, comme il .sentait, d’une vie d’amour. La vérité qu’il mit en évidence a toujours été la même aux yeux du Dieu qui voit tout, dix-neuf siècles avant le Christ ou dix-neuf siècles après lui. Une vie que dirige le principe et qu’anime le sentiment de la religion est une même vie à Nazareth et dans la Nouvelle -Angleterre. Mais cet homme divin rei^ut ces vérités de Dieu, fut éclairé plus vivement par « la lumière qui éclaire tout homme, » combina ou impliqua toutes les vérités reli-
gieuses et morales dans sa doctrine, et les manifesta dans sa vie. C’est ainsi que ses paroles et son exemple passèrent dans le monde et ne peuvent pas plus en disparaître qu’on ne peut effacer les étoiles du firmament. Les vérités qu’il a enseignées, ses doctrines concernant l’homme et Dieu, les rapports des hommes entre eux et des hommes avec Dieu, avec les devoirs qui en résultent, sont toujours les mêmes et ne pourraient changer que si l’homme cessait d’être homme et que la création fût anéantie. Non ; les formes et les opinions changent et périssent; mais la parole de Dieu ne peut tomber. La forme que la religion revêt, les doctrines dont elle est entourée ne peuvent jamais être les mêmes dans deux siècles ou chez deux hommes différents; car la somme des doctrines religieuses est à la fois le résultat et la mesure de la croissance de l’homme en sagesse, en vertu, en piété, et les hommes devant toujours différer sous ces divers rapports, les doctrines et les formes religieuses différeront toujours, par conséquent passeront à mesure que le christianisme avancera et sèmera la seipence dont il a la main pleine. Mais le christianisme que les saints portent dans leur cœur, le Christ naissant au dedans de nous, est toujours le même pour toute âme qui le sent en elle-même. Il diffère de l’un à l’autre en degré , non en genre. Il y a quelque chose dans le christianisme qu’aucune secte n’a entièrement oublié, depuis les « Ébionites » jusqu’aux « saints des derniers jours. » Voilà le christianisme universel dont la flamme brille dans les cœurs pieux.
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Cette religion idéale que Jésus vit sur la montagne de la vision, et dont il fit l’âme de son humble vie de paysan galiléen, qui fait de sa croix l’emblème de tout ce qu’il y a de plus saint sur la terre, qui a sanctifié le sol où ses pieds se posèrent, qui est le plus grand des trésors pour les meilleurs des hommes , cette religion ne peut passer. On aura beau avancer en civilisation, s’élever sur les ailes de la religion et de l’amour, on ne pourra jamais dépasser la sphère de la vérité et du christianisme, elle sera toujours plus haut. C’est comme si l’on s’envolait vers une étoile qiii devient plus grande et plus brillante â mesure qu’on approche, jusqu’à ce qu’on y entre et qu’on soit absorbé dans sa gloire.
Si nous ne jetions qu’un regard frivole sur les âges qui nous ont précédés , ou à la surface des choses qui nous entourent, il y aurait lieu de craindre ; car nous confondons la vérité de Dieu avec la parole de l’homme. C’est ainsi qu’à distance le nuage et la montagne ne font qu’un. Et quand l’horizon change avec le vent qui passe, un œil inexpérimenté pourrait Croire que la montagne elle-même a disparu. Mais la montagne demeure pour attirer les nuages et s’approprier les bénédictions qu’ils renferment; puis elle les envoie en bas pour arroser la débile violette, pour former des ruisseaux qui réjouissent la vallée et la prairie, pour courir enfin vers la mer en fleuves profonds qui portent des flottes. Ainsi les formes de l’Église, les doctrines des sectes, les opinions contraires des docteurs , tout cela gravite
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sur les flancs de la montagne chrétienne, tout cela grossit et s’agite, s’élève et descend , darde sa lumière et roule son tonnerre; mais rien de tout cela ne fait ou ne gâte la montagne elle-même. Son majestueux sommet domine de bien haut le tumulte, ne sachant rien de la tempête qui gronde en bas, se parant, le soir et le matin, d’une lumière toute rose, reflétant les splendeurs du soleil de midi, voyant la lumière du grand astre lorsque les ombres épaisses se traînent sur la plaine et le marais; toute la nuit, sa tête est dans les cieux, visitée par des armées d’étoiles qui n’ont pas de coucher et ne voilent jamais leur face à ces hauteurs sereines.
Laissez passer ce qui passe, laissez-le flotter comme il veut ; et Dieu veuille nous envoyer une nouvelle manifestation de la foi chrétienne, qui remue les cœurs des hommes, comme ils n’ont pas encore été remués; une parole nouvelle qui nous enseigne ce que nous sommes et nous renouvelle tous à l’image de Dieu ; une vie meilleure qui accomplisse la prophétie hébraïque et répande l’esprit de Dieu sur les jeunes gens et les jeunes filles, les vieillards et les enfants ; qùi réalise la parole du Christ et nous donne le consolateur, nous révélant tout ce dont nous avons besoin. Il y a nombre de Siméons dans les chaumières et les églises de la Nouvelle-Angleterre, hommes droits et pieuses femmes qui attendent la consolation et mourraient en paix si leur dernier souffle pouvait agiter les ailes qui doivent nous l’apporter. 11 y a nombre d’hommes, malades et
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« abattus, incapables de se relever eux-mêmes, » qui seraient guéris s’ils pouvaient seulement baiser la main de leur Sauveur ou toucher le bord de sa robe; des hommes qui ont faim et ne sont pas rassasiés, parce qu’ils demandent du pain du ciel et de l’eau du rocher, non des traditions ou des illusions juives ou païennes, nouvelles ou anciennes; des hommes qui, le cœur palpitant, prient pour que l'esprit de guérison vienne sur les eaux que d’autres que des anges ont si longtemps troublées ; des hommes qui sont depuis longtemps couchés, malades de théologie, et que beaucoup de médecins n’ont pu soulager, qui sont morts aujourd’hui, trop morts même pour enterrer leurs morts, et que de bonnes nouvelles feraient sortir de leurs tombeaux. Que Dieu nous envoie une réelle vie religieuse qui dessille les yeux de nos cœurs et fasse de nous de meilleurs pères, de meilleures mères, de meilleurs enfants, une vie religieuse qui ira partout où nous irons, faisant de chacune de nos demeures une maison de Dieu , de chacun de nos actes une prière. 11 nous faut travailler pour cela , prier pour cela , dussions-nous , tout en priant, pleurer des larmes de sang.
LA JOIB RKLIGIEUSE.
{Discourse of Matters pertaining to Religion, B. I, ch. vu, 3.)
Comp. p. C3.
Assurément il y a de la joie dans la réussite des projets terrestres. Il y a de la joie pour le misérable qui remplit d’or sa main frémissante et pour le fou qui gagne au jeu. Mais après? Son désir est assouvi et la pauvreté envahit son âme.
Il est délicieux de prendre part aux fêtes de la terre, ce voile derrièce lequel Dieu cache la splendeur de sa face, de s’enivrer du parfum des fleurs, du chant des oiseaux, du bourdonnement des abeilles, des murmures sourds de l’Océan, du vent d’été qui souffle le soir â travers les sapins , du frais ruisseau qui court , des collines qui ondulent et se déroulent toutes gracieuses; et la grandeur des forêts vierges, la majesté de la montagne, la beauté virginale du matin, la grâce maternelle du soir, les pompes sublimes et mystiques de la nuit, l«
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muettes sympathies de la nature, oh ! que tout cela est beau !
Il y a de la joie, certainement il y a de la joie pour le génie quand la pensée fond sur lui comme un soleil tropical qui déchire un nuage; quand de longues séries d’idées se déroulent à travers son âme comme des orbes constellés devant l’œil d’un ange; quand de sublimes idées et des mots brûlants volent à son cœur ; quand la nature lui dévoile un de ses secrets, qu’une de ses grandes lois perce tout à coup à l’esprit d’un Newton, et que le chaos se transforme en lumière. A l’heure de l’inspiration, lorsque la joie du génie est en lui, c’est alors que l’enfant du ciel goûte de divines délices. 11 sympathise avec la vérité.
Il est une béhédiction plus paisible et encore supérieure : c’est quand un cœur communie avec un cœur, quand deux âmes s’unissent en une seule, comme deux gouttes de rosée sur une rose , reflétant le ciel dans leur petite sphère; quand l’amour pur transforme deux âmes, une âme d’homme et une âme de femme, l’une à l’image de l’autre ; quand un seul cœur bat dans deux poitrines, qu’un seul esprit parle avec deux langues, qu’une même âme parle dans deux regards... 11 y a un ravissement profond, serein, pénétrant jusqu’au fond du cœur, qui tient à ce mystérieux sentiment réciproque de deux âmes, et qui dépasse de bien haut les froides sympathies de la nature aussi bien que la joie extatique, mais courte, du génie en ses jours de bonheur.
Mais la joie religieuse est plus encore que chacune de
CCS joies et que toutes ensemble. L’assurance heureuse qui remplit alors le cœur, le sentiment de la confiance, le repos en Dieu, la paix débordant l'âme, Tuniverselle harmonie, l'infini au dedans, la sympathie avec l’Ame universelle : voilà un bonheur que des mots ne peuvent décrire. Celui-là seulement le connaît qui l’a goûté. La langue même d’un prophète ne saurait raconter ce qu’il en est, non, quand même un séraphin aurait touché ses lèvres avec le feu du ciel. Dans les grandes heures de la visitation du Dieu vivant, il semble qu’il n’y a plus de pensée distincte. Le flot de la vie universelle passe à travers l’âme. La pensée de soi-même a disparu. On se soucie peu d’être roi ou paysan , d’être père ou enfant. On e.st un avec Dieu et Dieu est tout en tous. Ni la beauté de la nature, ni la joie'du génie, ni le doux bruit de deux cœurs à l’uni-sson , qui font en battant une si suave musique, rien de tout cela ne peut égaler la joie de l’âme religieuse qui est une avec Dieu, et si pleine de paix qu’elle n’a plus même besoin de prier.
Cette joie, la plus profonde de toutes, ajoute un charme nouveau à toutes les autres. I.a nature est transfigurée. Une vieille histoire raconte que le soleil levant, en tombant sur la .statue de Memnon, éveillait des accords mystérieux dans cette poitrine de pierre. C’est ce que la religion fait à la nature. Du serpent qui reluit à la cataracte qui mugit, tout en elle parle de Dieu. Comme Jean, dans l’Apocalypse, on voit un ange dam le soleil. Les séraphins se suspendent aux fleurs. Diei
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parle dans le moindre gazon qui frange le roc de la montagne. Alors le 'génie lui -même devient capable d’une félicité supérieure. Ses pensées ac<iuièrent une splendeur nouvelle quand çlles sont exposées à la lumière de la religion. Par elle aussi , l’amitié et l’amour deviennent infinis. On aime Dieu en aimant son ami.
Telle est la joie que la 'religion procure, son repos éternel, son impérissable vie. Elle n’est pas l’effet du hasard. On la possède à la condition de demander et de travailler, de travailler et de demander. Elle n’est pas, comme d’autres dons, refusée à quelques-uns d’entre nous. La nature dit peu de chose au sourd, à l’aveugle, à l’ignorant. Tout homme n’est pas un génie et n’en a pas les joies. Bien peu trouvent un ami qui vaille pour eux le monde. Ces trois sympathies ne sont donc pas possibles à tous. Mais la joie de la religion, la plus profonde, la plus vraie, l’impérissable, la sympathie avec Dieu est à la portée de tous ses enfants.
LA VRAIE IDÉE d’uNE ÉGLISE CHRETIENNE.
Discours prononcé par Tli. Parker à l’occasion de son installation comme pasteur de la vingt -huitième congrégation de Boston, 4 janvier 1846. (Voy. p. 96.)
Voici près d’un an que nous nous réunissons chaque semaine dans cette enceinte. Je pense que ce n’e.st pas en vain. Je sais que vous ne vous rassemblez pas dans un but vulgaire. Vous venez de vous organiser en vue d’une action religieuse commune. Aujourd’hui , sur votre demande, j’inaugüre mon ministère au milieu de vous. Que faisons-nous? Que voulons- nous faire? Nous voulons former une église chrétienne, et une église chrétienne, à mon sens, est une société d’hommes et de femmes réunis dans un désir commun de perfection religieuse et dans une sympathie commune pour celle de Jésus de Nazareth considéré comme le plus noble , exemple de sainteté et de religion, donc, et sous ce double rapport, comme notre modèle. Une telleéglise peut avoir beaucoup de rites, comme nos frères catholiques,
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ou n’en avoir que très-peu, comme nos frères protestants, ou n’en avoir pas du tout, comme nos frères les Amis. Elle peut être néanmoins une église chrétienne; car le principe essentiel qui en fait une société religieuse, c’est l’union de ses membres en vue de nourrir l’amour de Dieu et de l’homme, et le fait essentiel qui en fait une société chrétienne, c’est la sympathie pour Jésus considéré comme la plus haute représentation de Dieu que nous connaissions. Ce n’est pas la forme, doctrinale ou rituelle, c’est l’esprit qui constitue une église chrétienne. Une canne peut aider un vieillard dans sa marche ou servir de jouet dans les mains d’un jeune homme, mais la marche est toujours la marche, quand même on n’a de canne ni pour l’ornement, ni pour le support. L’esprit chrétien peut exister sous les rituels et les dogmes les plus divers. Il serait dur de dire à quelqu’un qu’il n’est pas chrétien , parce qu’il ne croit pas à la Trinité ou au pape, puisque Jésus n’a rien enseigné de semblable ; il serait absurde de lui dire qu’ii n’est pas chrétien, parce qu’il nie l’existence du diable, / bien que Jésus y ait cru. Faire dépendre le nom chrétien de la croyance à tout ce qui est raconté par ies nombreux écrivains de la Bible est aussi ridicule que de le faire dépendre de la foi à tout ce qu’ont pu dire Luther, Calvin ou Augustin. Ce n’est pas à moi de dire qu’un homme n’est pas théoriquement chrétien, parce qu’il croit que l’esclavage est une institution divine et chrétienne; que la guerre est chose agréable à Dieu; qu’il dit, avec l’Ancien Testament, que Dieu iui-
même est un guerrier qui apprend aux hommes à se battre et maudit ceux qui s’y refusent; ou parce qu’il croit que tous les hommes naissent totalement dépravés,
(|ue la majorité doit être damnée éternellement par « un Dieu jaloux, » et qu’un petit nombre ne sera sauvé que parce que Dieu a puni injustement un innocent dans l’intérêt des autres. Je ne dirai pas qu’un homme n’est pas chrétien , bien qu’il croie à toutes les choses mélancoliques attribuées à Dieu pour quelques passages de l’Ancien Testament. Et pourtant je connais peu de doctrinas aussi notoirement hostiies à la vraie religion que celles-ci. De nos jours on peut voir le spectacle étrange d’une petite secte, stigmatisée eilemôme comme « incrédule » par le reste de la chrétienté, et qui nie le caractère chrétien de ceux qui rejettent publiquement les miracles bibliques. Le temps sans doute corrigera cette erreur. Qu’on dise ce qu’on voudra, le feu est du feu, les cendres sont des cendres, et chacune de ces deux choses agit à sa manière. Maintenant si le christianisme est la religion absolue, il doit autoriser toutes les croyances conformes à la vérité; il peut exister et se développer en connexion avec toutes les formes pouvant se rattacher à la religion absolue et . au degré de cette religion représenté par Jésus.
L’action d’une église chrétienne me semble double : elle doit agir d’abord sur ses membres; puis, et par eux, sur les âmes qui vivent en dehors d’elle. Disons quelques mots de cette double action. Si je vous demandais pourquoi vous êtes venus ici aujourd’hui et les •
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dimanches précédents, ceux d’entre vous qui sont sérieux répondraient : C’est afin de devenir meilleurs, plus humains, intègres devant Dieu et francs devant les hommes, afin d’être chrétiens, bons et pieux, selon le type enseigné par Jésus. Le premier but d’une église comme la nôtre est donc de vous aider à devenir chrétiens. A présent la substance du christianisme, c’est la piété ou l’amour de Dieu , et la bonté ou l’amour des hommes. C’est une religion dont les germes ont apparu dans votre cœur dès votre première enfance , se sont développés à mesure que vous deveniez hommes et fournissent en réalité la mesure exacte de votre vie. Comme la roche primitive repose au fond des mers et apparaît au sommet des plus hautes montagnes , ainsi , dans un caractère humain, la religion soutient tout et couronne tout. Le christianisme, pour être parfait et entier, requiert un développement complet de la nature humaine, esprit, conscience, cœur et âme. 11 ne vise pas
à détruire l’individualité sacrée du caractère personnel. |
11 aime et développe les individualités dans leur excel- J lence, laissant Paul être Paul, et non Pierre, Jean être Jean, et non Jude ou Jacques. Nous sommes nés différents les uns des autres dans un monde où les choses dissemblables sont réunies , de sorte qu’il y a quelque chose de spécial à faire pour chacun de nous.
Le christianisme respecte cette diversité dans l’homme et ne cherche pas à contredire la volonté de Dieu. 11 ne façonne pas tous les hommes d’après un seul modèle, de sorte qu’ils pensent de même, qu’ils agissent de
même, qu’ils sentent de même, qu’ils voient de même. C’est quelque chose de fort différent du christianisme qui veut cela, line vraie église chrétienne n’impose donc pas de chaînes à l’homme. Elle doit avoir l’unité de but, mais laisser la plus entière liberté à l’individu. Si vous sacrifiez l’individu à la masse dans l’Église ou dans l’État, l’Église ou l’État devient un malheur, une pierre d’achoppement sur la route du progrès, une telle Église ou un tel État doit tomber ou se réformer. Plus est grande la variété individuelle dans l’Église ou dans l’État, mieux cela vaut, aussi longtemps du moins que l(*s individus sont réellement humains, vaillants et de bonne volonté. Une église est nécessairement partielle, elle n’est pas catholique dans le vrai sens du mot, quand 'tous ceux qui la composent pensent de même, étroitement et petitement. L’orgue de votre église, pour avoir sa proportion et son volume, doit contenir des tuyaux de sons divers : l’artiste habile n’en détruit aucun , il les fait vibrer tous en harmonie; sinon, il ne sait pas son métier. En devenant chrétiens, ne cessons pas d’être hommes, ou plutôt, pour devenir chrétiens, il nous faut être hommes en premier lieu. Il ne serait pas chrétien de préférer le christianisme à la vérité ou le Christ à l’humanité.
Après avoir montré dans quel sens Jésus doit être le modèle de rhomme qui veut devenir chrétien , l’orateur revient encoi’e une fois à cette question de la liberté d’action dans l’unité du but.
FRAGMENTS
Le grand problème actuel dans l’Église et dans l’État consiste en ceci : produire l’unité d’action et pourtant ne pas restreindre la liberté individuelle; balancer, dans une proportion harmonieuse, la masse et l’individu, les forces centripètes et les forces centrifuges, de même que Dieu, par jun mécanisme merveilleux, a su les balancer dans les mondes qui sont sur nos têtes. Dans l’État, nous l’avons déjà résolu, ce problème, plus habilement qu’aucune autre nation jusqu’à présent. Dans les églises il reste encore à résoudre. Mais l’homme est capable de tout ce dont Dieu le charge. Ses désirs sont proportionnés à ses devoirs et à ses destinées. Le cri énergique des nations qui veulent la liberté et la demandent, comme des affamés demandent du pain, montre ce dont la liberté est digne et ce qu’elle est destinée à faire. Laissez la pensée libre, et il y aura de la vérité ; l’activité libre , et nous aurons des œuvres héroïques; la vie libre, et nous aurons de l’amour pour les hommes et de l’amour pour Dieu. L’histoire du monde, notre propre histoire en font foi. Jésus, notre modèle, fut l’homme le plus libre que le monde eût jamais vu !
Donc une véritable église chrétienne doit aider ses membres à se développer religieusement et moralement parla recherche de la vérité, par te progrès de la piété du cœur, par raccompli.s.senient des bonnes œuvres. Elle doit communiquer de
l’un à l’autie l’inspiration et offrir à tous l’instruction, le bon conseil et les secours dont chacun a besoin. .
Mais l’Église a aussi une mission extérieure à remplir.
Nous devons nous attendre à voir les péchés du commerce trouver dans la rue des auxiliaires, les péchés de l’État être accueillis par des applaudissements les jours d’élection, au congrès ou le Ix juillet ^ : d’habitude on les appelle la justice de la nation. Là, c’est l’avarice ou l’ambition de quelques hommes avides qui souvent mesure ces péchés publics et il faut s’attendre à voir ces péchés examinés par la passion, qui ne regarde qu’aux résultats immédiats et aux fins partielles. Ici ces péchés doivent être jugés par la conscience et la raison, qui regardent aux résultats permanents et aux fins universelles. Ils doivent être considérés en rapport avec les lois de Dieu, ces idées éternelles sur lesquelles seules repose la prospérité du monde. Ici nous devons les examiner à la lumière du christianisme lui -même. Si l’Église est fidèle, bien des choses, qui semblent avantageuses dans la rue et de bonne politique au sénat, seront dénoncées ici comme mauvaises, et tout gain qui en peut dériver signalé comme une perte. S’il y a dans le pays un péché public, si l’État est envahi par un mensonge, c’est à l’Église de donner l’alarme, c’est