GHAP. III. CODES MODERNES
de supériorité sur ses enfants et sur ses choses, sans doute. Mais il n'était en définitive que co-propriétaire de ses choses avec les siens, sauf qu'il en avait la haute administration. Alors il ne pouvait pas tester , sinon dans de faibles mesures ; il ne pouvait pas donner toute sa fortune à celai-ci et à celui-là , en en privant ses enfants ou les siens. Dans le deuxième système , le père était maître absolu de ses choses, sans égard aux divers liens de solidarité et de rattachement qui lient tous les membres des groupes humains ensemble» et qui en sont participant. C'est là un prétendu progrès qui n'est que l'anarchie par la ruine de t'ancienn» et primitive foi.
Des juristes, c'6st-à-4ire des sophistes, des anarchiste» so* ciaux seuls ont pu fabriquer toutes ces dispositions des codes sur les successions, sur les partages par exemple, en disant : partager les biens, et si on ne peut pas les partager, on les licitera. Mais pourquoi ouvrir cette porte du partage, y inviter les enfants et les héritiers? C'est les conduire à se séparer, à se désassocier que de liciter? C'est donner le patrimoine au plus aisé, ou bien le faire souvent perdre pour tous, en brisant les traditions , les habitudes de famille , le culte des lares et des tombeaux , en conduisant à faire acheter le patrimoine par des tiers étrangers à la famille. Cependant ces légistes qui dictaient ces prescriptions, n'y faisaient pas seulement attention. Bourgeois et fils de bourgeois des grandes villes, où presque personne ne demeure dans sa maison , ces hommes ne pensaient pas qu'il n'en est pas ainsi dans toutes les petites villes , les bourgs et surtout dans les campagne, où chacun a son habitation, ses exploitations, son patrimoine, et que séparer, disperser l'homme de cette maison, de ce manoir et de ces cotirs, c'est le tuer , le ruiner, le mettre à la mendicité* Les légistes législateurs avaient lu des traités faits par leurs pareils , et où l'on enseignait toutes ces aberrations. Le pouvoir d'alors» le pouvoir sous le règne de la vieille monarchie, livré à un personnel clérical , léeer et adonné aux plaisirs, oh à un personnel nobiliaire de la fabrication royale tout aussi ignorant sur les vraies choses sociales, avait laissé infester et pervertir la société par les mauvaises productions , sans la défendre. C'était dans cet état que l'avait prise la Révo-« lution.