‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 121 sur 154 · CE QU^ELLE A ÉTÉ · texte numérisé non relu

CE QU^ELLE A ÉTÉ

Nous nous sommes arrêté longtemps à l'étude de l'antiquité ; nous nous sommes étendu sur les développements destinés à faire pénétrer dans l'esprit des siècles qui ont précédé et suivi Homère jusqu'au christianisme. Nous avons envisagé dans ses principaux caractères cette époque si désastreuse pour la civilisation de l'Europe occidentale appelée moyen âge. La tâche qui nous reste encore à remplir , est moins lourde et plus facile. Car il ne s'agit plus de retrouver la synthèse ou l'unité perdue d'une période grandiose de l'humanité , de retracer le vide et le néant d'une doctrine hautaine et prétentieuse, qu'une crédulité ignorante ou un intérêt hypocrite ont reconnue et voulu faire reconnaître pour divine , quelque humaine et prosaïque que fût son origine et quelque anarchiques que soient ses conséquences et ses résultats. Il nous reste à étudier la renaissance et les temps modernes. Plus près de nous , ces époques demandent moins de détails ; elles sont connues , les faits en sont présents à toutes les mémoires, ainsi qu'à l'esprit de l'homme instruit.

La Renaissance a été pour l'humanité occidentale une seconde création du monde et les prémisses de sa connaissance des IcHS de la nature, dont les temps modernes, et surtout le xix'' siècle forment le nouvel évangile pour Tare^ nir. La renaissance de l'étude des lettres grecques, 1 initia-

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tion à toutes' les beautés , à toutes les grandeurs du génie hellénique de la Grèce et de l'Asie Mineure ou ancienne lonie , renoua enfin la chaîne des traditions humaines, et brisa .à jamais l'idéologie sémitique , perpétuée pendant une trop lt)ngue suite de siècles par la scnolastiquè niaise, vide, verbeuse et abrutissante du moyen âge, dont Descaries rafraîchit les couleurs en lui donnant un nouveau souffle de vie qui lui permit encore une centaine d'années d'existence.

La Renaissance, en rendant enfin à l'homme l'indépendance de son esprit , qui toisa son adversaire et le jugea , lui rendit également sa qualité d'expansion, qui consiste à laisser l'âme planer sur la nature de toute la superficie de la terre , au lieu de lui offrir pour toute perspective , ainsi ' que le fait le christianisme, le vague d'un ciel imaginaire, et Tâme saisit la nécessité comme l'utilité de connaître la terre qu'habitait le corps , sa maison. Les observations naturelles des phénomènes , l'expérience et les quelques lueurs obtenues des lois cosmiques , s'élevèrent contre la superstition de puissances occultes, que la magie seule passait pour pouvoir dompter. Au lieu de l'ignorante idée d'une surface plane pour la terre qu'admettaient les juifs et les chrétiens , les navigateurs intrépides de la Renaissance démontrèrent sa sphéricité , connue de tout temps en Chine, dans l'Inde, en Egypte et en Grèce , quelque ridicule que parût déjà cette forme à Hérodote. La Renaissance tira heureusement l'homme de l'engourdissement moral e,t intellectuel où le moyen âge l'avait tenu. Elle le réveilla de nouveau et le réchauffa au feu des débris de la science antique sauvés du naufrage dans lequel la pensée judéo-chrétienne avait voulu Tengloutir. Fille de la Renaissance , que le crime et l'hypocrisie sous le nom de jésuitisme voulurent étouffer . la science moderne n'a cessé de se développer , de grandir et de s'étendre depuis trois siècles et demi , quelque violentes que fussent les attaques qu'elle a eu à soutenir de la part de son ancienne et implacable ennemie, l'église catholique : celle-ci le nie en face de l'histoire , qui toutefois l'affirme et le prouve.

Jusqu'au xii* siècle , les masses ont lutté pour et avec leurs traditions scientifiques. Du xii« biècle au ivi», les individualités luttent ostensiblement contre le christianisme. A partir du xvi« siècle ou de la Renaissance , la science lutte contre la foi. La société entre dans une époque de tourmente et de transition. Elle n'a déjà plus de foi , mais pas encore assez de science. Cette époque est aussi celle des essais.

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