LE PANTHÉISME
A côté de l'éclectisme froid et parallèlement à lui, à côté de l'éclectisme d'abord honnête et de bonne foi, né de la littérature chaleureuse dont les idées mystiques de la philosophie de Platon sont presque toujours enveloppées, s'éleva une philosophie essentiellement positive , vive , adversaire déclarée de l'Eglise et qui formula des doctrines outrées et diamétralement opposées à elle. Parmi ces libres p'ënseurs, nous citerons Pierre Pomponace, esprit indépendant, contradicteur philosophiciue du surnaturel, protégé par le cardinal Bembo etcJandestinementpar le pape Léon X; le cardinal Contarini, Paul Jove, Bernardin Telesio, Jules-César Vanini. Giordano Bruno. Mais manquant de donnée doctrinale, quelques-uns de ces philosophes tombèrent dans le panthéisme. Dans cet enfantement des éléments de la société moderne au xvi« siècle, s'éleva aussi le scepticisme, dans lequel brilla Montaigne. Mais son esprit ne fut pas assez fortement constitué pour résoudre les doutes auxquels il abandonna sa raison, et il se courba humblement dans la foi (1). Le railieu dans ' lequel il vivait, influait encore sur lui puissamment. Le chancelier Bacon fonda la philosophie empirique, qu'il basait sur l'expérience et Tobservation, par conséquent
(1) Voir le lî« chapitre du livre ii de ses Essais. Apologie d^ Raimond Sebond,