‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 29 sur 154 · ARISTOTE · texte numérisé non relu

ARISTOTE

Quant à Aristote , à cette belle et puissante intelligence encyclopédique , Aristote qui , par la forme de sa logique, a magnifiquement réglé la marche de la pensée et du savoir humains depuis vingt-deux siècles, il faut le dire, il ne fut pas supérieur à Platon dans le fond. Car ce dernier atteignait par le sentiment, armé de sa haute riiison, à des vérités auxquelles l'âme tout à fait empirique d' Aristote ne

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louchait que difficilement. Sur lo sujet des idées, il a justement repris Platon. Mais d'un autre côté, il n'est pas moins coupable que Platon ; car il n'y a rien d'aussi délétère, d'aussi dessécliant, d'aussi anti-social que cette analyse nudifianto et sans cœur , qui forme sa manière et qui no l'abandonne jamais; et comme lui et Platon sont les chefs de ces doux écoles, la péripatéticienne et l'académique, qui ont servi do modèle et de guide de doctrines à tout l'Occident , ils l'ont abtmé et perdu Nous en verrons les preuves plusieurs fois. Le péripatétisme est sorti do toutes pièces du platonisme

par Aristote Platon , dans tous ses raisonnements était

resté dans les hypottases ou deux premières émissions on productions immortelles de VEtre premier immortel ; la pemée divine et l'âme du monde, ce qui a rendu sa doctrino dualiste et si anarchique. qu'on le voit par ses effets depuis vingt-deux siècles. Il avait pourtant fait entrevoir au-dessus de ces hypostascs ou essences secondes, un être plus général et supérieur, dans le Timée, VEpinomis, la République et le douzième livre des Lois. Mais Aristote , avec sa pénétration intellectuelle si puissante, mais son Ame si sèche , laissant, lui, de côté ces hypostases, et saisissant ÏEtre supérieur , il en a fait un principe de mouvement fatal , sans intelligence ni volonté, et a ïondé ce déisme impie, ce Dieu sans activité ni amour , qui a servi à fonder une croyance en rhabillant de mysticisme, et plus tard , à un point de vue d'indifférence religieuse, à donner cet esprit d'analyse et de dissection irrationnelle des choses que tous les dialecticiens et métaphysiciens ont propagé dans les écoles de l'Europe depuis lui , en dénaturant ainsi incessamment et de plus en plus, la pensée humaine. Ainsi par le dualisme d'une part et par Vunitéisme sec et fatal de l'autre , de ces deux chefs d'école, l'Occident a été mis dans l'état d'anarchie, de spoliation et de lutte où nous le voyons aujourd'hui. Quant à Platon, lui, pour les idées, il est moins hétérodoxe et moins dangereux pour ce qu'il en a dit que, parce que, raisonnant dans tous ses dialogues du dogme et sur le dogme, il en expose le contenu ou le fond , non comme vrai . mais comme de simples hypothèses vraisemblables, et hypothèses qu'il changeait encore dans chaque dialogue. Platon a fait delà littérature, seulement il y a mis de la philosophie: voilà tout. Tandis qu'il lui aurait fallu, s'il en voulait traiter et en raisonner dogmatiquement , le faire théologiquement et avec foi ; ce qui aurait empêché ceux qui auraient voulu le suivra ou le commenter plus tard , de divaguer à son imita-

i^ LIVRE PREMIER. ANTIQUITÉ.

tion, de se jouer dans leurs écrits sur matière aussi grave, et de produire bientôt cet écleotisnne sec et athée de la nouvelle académie et de tontes les écoles qui en sont sorties, de tuer les croyances publiques, comm« il en est arrivé apîrès lui.

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