CVIII-CX, CXXII, CXXIV, CXXXI, CXXXUI, GXXXVIII-GXLV
» Savohr, ps. x, xxxiii, xci, xciii-xcix, et civ.
transportation. Le psaume xx ne peut guère avoir été composé par David lui-même à cause du vers. 7, ni le psaume xxviii, à cause du vers 8, où le poète parle du roi comme d'une troisième persotme. Le psaume xxi, à en juger par la faiblesse de la langue, est d'une époque de décadence et ne peut dans tous les cas appartenir à celui qui fut le roi de la poésie lyrique comme le roi de la nation en Israël. On doit en dire autant du lxxxvi*. Le psaume xxn, comme le xxxi est probablement du prophète Jérémie; comp. les vers. 10 et H-14 avec Jérémie i, 8 et suiv; xx, 10. Le ps. xxni fait mention du temple, vers. 6, de même que les ps. XXVI, 8 ; xxvn, 4 ; lxv, 5 ; cxxii, i ; ni Tun ni Vautre ne sont donc de David. Le ps. xxiv, 7-10 est l'hymne qui fut chantée lorsque l'arche d'alliance fut transportée dans le temple construit par Salomon. Le ps. xxxvm n'est qu'une faible imitation du ps. vi. L'esprit qui règne dans le ps. li le rejette, comme le style, dans les temps de l'exil, de même que le lvi"*. Le ps. lix fait très-probablement allusion à une invasion des Scythes, qui pénétrèrent jusqu'en Egypte dans le \if siècle avant notre ère, invasion dont imrle Jérémie iv, 5-vi, 30, selon Eichhorn * . Le ps. lxviii, 30 parle du temple de Salomon et ne peut être de David. Le ps. LXix est du temps de l'exil, comme le prouve le verset 36. Leps. Lxx n'est que la répétition de la seconde partie du ps. xl, qui lui-même n'a été écrit que pendant la captivité. Le ps. cviii est formé de fragments des ps. Lvn, 7-il, et LX, 8-12., dont le dernier ne remonte pas au delà du règne d'Amasias. Le cx* date du règne d'Osias. L'em-
« Eichhorn, Hcbraeische Propheten. Gôll., 1816-1819, 3 vol. in 8% t. 11, p; y suiv.
ploi du w préfixe dans le cxxxni^ prouve Tinexactitude du titre, qui l'attribue à David. La langue très-dégénérée du ps. cxxxix le classe parmi les productions de Texil auxquelles appartiennent aussi selon toutes les apparences les ps. cxL-cxLin. Le ps. cxuv n'est qu'une compilation d'autres plus anciens. Le cxlv% ni par la forme ni par le style, n'appartient au beau siècle de la littératiu^e hébraïque. En un mot, des 73 psaumes attribués à David par la tradition juive, c est à peine si la critique lui en laisse 21; quelques-uns réduisent à 9 le nombre de ceux qui sont très-vraisemblablement de lui, savoir les ps. vu, vm, xv, xvm, xxi, xxix, xxx, xxxu et CI.
Après David, le poète auquel les inscriptions attribuent le plus grand nombre de psaumes, est Asaph le Voyant, de la tribu de Lévi, que David établit chef des chantres {IChron. vi, 24, xv, 17, xvi, 5; II Chron. xxix, 30). Il serait l'auteur de 12 psaumes, savoir l, Lxxm-Lxxxm; mais la plupart portent en eux-mêmes la preuve qu'ils ne peuvent avoir été composés par un contemporain de David. Le ps. Lxxm est une plainte que le poète adresse à Dieu au sujet de la prospérité des Chaldéens; leps. lxxiv parle de la ruine du temple par Nabuchodonosor et de l'extinction du propTiétisme. Les ps. lxxv et lxxvi sont des chants de triomphe sur la destruction de l'armée de Sennachérib. Le ps. Lxxvii parle, verset 16, des royaumes de Juda et d'Israël et ne date probablement que de l'exil. Les psaumes Lxxvni et Lxxix racontent l'histoire juive jusqu'à une époque postérieure, et de beaucoup, au règne de David. Les ps. Lxxx et lxxxiu datent des derniers temps de la monarchie persane, peut-ôtre môme de l'époque des Mac-
chabées. Le ps. lxxxi est plus ancien sans doute, cependant il ne paraît pas avoir été composé non plus avant le retour de Fexil. Le ps. Lxxxn est une menace contre les Chaldéens, ayant probablement pour objet de consoler les exilés. Dans le ps. lxxxui, il est fait mention des Assyriens, qui n'intervinrent dans les affaires des Israélites que longtemps après David. D ne reste donc à Asaph que leps. l; mais au moins tout prouve qu'il est bien de lui, et il est excellent.
Les Korachites ou enfants de Korach, lévites comme Asaph et comme lui contemporains de David {l Chron. xx, 19), sont auteurs, selon la tradition juive, de il psaumes, savoir xiji (dont le xlui est la suite), xliv-xlix, lxxxiv, Lxxxv, Lxxxvii et Lxxxvin; mais la majeure partie de ces petites pièces de poésie qui brillent d'un vif éclat parmi les plus beaiix psaumes, par la vivacité des sentiments, l'élévation des pensées et la rapidité du style, ne sont pas d'eux. Ainsi le ps. xm exprime évidemment les regrets d'un exilé. Le ps. xliv ne remonte pas au-delà de l'époque des Maccabées selon les ims, ou tout au plus aux temps de l'exil selon d'autres. Le ps. xlv, qui de bonne heure a été appliqué au Messie {Hébr. i, 8), n'est autre chose qu'un épithalame, composé par un poète inconnu à l'occasion du mariage d'Achab avec Jésabel, selon l'ingénieuse supposition de Hitzig *. L^ ps. xlvi célèbre la destruction de l'armée de Sennachérib, ainsi que le xlvih®. Le ps. LXXXIV est la prière d'un roi emmené en ^xil, peut-être de Jéhojachin; voyez surtout le verset 10. Le ps. Lxxxvna été composé à l'occasion de l'érection du second temple, et
* Hitsig. Begriir der Kritik am AU. Testament praktisch erortert, Hei>lelberg, 1831, in.8%p. 28suiv.
sçlon toutes les apparences, le lxxxv* ne remonte pas beaucoup plus haut ; voy. notamment vers. 2-5. Enfin le ps. Lxxxviii est un de ces psaumes élégiaques qui, pour la plupart, doivent leur origine aux calamités des dernières années de la monarchie et aux douleurs de Fexil.
Quatre autres poètes sont encore cités parmi ceux dont le compilateur du psautier a mis les œuvres à contribution; ce sont Moïse et Salomon, Héman et Éthan. A Moïse est attribué le ps. xc; mais le fond et le corps de ce psaume montrent assez qu'il ne date que du retour de Fexil, loin de remonter jusqu'à David, et à plus forte raison jusqu'à Moïse. Salomon ne peut être non plus, comme le veut la tradition. Fauteur des psaumes lxxii et cxxvii; car le premier est un chant en faveur de Ptolémée Philadelphe, comme Hitzig nous semble Favoir démontré *, et le second se rapporte plutôt à la reconstruction du temple par Néhémie. Par contre, le ps. cxxxii est de son temps et rien ne s'oppose à ce qu'on le lui attribue, ainsi que le xxiv% qui porte à tort le nom de David. Quand à Hémàn et à Éthan, chantres de David {IChron. xv, 17, 19), mais personnages d'ailleurs inconnus, le premier est considéré à tort comme Fauteur du ps. Lxxxvni, qui est aussi attribué aux Korachites dans le titre même, et qui date évidemment de Fexil. Le second aurait composé le psaume lxxxix ; mais c'est une erreur manifeste. Le style et surtout cette circonstance qu'il y est parlé de David comme d'un prince mort depuis longtemps, renvoie ce psaume aux derniers temps du royaume de Juda, probablement au règne d'Ezéchias.
Au point de vue de la Théologie biblique, le seul qui
« Bitsig, Ouv. cité, p 91.
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nous intéresse, les psaumes se divisent en deux grandes catégories, entre lesquelles la déportation trace une ligne de démarcation profonde. Ceux qui ont été composés avant Texil se font remarquer presque tous par leur caractère individuel, subjectif; très-peu sont destinés au culte public comme expression des sentiments religieux du peuple, et les vues théocratiques y dominent presque toujours. Les psaumes postérieurs à Texil expriment généralement une soumission anxieuse aux prescriptions de la loi et respirent cette haine passionnée des étrangers qui a été un des caractères les plus marquants du judaïsme.
PSAUMES
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