‹ Théologie bibliqueChapitre 20 sur 37 · ANGER · texte numérisé non relu

ANGER

Premier voyage à Jérusalem.

Premier voyage de mission.

Concile à Jérusalem.

Second voyage de mission.

Troisième voyage de mission.

Arrestation.

GapUvité à Rome.

Tempérament colérico-mélancolique, imagination ardente, activité infatigable, énergie inébranlable dans la poursuite de son but, enthousiasme qui n'excluait ni la pnidence ni la patience, désintéressement poussé jusqu'au saciifice, tels sont les traits saillants du caractère du grand apôtre. Dans ses Epîtres,le plus ancien et le plus pré(.îeux document que nous ait légué TÉglise apostolique, Paul se montre à nous comme un savant docteur, versé dans la dialectique rabbinique *, beaucoup plus que dans la pliilosophie grecque, comme un homme de génie, dont les talents naturels n'avaient pas eu l'occasion [de se développer au contact des grands écrivains de l'antiquité. Son éducation avait été avant tout juive et pharisienne. S'il cite parfois une sentence d'un poète grec (par ex. Act. xvii, 28; ICorinth.nv^ 33; Tite i, 12), c'est toujours une sentence générale, qui pouvait être passée en proverbe où qu'il avait pu retenir de ses conversations avec des Grecs, en sorte que l'on aurait tort d'en conclure qu'il était versé dans la littérature de la Grèce. Ne semble-t-il pas d'ail-

< "Voyez notamment Gai, ni, 16; iv, 22-31.

leurs nous avouer lui-même qu'il écrivait difficilement le grec {Galat. \i, 11), et son style ne le prouve-t-il pas surabondamment ^? Ne pèche-t-il pas très-souvent contre les règles de la grammaire? N'est-il pas surchargé d'ellipses, qui le rendent trop souvent obscur, d'antithèses quelquefois paradoxales, de parenthèses, d'énumérations sans fin, de digressions à propos d'un mpt, d'invocations, d'apostrophes, d'épanchements touchants, toutes choses qui révèlent sans aucun doute un esprit vif et cultivé, un cœur aimant et plein de sentiments élevés, chaleureux, mais qui sont le contraire de Félégance, de la simplicité, de l'ampleur et de la correction du style classique? Cependant quelque imparfait qu'il soit, il a une couleur grecque qui perce à travers les hébraïsmes, et il s'élève par moments jusqu'à l'éloquence *.

Si l'on ne tient pas compte de l'Épître aux Hébreux, qu'il n'a certainement jamais écrite, le nombre de ses épitres se réduit à treize; encore n'y en a-t-il que quatre, celles aux Romains, aux Galates et aux Corinthiens, dont l'authenticité est inattaquable ^ ; à peine peut-on y ajouter celles aux Philippiens, à Philémon, et la première aux Thessaloniciens, sur lesquelles les opinions sont partagées. L'ordre dans lequel elles ont été classées dans le canon n'est pas chronologique, mais tout à fait arbitraire, ou plutôt il a été déterminé par l'importance des églises ou des individus auxquels elles ont été adressées. Les suscriptions d'ailleurs n'ont aucune valeur historique; c'est un fait reconnu depuis longtemps.

' Thalemanrtj De eruditione Pauli judaicà, non graecâ, Leipz., t769, in-4''.

3 Baden, De eloquentià Pauli, Havn., 1786, in-S**.

' Haag, Histoire des dogmes chrétiens, Paris, 1862, 1. 1, p. 70.

lËpttre aux Romali».

Rfiche, Versuch einer atisfUrlichen Erkfàrung des Briefes an die Borner, Gottiugen 1S3.V34, 2 vol. in-S". — Kôllner, Commentar itidern Briefe des Apostels Pauhis un dtt* Bômer, Darmstadt, 1834, in-8". — Rûckert, Commenlar ûber den Brief

P;!ul[ lie Borner, 2* édit., Leipzip, 1839,2 vol. în-6f». —Tholuckf Auslègung

lies Briefus !*auli an die Rômer, 4" édit., Berlin, 1842; in-8". — ^hilippi, Coinmctitar iècr den Brief Pauli an die Rômer, Erlangen, 1848, in-S".

Puul écrivit cette épître pendant son dernier séjour à (Vit îïithc, au moment de se mettre en route pour aller porter à Jurusalem la collecte des églises de la Macédcnne et de rAt^haïe [Rom. xv, 25), c'est-à-dire Tan 59 ou 60 de notre ère. La colonie juive établie à Rome était nombreuse; die y occjipait un quartier particulier au-delà du Tibre *> et se composait en majeure partie de prisonniers de guerre transportés de la Palestine et de TÉgypte par Pon4)ée et Ccsttr, Cette population, généralement misérable .et méprisée ^, entretenait des relations nombreuses avecl^ Juifs de I Asie, de TÉgypte et de la Grèce; aussi avait-eite organisé de bonne heure, on ne sait comment, une église qui tirait une grande importance de sa position géograpliiqiie, et qui comptait alors dans son sein non-seulement des jnift de naissance, mais vraisemblablement aussi un certain nombre de païens convertis au christianisme. La

* Philoji, Opéra, édif. Mangey, t. n, p. 908. - Dfd*ïi «CcttWtek, flMWHfe ♦»inkn« f[iitT niiperMint, lib. XXXVII, c. 17.

2 Tflciïf, Histor.,l.V, c. 2-8.

Page 1