CHAPITRE PBEMIER. DIEU
dans tous les lieux du monde. Mais il ne l'tst pas à la manière d*un être , dont l'effort est ^)énibte et douloureux ; il Vest par sa puissance infinie, qui atteint les objets qui paraissent les plus éloignés de lui... — La nature divine peut donc de môme, par un mouvement simple de la première région., communiquer son action à la région suivante, et aller de proche en proche jusqu'aux extrémités. L'une , mue , meut 1 autre à son tour; et chacune d'elles répoi d int à l'impression , selon sa nature propre , suit une route différente , quelquefois même contraire à celle des autres, quoique la première impression ait été ta même pour tous. Amsi , lorsqu'on jette à la fois d'un même vase, un globe, un cube, un cône , un cylindre, chacun de ces corps suit une direction particulière , selon sa configuration propre ; ou lorsqu'on met en liberté un poisson, un quadrupède, un oiseau, chacune de ces espèces cherche l'élément qui lui convient : le poisson s'élancera dans les eaux , le quadrupède se ran^^era parmi les animaux terrestres , l'oiseau s'élèvera dans Pair. C'est cependant une même impulsion qui leur a donné à chacun leur propre mouvement (i). < Dieu, qui est tin . a plusieurs noms par rapport aux différents effets qu'il produit i%.,. » Puisque le monde a été produit ainsi, il a été forme sur le modèle de ce que la raison et l'intelligence comprennent et qui reste toujours le même. D'où il faut nécessairement conclure que ce monde est l'image de quelque chose (3) * ... < Ce que l'existence est à la génération , la vérité l'est à l'opinion. Si donc , Socrate , après que tant d'autres ont tant parlé des dieux et de la production du monde, nous ne pouvons en donner une explication toujours complètement d'accord avec elle-même et parfaitement exacte , ne t'en étonne pas; mais si nous t'en présentons une qui ne cède à aucune autre en vraisemblance, tu dois t'en contenter , te souvenant que moi qui vous parle et vous qui me jugez , nous sommes tous des hommes , et que, d'après notre nature, sur un tel sujet nous devons accepter une explication vraisemblable et n'eu pas demander davantage (i). »
Si pour parler de Dieu on se contente de notions tirées dans 1 esprit humain , d'abstractions erronées, de raisonne-
(1) Lettre sur le monde, édit. Charpentier, 1848, p. 513.
(3) Platon, Timée, p. 85.
(4) Platon, Timée, p. 87.
4â LîVniî PREMIER. ANTIQUITÉ.
ments logiques basés sur des fondements idéologique» qui ne seraient pas donnés par l'observation et la connaissance du monde, on en parlera d'une macère indigne de lui. Voyez comme il reste petit , comme sa puissance est méconnue, si l'on n'embrasse pas, par exemple, dans sa connaissance l'étude du ciel , l'harmonie qu un esprit supérieur y saisit au sein des corps qui s'y meuvent si admirablement.