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ftunoti de ces deux éléments ne s'était pas encore complètcanent opérée {îtom. îtiv, xv), et les Judaeo-Chrétiens prétendaient jouir toujours des privilèges de peuple élu, dont leurs coreligionnaires se moquaient. CTest pour tenter une conciliation devenue nécessaire que Paul leur adressa cette Épitre, où il prêche la justification par la foi en Christ et Tuniversalisme chrétien ^ De quel avantage pouvaient se vanter les Juifs? N'étaient-ils pas pécheurs et par conséquent punissables aussi bien que les Païens ? La foi seule justifie, et Dieu choisit son peuple où il lui plaît, par le seul don de sa grâce. S'il a appelé les Gentils, les Juifs ne doivent pas être jaloux; mais ils doivent se montrer dignes de la girâce divine, non pas en observant Scrupuleusement les prescriptions légales sur la distinction des mets et des jours; mais en se faisant remarquer par leur tolérance, lefur charité, leur amour du prochain et leur obéissance aux magistrats civils. L'épître se divise ainsi en deux parties, l'une didactique ou dogmatique, l'autre pratique ou morale. Il est très- vraisemblable qtf elle se terminait avec ie chap. xiv, et que plus tard peut-être, le départ de sa lettre ayant été retardé, l'apôtre y a ajouté un ppstscriptum contenant une répétition de ce qu'il avait déjà dit précédemment et de nombreuses salutations. Cependant ces salutations elles-mêmes offrent une difficulté notable. On ne s'explique pas comment Paul, qui n'était jamais allé à Rome, pouvait y avoir tant d'amis, dont quelques-uns fort intimes {Rom. xvi, 3-18). Ne serait-il pas plus naturel d'admettre que cet appendice, écrit par Paul à une
* PatUus, De origine epistolae Paaii ad Romanos, lena. 18Q1, in -4*. — Baur, Udwr Zweek iMi Vertnkuiing des Rdmertnefë, dtM le Tôbinger ZôHschrift, an. 1836, cah. m, p. 59-178.
autre église, à celle d'Éphèse peut-être *, a été joint par un copiste ignorant à Tépître aux Romains, dont Tauthenticité, honnis les deux derniers chapitres, ne donne pas sérieusement prise à la critique?
^Hres a«x Gorliitklemi.
Rilekert, Die Briefe PAuli an die Corinther, Leipzig, 1836, 2 toI. in-8«. ~ Jàger, Erklârung der beiden Briefe des Aposteis Paulus nach Corinth, Tûbing., 1838, in-S"*. — De Wette, Kungefasste ErklSriing der Briefe an die Corinther, 2* édit., Leipzig, 1845, iu-8'.
L'église deCorinthe avait été fondée par Paul, qui s'était rendu dans cette ville opulente et industrieuse vers Tan 52 ou 53 de notre ère, et y avait passé dix-huit mois, exerçant son métier chez Aquila, juif du Pont, faiseur de tentes comme lui, qui, chassé de Rome avec ses coreligionnaires sous l'empereur Qaude, s'y était réfugié avec sa femme Priscilla. Bien que fort mal vu par les Juifs et bafoué par les sophistes grecs, il y avait opéré de nombreuses converâions; mais malheureusement la discorde n'avait pas tardé à se mettre dans l'église. A la date où fut écrite la première des deux épîtres aux Corinthiens qui sont arrivées jusqu'à nous — antérieurement, Paul en avait déjà envoyé une qui s'est perdue (/ Cor. v, 9) — cette église était divisée entre quatre partis : celui de Paul, resté le plus
* C'est ce qui semble résulter de Rom. un, 3-5, comp. avec Actes xyiii, 18-19 et I CorhUh.xn, 19.
nombreux; celui de Pierre, composé de Judœo-Chrétiens qui élevaient leur chef fort au-dessus de son collègue, et travaillaient à ruiner son influence en lui contestant le titre d'apôtre; celui d'ApoUos, qui trouvait renseignement de Paul trop peu scientifique et son débit trop peu oratoire; celui du Christ enfin, qui rejetait le christianisme traditionnel pour s'en tenir à un christianisme idéal, gnostique ou mystique * . C'est dans ces circonstances que furent écrites nos deux épitres.
. La première nous présente un tableau fidèle de l'état moral et religieux de l'église de Corinthe, vers l'an 88 de notre ère. On peut la diviser en plusieurs péricopes : Chap. i-iv, partis et sectes existant parmi les chrétiens de Corinthe; ils doivent se réunir dans la foi en Christ, vivre en paix et ne point prêter l'oreUle au dénigrement de ses adversaires; — Chap. v-vi, censure de l'immoralité, de l'indiscipline et de l'esprit processif des Corinthiens; il vaut mieux soufirir une injustice que la commettre; — Chap. vu, réponses à diverses questions sur le mariage et le célibat; — Chap. vm-x, la liberté chrétienne à propos de la chair des sacrifices; — Chap. xi, conduite que les femmes doivent tenir dans l'église, abus qui se sont introduits dans les agapes; — Chap. xii-xiv, valeur relative des charismes; — Chap. XV, réfutation de ceux qui nient la résurrection; — Chap. XVI, prescriptions relatives à une collecte en faveur des chrétiens de la Palestine et salutations.
Paul venait d'envoyer cette lettre lorsqu'il partit pour la Macédoine, où il apprit par Tite YeSel qu'elle avait produit. La majorité de la communauté en avait été fort
* Dé^ne, Die Christusparthei zu Corinth» Halle. 1841, in-S®. — Becker, Die Partheiungen in der Gemeinde zu Corinth, Altona, 1842, in-S".
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tbut^éè; mais feUè avait éSfaspérê feés tiifafegables aài^ëtëâire*, iès chrétiens judâïslûrhts, qui avaient saisi ôette occasion ût le dénigrer enôbi'è davantage, eh sorbô qtife tatd WUt îiéôèsSàire d'écrire une nouvelle apologie de son enseign^tiièiit et dé Sa personne, en attendant ^îl pÙt allèt liô-ttfèmfe à Côrîhthe, conlïnfe il y alla en effet. Cette seconde é^îtfê, qui Se teèfeè'nt de Tagitation tiôlente de Tàpôtré, pteiite pisilpable en qttelque sorte de la vivacité dé sia lutte contre les Judœo-Chrétiens, a donc été écrite Taïi 59 de lioti'è ère. ïîlte éé di'^se en tfois péricopes : Olap, i-vu, épanchistaeftt du èœul' de Vapôtre qui racôtite le daïiget couru "pât lui à Éphèse, et peint son inquiétude dans Tattenté déYïouvelteè sur l'effet de sa première épitre; apolo- ^e eu f épfônSè kt& attaqués de s^és ennemis, et exhortation à mettér tiaè Vfe tehtétlennè; — Châp. vtii-lx, de la collecte au ptôfit des (Atêtiénè dé Jérusaleûi; — Chap. x-xm, menaces tet ïepfoéhé^ adressés à seà adversaires, apologie de sa vocation comriie fepôtré, fpndée sul' ses périls et ses souffrances, sur les visions et léà révélations dont il pourrait se tiantel*. Autant datfs lès deux premières péricôpes, le ton 'dé Tapolre est coMial et t)ienveillant, autant dans cette troisième, ïl est dur, amer et violent. Aussi quel'qués-tmè, frappés de Cette différence dé Ètyle dans la m^e épîtrê, ont-ils "péùsé que cette périôopé était empiTintée à une àlitre lettre de Pàlil, spéfeiaîém:ent adressée à ses ennemis '. Miatft oh n'a pas beàoin de cette hypothèse; îl suffit de téÔéchÎË- que Paul avait afiairè h des partife animés à son ^gard de dispositions plus ou moins bienveillantes ou hostiles; de îà son tofn diflféi*ent. Au reste, ttêmé «ohSidé-
^ M. jmm, Ife llWfero èpfet<»Wftn «d Cormtiiios Te<««J •'(WtfefWèeiii^, Vifeb., ' 1798-1806, 4 progr, in*l*».
i^ Àans ëôù ensemble au point de vue de la làilgttë^ là âècondè épîti^ aux Corinthiens diffi^e considérablemëfit de la première *. On y remarque l'emploi dé certains mots dans une acception toutà fait étrange, dé nombreuses répétitions, de plus fréquentes parenthèses et des digressibiife qui font perdre quelque ifols à Técrivain le fil de son discourS> et il èh résulte un style rude, souvent obscur, lourd et décôuèu qui, joint au désordre des idées, 'témoignent assez de Tinquiétude et de rirritation de Paul lorsqu'il récrivit. L'esprit des deux épitres et leur contenu en parfait accord avec la vie de l'apôtre en prouvent d'ailleurs l'authenticité, que la critique ne révoque pas en doute, bieh que la tradition sur ce point, ne devienne certaine qu'à la fin du n* siècle '.
lettre mux Cialaies.
Winer, PauH ad GalaUs Epistola, $• édit., Leipzig, 1829, tn-8*. — Mckert, Coramentar ûber den Brief Paull an die Galater, Leipz., 1833, in-S". — Matthies, Erkiiirting des Bricfs Pauli an die Galater, Grcifswald, 1833, 1n-8". — Ihteri^ Commentar ûber den Brief Pauli an dieGalater, Zurich, 1833, it)-8*. — Hingelfeld, DerGalaterbrief, Leipzig, 1852, in^^
Comme les deux épitres précédentes, celle-ci a pour but de défendre la personne de Paul et sa doctrine contre des judaïsants qui s'étaient rendus en Galatie où ils prêchaient
* JRoyoarcU, De4)osteriori ad Corinlhioe Epistolâ et observanda in illft A4K>8toli indole et oratione, Traject., 1818, in-8o.
* Irénée, Adversus Hxres., III, vu, 1 ; IV, xxtii, 3. — Tertullien^ De prescription., C.33; — Dé pudicitià, c. 13,
la nécessité de la circoncision et de la loi mosaïque. H est difficile de dire si elle fut écrite après le premier voyage de Paid en Galatie ou après le second. En faveur de cette dernière hypothèse parlent le verset n% 13, qui prouve que Tapôtre avait visité déjà antérieurement ce pays, et les versets m, 1-3 ; v, 7, dont on peut induire que les Galates avaient embrassé le christianisme déjà depuis quelque . tempfi, U est donc vraisemblable qu'elle fut écrite pendant
le long séjour que Paul fit à Éphèse, entre les années 54 et 37 ; en tout cas, elle ne Ta pas été à Rome comme le porte la suseription *. L'épître aux Galates se divise en deux péri-
\ ' copes : Chap. i-ii, Paul justifie son apostolat que les Judœo-
Chrétiens niaient sous prétexte qu'il n'était pas un disciple direct du Christ; il tient sa mission de Dieu et de Jésus; — Chap. m- VI, réfutation de ceux qui soutenaient la nécessité de la loi rituelle de Moïse; elle a été rendue inutile par la vertu sanctifiante de la foi en Christ, et les Chrétiens jouissent d'une liberté spirituelle dont ils ne doivent pourtant pas abuser au point de mépriser leurs frères moins éclairés et s'enorgueillir eux-mêmes. Suivent des * exhortations morales et la conclusion. Le cachet antimo-
saïque de Paul est si nettement empreint sur cette lettre, qui s accorde d'ailleurs parfaitement avec l'histoire de sa vie, qu'on ne saurait douter de son authenticité, quand
, même celle-ci ne serait pas unanimement attestée par la tra-
dition, dès la fin du ii* siècle ou le commencement du
* Nienie^er, De tempore quo Epistola ad Galatas conscripta sit, GbtUng., 1827,
> irérh% Ad?. Hsres., I. UI, c. 7, 2 2. — Tertulliefij De praBscription., c. 6. — Clémmt d'Alexandrie^ Slromata, 1. ni, p. 468, édit. de Paris.
^ttre aux J^héflléBS.
Huth, Epistola ex Laodiceâ in encyclicâ ad Ephesios adservata, Erlang., t751 m-4*. — Harless, Commentar ûber den Brief PauH an die Epheser, 2" édit., Erlangen, 1845, in-8". — Meier. Commentar ûber den Brief Pauli an die Epheser, Berlin, 1834, in-8*" — De Wette, Kurzgefassle Erklfirung der Briefe an die Golosser, Philemon, Ephesier nnd Philipper, Leipzig, 1843, in-S". ■— Baum* garten-CruHuSj Erklârung der Briefe an die Ephesier undColosser, lena, 1847^ in-8*.
Cette épître est adressée aux Éphésiens; mais plusieurs raisons portent à croire que le titre a été interpolé. Nonseulement ces mots Iv 'E^péd^, à Ephèse, manquent dans un grand nombre de manuscrits *, notamment dans le Codex Vaticanus; mais Paul parle à ceux à qui il s'adresse absolument comme à des étrangers; leur foi ne lui est connue que par ouï-dire [Éphés, i, 15), et lui-même ne se croit pas connu d'eux personnellement {Éphés. m, i); aussi, pas une salutation envoyée aux nombreux amis qu'il devait pourtant avoir acquis à Ephèse pendant un séjour de plusieurs années; pas un mot qui rappelle ce séjour, • pas la plus légère allusion à ses anciens rapports avec les fidèles de cette ville; il semble même ne pas avoir une connaissance exacte de l'état d'une église qu'il avait fondée; car, comme toutes les autres églises chrétiennes, elle comprenait à l'origine dans son sein des Juifs et des Païens convertis {Act. xvin, 19-20; xix, 8-10; xx, 21), et cepen-
* Basile, Opéra, Paris, 1721-30, 3 vol. in -fol., 1. 1, p. 254.
dBXit il s'exprime dans cette épître absolument comme si la communauté à laquelle il s'adresse n'était composée que de prosélytes païens [Éphis. n, 11-12; m, 1 ; iv, 17). Ce silence ne doit-il pas surprendre quand on sait combien Paul était prodigue de salutatioaa^ e^nbien il ûmait à rappeler les souvenirs de son apostolat, et ne contraste-t-il pas d'une étrange manière avec les relations que l'apôtre eqt^teif{(it dans l'Église d'Éphèse, à laquelle il avait adressé quelque temps auparavant de si touchants adieux {Act. xx, 17-38)? Ce n'est pas tout encore. L'épître manque de caractère local et elle présente la plus frappante analogie avec l'épître aux Colossiens, dont elle n'est guère qu'une paraphrase difluse, non-seulement quant aux enseignements dogmatiques^ mais q^ant aux instructions morales, comme le prouvera la comparaison des passages suivants :
ÉPBéSŒNS.
COLOS