‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 119 sur 154 · DES HOSPICES ET DES HOPITAUX · texte numérisé non relu

DES HOSPICES ET DES HOPITAUX

On ne cesse de faire grand bruit de l'établissement des hospices et des hôpitaux par le christianisme. Il n'y en avait pas dans l'antiquité, et cela par une bonne raison , parce qu il n'y avait pas d'abandonnés ni de malheureux à y faire entrer. La société chrétienne a enfanté des milliers d'individus qui , détachés des leurs et de leurs appuis naturels , par le brisement de toutes les hiérarchies et le brisement des familles ou des groupes, qu'il a faits; ces individus, dans leur isolement , sont devenus et deviennent des infortunés par mauvaise conduite, ^ar dissipation , par défaut de jugement , par paresse . par faiblesse physique, par mauvaise santé et maladies; ces individus, remplissant les rues et les places publiques du spectacle de leurs misères et de leurs souffrances, inspirent alors tout naturellement à l'opinion qu'il soit créé des établissements pour leur servir de refuge. — Les prêtres y poussent aussi tout naturellement, parce qu'il ne peut pas en être autrement de leur part, et alors des individus plus ou moins aisés, plus ou moins riches, les uns au cœur compatissant, les autres à la nature orgueilleuse et vaine, font des donations, ou laissent des legs après leur mort pour fonder des hôpitaux et des hospices ; les premiers en Taisant le plus souvent garder le silence sur leur bienfait ; les orgueilleux et les vicieux qui , quelquefois , ont volé les biens qu'ils laissent pour cet usage, mettant pour condition de leur don que les établissements auront telles et telles appellations dans les archives, et sur leur fronton le plus souvent leur nom pour faire perpétuer orgueilleusement leur usuraire et avide individualité.

La société chrétienne a entassé des milliers d'infortunés

(ï) Matt. Paris,. t. 4, p. 121 à 126.

CHÂF. II DE l'iDÉALISMB DE l'hOMMB. 421

dans ces hospices , tombeaux qui engloutissent le misérable pour prolonger son existence dans l'oppression et la douleur, loin et en rupture de ceux qui lui sont chers; tandis que l'orgueil du despotisme oligarchique en retire un double avantage, celui de pouvoir se parer d'une apparence de commisération et de libéralité , et celui plus dangereux encore de se montrer moins odieux en dérobant aux regards de la multitude une partie du tableau révoltant des maux que son égoïsme et la mauvaise conception dogmatique qu'il soutient, attirent sur l'humanité !

La civilisation , au'un parti intéressé glorifie continuellement, abandonne ae la manière la plus affreuse à toutes les misères, à toutes les tentations et à toutes les hontes le vieillard infortuné, la jeune fille, la femme et l'enfant. L'ordre social actuel ne s'en occupe que d^une manière empirique et par des lois d'expédient !

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