CHAP. IV. DE QUELQUES DIFFICULTÉS
d'ancienneté dans ce pays-là, c'est qu'elle est riche, c'est qu'elle fait vivre grassement ses ministres. Alors peu importe qu'elle soit bonne ou mauvaise , vraie ou fausse au rond ; I individu prêtre ou non dans ce pays n'ayant aucun amour du juste, mais bien de la seule conservation de sa prébende
Eour jouir , il s'y développera des Torquemada pour faire rûler et égorger quiconque s'aviserait d'aimer le vrai et de le chercher pour soi et les autres I Et cela par la raison qui) le Chananéen n'a pas la vérité , n'aime pas la vérité et qu'il ne croit à quelque chose, que s'il lui survient coup sur coup des malheurs , et alors que sa croyance dans ce cas est de croire superstitieusement en un dieu ténébreux , méchant comme lui et fatal ! C'est cet élément fatal, ténébreux, empirique, égoïste et personnel dans l'Europe occidentale où les événements de régénération se reproduisent depuis trois siècles et demi , qui a jusqu'ici empêché le succès de ses régénérations.
La théologie cosmogonique nous montre que le démiurge est là, avec son argile et la règle et le compasdans l'esprit; il arrange tout, il arrange les choses dans la nature , avec concoroance etéquitablement: toutes là, où elles sont placées, ont les dépendances ou les appartenances auxquelles elles ont droit, et par conséquent qui leur sont nécessaires. Dans l'ordre social que nous avons sous les yeux, tout y est-il arrangé ainsi? Non. On voit que les choses sont disposées par et pour les forts ou les plus forts, et gue ceux-ci y ont tout placé peureux, mais non sur l'équité et la raison, comme le démiurge ou le dieu trois. L'ordre social actuel est donc échafaudé et par là impie. La cause de cela, d'où vient-elle? Nous l'avons assez dit, elle vient du vide et de la nullité du dogme chrétien, qui n'est qu'un vide, qu'un sentiment. Le dogme chrétien est un instrument merveilleux dans la main du méchant , — il est tout à côté de la réalité, et se borne à nommer Dieu, sans le faire connaître dans soi et dans ses œuvres.
Là,oùiln'y a pas de synthèse, comme dans la société eu-' ropéenne depuis le christianisme, la politique devient une suite d'expédients ; comme il n'y a pas de liens logiques qui forcent dans l'action gouvernementale à bien agir, à équitablement agir, les hommes du pouvoir et leurs familles, qui sont les forts ou qui le deviennent, manient et font manœuvrer les choses sociales à leur profit exclusif. Dans la syn- . thèse ou généralité sociale, au contraire, la loi lie l'homme, elle règne et non leshommes, elieest claire comme l'axiome.
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Sans synlhèsc, rhonimc agit toujours plus ou moins arbitrairement. Toutes les natures perverses, corrompues sans retour par Tesprit phénicien, l'esprit arabe, ici en Occident, et qui se trouvent éparpillées dans notre société, sont hostiles à tonte doctrine scientifique tendant à rétablir la synthèse sociale, parce qu'elle mettrait en6n an terme aux voies d'iniquité qu'elles prennent pour jouir aux dépHBusd 'autrui. C'est cette fâcheuse influence pendant dix-huit siècles, des idées et de l'esprit arabes qui a jeté la société européenne dans l'état où elle se débat aujourtihui. Cette société rêveuse du moyen âge, qu'on était parvenu à faire dédaigner toutes les œuvres de la nature, qu'on était parvenu à ne faire vivre que les y^x élevés au ciel et dans ! expectative d'un avenir meilleur d'au delà du tombeau, a laissé arriver les affaires de ce monde au désordre le plus inextricable, en sorte aussi qu'aucune idée saine, qu'aucune doctrine vraie, qu'aucune loi positive et qu'aucune science réelle des choses ne règlent leurs rapports avec les personnes entre elles. La théologie, cette science des lois universelles, n'intervient nullement dans les affaires humaines et terrestres. De là, la spoliation arbitraire des uns, l'inutile et stérile superflu des autres, l'inquiétude de tous, un malaise général, des révolutions matérielles, explosions violentes et brutales du mécontentement des majorités souffrantes, mais maintenues uniquement par la force.
Le christianisme qui choque tout ce qui est science et raison, surtout sous sa forme catholique, pi laissé bâtir on a foit bâtir un ordre matériel temporel de positions et de rangs tout à fait irrationnel; et il en résulte que cet ordre a pu être jusqu'ici assez fort pour empêcher, dans tontes les révolutions, l'esprit et la raison de s'établir dans les faits qui lai donneraient sécurité et règne terrestre. C'est la matière qui règne ici et terrasse constamment l'esprit, à la différence de ce qui se passe dans la nature, où c'est constamment Tesprit qui produit les faits et les situations des êtres.
Le sang sémitique arabe en Europe aimé tout ce qui est aléatoire , il n'aime même que les cnoses aléatoires. Celtes qui ne le sont pas, dont le prix est stable , il travaille à le rendre vacillant , changeant ; ce qui fait Tafiliction des esprits sensés , des natures pénétrantes et justes ; les convulsions sociales , des révolutions , dos changements de situation on bien ou en mal , dans la politiaue et dans les affaires civiles , lui vont. Cela fait changer le cours des valeurs; à la gravité ou non-gravité dos événcnionls politiques et socians,