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être divin, qui, envoyé du ciel, sa demeure, sur la terre, inspire à rhomme l'amour de Dieu, le ramène dans le sentier de la vertu, le sanctifie, le conduit à Fimmortalité et à la béatitude céleste. C'est ainsi que de simples circonlocutions ou périphrases, dictées par Thorreur de Fanthropomorphisme, devinrent dans cette période des réalités, grâce à la disposition des peuples orientaux à personnifier les idées abstraites. Néanmoins on ne trouve pas encore, on le voit, dans le judaïsme, une conception claire de la Trinité. Il était assez naturel sans doute que les Juifs établissent un rapport tout particulier entre le Messie qu'ils attendaient avec une impatience croissante et un Être qui avait été l'organe de Dieu dans tous les événements heureux pour leur nation {Sap. x-xi). C'est ce quils firent en effet; mais ils laissèrent au christianisme le soin d'établir une distinction métaphysique entre le Ao^oç et le IIveufAa Ocou et de placer le premier dans de nouvelles relations historiques, en l'identifiant avec le Christ.
Dans cette période, la doctrine des anges se développe de plus en plus. H est vrai que les Intelligences célestes sont souvent encore appelées les messagers c^p^Sp de Dieu et que, comme le remarque Ewald ^ ce mot n'exprime pas
* Ewaldy GraauQfttik d^sr hçbrëïschen Sprachç des Alten Testaments, Leipzig, 1828, p. 245.
une notion| personnelle et concrète, mais a le sens indéterminé de mission, en sorte qu'il pourrait signifier non pas les messagers de Dieu, mais plutôt les vertus divines agissant dans le monde, opinion que partage Tholuck * ; cependant ce qui prouve que les Juifs y attachaient une idée de personnalité, c est que depuis Texil, ils assignèrent aux anges des rangs, des noms et des fonctions particulières. En tête de la hiérarchie céleste, ils placèrent sept archanges, les sept amschaspands du Zendavesta {Tobit xu, 18), dont trois' sont même cités nominativement, savoir Qabriel, ^i<^ '^^? (Fhomme de Dieu), interprète des révélations divines; Michel, Hjkd^d (celui qui est comme Dieu), protecteur spécial de la nation juive et plus tard des chrétiens {Apoc. XII, 7); et Raphaël, Hnsi (Dieu est doux), l'ange qui veilla sur le jeune Tobie {Daniel viu, 16; ix, 21 ; X, 13, 21; XII, 1; Tobit m, 17; ix, 1, 4; xn, 15), noms qui, comme les rabbins en conviennent eux-mêmes, avaient été importés de Babylone en Judée •. A coté du nom de messagers, on trouve, même avant Texil, celui de saints, Q'^ttfip, appliqué aux anges {Ps. lxxxix, 6) et ce nom, qui devint de plus en plus usité, fut réservé plus spécialement aux bons anges, lorsqu'après le retour de Fexil, les Juifs divisèrent, comme le Zoroastrisme, les Intelligences célestes en deux classes répondant à celles des Izeds et des Dews {Zacharie xiv, 5; Daniel viii, 13; Sirac. xlv, 3). Celui de
* Tholuck, Commentar zum HebrSierbrief, Hambourg, 1836, p. 135.
3 Le Targum de Jonathan In Deuteron. xxxiii, 6, en mentionne plusieurs autres par leurs noms.
3 Lightfoolf Horae hebraïcae et talmudicœ in IV Eyangelia, Lips., 1675, in-4% p. 723 : R. Simeon ben Lachisch dicit : Nomina angelorum ascenderunt in manu Israëlis ex Babylone. Nam antea dictum est : Advolavit ad me unus 'c<^v Seraphim (Isaï. vi, 6), at post : Vir Gabriel ('Dan. ix, 21);^ Michael princeps vestcr (Dan. X, 21).
fils de Dieu appliqué à un messager céleste se rencontre encore dans Daniel ni, 28, 28, qui donne aussi aux envoyés célestes le nom de Veillants nnn^y {Daniel iv, 13, 17), mot que la Septante traduit par iy^eXoi, anges, Symmaque et Aquilas par lYpiiyopot, vigilants. Quant aux fonctions des anges, dont la multitude est innombrable {Daniel vu, ^ 0) , ils continuent à former comme dans Thébraïsme le conseil de Dieu, qui, assis sur son trône comme un roi de TOrient, délibère avec eux et les charge de faire exécuter ses décrets (// Chron. xviii, 18-21 ; xxxii, 21 ; Daniel iv, 14; vu, 9-10), et quelquefois d'expliquer aux prophètes leurs visions {Zacharie i, 9, 19 et suiv.; ii, 3, 4; v, 5, 10-H ; vi, 4-5; Daniel vm, 16; ix, 21-22). A la tête de ce conseil, sont placés, comme nous Tavons déjà dit, les sept archanges, que Zacharie appelle les sept yeux de Dieu {Zacharie m, 9 ; IV, 10), peut-être parce qu'ils sont plus spécialement chargés de parcourir toute la terre et de présenter à TÊtre suprême les prières des justes ( Tobit xn, 1 5) .
Quand un ange descend du ciel, sa demeure, sur la terre, c'est toujours par le commandement de Dieu, et il revêt alors une forme humaine, quelquefois terrible et toujours prodigieuse dans ses proportions {Daniel x, 8-6 ; IIMacc. m, 28). Une apparition semblable frappe toujours les hommes d'une respectueuse terreur (/ CAron. xxi, 16, 30; Daniel x, 8-9). Ordinairement le messager céleste est vêtu d'une robe de lin comme un prêtre * {Daniel x, 5; xu, 6-7) et, sans qu'il lui soit expressément donné des ailes, il possède la faculté de voler {Daniel ix, 21). Quoiqu'il ait toute l'apparence d'un homme, il n'a pourtant pas de corps vé-
' Spencer, Ouv. cité, l. Hl, c. 5.
ritable; il ne boit ni ne mange; s'il semble le faire, c'est une pure illusion {Tobit xii, 19).
Il n'est pas nécessaire, croyons-nous, d'insister sur le développement que prit l'angélologîe dans cette période. Dans l'âge patriarcal, Dieu habitait au milieu des tentes de son peuple et protégeait directement la famille du patriarche. Pendant la période de l'hébïraïsme, la Bible nous montre le Dieu national des Israélistes trônant entre les chérubins dans la tente-sanctuaire et intervenant encore (juelquefois immédiatement dans les aflaires de la nation. Depuis Fexil, retiré dans le ciel comme les rois d'Orient dans leurs palais d'où ils ne sortent que rarement pour se montrer à leurs sujets, nous le voyons continuant à gouverner le monde, non pas encore, il est vrai, par des lois physiques et morales, établies de toute éternité et immuables comme lui, mais par des ministres de sa volonté, par des anges; et à cet égard, les Juifs vont si loin dès la fin de cette période que déjà la Septante traduit n'y iôh [Deutér. xxxm, 2), qui signifie le feu de la loi, par ^eXoi, les anges, première trace d'une croyance que l'on trouve enseignée dans le Nouveau ïestament, comme dans le Talmud. Cette croyance, qui fait intervenir diifectement les anges dans la promulgation de fo Loi sur le Sinaï, ^ aussi étrangère à l'hébraïsme, que la doctrine des anges protecteurs, qui commence serulement à se produire dans les apocryphes de l'Ancien Testament. Il est vrai que Daniel parle déjà d'anges pt-otecteurs de certains peuples, de certains pays [Daniel X, là, *0, 21 ; xii, 1); mais on sait que le livre qui porte son nom est bîêti postérfete à l'exil, et iJ c«t à remarquer en outre qu'il n'est nulle part fait mention dans les documents bibliques du judaïsme d'anges spécialement
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chargés de protéger les individus; car Raphaël remplit, en veillant sur le jeune Tobie, une mission momehtanée, comme l'ange qui sauva Azarias- et ses compagnons {Cantique des trois enfants 26). Cette doctrine est, au contraire, clairement professée dans le T^rgum de Jonathan * et déjà si développée que les rabbins n'hésitent pas à affirmer que les anges protecteurs des nations sont au nombre de soixante-dix^ un par peuple et par langue '.
Démons.
Versuch einer DUmonologie, Halle, 1776, in-8*. — Beleuchtung der sogenannten biblischen Dâmonologie, Dantzig, 1778, in-S".
Depuis Texil, les Juifs qui sentaient la nécessité d'éloigner de la notion de Dieu toute idée du mal moral ou physique, et qui avaient appris à connaître la démonologie zoroastrienne par leurs relations avec les Perses, s'appliquèrent à concilier les philosophèmes ^ends mt Ahriman et ses dews avec leurs anciennes idées nationales, en prenant pour point d'attache la conception d'Aîsazel. Mais la doctrine du dualisme contredit si formellement le principe fondamental de la religion mosaïque, qu'il fallut du temps avant qu'elle fût acceptée à peu près généralement. Dans le Siracide encore, ce sont les anges qui sont chargés d'exé-
* In Genesin xxxiii, 10; xxxv, 10; xltiii, 16. La même idée se trouTe dans la Septante, qui traduit ^î:?"^^^ ^^S IÇDdS par xatà àpiOfxbv à-pf^wv Oeou. 2 Ibid. XI, 7; cf. Philo, Ôpera, t. Il, p. 242.
cuter les châtiments divins [Sirac. xLvni, î24), et Satan -fDu , ^ŒTavasç , dont le nom ne se rencontre que deux fois dans les livres canoniques de l'Ancien Testament, d'une date postérieure à l'exil (/ Chron. xxi, 1, cf. H Samuel xxiv, ! , et Xacharie m, 1-2), ne. nous est présenté ni dans l'un ni dans Tiiutre de ces passages comme un être indépendant de Dieu et son ennemi. Dans le premier, l'auteur lui fait jouer le rôle (jue le premier livre de Samuel attribue à Dieu, rôle en ertl t indigne de la justice divine, et dans le second, il Huus est présenté, ainsi que dans Job, comme un habitant du cielj comme un membre du conseil céleste, où il semble n^iiildir u peu près le rôle d'accusateur public, personnellement indifférent au résultat. Il n'est pas question davantn^e ilu diable, si ce n'est dans Sapience ii, 23-24, qui fait alluï^ion à la chute de Thomme d'après une interprétation empruntée au zoroastrisme, interprétation toute nouvelle qui levait une grande difficulté, celle d'un serpent doué de la parole, mais qui paraît avoir joui alors de peu de crédit^ puisque ni Philon ni Josèphe ne semblent la connaître. Mais sll est rarement parlé de Satan ou du diable dans les documents bibliques du judaïsme, il y est d'autant ]>lus souvent question des démons, Sa{|xove«. Ce nom, qni fut d'abord appliqué à tout être divin, ami ou ennemi dû rhunime, et réservé plus tard aux divinités secondaires, HUK di\ inités infernales, fut ramené par Platon et ses disi.i]iles à sa signification primitive d'intermédiaires entre Dieu et les honmies que tantôt ils protègent et tantôt toiimieutent K Dans les apocryphes de l'Ancien Testament, le mot de démons n'a jamais cette double signification; il
* flaion^ Conviv., 8 Î8. .
désigne toujours de mauvais génies ou des diables. Seluïi Baruc nr, 7, ce sont les dieux du paganisme, et la même idée se retrouve dans la Septante qui traduit par Saifxovti les mots hébreux d^S^Sm {Ps. xcvi, 8), et ontf {Ps. cvi, 37), rendus plus exactement par idoles dans la version de Perret- Gentil. Le livre de Tobit nous les dépeint comme des esprit.s méchants qui aiment à tourmenter les hommes et dont on ne peut se débarrasser que par des moyens magiques [Tvbit VI, 7 ; vin, 3-4) ; ils retournent alors dans les déserts, leui séjour habituel [Tobit viii, 4; Baruc iv, 35), L'un d'eux, Asmodée (voy. S 45), joue un rôle considérable dans ce livre, ainsi que dans le Talmud, où il est appelé le roi des mauvais esprits et identifié avec le Satan des Juifs contemporaiiis de Jésus. Outre ce démon, ces derniers en connaissaient plusieurs autres par leui's noms, connue nous l'apprend li^ livre d'Hénoch qui mentionne, par exemple, Samyaze, leur chef, et Gadrel, le séducteur de la première femme *. Au reste, il n'est point encore question dans les Apocryphes dr démoniaques, c'est-à-dire de ces malheureux insensés ou épilepti(iues, dont la maladie était attribuée à la présence d'un ou de plusieurs démons dans leurs corps. Mais il en est , par contre, très-fréquemment parlé dans lé Talmud ', ainsi que dans l'historien Josèphe, qui les tient pour lésâmes des méchants et qui prétend avoir été témoin d'un exorcisme opéré avec succès par le prêtre Éléazar ^
< Livre d'Hénoch, c. 7-10, 63-70, 85-87. 5» Voir Semler^ De OsmoniacU, 4* édit., Halle, 1779, in-4». > Jotéphe, De bello jadaYco. lib. VU, c. 6, { 3. — AoUquit. jud. lib. VI l^ c. 2,15.