IT, 5,- III
rr,S* I, 18.
ïv, 12, I, 18; VI, 46.
%^ t XVI, 33.
f On a pourtant remarqué quelques différences dans les idées eschstologiques; mais £Ë8 difTérËnces peuvent s'expliquer par la tendance plus pratique de l'épUre.
D est donc clair que Tépître suppose Tévangile et qu'elle a dû être écrite après lui, et Tintervalle doit même avoir été assez considérable, à en juger par un défaut d'ordre et de précision dans les idées qui annonce la vieillesse. L'auteur avait évidemment en vue un but polémique; il voulait combattre une secte hérétique, probablement celle des Docètes; mais il voulait a\issi, et avant tout, exhorter les chrétiens à la pratique constante de la loi fondamentale du christianisme, celle de l'amour du prochain ou de la charité.
La tradition, très-positive en faveur de l'authenticité de la première des épitres de Jean *, varie quant aux deux autres ^, qui sont adressées, l'une à une dame chrétienne, que l'auteur exhorte à persister dans la profession de la vérité, à fuir les faux docteurs et à pratiquer la charité; l'autre à un certain Gaïus, qu'il Ique de son hospitalité. Les doutes, émis de bonne heure sur leur authenticité, persistaient encore du temps d'Origène ' ; cependant il semble que la lecture de ces lettres aurait dû suffire, sinon pour les dissiper, au moins pour les affiiiblir beaucoup. L'esprit et le style en sont bien johanniques : même cercle d'idées, mêmes^ irrégularités grammaticales, anacoluthes, épanalepses ou énallages, même goût pour l'antithèse. Jusqu'à preuve contraire, on peut donc, sans hésiter, les tenir aussi pour l'œuvre de l'auteur du quatrième évangile.
* Irénée, Aihr. Hœres., lib. m, c. 16, J 5, ^ — Clément d'Alexandrie, Slromata, lib. H, c. 15. — Eusèhe, Hist. eccles., lib. IH, c. 39. 2 Jérôme. De Viris illustribus, c. 9.
» Eus^, ouv. cité, lib. VI, c. 25.
— iU —
JÊpttre de ^jude.
Masse, Der Orief Juda ûbersetzt und erl&utert aas einer neuerôfTneten morgenlâolii^ch^n Quelle, lenâ, (786, in-S*. —Haenlein, Epistola Judae, 3* édit., Erfangen, 1804, în'8\ — Sckarling, lacobi et Jud» Epistol», Havn., 1840, iii-8«. — Stier, Der Brief Jud^ Berlin, 1850, in-8^
Selon r opinion commune basée sur Finscription, cette épître est rœiiYre de Jude, fils d'Alphée et frère de Jacques {Luc VI, iG). Ecrite probablement avant la ruine de Jérusalem — autrement Tapôtre n'aurait pas manqué, sembletr-il^ de citer e-ette catastrophe au nombre des châtiments divins qui ont frappé les 'hommes corrompus — elle offre, comme nous l'avons vu, une si frappante analogie avec la seconde épitre attribuée à Pierre, qu'on a pu se demander si Pien'e avait développé l'écrit de son collègue, ou si Jude avait abrégé celui de Pierre. Nous avons donné les raisons qui militent en faveur de la première de ces opinions ; il nous suffira (rajouter ici que l'authenticité de cet écrit a été lijfigtemps considérée comme douteuse et qu'il n'a été admis duns le canon qu'au iv* siècle.
Ce qui a vraisemblablement contribué à entretenir les doutes, c'est que l'épitre de Jude (9, 14-15) s'appuie sur deux livres reconnus depuis très-longtemps pour apocryphes. L'uDj Fascension de Moïse, 'Avà6«(iiç to« Mtou?^, dont parle Origène ', n'est point arrivé jusqu'à nous. L'au-
* Oritfénp, De principiU, lib. UI, c. 2.
tre, le livre d'Hénoch, retrouvé par Bruce dans un couvent d'Abyssinie et publié récemment ' par Lawrence, remonte tout au plus au i**" siècle de notre ère, et Ton voit, si Tépître de Jude est antérieure à la prise de Jérusalem par Titus ^, qu'il avait promptement été accueilli, même par les Judéo-Chrétiens, comme un livre divin. Le livre luimême nous fournit des indications assez précises sur son âge ; il a bien certainement été écrit sous le règne d'Hérode ', et se trouve être ainsi une des sources les plus précieuses où Ton puisse puiser la connaissance des croyances qui régnaient parmi les Juifs à la naissance de Jésus- Christ.
* Lawrence, Libri Enoch prophète versio œthiopica, qos seculi sub finem noTissimi ex Abyssiniâ firilanniam advecta vix tandem literato orbi innotuit, Oxonis, 1838, in -8*. — Gfrôrer en a publié depuis peu une nouvelle édition critique à Stuttgard, 1840, in-12. Le pas&a^e cité par Jude est tiré dû chap. ii.
2 Plusieurs Pères de l'Église en citent des fragments : Irénée, du xiv* et du XT* chap.; Tertullierif du xctii*; Anatole, évêque de Laodicée, dans Eusèbe,
du LXXl*.
3 Les chap. lxxxiv-lxxxix racontent en style prophétique l'histoire du peuple de Dieu jusqu'à l'exil. Depuis Salomon, il compte 37 rois, dont 20 pour Juda, et 17 pour Israël, ce qui est exact, si on laisse de côté le court règne de Zimri. Depuis l'exil jusqu'aux Maccabées, il compte 23 rois ou conducteurs du peuple, ce qui est également conforme à l'histoire. Sur ces 23 rois, 4 appartiennent à l'empire babylonien, 11 au royaume des l^erses, et 8 à l'empire macédonien ou aux royaumes formés de ses débris. Depuis les Maccabées jusqu'à Hérode, ce ne sont plus des rois qui régnent sur les Juifs, ce sont douze conducteurs, savoir Mattalhias, Judas Maccabée, Jonathas, Simon, Jean Hyrcan, Aristobule I, Alexandre Jannée, sa veuve Alexandra, Aristo- J>ule II, Hyrcan II, Antigène et Hérode-le-Grand. De ce qu'il cite celui-ci le dernier, ne s*ensuit-il pas qu'il vécut sous son règne? C'est ce que confirme d'ailleurs l'allusion qu'il fait, chap. liv, v. 9 et suiv., à l'expulsion du grand-prêtre Hyrcan par les Parthes et au rétablissement d'Antigone, événements qui se passèrent 37 ans avant Jésus-Christ.
li'Apoealypse.
Merder, Map^v ^^é^ das Buch der Zukunft dei Herrn , des Neaen Testaments SiegtJ, Tli^a, 1779, în-S*. — Eichhom, Commentarius in Apocalypsin Johannis, GàUm^^ 171)], 2 \aL in-S". — Ewald, Commentarius in Apocalypsin Johannis, Ups., \ii\i^, m-%\ — Weyers^ De libri Apocalypseos argumente, sententift e auL-tore, Liig>i. Bat., 1828, in-â". — lucfce, Versuch einer Tollstândigen Einleitung irf flïe OfTenti^rung Johannis und in die gesammte apocalyptische Literatnr, Honn, 1332Jri-8*. —De Wette, Kune Erkliirung der Offenbarung Johannis, Leipzi^f, 1848. in-S*. — lUnystenberg, Die OfTenbarung des heiiigen Johannes,
L' Apocalr[ise de Jean/seul livre sous une fonne prophétique qui ait été admis dans le canon du Nouveau Testamentj nous présente le tableau fidèle des idées et des espérances des premiers chrétiens. Le but de Fauteur est évident : il voulait, en leur prédisant, sous des images et des symbr^les empruntés aux anxîiens prophètes, Ésaïe, Joël, Lzécliiel et Zacharie, mais surtout à Daniel, le triomphe prochain du christianisme sur le judaïsme et le paganisme, consoler les Chrétiens et raffermir leur courage par la perspective d'une victoire éclatante sur leurs persécuteurs. Ce plan, habilement conçu, fut exécuté par lui avec un incontestable talent et un art étonnant. Sous une forme poétique et dramatique, il peint, en quelques tableaux d'une grandeur saisissante» les diverses péripéties de cette lutte gigantesque OÏL interviennent tour à tour le ciel et Tenfer.
L'antiquité chrétienne était riche en ce genre de littérature ^ qui devait ùtre fort populaire. Il existait dans lespre-
miers siècles de l'Église des apocalypses de Pierre, de ï^aul, de Thomas, d'Etienne, sans parler de la première partie du Pasteur d'Hermas, qui rentre aussi dans la catégorie des écrits apocalyptiques; mais, quoique ces ouvrages jouissent d'une très-grande faveur, surtout l'apocalypse de Pierre, qui avait été commentée par le savant Clément d'Alexandrie *, un seul, nous l'avons dit, fut jugé digne d'être admis au nombre des livres canoniques ; encore cet honneur ne lui fut-il accordé que tard et difficilement.
L'Apocalypse de Jean peut se diviser en cinq parties, y compris un épilogue : 1** Chap. i-iu, envoi aux sept églises principales de l'Asie proconsulaire, espèce de hors-d' œuvre qu'on doit considérer comme le prologue. — 2** Chap. iv-vii, introduction au livre proprement dit; vision de la majesté divine, gloire de l'Agneau et félicité des élus; — 3** Chap. vm-xi, prophétie de la ruine du judaïsme; — 4** Chap. xii- XIX, prophétie de la ruine du paganisme; — 8^ Chap. xxxxn, bonheur des fidèles dans la nouvelle Jérusalem, et épilogue.
Rien de plus facile que de déterminer l'âge d'un ouvrage si remarquable à plus d'un titre; il nous en fournit luimême le moyen. Il fut écrit avant la ruine de Jérusalem (chap. xï, 1-2), mais après la mort de Néron, à laquelle le peuple refusait de croire et dont il attendait le retour * ; il le fut à la fin du règne du sixième empereur {Apoc. xvn, 10), puisque des sept rois figurés par les sept têtes de la bête, les cinq premiers, savoir Auguste, Tibère, Caligula, Claude et Néron, étaient tombés ou morts, que le sixième. Galba,
« Euf(^, Hist. éccles., lib. VI, e. 14.
2 Apocal, \ni, 3; xvii, 8. Cf. Suétone, Nero, c. 57. — Tacite^ Histor. I, 2; ir, 8.
régnait, et que le septième, qui n'était pas encore venu, devait peu durer; or, Othon mourut en effet, l'an 69, après quelques mois de règne. Voilà la date exacte de la composition de l'Apocalypse clairement fixée par l'Apocalypse même '.
Mais autant cette question était aisée à résoudre, autant celle de savoir qui est le véritable auteur du livre offre de difficultés; aussi les critiques sont-ils loin de s'accorder sur ce point. Selon l'opinion commune, le Jean qui a écrit TAiiocalypse est le même que l'auteur de l'évangile et des epitre^ qui portent ce nom, c'est-à-dire l'apôtre Jean le Zébedéide ; mais cette opinion soulève une foule d'objections qui lui enlèvent jusqu'à l'ombre de la vndsembhmce.
Nous ferons remarquer d'abord que dans l'évangile, Tapôtre Jean n'est jamais appelé par son nom, mais toujours désigne par une périphrase, comme le disciple que Jésus aimait {Jean xx, 2, xxi, 20, etc.) ; tandis que dans l Apocalypse, le nom de Jean revient plusieurs fois [Apoe. Ij r, 4, 9; xxu, 8), et que l'auteur de l'Apocalypse se fait connaître clairement comme l'apôtre, compagnon de Jésus, et exilé à Patmos pour la foi [Apoc. i, 2, 9) ; celui de révangile, par modestie, dit -on, garde à cet égard un silence complet. On ne doit pas, sans doute, accorder à cette remarque une importance exagérée; cependant elle a bien un certain poids, appuyée qu'elle est par la différence notable du style de l'évangile et de l'Apoca-
* Arec cette date ne peut se concilier la tradition qui recule jusqu'à la fin du Hpw de Domitien, à Tan 94, l'exil de l'auteur à Patmos {Irénée, Adv.' Hœres., Ub. V, t. 30). Une autre tradition {Épiphane, Haeres., Lî, c. 33) place cet exil <ioiu Claude, qui régna jusqu'en 54. Mais à cette date, Paul n'avait pas encore fondé le«^ égllsas de rAsie-Mineure dont il est question dans l'Apocalypse.
lypse '. Dans l'évangile, le grec est plus pur, plus doux, plus coulant, et il abonde en idiotismes *, qu'on retrouve dans les épîtres, mais qu'on cherche inutilement dans l'Apocalypse, dont le style, âpre et rude, haché et décousu, véhément et incorrect, a un coloris tout à fait hébraïque. Oh y rencontre assez souvent des mots tout à fait hébreux^ par exemple, chap. m, 14; ix, H ; xii, 9, tO; xix, 1 , 3, 4, 6; XX, 2; xxn, 20; l'auteur associe, sans hésiter, comme cela se fait dans la langue hébraïque, le présent ou le futur, le participe au verbe auxiliail'e être; il accumule les génitifs, il remplace les cas grecs par des prépositions; il construit le pronom relatif avec «ùtoç, dont il le fait suivre, sans parler d'autres anomalies, telles que l'usage fréquent du parallélisme antithétique {Apoc. n, 8, 13; m, 8, 17, 21), qui toutes prouvent qu'il était habitué à penser en araméen. D est vrai qu'on trouve aussi dans l'évangile quelques exemples du parallélisme {Jean i, 3, 20; m, 15) et que, d'un autre côté, l'Apocalypse emploie parfois des expressions vraiment johanniques, comme ^ç, fiapTupCa, icpayr^toxoc, ^a^ i^ioii, '^iv^<i '^<^ Oeoô (non pas 6 Xo^oc seulement, comme dans l'évangile), mais cela arrive assez rarement, et comme, d'un autre coté, le mot afiviç, agneau, de l'Évangile [Jean i, 29) est toujours rendu par dpvfov dans l'Apocalypse; comme le nom de Jérusalem, écrit *lepo<j<JXufwt dans le premier, est -toujours écrit *I«pou(iotXi<(x dans le second; comme la locution Wv xiç de l'évangile est toujours remplacée par cette autre èi t(ç dans l'Apocalypse, il semble
* Sehulxt, Ueber dei schrifUtellerischen Gharakter und Werth des Johannes, Weissenfels, 1803, in-8*.
' Par exemple, à^i/fiticc^ icoieIv, àvofora^tç ((>)?!(, â(AapT(av ^x'tv, â^r/pjta^on Eiç T^L d7r(a(o, ^irrffiy\^ai JvcaOev, elvai ix tôîv xaTu>, etc.
une Umt ce qu'on pourrait conclure de ces analogies peu nombreuses d'ailleurs, c est que Fauteur de Tévangile éfeit le disciple de celui de l'Apocalypse; en induire leur identité serait certainement aller trop loin.
Si nous examinons maintenant Tesprit et la tendance des deux écrits, nous serons frappé de diflférences bien autrement importantes.
Dans l\M^angile respire l'amour; dans l'Apocalypse, la haine et î^i vengeance. Dans l'évangile, Dieu, être spirituel^ veut être adoré en esprit et en vérité, et la félicité suprême est au ciel. Dans l'Apocalypse, Jérusalem sera le centre du royaume millénaire du Messie, et les élus y jouiront d'un b<>nheur tout matériel. Dans l'évangile, l'ennemi du Christ, c'est la fraction juive; dans l'Apocalypse, l'état anticlirétieii, c'est l'empire romain. Dans l'évangile, le royaume de Dieu est Ibndé, au moins en partie, dans les cœurs, et réi)anouissement de la vie chrétienne s'y fera peu à peu; dans l'Apocalypse, il ne se fondera qu'à la suite ctV»puuvaht;ibIes catastrophes et le triomphe tout extérieur ilu clnlstiiinisme sera brusque, instantané. .Dans l'Apocalypse eniiEi, on trouve une foule d'idées pneumatologiques, démonulogiqiies, angélologiques, présentées sous une forme matérielle complètement étrangère à l'évangile et aux épi très de Jean; on y trouve même une foule de doctrines dangereuses au point de vue de la. morale et contmires à la loi fondamentale du christianisme : Tu aimeras ton prochain.
De ce qui précède, et sans pousser plus loin l'antithèse, nous nous croyons autorisé pleinement à conclure qu'il est impossible qu'un seul et même individu soit Fauteur de l'évangile et de l'Apocalypse. Mais si l'apôtre Jean n'a pas
pu les composer tous deux, lequel est-il le plus vraisem- ,
blable qu'il ait écrit?
Pour résoudre cette question difficile, il est nécessaire d'interroger d'abord le Nouveau Testament et de savoir ce qu'il rapporte sur le caractère de Jean, fils de Zébédée. L'Évangile selon saint Matthieu nous le peint, vers la fin *
de la carrière de Jésus, comme un ambitieux encore tout imbu des idées messianiques des Juifs {Matth. xx, 20-24). |
Les deux autres synoptiques nous font connaître l'impétuosité de sa nature colérique [Marc m, 17; Luc ex, 84-58) et son intolérance fanatique [Marc ix, 38; Luc ix, 49-80); or^
si ce qu'Eusèbe * raconte de sa conduite envers Cérinthe
est vrai, on devra reconnaître que la vieillesse même
n'avait pas refroidi l'ardeur de son zèle. Saint Paul, enfin,
dans son épître aux Galates, nous le représente comme une
des colonnes du parti judœo-chrétien {Gai. n, 9). A qui ce
portrait convient-il le mieux, à l'auteur de l'évangile ou
à celui de TApocalypse? Pour répondre à cette question,
il suffirait de lire Apocal. ii, 14, où la tendance libérale
de Paul au sujet des idolothytes et des secondes noces est
blâmée si clairement ^; ou bien encore Apoc. xxi, 14 (comp,
à Actes I, 24-26) où Paul est exclu du nombre des Apôtres. On répond à cette objection en faisant valoir l'intervalle
assez long qui sépare la composition de l'évangile et celle
de l'Apocalypse; mais on oublie que quand Jean écrivit
l'Apocalypse, il avait plus de 60 ans et qu'à. cet âge on ne
se développe plus. Jamais on ne vit un vieillard sortir complètement du cercle de ses idées habituelles pour se jetf^r
» Eusèbe, HUt. eccles., lib. Il, c. *28, « 6.
2 Pour les Juifs, Balaam, lennemi de Moïse, était IMmpie parfait IIDJl ÎT^' {Tanchuma, Francf., 1701, in-fol., ad Numer. xxii, 34, fol. 72.)
dans un tout autre ordre d'idées ; il y a impossibilité psychologique, c'est-à-dire impossibilité absolue. Or, Fauteur de r Apocalypse nous apparaît comme un juif converti, un ébioniteanti-paulinien, formé dans les synagogues, nourri de la lecture de F Ancien Testament et versé même dans Fart cabalistique, tandis que le Jean de Févangile est un juif helléniste, instruit dans la philosophie alexandrine, mais à peine initié à la science juive, dont il ne fait que peu ou point usage.
Une dernière observation pour terminer. Dans la dispute qui s'éleva au ii^ siècle, sur la célébration de la Cène, les Aaiates défendirent leur coutume en s'appuyant sur Fautorité de Fapôtre Jean. On sait qu'ils célébraient la Pâque, le 14 nisan, conformément à la tradition suivie par les synoptiques, tandis que Féglise de Rome la renvoyait au dimanche suivant * . Or, si Jean approuvait cet usage, gemment se serait-il mis en opposition avec lui-même, en piaçant dans son évangile le dernier souper de Jésus, le 13, et sa moit, le 14 de ce mois?
En résumé, Fapôtre Jean ne peut avoir composé à la fois Févangile et FApocalypse. S'il est auteur de Fan ou de l'autre, oe ne peut être que du dernier. Sans doute, c'est un mei'veilleux phénomène qu'un homme de 60 ans ait conservé une richesse d'imagination aiissi étonnante et qu'un homme illettré {Act. iv, 13) ait conçu le plan d'un pareil ou vidage. Mais si les cas semblables sont rares, ils ne sont pas impossibles. Nous tenons donc Fapôtre Jean pour Fauteur de FApocalypse. Cette opinion, arrêtée chez nous depuis longtemps, s'appuie à la fois sur les preuves internes
* Euxébe, Hist. ecdes., lib. V, c U, g IC.
que nous venons d'exposer, et sur les témoignages, non-seulement de Justii^ et de Tertullien \ mais de Clémeqt d'Alexandrie et d'Origène ^, d'autant plus importants que ni Fun ni Tautre n'était chiliapte.
(ionrces ■eeoBdaires de la Théologie biblique.
La Bible est, sans aucun doute, la source la plus pure où nous puissions puiser la connaissance des opinions religieuses qui ont eu cours chez le peuple d'Israël, depuis le temps où il apparaît sur le théâtre de l'histoire jusqu'au moment où Jésus et ses apôtres vinrent, par leurs enseigne içents, spiritualiser l'ancienne religion juive et remplacer le particularisme mosaïque par l'universalisme chrétien. Mais elle n'est pas la seule, et si Ton veut se former une idée exacte des doctrines religieuses du judaïsme à l'époque oii s'opéra la grande révolution qui clôt le champ de la Théologie biblique et. ouvre celui de l'histoire des dogmes chrétiens, il est nécessaire de consulter, en se gardant toutefois de généraliser 4€!3 théories ou des opinions particulières, non -seulement les ouvrages du philosophe Philon, le témoin le plus important de la théologie des Juifs alexandrins ', et ceux de l'historien Josèphe *; mais encore lies Pseudépigraphes de
* J}^in* Contra Tryphonem, c. 81 — TertuUien, Contni Viu^onefn, L IV, jî.5*
2 ClémerU d'Alexandrie, StromaU, lib. VI, c. 13; P«i?agog , lib. Il, t, lî, — Shrigène, Opera^ t. IV, p. 16, 23.
3 P^iion, Op^ra, Lipsiae, 1828-30, 8 vol in-8% édition plus cpmplèu que eeUe de ^fingey, Londres, 1742, 2 vol. in-fol.
* Josèphej Opéra, édit. Havercamp, Amsterdam, 1726, 2 vol. in-loL, édil- Ober^ thûr, Leipï., 1782-1785, 3 vol. in-8«.
l'Ancien Testament ', notamment le quatrième livre ou l'Apocalypse d'Esdras', fort important au point de vue des idées messianiques des Juifs; les Targums ou paraphrases chaldaïques d'Onkelos sur le Pentateuque et de Jonathan ben Usiel, sur les petits prophètes •, et surtout le Talmud, immense recueil de traditions juives, divisé en deux parties d'inégale valeur *, la Mischna et la Gremara. La Mischna, qui est le texte proprement dit, traite de l'agriculture, des fêtes, des femmes et de leurs droits, des crimes et délits, des choses saintes, des choses pures ou impures, en autant de chapitres ou Sedarim, a^'iTp, savoir : 1^ Seraïm, a^T, ou les semences, subdivisé en onze traités : Berachot, Peah, Demaï, Kilaïm, Schefiith, Trumoth, Maasroth, Maaserscheni, Challah, Orlah, Biccurim; — 2" Moëd, TyiQ , ou les Fêtes, subdivisé en douze traités : Sabbath, Erubim, Pesachim, Schekalim, Joma, Souccah, Beza, Roschhaschana, Taanith, Megillah, Moëd Katon, Chagiga; — 3^ Naschim, na^urj, ou les femmes, subdivisé en sept traités : lefamoth, Chetoufot, Kiddouschim, Gittin, Nedarim, Nasir, Sota; — 4^ Nesikim, na^pw ou les Dommages, subdivisé en dix traités : Baba Kama, Baba Mezia* Baba Bathra, Sanhédrin, Maccoth, Schefouoth, Edajoth, Horajoth, AbodaSara, Pirke Afoth;— 5®Kedaschim, a^^^js ou
< «Fabnctuf, Codex pseudepigraphus veteris Testamenti, Hamburgi, 1722-1741, 2 vol. in-8«.
2 Volkmaty Dasyierte Buch Esra, Leipzig, 186.. , in-S".
3 La meilleure édition, texte hébrea et traduction latine, est celle de Surenhusius, Amsterdam, 1698-1703, 6 vol. in-fol. Si l'on craint de 8*engager dans ce dédale, on peut se contenter de consulter soit Lightfooty Hors hebraîcae et talmuldicœ in quatuor Evangelia, Lips » 1684, in-4% soit SchôUgen, Hore hebraîcs et talmu^ dicae in universum Novum Testamentum, Dresd. et Lips., 1733-1742, 2 vol. in-4% ou bien simplement le Novum Testamentum de Wetstein, Amaterdam, 1711, ia-S^
* La première a été publiée par Paul Fagius, ou Buchlin, à Strasbourg, 1546, in-fol.; la seconde, par Jean Mercier , à Paris, 1557, in-4».
— 24» — les choses • saintes, subdivisé en onze traités : Sebachim, Menachot, Chollin, Bechoroth, Erachim, Temsura, MeilaTi, Kerithut, Tamid, Middoth, Kinnim;— 6^ Taharoth, nirir] ou les Purifications, subdivisé en douze traités : Chelim, Oholoth, Negaïm, Parah, Tohoroth, Mikvaoth, Niddah, Machschirim, Safim, Tefouljom, Jadajim, Okzin. Ce recueil, commencé par le rabbin Akiba, sous le règne d'Adrien, continué par Simon ben Gamaliel, qui vivait en 160, et terminé à Tibériade, Fan 220 de notre ère, par son fils Judas Hakkadosch, ou le saint, contient beaucoup de traditions d'une haute antiquité, dont l'authenticité ne saurait être révoquée en doute. On ne peut rendre le même témoignage aux deux commentaires qui ont été écrits sur la Mischna et qui sont arrivés jusqu'à nous sous les noms de Gemara de Jérusalem, composée vers 350, à Tibériade, et de Gemara de Babylone, recueillie vers 590, à Sura, dans la Babylonie. Leur âge relativement moderne et la difficulté d'y reconnaître ce qui appartient à l'ancienne tradition juive, diminuent considérablement leur importance pour la Théologie biblique. On ne doit en faire usage qu'avec circonspection, et l'on peut en dire autant du Targum du Pseudo* Jonathan, sur le Pentateuque *, du Targum de Joseph l'Aveugle sur quelques-uns des Hagiographes, et des trois Midraschim sur le Pentateuque : Siphra, Siphri et Mechilta^ qui remontent seulement au m® siècle de notre ère ^.
* Ce Targum, appelé Targum de Jérusalem, est un recueil de fables, de légendes, d'idées d'un âge postérieur, écrit dans un langage barbare qui trahit un auteur de la seconde moitié du vu* siècle. Voy. Petermannf De duabus PentateUcht paraphrasibus chaldaïcis, Berlin, 1829, in-8.
3 Publiés, les deux premiers à Venise, 1546, in-fol., le troisième à Amsterdam, 1712, in-fol.
Uttérature de la Théologrie biblique.
La Tliéologie biblique n'a commencé à être cultivée comme une science spéciale que dans la seconde moitié du dernier siècle, c'est-à-dire à Tépoque où, cessant de considérer la Bible comme un livre inspiré de Dieu dans toutes ses parties, et par conséquent infaillible, on osa briser le joug pesant du dogmatisme, affranchir Texégèse et examiner les textes au flambeau de la critique historique. Quelques théologiens, comme Sébastien Schmid, dans son CôUegium biblicum (3® édit., Strasbourg, 4689, in-4''), Bayer, dans son Analysis et vindieatio illustrium Scripturœ dictortim sinceram fidei doctrinam asserentium, secundùm seriem locorum theoîôgkorum (Altorf, 1716, 2 part., in-4®), Weidner, dans sa Deutsche Theologia biblica (Leipzig, 1722, in-4**), et d'autres peut-être avaient déjà cherché, il est vrai, à fonder solidement le système ecclésiastique de la Réforme sur Texégèse en dehors des subtilités de Técole; mais ils nie se livraient pas à une recherche assez impartiale des doctrines bibliques et, quoique on remarque dans ces ouvrages une tendance de plus en plus prononcée à séparer la théologie biblique ou exégétique de la théologie théorique ou Bcolastique, on ne peut pas dire que ce soient de véritables théologies bibliques dans le sens propre dû mot, parce que les auteurs n'établissent aucune distinction critique entre les notions religieuses de TAncien et du Nouveau Testament et qu'ils semblent considérer la Bible
comme un tout homogène. Dans sa Dissertatio inauguralis exhibens epitomen theologiœ e solis literis sacris concinnatœ (Gottingue, 1763, in-4*^), et son Epitome theologiœ e solis literis sacris concinnatœ (Lemgo, 1787, in-8®), Buschingfit un pas de plus en distinguant nettement les doctrines religieuses de l'Église primitive des théories inventées plus tard. Le progrès est déjà plus sensible dans l'ouvrage de Zachansd'.Biblische Théologie (Gôtting., 1771-1775, 4 part, in-8^; 3* édit, augmentée d'une 5* partie par Vollborth, Gôtt., 1786). Cependant son livre ne réalise point encore l'idée d'une théologie biblique proprement dite; c'est plutôt une critique prolixe de la dogmatique luthérienne, au point de vue de la Bible. La même observation s'applique au FandtttcA der biblischen Théologie, de W. F. Huftiagel, simple répertoire de passages bibliques, dont deux volumes seulement ont été publiés (Erlangen, 1788-1789, in-S**). Quoique plus riche en remarques exégétiques, l'ouvrage de Ammon : Entwurf einer reinen biblischen Théologie (Erlangen, 1797, 2 vol. in-8*^; 2' édit., Erlang., 1801-1802, 2 vol. in-8°), qui est écrit, d'ailleurs, dans un esprit libéral, ne traite pas encore la théologie biblique comme une science indépendante de la dogmatique ecclésiastique; il confond toujours les données de l'Ancien et du Nouveau Testament, sans sembler se douter des évolutions successives des idées religieuses chez lé peuple juif. Il était réservé à Gabier d'établir enfin clairement et nettement le caractère historique de cette branche de la théologie, en proclamant dans son discours De justo discrimine theologiœ biblicœ et dogmaticœ (Altoif, 1787, in-4°), la différence essentielle qui existe entre la théologie biblique et la théologie dogmatique ou systématique : l'une, pour conserver son caractère scientifique, doit
faire rej^sortir ce qu'il y a de général, d'universel dans les enseigne jnents de la Bible; Tautre, pour rester fidèle à son caracti'ie Jiistorique, doit s'attacher, au contraire, aux idées lo('ales, temporaires, individuelles, qui révèlent les fïpiiiirms religieuses d'un siècle ou d'une société. Ces' principe:^, ^miiïiis à une rigoureuse critique par C.-E. Schmidt, dans ses ileux dissertations De theologiâ biblicâ (Jena, 1788, in- V'\ furent appliqués pour la première fois par Georg- Lorenz Bauer, dans une suite d'écrits, parmi lesquels nous citerons [ilus parlièrticuement Théologie des Alten Testaments 0der Ahriss der religiôsen Begriffe der alten Hebrqer (Leipzig, 4796; avec un supplément, Leipz., 180i, in-8'*); Bibluche Théologie des Neuen Testaments (Leipz., 1800-1802, 4 voL in-H"), rt^sté inachevé *, Hebrâische Mythologie des Alten und Neuen Testaments (Leipzig, 1802, 2 vol. in-8*'),et Breviarium iheologiŒ biblicœ (Lips., 1803, in-8^), où malheureusement il n'a pas su se dégager de toute préoccupation dogmatique. Ceiïendant, au milieu de beaucoup de critiques superfitn elles vl d'explications inadmissibles, il s'y rencontre de précieux matériaux pour l'appréciation de l'individualité des écri\ ains sacrés. Nous ignorons si les traces de Bauer fiirent suivies par le Hollandais van Vloten, dans sa Théologie der Bybel^ Amst., 1803, 2 vol. in-8'*, ouvrage que nous n'avons pu consulter; mais nous savons qu'elles ne Vont pas été par Kaiser dans sa Biblische Théologie oder Judaismus undChristianismus (Erlangen, 1813-1814,2 part, in-8'*); or, il s'attacha à constater, par des analogies trop souvent forcées, un universalisme religieux, fondé sur une révélation primitive qui aurait revêtu différentes formes selon
< €eâ quatre volumes traitent de tout le Nouveau Testament, sauf TÉpItre de Jacques et l'I^pître aux Hébreux.
les temps et les lieux. Sans doute l'esprit humain suit partout dans son développement une marche uniforme et la comparaison des idées religieuses des Juifs avec celles des nations dont ils ont subi Tinfluence, Egyptiens, Chaldéens, Perses ou Grecs, ne peut manquer de répandre une vive lumière sur certaines de leurs opinions; mais il ne faut pas oublier qu'une théologie biblique n'est point une histoire générale des croyances religieuses de Fhumanité, qu'elle doit borner ses recherches à Tétude du développement historique d'une forme particulière de la religion idéale. De Wette s'en souvint en écrivant sa Biblische Dogmatik des Alten und Neuen Testaments, Berlin, 1813; 3* édit., 1831, in-8'*; mais il tomba dans un autre extrême, en rejetant, comme n'étant pas justifiées par la philosophie religieuse, un certain nombre d'opinions émises dans la Bible. Comme l'a fort bien démontré Stein *, la -théologique biblique, en tant que science historique, est aussi indépendante de la philosophie religieuse que de la dogmatique ecclésiastique; elle n'a pas à juger telle ou telle doctrine; elle n'a qu'à constater ce qui est, avec fidélité, avec impartialité, sans se préoccuper des conséquences, comme ont essayé, avec plus ou moins de bonheur, de le faire Schimier, dans sa Biblische Dogmatik in ihrer SteUung und ihrem VerhaUnisse zu dem Ganzen der Théologie (Breslau, 1820, in-8**); Lossius. dans sa Biblische Théologie des Neuen Testaments (Leipz., 1825, in-8®),etBaumgarten-Crusius, dans ses Grundzûge der biblischen Théologie (Jena, 1828, in-8''). Malgré le défaut capital que nous venons de signaler, le livre de de Wette,
* Stein^ Ueber den BegriiT und die Behandlungsart der biblischen Théologie des Ntucn Testaments, publ. dans le t. UI, cah. 1, n" 5 des Ànalectes de Keil et Tschirner.
qui se fait d'ailleurs remarquer entre tous peur une critique sAge et modérée^ a rendu un important service à la Théologie biblique, en séparant avec soin lés idées particularistes *t nationales de la plupart des écrivains de la Bible d'avec les idées universalistes de quelques-uns d'entre eux, en établissant une ligne de démarcation bien tranchée entre l'hébraïame, le judaïsme et le christianisme, et en suivant l'influence du progrès de la civilisation chez les Juifs sur le développement de leurs conceptions religieuses, à t^vers les différentes périodes principales de leur histoire. A cet égard, nous ne connaissons qu'un seul ouvrage qui puis»à rivaliser avec le sien; c est la Biblisehe Théologie de Q.^Q. von Cœlln, ouvrage posthume édité par Schulz (LeipE*^ 1830, « TOL in-8**) ; l'ouvrage publié par Vatke, à Berlin Verfe le même temps et sous le môme titre {Die biblisehe Theohgiei 14305 in-^8**)> ne peut, sous aucun rapport, soutenir la comparaison. Au reste, cette branche de la théologie, à peu près complètement négligée en France jusqu'ici ', est toujours l'objet d'études sérieuses en Allemagne, comme le prouvent la Biblisehe Théologie des Neuen Testaments de Schmid, et la Théologie des Neuen Testaments, de Hahn, publiées en 1SK3 et 1854) ouvrages que nous ne connaissons, d'ailleurs, que de nom, nonplUdque tes Vorlesungen ûber die biblist^ Théologie des Neuen TMaments de Cramer, 2* édit., Leipzig, 1 833, iû-S'*, tandis que les Vorlesungen Hber NeuteÉla^ mèntiii^ Théologie^ dit savant Baur, de Tubingué (Leipzig, 18643 in-^**)^ ^^^ ^^^ fourni leâ plus précieuse^ directions pour la dernière partie de notre travail.
* Nous ne voyons à mentionner en elTet que le livre de M. le professeur Reuss» rristoiH lift la tlkëoîôSîe thféHe^Mie au siêck apostolique, Slrasibôurg, 1864, ^ vol. in-^, 3* H\W(M, tmvft^ ekc^lleiot, mais qUi n'explore qu*tiiM faible portion du va8le domaine de la théologie biblique.
IiiiportaBlM M l«i Tlftéolo|rt« biblique.
En tious présentant le tableau aussi instructif qu'intéressant des formes diverees que la pensée religieuse a revêtues chez les Abrahamides, depuis Fépoque des patriarches, des phases de son développement successif, de ses progrès lents, mais continuels; en nous montrant la religion du peuple d'Israël, nationale comme toutes les religions antiques, se déroulant, pour ainsi dire, autour d'un pivot unique, la croyance au royaume de Dieu, sous l'influence des circonstances politiques, jusqu'au moment où le Christ et ses apôtres vinrent lui imprimer le cachet du spiritualisme et -de l'universalité, la Théologie biblique fonde le christianisme sur la base de l'histoire et acquiert ainsi toute l'importance d'une introduction à Thistoire des dogmes chrétiens. Elle permet au théologien de nos jours de se faire une idée plus claire, plus exacte et plus vraie des enseignements du Maître et de ses disciples immédiats; elle lui apprend à ne plus les confondre avec les systèmes ecclésiastiques édifiés sur un fondement commun; elle lui inspire un respect plus profond pour les doctrines des fondateurs de la religion chrétienne; elle lui enseigne enfin la tolérance, en lui prouvant que les opinions religieuses n'ont jamais été immobiles, mais qu'elles ont toujours subi, au contraire, l'influence profonde du temps et des lieux.