LA FAMILLE
Dieu a pour famille la pluralité des mondes qui sont ses œuvres, et qu'il a créés pour la satisfaction de son amour ineffable. Dans cet univers général, il y a des groupes qui Corment des univers spéciaux Dans ces groupes secondaires, il y en a d'autres qui sont les groupes astrologiques, parmi lesquels il y a subardinaHon défèreneielU ; ces groupes secondaires ont en outre des satellites.
C'est la vie de Tunivers, ou les éléments de la vie universelle qui forment les articles de lois de la cité terrestre. Ces familles, groupes et sous-eroupes qui entrent dans leur composition sous la royauté d un époux ou soleil, dans les mondes de l'espace, se retrouvent en petit dans la cité oa Tempire. Et ce pouvoir plus ou moins élevé des mondes ou familles astrologiques, selon le d^é de leur place dans la hiérarchie céleste, planant et s'exerça nt, non-seulement sur les groupes ou mondes immédiatement subordonnés à eux, mais encore sur ceux qui sont plus bas placés, s'exerce sur la terre. 11 s'exerce sur la terre de la part de la cité ou de Tempire, et de l'homme individu, sur toute la création qui couvre la terre, et oui n'est composée que d'une hiérarchie de groupes d'êtres, formant outre eux, sous le gouvernement de la cité , le complément du concert divin , que la cité , prise en elle-même, forme à l'imitation de celui du ciel.
La famille est le premier élément constitutif de l'univers. Les familles ou les groupes de sang sont inéganx dans la nature , comme les chœurs dans un concert , comme les mondes ou familles d'aslros dans le ciel, comme dans chaque espèce d'êtres terrestres, les différentes variétés ou familles qui constituent cette espèce.
Si la famille est le premier élément constitutif de l'uni* vers, elle est aussi celui de toute société humaine. Le mâle et la femelle qui ne peuvent exister l'un sans l'autre, l'homme et la femme font avec Tenfant la première trinité humaine, à l'imitation de l'unité trinaire de Dieu. L'homme, le principe actif , doit commander ; la femme , le principe passif , doit obéir. Ils se réunissent pour une mutuelle conservation , ils se rapprochent par le désir de se reproduire; leur union n'est pas le résultat d'une volonté réfléchie ; elle est commandée par cet instinct de la nature qui entraine les animaux et les plantes mêmes vers le plaisir de laisser après eux des élres qui leur ressemblent.
t)4 LIVRE PREMIER. ANTIQUITÉ.
La première domination que la nature donne à l'homme , c est le pouvoir paternel. Les enfants dépendent de leurs parents, et, dans l'âge viril môme, ils demeurent sous^eur influence. Par une maturité plus précoce du corps etde\i'âme, le fils aîné obtient naturellement un ascendant sur ses plus jeunes frères qui se fortifie et se développe d'autant plus , * qu'il devient de bonne heure et facilement le premier a ni, I aide et le substitut du përe. Après la mort du père , le fils atné maintient et conserve un pouvoir héréditaire sur ses frères et sœurs, que , par la nature des choses, ils trouvent bon (1). Le père morl, le fils aîné représente l'unité dans le groupe ^u sang. Ce privilège de la primogéniture est donc le plus ancien privilège historique donné par la nature.
PâWYii les différentes familles d'êtres sur la terre et dans 1« wev qui les peuplent , le ranç qu'occupe l'une d'elles est auguste et élevé : c'est la famille humaine. Le nombre et la place qu'occupent ces différentes familles d'êtres sur le globe îsont des plus remarquables. Si la terre était diaphane et que, placé dans son centre, on pût regarder et voir sa superficie, i'on observerait toutes ces familles comme des points colorés ou noirs dans le cristal de son globe. Elles paraîtraient «comme autant de constellations s'harmonisant avec les tribus ou familles du ciel : les distances géographiques ou topographiques, qui séparent ces familles d'êtres et d'individus entre elles, leur constitution physique et leurs mœurs, leurs instincts et intelligences plus ou moins rapprochées de celle âe l'homme, etc , etc., forment avec le reste de l'univers des accords multiples et des dissonances, pour former avec d'auires des consonnances; comme les rapports de seconde et de septième qui sont des dissonances en musique, forment elles-mêmes avec des sixtes , des tierces majeures et mineures , etc., des intervalles pour constituer enfin des accords ou l'unité. Car tout le monde sait que dans un concert bien ordonné, chacun des concertants a son instrument et sa note, et que tous les sons viennent concourir à la formation de l'accord et produire le beau.
La position paternelle dans la famille est celle du gouvernement supérieur ou d'autorité du père. La position de la mère est celle de l'action modératrice, de conseil, et quel-
(IJ II est bien sous-entendu dans tout ceci, que c'est autant quo le lils aine est reconnu par lui-niônie et la t'aniille,comme pouvant le mieux exercer cette juiteruité , qui saus cela est donnée à un cK's jiuinés capables.
CHAI'ITRE PnRMIKP. L^ FF4ISIB. (m
quefois d intérim. Mais la mère n'a qu'une position do subordination politique pour le gouvernement de la maison. Si la femme a perdu son mari et que ses fils soient encore jeunes, l'autorité revient à un oncle paternel s'il y en a, ouà un oncle maternel des enfants ; ou bien encore au père du mari, ou au père de la femme s'ils sont dans la force de l'esprit. Enfin, s'il n y a plus ni grand-père, ni père, ni oncles, l'autorité politique appartient toujours à la mère sous la direction du fils aîné ou des fils, s'il y en a plusieurs et s'ils sont arrivés à 1 âge d'homme.
La retenue de la femme ou mère de famille et de ses filles se règle selon leurs vertus, leur rang, leur fortune, comme aussi selon la hauteur des latitudes et la température froide ou chaude des climats. Car la fomme sort et se produit plus en public dans les climnts froids que dans les pays chauds de la terre, plus dans les contrées de montagnes que dans celles de plaines. C'est ce que l'histoire et l'observation enseignent de la manière la plus formelle.
Dans les rapports de la famille, c'est-à-dire dans sa moralité et ses mœurs, s'élaborent aussi les rapports, la moralité et les mœurs de l'état ou de la cité. Telles les individualitésqui composent la famille, telles sa moralité et ses mœurs , et telles aussi celles de l'Etat ou de l'empire. De l'éducation et' de l'instruction de la famille et de ses membres, dépendent donc la culture de l'Etat ou de la cité, et par conséauent, son bonheur. Le lien naturel qui unit et rassemble la famille, est le lien le plus sacré et le plus indissoluble formé par la nature elle-même (I).