‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 12 sur 154 · CHAPITRE PREIIEB. COSHOGOlfIC · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREIIEB. COSHOGOlfIC

Il y a dans toute science deux choses, le fond qui comprena l'essence même des choses ou des êtres, et qui appartient à la nature ; la forme ou le moyen qui conduit au oui, qui consiste dans le langage, les signés, les symboles de toute espèce oui ne sont que des traces de raisonnements , des images a*idées : c'est la science des hommes.

L'influence du nombre dans l'ordre social sera mieux saisie par des exemples tirés de l'histoire, que par la démonstration scientifique.

Chez les Arcadiens-Péla^es , peuple primitif de la Grèce, l'année n'avait que trois mois, avant qu'elle y eftt été réglée sur le cours do la lune. C'est ce qui leur' fit donner le nom deProsélènes (plus ancien? (jue la lune) (I). Plus tard, on y régla l'année sur la révolution de la lune, et l'on compta par 5 et par 10. Delà, aussi le verbe «virar^efv, compter cinq. L'ancienne année des Égyptiens était également divisée en trois saisons. Dans rannée^lunaire.chaquedixièmo du temps fut divisé en trois parties égales, et chacun de c^s tiers encore en dix. Cette année se composait donc de 300 jours.

Chez les Spartiates les nombres de 10 et de 30 étaient prépondérants. On y comptait 30 tribus ou comices , formant les citoyens : 30 sénateurs ou membres du conseil deà anciens; 3 tribus formaient uneph'fle , classe ou ordre; il y avait dans chaque ville dix phyles: la garde particulière du roi en temps de guerre était de 300 hommes d'élite. Chez lesThébains, il y avait 300 gardes de la citadelle. Chez les Spartiates, le territoire était divisé en 30,000 lots, dont les deux tiers étaient la propriété des citoyens , et un tiers celui des villes, à titre de iJiens communaux.

A Rome, il y avait 30 curies; il y avait pour elles 30 places dans le cirque ; il avait 10 décuries et 300 cavaliers guerriers. Les Cretois avaient 10 cosmes , ordonnateurs ou magistrats suprêmes du pays. Les plus anciens petits Etats des Thessaliens étaient au nombre de 10. Il y avait 10 juges à Thèbes, 10 à Memphis . et 10 à Héliopolis. Il y avait 30 petits Etats confédérés des Ëoliens sur les côtes de la Carie et de la Mysie ; il y en avait autant chez les Latins. Les ancêtres de Romulus avaient élevé 30 tours dans l'Italie centrale. En Élide , il y avait 90 sénateurs. Les anciens rois d'Arcadie vivaient 300 ans, ce qui se rapporte aux 300 jours de la plus ancienne année; 300 Ombriens se sauvent du déluge universel. Pythagore avait 300 disciples. Il y avait à

(1) CttUâoriu, dvL Jour natai^ ch. xix.

26 UVBJi PaEHlER. ANTIQUITÉ.

Sparte 5 éphores, 5 bidiéens; à Rome, 5 tribuns du peuple; à Carlhage, 5 peatarques; 5 Spartes aident Cadraus à bâtir Tbèbes.

Le nombre sept était usité et sa^^ré dans le serment chez les Germains et les Arabes anciens , qui Tavaient pris de la Chaldée et de l'Egypte sans en tirer autre parti que le mot. Le règne d'Osiris est de viqgt-buit ans, 7X^. Tous les neuf ana Athènes envoyait en Crète comme sacrifice sept jeunes hommes et sept jeunes filles. Hérodote nous apprend qu'une stérilité de sent ans était connue en Grrèce (1). Il y avait sept Etats confédérés de Calaurie et sept familles Jolaïdes de Thespies. On comptait sept portes à la Thèbes bœotienne et sept murailles à la ville aËcbatane. Il y avait à Rome sept collines et il y a eu sept rois. Sept héros se présentent devant Thèbes; sept cyclopes, sept fondateurs des murs de Tirynthe. Léto accouche le septième jour d'Apollon. Il y eut sept défenseurs du peuple de Thespies. Dans la Rome primitive , il y avait trois portes , en rapport avec les trois saisons ou anciennes divisions de Tannée. Il y en eut quatre S lus tard sous Servius TuUius. U y avait cent portes à Thèbes gvptienne; le tiers ou les cent jours de Tannée ancienne, bouze peuplades formèrent une confédération autour de Delphes. La confédération ionienne se composait de douze villes. Nous rappellerons aussi la confédération des douze cantons achaeens dans le Péloponèse. Cécrops fonde douze cantons dans TAttique. Après Sabakhon , il y avait douze districts royaux es Egypte. A Athènes nous voyons douze phratries et quatre phy les. N'oublions pas les douze grands dieux de la Grèce après Homère. Suivant Démosthènes, il y avait douze juges primitifs dans Taréopa^e. Chez les Phseaques , douze anciens étaient adjoints au roi. Hercule exécute douze travaux. Nous voyons douze vaisseaux à la suite d'Odyssée. Alexandre élève douze autels à l'endroit où il toucha en premier le sol de l'Asie; il en élève également douze sur le lieu où sa puissance fut brisée. Douze peuples composent la fédération étrusque ; ils ont douze lucumons ou chefs et douze colonies. Il y avait douze licteurs chez les Romains et d'origine étrusque.

360 prêtres égyptiens versent tous les jours de Teau du Nil à Acanthopolis dans un tonneau percé. Le peuple athé- Bien érigea 360 statues à Démétrius de Phalère. 360 urnes sont déposées au Umibeau d'Osiris. Cyrus coupe le Gyndès

(1) Liv. IV, ch. 101.

CHAPRIK PIEHIEA. COMKMOMIS.

tl

en 360 anneaux. Le mur d'enceinte de Babylone, construit par Sémiraroiâ, avait 360 stades de longueur. 365 jeunesgens suivent et accompagnent les mages dans les grandes fètea chez les Perses. Le cercle en or qui entourait le monument d'Osymondias à Thèbes, avait 365 coudées de circonférence. 365 couronnes figuraient dans la fôte d'Apollon Ismenius des Daphnéphories.

On ne peut raisonnablement admettre que tous ces nombres ne soient dus qu'à l'arbitraire ou au hasard. lisent été choisis , et choisis scienlifîquement avec des idées de rapport et de proportion destinés à expliquer le })oau , le juste, le bon et le rationnel. On y voit l'imitation do rapports saillants pour Tcsprit et les yeux , qui sont dans et entre les choses de la nature, rapports déterminés par l'ordre , les nombres et la mesure. Si nous avions plus de détails sur l'antiquité, et si dans ce que nous en possédons nous avions toute la vérité au lieu de la manière de voir et de juger des auteurs qui rapportent ces détails , l'on pourrait s'assurer que la vie politiaue et domestique était réglée d'après les lois de l'univers, a'harmonie et d'ordre qui régnent également dans l'ordonnance de la vie de cet univers. Et comme la loi de cette harmonie n'était point formulée sur des créations cérébrales et vides , qu'elles étaient au contraire la raison productive, vivante et conservatrice de toutes choses , l'harmonie scientifique exprimait la vérité que rien ne pouvait surpasser en perfection, et les hommes vivaient heureux et tranquilles , reconnaissant dans le gouvernement des hommes et tout ce qui s'ensuit la volonté de Dieu , c'est-à-dire le jeu régulier mais multiple et non monotone des lois q.ui imprègnent toutes les choses de la nature et qui en constituent un tout si proportionné et si sublime I

Si l'on se contente de ne voir dans le système astral , solaire et planétaire qu'un système de globes plus ou moins gros , plus ou moins denses , plus ou moins éloignés les uns des autres, etc., qu'on nomme piauctes, soleil, lune, satellites, dont on calcule les rotations , les orbites . les variétés , l'astronomie ne reste qu'une science stérile, comme l'est la philosophie depuis des siècles ; on en tirera des résultats fragmentaires et utiles pour les transactions particulières des hommes entre eux. Mais telles ne doivent pas ôtre seulement l'étude de l'astronomie et les conséquences de cette étude. L'astronomie ne doit pas ôtre restreinte à faire obtenir aux académiciens dos pensions, des titres et des gcovk.

^i LIVRE PREMIER. ANTIQUITÉ.

Poiif nous, il faut qu'elle serve à compléter les éléments de h loi universelle, la loi de l'unité multiple d'où sort la nouvelle synthèse sociale. La connaissance du ciel et celle de la terre, les lois universelles et théologiques qu'elles nous révèlent à toute heure, la loi du mouvement et de la vie quelle fait comprendre , doivent servir aux hommes à baser sur elles la législation destinée par le principe premier et supérieur à régir ces mêmes hommes dans leur vie intellectuelle et physique, ou la société dans sa vie individuelle et collective. La loi universelle . observée et saisie dans le ciel et sur la terre règle le code politique , civil et domestique de l'humanité , destiné à lui faire envisager le beau et le bon, à le traduire et à le prolonger au milieu des hommes, et à le continuer tel qu'il existe dans l'univers entier, en dehors d'eux.

La géologie prouve contre une donnée déplorable créée par l'ignorance, que le monde existe depuis bien plus de six mille ans. Il y a eu des civilisalions anciennes, comme nous l'avons déjà dit , que nous ne connaissons que très imparfaitement encore à travers les débris rares et disséminés dans les œuvres littéraires et les monuments historiques que le temps nous a jetés. Ces civilisations anciennes , qu'une race d'hommes ignorants et pervertis par la vie du désert, est arrivée à ruiner dans FAsie occiaentale, dans le sud-est de l'Europe et dans le nord de l'Afrique, étaient en possession de la loi première et de ses dérivés, et leur ordre social était basé et assis sur elle. Elle s'est conservée non loin de son centre et de son point de départ, FAsie; elle est omnipotente encore en Chine, un peu altérée et matérialisée, il est vrai, ce qui met cet empire dans un état de crise; mais son reflet resplendit toujours sur quelques parties de l'Inde, des pays et des îles adjacents. 2700 avant Fère vulgaire, Fombre dû soleil à midi fut mesurée dans les deux solstices d'hiver et d'été, avec un gnomon de huit pieds. Ces expériences, qui eurent lieu à Lo-jang (aujourd'hui Ho-nanfou, de la province de Honan, au sud du fleuve Jaune], par 'Sé° 46' de latitude, donnèrent, pour l'obliquité de Fécliplique, 23» 54', c'est-à-dire 27' de plus que l'on n'a trouvé en 4850(1). D'après les recherches de Lepsius, la iv" dynastie égyptienne commence avec les constructeurs des pyramides Cnoufou , Schafra et Menkera , vingt-trois siècles avant les

(1) Iluniboldt, Cotmoif t. ii, p. 477 (note 6); t. ni, 2« partie, p. 499 et 500.

GBAPITM PREMIER. Cn:$M(KiOME. ^

observations faiteâ àLo-jang (t) , c'cst-à-diro cinq mille ans avant Vère vulgaire.

Les instruments qui ont dû servir à ces observations, comme ces observations ciles-mômes, prouvent la nécessité et l'existence réelle d'une puissante civilisation , mais non dans la mauvaise acception du mot moderne, dans laquelle les richesses des trois rèf^nes de la nature sont employées à créer une infinité d'obiels inutiles an bonheur, à l'aisance et à Tordre, dans la société humaine, tandis que la terroet ses biens, les rangs , les conditions sociales sont livrés au pillage, et à l'exploitation des esprits forts et rusés , mais voleurs et pervers, que les lois civiles et que la religion, avec un dogme obscur, pauvre et méprisé, ne peuvent atteindre et n'atteignent pas.

Lorsque avant Homère la royauté théologique, pouvoir souverain et spontané (2;, (\u'\\ ne faut pas ronfonnre avec la royauté, ou plutôt avec la monarchie éclectique sortie do la donnée chrétienne, lorsque la royauté symbolique, la royauté scientifique et noble par la beauté physique et l'éminence des facultés inteliectuellas comme des sentiments da coeur, fut anéantie, elle ensevelit avec elle dans son tombeau les sciences ou la connaissance des éléments do la loi universelle. Â partir de cette époque, l'antiquité grecque, avec les pays adjacents, se débattit dans les convulsions de Tanarchie, amenées et puissamment nourries par les idées des hommes sémitiques, ou Arabes du désert. Nous avons souvent ces hommes au bout de notre plume, mais c'est leur faute et non la nôtre. Nous les trouvons partout dans les lieux de la Méditerranée, d'où sortent nos traditions et qu'ils perdent, et ils nous expliquent les causes des nombreux et malheureux événements sociaux: ils détruisirent Tâge d'or. Ce n'est pas notre faute non plus si nos devanciers n'ont pas fait attention à l'immixtion de leur sang et de leurs idées dans tous les pays et chez toutes les nations do bassin de la Méditerranée, et nous défions toute réfutation quelconque sur cet objet. Les recherches contenues dans cet ouvrage ont pour but de montrer la vérité, et nous nous servons comme nous devons le faire dans son exercice de tout ce qui peut nous y faire atteindre.

(1) Humboldt, Cosmo$y t. m, 2® partie, p. 500.

(2) Sous ce régime le souverain est resclave de la loi qui est la vérité même , l'oniiue, saisie , adoptée et défendue par tous lea citoyens.

30 LIVafi PREMIER. ANTIQUITÉ.

Donc, depuis la chute de la royauté théologique, Tantiquité, et surtout l'antiquité grecque et égyptienne, se débattit dans une nuit épaisse, dans une nuit d'ignorance, de troubles et de confusion. Elle observa souvent sans fruit, en ce qu'elle ne pouvait pas tirer parti de ce qu'elle découvrait, manquant de la chaîne; cependant elle découvrit la vérité. Cela se prolongea jusqu'à notre renaissance du xvi" siècle. A partir de cette époque, le travail scienlitique chercha à déterminer les relations oui existent entre les différentes propriétés des choses, et à les rattacher les unes aux autres. Dans les temps présents la science précise par les poids et les mesures les rapports de dépendance qui existent entre les propriétés des choses, et elle découvre ces admirables et divins nombres qui sont toujours, comme le disaient les prêtres de Thèbes et de Memphis, le principe et l'expression des choses; et la théologie serait incessamment donnée, si nous ne la donnionspas.

Quelle est l'origine de la loi politique de nos jours? Le droit du plus fort. Quelle est celle de la loi civile? La ruse et la duplicité Elle punit toujours et ne récompensejamais. Quant à la famille, elle n'a plus de loi, puisque la famille est détruite par l'action incessante de la loi politique et de la loi civile, fausses toutes les deux. Les hommes du désert, en intervertissant les choses, en les dénaturant de fond en comble, ont brisé les hiérarchies et les sentiments naturels, ont anéanti les fonctions de la loi universelle que tous les êtres vivants et inanimés exercent dans le monde entier pour concourir à l'ordre, au beau et au bon, à l'harmonie générale que l'esprit supérieur a imprimée au grand tout.

Que la société, que les hommes qui doivent la guider et la faire marcher dans le bonheur qui lui est destine, quittent les vaines abstractions; ces insupportables bavardages fabriqués avec des mots sonores, mais creux, et qu'au lieu de se retourner dans le cercle vicieux des idées gouvernementales humées dans le vide, des idées religieuses combinées par les hommes, et que le temps et l'habitude ont seuls consacrées, ils s'élancent dans l'étude approfondie et philosophique de la nature des choses. Que les lois du ciel eide la terre leur servent de type pour la confection des lois, nous nedisons pas humaines, mais des lois destinées aux hommes et que Dieu leur a révélées dans la nature.

Or, la première, ou une des premières études pour Thomme d'État, doit être celle do l'astronomie. Qu'y voyons-nous? Une société hiérarchisée, vivant par des lois stables, mais

CHAMTll PIEIIIBI. COSMOGONIE. 31

non immuables et mécaniques, dans un ordre admirable, et dont le nombre d'individ^iâ est indéfini .

jtotonr d*ane puissance prépomiéronte, viennent segrouper le» mondes, dont le nétre, avec son soleil visible à nos jeux, est une partie composante. Les différents soleils avec feurs dépendances sont hiérarchisés sans violence ni raideur et par une simple normalité bienveillante entre eux . comme l'est aussi notre soleil avec sa famille. Leur plus ou moni9 de noblesse dépend de leur moins ou plus de densité, parce que la nature éthéréo est supérieure à la nature terreuse. Le soleil de notre univers qui tourne sur son axe en i5^ jours 7 heures et AS secondes stiivant Herschell , en 25 jours 1/2 suivant M', de Humboldt(l) , et qui est un million 407,124 fois plus gros que la terre (2) , le soleil a sa masse ou* poids ^6i^,9Q^ fois seulement plus grand nue celui de notre planète ; sa densité est par conséquent plusieurs fois moimn^ et se rédoit en moyenne au quart ne celle de la terre. Cest aussi ce qui constitue sa supériorité de nature ou noblesse relativement à la terre.

Les astres qui forment le cortège du soleil et qu'on appelle vulgairement ses taches, reparaissent périodiquement selon les découvertes de la science tous les 11,111 années, neuf fois dans un siècle. On croit que cette période do il,11i années est identiquement la môme que pour les variations de l'aiguille aimantée.

La science astronomique enseigne entre toutes les parties constituantes du système planétaire une analogie frappante que la philosophie' rattache entre elles par un véritable h*«i de famiUe. Dans le culte symbolique antique, ou plutôt avec loi, lunivers était, ce qu'il est encore aujourd'hui pour les plus grands astronomes de l'Europe, indéfini, peuplé dé' sphères , et chacune d'elles on monde «tcay ou un monde pasHf, un globe de l'ordre majeur, comme le soleil , ou un globe de l'ordre mineur, comme la terre , mais habités et couvert* d'êtres en rapport avec la nature de chacune des sphères. La science saisit une subordination â^féreniîelle entre tes groupes astrologiques inférieurs, moyens et autres, envers des groupes plus élevés de l'univers : de la part des gibbes ou épouses envers ceux qui sont à la tête. Il y n subordination déférenlielle , par exemple, de la terre (pii est la femelle par rapport au soleil qui est le mâle , cl de la

ss

Cosmos^ t. lu, 2' partie, p. 430.

terre a j, 079,235,800 myriamèticscub^fe.

3â LIVRE PREMIER. ANTIQUITE.

terre par rapport à son satellite , la lune ; il y a de plus êupérioriié amoureuse des astres ou époux, chefs des mondes envers leurs femmes et les enfants ; du soleil , par exemple vis-à-vis de ta terre (1) , la lune et les êtres qui les couvrent ; de Jupiter vis-à-vis des siens, de Saturne, etc., et formant dans le gynécée un seul groupe ou chœur présidé pai^ une épouse au niveau du mari. La subordination déférentielle forme plusieurs sous-groupes dans le groupe principal par rapport aux sympatnies : ainsi dans ce gynécée la femme terre a pour confidente et amie d'atours la Lune ; Jupiter les quatre amies qui l'aiment plus particulièrement et d'affection que ses autres co-épouses secondaires. Ces coépouses restent à une distance d'autant plus éloignée de leur époux et roi , qu'elles sont plus près de la première épouse ou épouse légitime : ensuite que le mariage presque tout spirituel qui les unit, repose plus dans la considé-ration à l'extérieur, et dans le ménage , dans le droit au gouvernement de la maison qu'elles ont plus de lumières ,

Elus de dignité et moins besoin d'être surveillées pour se ien coAt^okô que les autres. Telles sont par exemple Jupiter, Saiurne, Uranus, etc., auprès de la terre, du satellite de cette dernière, de Vénus, de Mercure, eti^, etc. Ces dernières sont d'autant plus près du mari le soleil , que ce sont des épouses pour la volupté; si elles étaient plus éloignées, elles seraient aussi plus faciles à séduire par a'autres époux ou chefs de groupes.

Dans l'ensemble de l'univers qui est un concert parfait, chaque monde ou maison solaire est aussi un concert parfait et dans chacune d'elles l'harmonie ne plaît et n'enchante pas seulement par l'accord et la symétrie des images et formes pour les yeux. Ainsi par exemple les planètes ou épouses du soleil et leurs dames d'atours, les satellites dans leur cadence autour de lui et formant un ballet parfait, les planètes, disons-nous, ne sont pas placées, quant aux distances, dans des rapports arithmétiques, mais harmoniques. En sorte que dans leurs danses oscillatoires et circulaires ou plutôt elliptiques par périodes , autour de

(1) Mais cela par la raison qu'il n'est pas seulement Tépoux de la terre, mais de bien d'autres planètes qui ont des densités diverses et des qualités personnelles de même et qui rentrent dans cette légèreté apparente du soleil par rapport a la compacité de la terre qui n'occupe bien certainement qu'un rang secon— ddire dans sa maison : la teri« est une épouse iuférteure (iaïus le j^yuécée du Boleil.

CHAFITAIb MIUIIKI. COSIIUGOME. 33

lui , du soleil , la tue pêrtpêcUve de leurs maa es pour ses yeux , les montre chacune dans son orbite à des aistances praportionnellei , pour rendre Timage de la famille aulour de l'époux, parfaite. Pour arriver là » il a fallu que la dU^ tance de leurs orbites concentriques , à partir de notre terre, par exemple, qui est la troisième planète, dans l'ordre de proximité, fut ainsi : Mercure à 5.200.000 myriamètres, Vénus à il.000,000. la terre à 15.i00.000; mais à partir de là , si Ion voulait que l'image des suivantes de Tensemble : Mars , les petites planètes , Pallas , Vesta , Jupiter, etc., parût à Vœil du soleil placé et toujours restant au centre à une distance proportionnelle harmonique, il fallait que le cercle décrit par la danse conjugale de Mars fût deux fois plus au delà de l'orbite de la terre , que l'orbite de la terre n'est au delà de celle de Vénus ; et l'orbite multiple des petites planètes , deux fois au delà de celui de Mars que celui-ci ne l'est de la terre, et l'orbite de Jupiter deux fois plus loin de celle multiple des petites que celles-ci ne le sont de Mars ; et l'orbite de Saturne deux fois plus éloignée de celle de Jupiter que celui-ci ne l'est des petites planètes, et ainsi de môme de celles plus éloignées. 11 fallait qu'elles fussent comme des quintes, que toutes ensembles fissent une série de consonnances musicales ou un accord octave (1).

Tout cela en mathématiques et pour les astronomes, c'est la loi de Bode , loi aride , sèche et sans conséquences, sans déductions philosophiques. Ils n'en ont pas vu la signification , qui n'avait pas échappé aux collèges de Memphis et aux véritables pythagoriciens dans l'antiouité, et qui n'était que celle de l'image harmonique et figurée par un ensemble de sphères en mouvement. D'un autre coté, l'attraction que le soleil exerce sur les planètes, s' exerçant sur tous les corps du système et par une seule loi pour chacun , cet amour difiere entièrement de la nature des attractions électives des chimistes ou de l'attraction magnétique, qui ne laisse de son influence d'une manière spéciale que sur le fer et quelques autres substances. Or s'il en eût été autrement , si 1 attraction exercée , par exemple , par le soleil sur les planètes, eût été de la nature des attractions chi-

(1) Aussi Dorylas a-t-il écrit que le monde est rinstrament musical de Dieu; d'autres ont même appelé le monde y/.^iWj (salle de bal), à cause du mouvemeut du ciel. Ceusoria, àx Jour natui^ ch. xui.

M LIVRB FftKlIllR. ANTIQUITÉ.

tnït\tm^ , Tanarrhie surnit été jetée dans la maiMn wUmê du MoliU par \ii ; comirie «i raitraction chimique ou élective Hbi M raiiraclion H(ilair(* on en raison (\es maeaee, chaqtra ffumdê ou terre cûléU; rincrlio. \epanthéi$fM et la mori (i), m Inm du la vie multiplo et harmonique nni la oouTre.

1<A vîe il» Tunivera, ou lea éléments de la vie universelle, formi*nt et doivent former le» article*» de loi$ de la cité ter^ renire, 1>*m famillett groupes et aouH-^roupes qui entrent deiid leur ri>mpoaition houh la royauté de 1 époux dans les mondes de Vtm\fiii'^^ . ne narouvent en pctil dnirn la ciu^ ou Tempire ^uand il ent rationnellonient or^Huiaé ! Ce pouvoir plue ok\ moin*» élevé iWv> monde» ou (hmilles aatroiogi<iu<*f^ , selon le (\9»^f(;A0, leur pla('/<} dans la hiérarchie céleste, planant et »'(*%en;ant non-seulement sur les {groupes ou- mondes imniédiaUrment subordonnés à eux , mais encore sur ceux qnt itont plus bas plac/4W , $'ex$rce sur la terre de la part de la cité ou d(; l'empire , et de l'homme individu , sur toute la créution qui couvre la U;rre , et qui n'est composée quo d'une hiérarchie de (groupes d'ôtr os formant entre eux, souh l« gouvernement de la cité , le complément du concert divin , que la cité , prise en elloz-inéme , forme à rimitatioft de celui du ciel. Ldme de cha(|ue homme prêtante un ré^ flet , une image en pt^tit de I)i(;u et de i^es œuvres ; la terre. |)ar leshiérarcliios cl harmonifss de familles d'ôlres formant concert ({ui la couvrent , reflète de son côté l'univers. Il en est de même de chacun des astres ou des choses (jui conth^ posent l'univers , lequel reilête à son tour tout l'univerr ou Dieu : c'est ainsi que le fragment d'un miroir réfléchît, cx>inme le miroir entier, l'image entière de l'objet qui lui est présenté.

Sous la loi recueillie et élucidée par Orphée et Musée , dans les cérémonies du culte , des chœurs de musique et de danse , composés de prêtres et de prétresses , à de certaines grandes fêtes de Tannée, représentaient par des ballets dans l'intérieur des temples et pour le dehors, dans leurs enceintes , tar des tertree hémisphériqueg , ces différents mouvements des planètes et des salellites dans la maison du soleil. Un changement était apporté à la forme de ces chœurs dans les années où s'achevaient les douze ans de la révolution autour du i^oloii deJupiteret les vinj^t- neuf ans de celle de Saturne. Dans les épotpies de conjonctions des grandes pianotes , il était apporté au culte une variété,

(1) Au lieu de la Ccn's.

CUAPITRK PHEMIBI. COâMOtiOlIlË. 35

prévue dans lo livre des rils. El les grandes périodes astronomiques étaient envisagées et suivies de loin par les prêtres pour être fêtées encore avec nlus grande pompe, si la vio des Etats dans la paix et la foi le permettaient. Tout cela est si vrai que, sous Musée et Orphée , un culte basé sur la pluralité illimitée des mondes, un culte savant fut rendu à Dieu et à Tadmirable ordonnance de ses œuvres; que ron voit, au temps de Platon et de Socrate. où le sentiment des savants et de Platon lui-même, est qu'on rende un culte spécial et particulier à chacun des sept grands dieux errants ( les sept planètes) (i) , ce qui aurait donné pour le soleil et la terre un culte relativement bien inférieur à ce qu'il devait être. On voit à la môme éfKXfue que les prêtres ne le pensaient pas, eux, et que, trouvant ce système des écoleB philosophiques très hérétique, ils le combattaient de toutes les manières par la parole d'abord , par le glaive quand ils pouvaient saisir un corps de délit. Or, non-seulement sous Orphée, comme on vient de le dire , mais au temps do C.hiron , d'Hésiode, de Simonides même , on voit l'opinion publique tout entière encore d accord sur ces faits avec les collèges de théologiens et de prêtres , à rendre un culte à Zeiu ou Jupiter d'abord, et puis au soleil et à la terre, mais pas particulièrement aux planètos, que Ton savait n'être que des comparses dans la famille du soleil, et sœurs de la terre , mais sœurs qui n'avaient pas une suffisante importance pour les habitants de la terre, nous, p|Our qu'un culte ainsi spécial leur fût voué. Cela montre qu'à ces époques , quoique sous le règne presque absolu de la poésie et de l'absence de tout examen rationnel dans les masses , comme on l'entend à tort aujourd'hui, la conscience sociale était plus profonde et plus exclusivement dans le vrai que sous le règne des écoles sorties des enseignements d' A naxagore et de Socrate. En effet , dans le premier cas , qui est aussi applicable à Numa Pompilius à Rome, le culte est bien plus selon la véritable connaissance de l'astronomie ou du ciel , que dans les temps de Périclès et de Platon , où l'on voit mettre au rang des corps à adorer par les habitants de la terre , d'autres terres et leurs habitants , qui ne sont , comme on l'a dit , que des co-éponses ou sœurs de la terre, au lieu du mari de la mère et du père et roi le soleil , la terre et Jupiter ou Dieu.

(1) Voyez VEpinomii.

36 LIVRE PHEMIER. ANTIOUITÊ.

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