‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 105 sur 154 · GHAP. II. LA SCIENCE DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

GHAP. II. LA SCIENCE DU CHRISTIANISME

aucune façon ce que le christianisme affirme simplement sans preuves. La science moderne est la négation non pas de Dieu, mais seulement et uniquement celle du Dieu chrétien. La science moderne conduit à Dieu en éloignant des doctrines du moyen âge, et cela avec la même assurance que celte de la vérité des axiomes naturels de toutes les sciences. La doctrine scientifique enseignée par la raison, développée par l'entendement et l'expérience, refoule les abstractions qui flottent dans le vide et ne portent sur aucun objet du monde réel. Quant à l'unité de Dieu, reconnue de toute éternité depuis l'Indejusqu'en Grèce, en Italie, plus à l'occident et au nord même encore, le christianisme était et est dans le vrai. Mais cette unité en tant qu'unité, est restée à l'état déplorable d'abstraction on ne peut plus vague, on ne peut plus pauvre. Il aurait fallu que cette unité fût ce qu'elle est, vivante et créatrice par des pensées qui deviennent réelles dans les formes physiques, mais qui sont des nombres dans le monde intelligibleet moral, monde produit lui-même par cette unité première. Il fallait qu'elle nous initiât à Taclion et au mode varié et éternel de faire incessants et profonds de Dieu dans tous les phénomènes de l'univers, nonseulement des mondes terrestres, mais encore des cieux et des univers qui y circulent dans leurs ellipses. Au lieu de cela, la trinité chrétienne est restée à l'état verbal, elle ne représente que des mots sans application, sans réalité réelle et expérimentale. Avec une telle unité, le monde est resté dix-huit siècles et reste môme encore de nos jours sans explication.

D'un autre côté, comme c'est de la réalité et non de la fiction que sortent les conditions sociales, les transactions do tous genres, les rangs,ies fortunes, toutes les choses eh un mot qui découlent de l'activité humaine et de l'ordre physique, le christianisme ou ses unité et trinité chrétiennes n'abordaient aucune de ces choses; mais, bien au contraire , ils les laissaient tout à fait de côté , ils les faisaient considérer comme en dehors du domaine divin, et les abandonnaient par conséquent aux disputes, aux sentiments, aux divergences et aux jugements plus ou moins arbitraires ou profanes que les hommes voudraient porter sur elles. Elles restent dès lors des choses exposées aux chances innombrables du hasard , des êhoses considérées comme profanes, à la disposition du premier venu qui s'en saisit. N'estce pas là l'empire le plus fatal et le plus déplorable des causes fortuites , et n'est-ce pas en régilité cet empire-là qui pèse

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d'une façon si déplorable depuis une longue suite de siècles sur la destinée de chacun en dehors de sa volonté et de son activité pour se. faire le sort que demanderaient ses vertus? Les richesses et les biens du monde font cependant partie du domaine divin, et ne doivent par conséquent pas tomber dans les mains de l'arbitraire et de la mauvaise foi.

Lorsque Texaltation religieuse, Tenlvrement de Timagination pour le merveilleux d'un côté, l'usurpation d'un double

Î mouvoir basé sur la crédulité obéissante et la violence de 'autre côté , lorsque les premiers détachaient entièrement l'homme de la nature dont il était cependant un son , une note, un nombre , un engrenage, lorsque son activité était serrée comme dans un étau par deux castes puissantes, qu'il n'était rien par lui-même , mais tout uniquement par elles, que tous les métiers et toutes les professions étaient féodalises, que vivre un peu plus librement que la bète de somme ou le serf était un inappréciable privilège, la société pouvait croupir, mais non marcher. Les puissants et les heureux

{)ou valent impunément se donner toutes les jouissances de a chair et imaginer, comme le fît encore la sainte alliance en 1815 , cette trinité chrétienne verbale , qui n'est jamais descendue sur la terre, qui n'a jamais expliqué la terre, qui n'a jamais contribué au bonheur des hommes, mais qui est restée un assemblage de mots stériles , une langue morte, un assemblage muet, que ceux qui l'ont créé n'ont pas plus compris que toutes les générations qui les ont suivies. Quelle différence de la trinité chrétienne à celles d'Orphée et des pythagoriciens ! On ne forma la trinité chrétienne que parce que son absence dans la nouvelle doctrine avait été signalée par ses adversaires. Les trois hypostases de l'Etre principe étaient encore tellement fortes dans la mémoire des hommes, que l'antiquité ne manqua pas d'en reprocher le silence aux chrétiens dans leurs enseignements. Les pères de l'église des trois premiers siècles regardent le Christ comme fils de Dieu , comme un Dieu ; mais ils le regardent toujours et partout comme indépendant du père. Au iv*' siècle . il s'éleva une dispute sur la question de savoir si le fils , ainsi que le prétendait Arius , n'avait été qu'engendré dans le temps par le père, par conséquent créé et non identique avec l'iitre divin ; ou si , ainsi que l'affirmait Athanase , il était engendré de boule éternité, et se trouvait ainsi parfaitement identiaue à l'essence du père. En 32o, le concile de Nicée se déclara pour la dernière [)roposition. En 381 , celui de Gonstantinople déclara que l'esprit saint était

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