‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 10 sur 154 · CHAPITRE PRRXIKR. COSMOGONIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRRXIKR. COSMOGONIE

après comme là.. , joindre les deux lieux l'un ù l'aulro, cola ne peul être opéré que par une ligne droite qui esl le plus court chemin, mais aussi le mouvement le plus simple, Dieu fai.sanl tout par la voie la plus simple.

Si Dieu, par un acte de sa volonté ou par un mouvement, a produit ainsi la ligne droite, toute autre direction donnée ou imprimée par lui à un deuxième mouvement ou à un autre être en le créant, ne peut manquer que de produire un angle. Car, comme il est tout et que rien n'a pu et ne peut prendre existence que par lui , les différents points initiaux du mouvement sortent de lui , et comme nous venons de supposer que le deuxième mouvement n'est pas dans la direction du premier , autrement , comme nous avons vu que le premier produisait la ligne droite, un deuxième dans celle voie ne produirait pas une deuxième ligne, mais une seule confondue au moins dans la limite du premier ; les deux mouvements dans deux directions, ayant donc un point de départ commun, forment évidemment un angle.

Nous avons donc, dès que Dieu agit, ou le premier jour, Tangie, et c'est ce que disaient les théologiens de Tantiquité. C'est par lui que Veipace commence à prendre \ie. Mais nous n avons pas encore le temps. Continuons.

Une ligne ou un mouvement, non dans la direction d'un autre, mais qui rencontre ce dernier en un point ou qui s'opère lui-même en partant de ce point, plus il s'écartera do la direction du premier, plus il formera un angle ouvert; mais dès qu'il arrivera à tomber perpendiculairement sur le premier, il formera avec lui un angle droit. S'il continue à s'ouvrir, il formera d'abord un angle obtus, et puis, en s'écarlant toujours de manière à n'être ou à ne devenir luimême que l'extension du premier dans la direction opposée, il formera avec ce premier un diamètre. Car, en supposant que son extrémité extérieure fût armée d'un signe à décriro la marche de son mouvement , comme en se mouvant sur son gond, ou de lui-même, qui a constamment élé le seul point à pouvoir le donner, il a décrit 180 dogrés. Or, 180" c'est un demi-cercle. Le mouvement a donc décrit une demi-circonférence et il est devenu un diamètre.

Si le mouvement continue dans la môme direction, loin de continuer à s'écarter de la ligne du premier comme il l'avait fait jusque-là, il va s'en rapprocher au contraire, et continuer de le faire, jusqu'au moment où, se confondant avec la direction de ce premier, il a alors décrit un cercle et parcouru 360 degrés. Arrivé à 360**, s'il continue de se

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mouvoir, il parcourra non un trajet nouveau, mais le même trajet en retournant sur ses pas. Le temps qu'il a mis à parcourir ces 300"* est donc connu: ii est donc dès lors une unité de mesure pour le temps.

Maintenant quels que soient les mtervalles dans l'espace, et Tes siècles dans le temps, nous avons tout à la fois, et le temps et la mesure du temps. L'ande', on l'a vu, nous â donné Yespace; icî, le cercle nous cronne le temps. Continuons encore.

Nous venons de voir un mouvement prodiiit par TÈtre et opérant une révolution entière autour de lui. Ce mouvement a pu être opéré par un être créé ou tfne créature; mais si, au' lieu dé supposer que Dieu n'a imprimé qu'un mouvement et produit qu'un être, nous concevons qu"*!! en a au contraire pfodliit et imprimé des millions, ce qui est vrai, et de nature, de forme et de puissances cfifférenres, qui partent tous de lui comme des rayons partent du soleil, ces différents êtres eti mouvement, produiront des millions de vies dans des positions différentes de l'espace. Or, pour bien comprendre rharmonie de ces vies ou êtres nonobstant les lumières précédentes déjà jetées sur ce sujet, prenons un exemple qui nous fera encore mieux comprendre la nature intime des choses que nous voyons sur la terre et dans le ciel, et qui sera dès lors un flambeau très lumineux pour la science politique à savoir et à suivre.

Un seul être créé, nous l'avons vu, produisant un mouvement autour de son auteur, mouvement opéré dans un certain plan, et à un certain rayon de cet être créateur, selon sa nature, des millions d'êtres créés de môme, de nature et de formes différentes et opérant sous des rayons divers, des révolutions autour de 1 Etre créateur, et cela dans des plans différents, qm se croisent et se coupent sous des angles sphériques particuliers, forment évidemment dans leur ensemble une sphère vivante. L'univers a donc la forme d'une sphère et Dieu invisible est dans cette sphère où il préside et règne. C'est aussi ce que confirment toutes les traditions de sept mille ans.

Maintenant, pour comprendre la création et puis l'ordre et la conservation de ce mouvement, qui est multiple et varié et pourtant un au suprême de l'intelligence, supposons que nous avons un monocorde ou canon harmonique à la mam, ou qu'ayant une corde sui»ceptible de dcvonir sonore, nous en composions un à son moyen.

Nous voilà armés d'un monocorde, d'une corde de deux

CRAPfTIkK PREVIER. COAMOCONIB. t

mètres de longueur, par OMMiiph», toiKlnoot fournie de son chevalet.

Nous pinçons la rordo et tirons un son. (^o son tiré des vibrations de la corde entière, rend un son d'ut. C/est le ton fondamental en toute octave d*ul. quelle qu'on soit la hauteur ou la gravité, les sept autres sons ou tons sortant do lui et le suivant pour leur timbre et leur force d'intervalles voulus.

Le ton d'ul obtenu par un son de la corde entière, nousat^ tirons le chevalet au milieu d'elle sur le monocorde, et puis pinçons une des moitiés. La corde alors n'a pour vibrer que la moitié de sa longueur, c'est-à-dire un mètre : elle donne Voctane, c'est-à-<iiro la répétition juste du ton ti/, mais plus haut de huit degrés. L'octave est donc avec Vut dans la proportion d'un à deux, car elle est rendue par une moitié ou un demi juste delà corde mise en vibration.

En promenant le chevalet et l'arrêtant aux deux tiers do la corae et puis pinçant cette partie, nous avons sol; ce ton est la quinte d'u<, et est dans la pro|)ortion de deux à trois avec ut.

Le chevalet porté et fixé aux trois quarts sur la longueur do la corde, le bout de cette corde représentant cos trois quarts, étant pincée, nous donne la quarte. Ce son est avec tildans la proportion de (rot> à quatre. L'intervalle sur la corde qui reste entre les deuœ tiers et les trois quarts, c'està-dire entre la quinte et la quarte, étant retranché par le chevalet de la corde entière, si on pince dans sa longueur restante, elle donne le son ré. Ce Ion ou plutôt son intervalle, comparé à la corde entière, est comme huit à neuf, ou les 8/9 de la corde ou monocorde entier.

Maintenant si après avoir retranché parle chevalet de la corde entière une longueur égale à ces huit neuvièmes, c'est-à-dire l'intervalle d'ut à re, qui est un Ion majeur, on pince la corde restante, on arrive naturellement et sans aucun arbitraire à connaître que l'intervalle entier qui se trouve entre le son d'ut et sa répétition à l'octave, c'est-àdire à huit degrés plus haut, se subdivise en 3 tons pleins ou intervalles comme d'ut à ré, appelés comme on vient de le dire, tons majeurs: ut-ré^ fa-soi, sol-la; en deux tons mineurs comme de ré ami, et de (a 'àsi; enfin en deux demi tons majeursde mik fa, et de si à lU, que Ton appelle tons et demi-tons diatomées, pour les distinguer d'autres demitotté que l'on appeHe ehromatiqnes.

Ces tons et ces demi-tons proviennent du mouvewvçiTvV. ^w

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exercice^ si l'on peut accoler le mol mouvement marchant avec mouvement qui n'est pas le repos ; des milliers, des millions de positions entre les intervalles bu Ions et demitons, majeurs et mineurs de l'échelle, sont affectés : tantôt en n'atteignant pas jusqu'à l'une de ces divisions ou tons de réchelle, et marquant par là des dièses, pour le ton ou demiton diatonique, dépassé vers la droite } ou des bémol vers la gauche, pour celui qui n'est pas encore atteint. Tout cela constitue ce mouvement en exercice ou persistant (i) desintervalles|qui peuvent allepjusqu'à la petitesse du quarldeTintervalle qui existe entre un ton et celui qui le suit : entre ut et ré ou ré et mi par exemple, qui s'appellent des dièses; mais dièses qui ne sont bien sentis par l'oreille qu'autant qu'ils embrassent une moitié d'intervalle d'un ton diatonique, c'est-à-dire qu'ils sont un dièse chromatique.

Pour l'intelligence supérieure, pour l'esprit synthétique, toutes choses dans le monde sont créées et ordonnées selon les lois qui constituent la musique, la musique participant de la sagesse divine et éternelle, parce qu'elle est la source de l'ordre. Par musique, il ne faut pas seulement entendre le son qui est ce qui frappe l'organe de l'ouïe, mais le rapport de nombre du mouvement qui existe entre les sons et qui les rend harmoniques à l'âme humaine au moyen de l'oreille. Il y a une musique abstraite, une.musique pour l'intelligence et qui se traduit aussi dans les formes plastiques, les couleurs et la belle architecture, ou l'architecture orthodoxe.

Tout dans le monde est dans le rapport actif de l'octave, de la quarte, de la quinte, mariés avec les intervalles consonants et dissonants , mais toujours harmonique. Cela est si vrai, que dans les œuvres des grands compositeurs l'esprit saisit par les accords produits, les intentions de Tartiste qui, par des sons proportionnels et mesurés, reproduit les mouvements harmoniques intérieurs et extérieurs de certaines parties, de certaines fractionsdu monde ou des scènes du monde, tant physiques que morales. Plus la musique de l'homme se rapproche de celle de l'Esprit et du musicien suprême, plus aussi elle transporte l'auditeur. Plus le compositeur touche exactement la note qui doit être produite dans le

(1) Ce mouvement n'est autre que celui qui existe dans Tunivers, et dans les sociétés à l'état normal avec les petites imperfections qui résultent de la faiblesse de la créature humaine , imperfections peu sensibles après tout, comme le sont celles qui échapucnt aux grands artistes dans leurs compositions, et que roreiUe, même exercée, sent peu ou même ne sent pas du tout.

(MUPITRE PREMIKR. C0:t|10G0MlE. 9

temps cl dans l'pspaco, plus il remue et subjugue l'ûme humaine, plus il lui donne de mouvement et de vie.

Tout dans la société doit être édifié sur les lois de la musique à rimitation de celle que la souveraine harmonie a mise dans le monde. Chaque chose dans la société, comme les astres dans l'espace, et les êtres et familles d'êtres sur la terre, exprime ou vaut une octave, une quinte, un ton, un demi-ton, un dièse, un double dièse, ou un quartde ton.

C'est cette grande et sublime loi de l'accord parfait de toutes les innombrables parties de l'univers, selon le rhythmc musical et les lois musicales, qu'un profond philosophe de Vantiquité, dernier collecteur desanliques traditions scientifîaues sur le monde, a nommée si justement l'harmonie des spncres. Les lois de la musique ne sont que les règles de la proportion et de la mesure, exprimées matériellement par des vibrations produites dans 1 éther qui remplit l'espace. Car, encore une fois, la musique, c'est le mouvement mesuré et dont les éléments , c'est-à-dire les lois, sont déterminés , différenciés par la loi de proportion. Mais à la rigueur, les accords qui composent des séries particulières, spéciales, et qui forment par là des familles de sons, n'en sont pas moins enchaînées par une loi plus générale, par la loi d'unité, qui fait que tel accord demande comme succession tel autre accord pour former une fin, un tout complet. Seulement quand le sujet est accompli, il y a pause, repos.

Chaque être, chaque âme d'être, l'âme de «haque homme normalement constitué , a sa note différente et distincte à produire, et par conséquent sa place hiérarchique d'exécutant dans le grand concert cosmique. Chaque objet dans le monde a son ton propre, et c'est ce qui produit 1 admirable variété qui règne autour de nous.

Dans certaines langues aussi se manifestent les lois de la musique. Elles sont surtout sensibles dans celles des peuples indo-caucasiques et indo-germaniques, où la proportion et la mesure s'observent au suprême degré , et le son est doux et positif, harmonique, varié et poétique. Il n'en est pas do même pour les langues sémitiques formées chez des peuples barbares et sans aucune science quelconque. Elles sont arbitraires et dissonantes , emphatiques et fausses en poésie.

Retournons maintenant à la formation des figures géométriques. Nous avons dit que c'était par l'angle que 1 espace commençait à naître. L angle est l'élément de la formation , et c'est aussi par lui qu'on mesure les dislances. Il y a donc d'abord l'unité qui , vivante et féconde, renferme toutes le?»

facultés. Elle est réelle, mais spirituelle ; appliquée à l'un et au second , elle se manifeste dans la progression double et quadruple pour donner Tai^ile et construire avec elle les matrices, leS formes plastiques et les corps, selon les mesures , l'étendue , ou comme dans les êtres organisés, la corpulence qu'ils doivent avoir , c'est-à-dire les instruments matériels qui rendent les sons.

L'angle est le premier élément géométrique qui symbolise une idée logique. De Tangle se dévelopijent d autres idées et d'autres éléments de la formation générale. Par un tiers réuni au premier et au second, naît un tout, un ensemble dans lequel se manifeste l'harmonie. Sans ce tiers, l'étendue n'a pas de limites déterminées. A partir de la production des choses, Tunité, Tesprit est donc trois. De là, les nombres et la progression triples , qui donnent la loi des voix , des sons, de la conception des êtres et de la production des ea-

Sèces. La distance contenue entre les extrémités divei^entes es deux lignes formant Tangle , est déterminée par une troisième ligne , et le triangle existe, figure ou surface limitée la plus simple qu'on puisse imaginer.

Un des éléments essentiels de la formation dans les apparences, l'angle urimitif, l'âme de la beauté, c'est l'angle droit, formé de Pnorizontal et du perpendiculaire. D'un angle Fig. 1 . droit et de deux côtés égaux se forme le triangle isocèle a 6 r. Le carré abcdse forme (1) en doublant ce triangle. Alors les contraires se manifestent simultanément, les contraires du po- /^ ^ilif a 6 c et du négatif a de, le premier dans le triangle primitif o 6 c. le second dans le triangle secondaire ou inversé adc. Mais le cercle seul,

[V> Le carré a purlout une grrande importance. Quand deux oorps se meuvent dans deux cercles différents et dans une périoue ilifférenle , les forces centripètes sont dans le rapport des diamètres des cercles décrits et dans le sens inverse des «rrrcs des périodes.

L'intensité de la lumière diminue proport ion nellement en raison de raucmentatiou du carré de la aistânce.

La pesanteur diminue en raison de cdrrc de la distance.

La lorce active d*un corps est pro|H>rtionnelle au carré de la vît-?«w.

La loi de Taltraolion du soleil sur les planètes, est que cette dtt^^tction varie en sons inverse du tmrrt de la distance, c*est-4dîr.' qu'elle décroit quand le fmrré au^onte.

La surface du Unka^rKme routier inscrit dans l« cercle , eM trois fois le Mrnr du raxou do oo mémo cenclo.

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