‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 17 sur 154 · CHAPITRE PRBMIER. L I^TAT · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRBMIER. L I^TAT

dans la luiute auliquité; et cela, para; (fuo ia royauté iio sortait de la dynastie héréditaire ù la mort du titulaire ronronné aue quand Dieu règne véritablonient sur la terre , c'est-à-cire quand cette dynastie savait faire régner la paix et le bonheur de tous par sa sagesse. Quand au contraire cola n'avait pas lieu , que le gouvernement de l'Klat , le gouvernement des choieê réelleê , n*était pas cotifornio au gouvernement symbolique expoté et écrit dans le code reiigieux constitutif de l'empire , alors la royauté était au concours, elle appartenait a celui qui pouvait s\mi saisir. au plus digne, et celui qui s'y élevait, qu il sortit de la tribu ou caste des pasteurs, des guerriers ou des sacerdolcs, était également iils d'Ammon ou d'Osiris , ou d'Apollon , parce qu'il représentait un principe , et le principe le plus naut et le plus profond do tous les principes, le principe do l'unité. C'est pour cela qu'on voit lu royauté sortir de tribus diverses, en Grèce comme en Egypte , sans ({u'elle cossAt d'être toujours brillante, majestueuse, poétique, radieuse et divine.

Dans l'Inde il y avait , et il y a encore caste . mais avec principe nobiliaire. Car sur les quatre castos, la tribu <les sacerdotes ou caste des Brahmanes, n'est pas seulement supérieureelà la tète de la hiérarchie sociale, politique et terrestre, avec droit de se faire servir |)ar toutes les autres, même celle des Xatriques, ou des rois , mais elle est encore dite sainte et divine, occupant le premier ranj; dans le ciel. On peut dire que la caste des Brahmanes est entièrement en dehors de la société ou de la maison sociale, et (pie, de plus, elle n'a aucuns rapports avec elle, que pour perpétuer en elle-même le sentiment de sa su|)ériorité et l'exploiter. C'est une vraie caste thvurgique , et par là, lrî« vicieuse. Il n'eu était pas de même en Kgyple pour les castes (|ui y étaient établies; car si elles étaient dilférentes, un apeiroit «puî c'est paice (pie lus fonctions, néres>aires pour le i^ouNeriiement de la cité, réclamaient leur institution, el <]u'tMi outre c'étaient plutôt des tribus ou des familles, (pie des castes. Car chaque caste , pour tous ses besoins domestiques , se suffisait à elle-même et remplissait les travaux qu ils nécessitent.

Il en était de même dans la Gmo, au temps éloigné de Cécrops(dela fin du xvi* siècle av. l'ère vulj^ain?;, où les quatre tribus des Géléontes, des Hoplilt's , des laboureurs et des artisans.s'étaientétablieset se maintinrent pendant plusieurs siècles à l'état de làge d'or et de bonheur. Al.iis couwwa

YiS LIVRE tlVtMlEfl. ANTIQUITÉ.

les accidents géojgraphiques, trèè favorables en Egypte au maintien de la paix et du calme dans les populations, n'existaient pas enCrrèce, où elles étaient adonnées à la pèche et à la navigation à cause des côtes maritimes multipliées , des nombreux caps, des promontoires > des isthmes étroits, des nombreuses tribus errantes et barbares qui les circonscrivaient , il y avait mille causes qui travaillaient à la dissolution des tribus, et dès que la vie morale étrangère et du sang étranger entraient d'une manière puissante dans leur esprit el leur cœur, dans la tribu desGéléontesou des sacerdotes, par exemple, elles perdaient leur unité, n'apportaient plus les perfectionnements indispensables au culte, selon le climat et les productions des lieux et aussi la marche des idées; par de mauvais mariages qu'elles contractaient, elles déclinaient en sagesse et par là même en générosité. Or, pour peu que la cast-e sacerdotale ne remplit pas exactement sa fonction, cette fonction qu'elle exerçait au nom de Dieu et des dieux, au profit de tous et sous des dehors aimant» el fraternel», la tribu ou caste guerrière, tournait ses mystères en ridicule devant le peuple, pour altérer son autorité et la supplanter. Or, en fait aidée traduite en souveraineté politique, celle qui le devient ne pouvait manquer d'y apparaître et d'y développer la milure qui lui est propre. Pour le règne delà tribu des Géléontes et des rois dont eïïe est la conseillère et l'institutrice, comme son principe est Dieu ou le règne de l'unité aimante et fraternelle, leur influence doit nécessairement s'empreindre fortement dans les niœursdela cité el la rendre paisible, riche el heureuse. Le principe de la tribu des guerriers, au contraire, étant la guerre, la lutte, la force, la passion, la violence, l'influence de cette caste, si elle arrive par une cause quelconque à devenir prépondérante, se traduira dans l'esprit public sous les dehors de l'orgueil, de l'héroïsme, de la souveraineté individuelle, et pendanl son règne ou son passuge sur la société, elle fera des lois qui seront toutes iéodales. La législation des rois et des Géléontes étant celle du code religieux, elle avait pour son seul principe, comme nous venons do le dire, l'amour do Dieu (la fraternittîj et de ses (ouvres, ce qui est léjicr pour tous à su[)|)oi ter, surtout pour les tribus inférieuit's: celte législation, comme sa jurisprudence, s'était formulée en législation canonique; la souveraineté des guerriers, au contraire, en produit une féodale, dont le fond sera le pouvoir humain, le pouvoir de l'homme sur rhonimey l'exploitation de l'homme par l'homme, et de

i:mm«Ë premier, l'^at. TiO

membres de la cité qu'étaient tous les hommes des tribus agricoles et ouvrières , sous la domination des rois et des Géléontes ou de la royauté, ils tombèrent dans la servitude et devinrent esclaves (1). Plus tard, à force de violences, ces guerriers orgueilleux et lyranniqucs, furent renversés par la foule qu'ils oppriment et mis avec elle sous le gouvernement de la bourgeoisie, et pendant le règne de celte troisième fraction de la société, une législation civile se développa et produisit à la longue, non plus Yathéitme, comme sous la race féodale pendant sa domination, mais lescepti" citme, le cynisme et 1 impudeur. Alors c'est sous le rè^ne de cette influence que se développa de toutes parts Tindividualisme, et puis les disputes sur les biens, la cÀicane; jusqu'à un point de pulvérisation sociale telle, qu'il n'y aura plus nulle souveraineté dans la cité, et que la monarchie, non divine, ma\s nécessaire, sera à deux doigts d'être fondée de nouveau. Et c'est aussi ce qui arrive dans toute la Grèce lorsque Philippe, père d'Alexandre, s'en empara; c'est ce qui arrive dans Tcmpire romain lorsque Auguste s'en empara de même.

On distingue trois époques ou phases différentes dans l'existence des civilisations et des peuples. La première a pour expression Tamour avec toutes les bonnes qualités aimantes du cœur. L'expression de la seconde est la force orgueilleuse et féroce , sans bonté et sans amour. La troisième enfin s'incarne dans l'idée de la ruse et de Tastuco : c'est la plus odieuse et la plus détestable de toutes les situalions sociales.

Le principe théologique forme le règne de la première; le princi[)e féodal le règne de la seconde; et le principe civil celui de la troisième. Sous le règne du premier principe, qu'il soit conforme ou non à l'essence ou aux attributs de Dieu , s'il est nu , comme nous aurons à le faire remarquer sous une civilisation sortie des races sémitiques, la pauvreté sera le partage de la société sur la lerre , mais pour tout le monde indistinctement; toutefois ce sera d'une manière harmonique. Le prêtre, le guerrier, l'homme du peuple, tout le monde, en un mot, sera dans une aisance de richesse au contraire , si le principe premier est con-

(!) Quand les Athéuiens eurent chassé les Pélasges, Tesclavage s'introduisit dans TAttique. «Car il n'y avait poijit alors (du temps de« Péhisgcs) d'esclaves à Athènes, dit Hérodote (liv. m, chap. 137) lîi dans \e ro^te d»* la Grèce. »

GO LiVftE PREMIER. ANTIQUITÉ.

forme à la véritable nature des choses ; car ce sera l'esprit productif ou le doçme du mariage divin de l'esprit avec la matière qui conduira à la loi politique ou à la réalité d'où découle 1 aisance en raison de l'intelligence et des vertus. Tous les auteurs des livres d'érudition dans les temps modernes ne font l'histoire quedes deux derniers principes, seuls connus d'eux ,. celui de la force et celui de la ruse ou principe civil; ils ne parlent que du règne de ces deux -là. Le premier, celui de la royauté théologique, et son inflaence , leur sont complètement inconnus.

De ces trois idées ou principes , sous le règne du premier l'espèce humaine est une famille de frères, et le roi et las chefs des pères doux , aimants et gais : la famille est , comme nous l'avons dit, pauvre ou riche, selon que Dieu est pris avant ou après ses hypostases, ou seulement avant , à l'état de simple esprit comme dans le christianisme. Sous le règne de la deuxième idée , l'espèce humaine est un troupeau , et le roi et les chefs, les plus forts qui le gouvernent comme des bestiaux par le châtiment et la crainte. Sous le règne de la troisième , l'espèce humaine est une multitude sans lien, qui a pour principe de gouvernement le hasard et pour chefs les plus fripons et les plus rusés; mais alors aussi, comme la société n'est qu'un théâtre sur lequel tout le monde ne vit que des yeux, les histrions et les courtisanes en sont les prêtres et ils roulent dans l'or. Quant aux décisions des tribunaux et aux punitions des fautes, c'est comme la sortie d'un mauvais numéro pour ceux qui en sont atteints. Le mobile de toutes choses sous le règne de la première idée, c'est, comme nous l'avons dit , l'amonr, la bienveillance et la décence, c'est-à-dire le sentiment du bien et du beau.

Le règne de cette idée commence à se briser et à finir, nuand le plaisir devient difficile à obtenir, surtout l'amour, ht cela arrive quand l'idée sur Dieu et ses attributs, c'està-fliro sur ses œuvres pas?ées et ses travaux présents , est erronée ou commence à le devenir. Car ces œuvres faites et ces travaux qui les continuent, étant une harmonie ou un concert, et l'homme sachant et sentant que rexé<:ution de Ce concert demande un arrangement harmonique de figures ou groupes et de voix, marchant et exécutant , par rapport à chaque groupe ou chœur, sous la direction d'un choryphéeou d'un père et pour l'ensemble ou l'unité, souslegouvernement d'un hiérophante ou roi; si cette cosmologie cesse, si la cosmogonie crue et cn.-ei^née n'est pas exactement coin ; que

COAPIIBE rHEMIFH. I.'kTAT. Ti I

l'on on ivc. f»nr cxoniplc. à wv pins bien i^nvoir niiol osl 1 .11rangemenl et la conslit-ilion do raMivro de Ommi ou do Irnivers; que l'on croie ou enseigne que le concert divin est seulement exécuté par des induidu«nliti^. ayant chacune sa note, à 1.1 vérilé , mais non par des familles ou chceurs ; ou bien , ce qui est pire , par une mullilude d'exécutants égaux entre eux : alors aussitôt la famille naturelle se relâche, le lien d'amour et de fraternité, par groupe», inégal choz chacun de ses membres, qui tenait la famille , comme le lien sortant du ion fondamental tient tous le-i tons do l'octavo pour former l'accord parfait . inégal pour le chef, et dans celui-ci inégalement pourchacundes siens , le lien s'alfaiblit et finit même par se détruire pre&(]uo toni à fail. Si cela commence par le père , il n'a plus un amour de chœur pour les siens: si cela commence par les siens ou un des siens, les frères ou sœurs n'aiment plus leur pèro ou ne s'aiment plus entre eux , ou ne se veulent plus le même bonheur qu'ils se voulaient auparavant. Kl ils deviennent tous les uns contre les autres ou contre l'un d'entre eux , déliants , intolérants, jaloux, égoïstes; et alors tous vont chacun de leur côté chercher leur plaisir; la fraternité est détruite (1). Alors la famille n'est plus qu'un foyer de dissimulation et d'intrigues, au profit de l'amour seul d'abord, mais incessamment un centre d'égoïsme et d'inimitié en vue de l'argent et des biens qui doivent servir à l'amour; enfin l'amour ainsi se détruit ou s'altère profondément dans la famille au profit de l'amour à l'extérieur, et ne devient plus qu'une immense prostitution , la société une immense cohue sans pudeur, ou tout sentiment est un mobile de mauvaise foi et de vol.

(1) D'abord cela se l'ait ni soriol ; Ips frère» commencent les premiers à Té^'ard do leurs suMirs, et cela parce qu'ils sont plus hardis, plus instruits, plus forts et plus lins, cherchent à parler en secret à d'autres leninies et à s'en faire aimer pour les posséder; et s'il y a desconirauuautésde femmes à vœux perpétuels, ils cherchent à y pousser leurs sœurs pour en être débarra.ss«'s et pour avoir leur part de succession. Ou s'il n'y en a pas, ils les négligent, font les hypocrites avec elles; et pour tout ce (pii pourrait leur faire plaîsir, ils les confinent à la maison sans «'occuper de les distraire ou de les amuser ou de les marier. Kt bientôt les sœurs, femmes et mères s'en apercevant, et en découvrant les causes, la famrlle ne repose plus sur l'union intime des cœurs de tous ses membres, et les femme s répondent clandestinement aux tentatives que des hummcs étranjrors font auprès d'elles.

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Alors tout est désolant et triste ici-bas, et ce que l'on y voit sortant de la main do l'homme, et sortant de l'idée que l'homme et la société, et, pour ceux qui font la loi ou la pensée publique , se font de Dieu , de ses modes de travail et de Tordonnance de ses œuvres.

La loi sociale est donc et ne peut donc être que ce que montrent les traditions, une synthèse prise de l'astronomie, de la zoologie, de la botanique, de la physiologie, de la physique et de la politique ou sentiment public des hommes. Tout ce qui ne part pas de là , tout ce qui n'est p^s déduit de cet ensemble pour l'assiette et le gouvernement des nations , n'est qu'abstractions métaphysiques , charlatanismes politiques , ténèbres philosophiques et religieuses, anarchie et spoliation des masses, servitudes et souffrances pour tous leurs membres , comme au moyen âge , sous une conception ignorante , comme dans les temps modernes et dans le monde grec et romain depuis Selon jusqu'à Constantin , sous le rationalisme sceptique et le vide de l'idéologie.

Dans certains pays le globe céleste est imité dans la division géographique de rEtat(l). L'Egypte, par exemple, était divisée en 36 nomes , qui répondaient aux 36 décans célestes ou astronomiques. De même que chaque quartier céleste a son Ç(i>ov, son dieu, de même aussi chaque nome avait également son dieu , avec son temple et la représentation de ce dieu sous la figure d'un être sacré. Tous ces temples formaient ensuite une grande hiérarchie , de sorte que toute TEgypte était un calque du ciel et en résumé un seul grand temple terrestre. Au cœur de l'Egypte politique, dans l'Heptanomide , où était Memphis , la seconde ville de l'empire, Thèbes étant la première et la religieuse, ayant seule le temple du grand dieu Phlha , était placé le labyrinthe (2), palais destiné à réunir pendant les grandes assemblées nationales , les députés sacerdotaux , civils et militaires. Ce monument était symbolique et l'image en petit de l'Egypte, une image abrégée du ciel. Il contenait les signes du zodiaque ainsi que les stations du soleil. Le nombre trois y paraît et rappelle les trois divinités égyptiennes , Phlha , Kneph et Neïth".

1) KarmeErste Urkunde der Geschichfe, p. 44.

Voyez notre Histoire de l* architecture^ t. i, p. 261 et suiv.

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