‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 36 sur 154 · LES PHÉNICIENS · texte numérisé non relu

LES PHÉNICIENS

Une race d'hommes placée dans des pays méridionaux , où les productions naturelles du sol suffisaient à lui procurer une vie frugale^ à îa rendre heureuse et à lui permettre une certaine oisiveté relative et légitime, se répandit insensiblement dans des répons moins favorisées par la nature. Dans ces nouveaux séjours, elle voulut continuer son existence passée sous les mêmes conditions d'oisiveté. Arrivée sur les plages d*une mer spacieuse, limitée sur certains rivages par des pays riches , qu'habitaient des peuples actifs et agriculteurs, cette race d'oisifs se livra d'abord à la piraterie. Les grands cèdres du Liban lui offraient les matériaux propres à la charpenlerie navale. La piraterie lui donna de grandes richesses acquises sans travail. Peu à peu le nombre de ces pirates s'accrut insensiblement jusqu'à ce qu'ils s'a^omérassent assez pour constituer enfin des villes. La race dont nous parlons est la race sémitique nomade , et nos pirates ne sont autres que les Phéniciens si vantés par ceux qui n*ont tenu aucun compte de leur moralité, parce qu'ils ne les ont pas étudiés philosophiquement. On connaît la puissance et la grande industrie de ce peuple navigateur. U s occupa d'abord de faire le commerce des marchandises venant de l'Inde, où il alla même antérieurement au xu« siècle avant l'ère vulgaire , commerce honnête et légitime ; maê l'activité des Phéniciens et la paresse de leurs corps, les portèrent bientôt à avilir et à corrompre Tesprit du commerce, lis résolurent les premiers , comme nation , le difficile problème de vivre sans travailler. Pour cela, il fallait duper, tromper, filouter, mais en conservant néanmoins l'apparence de la légalité et de l'honnêteté Les Phéniciens firent servir à 6e but le grand commerce et la grande industrie. La population basse et ouvrière de la Phéiiiv-ie. était originairement esclave. Elle se composait principalement' des garçons et des jeunes filles qu'ils allaient surprendre et voler sur les côtes étrangères. Le rapt d'io, fille dlnachus, roi d'Altos, en est un exemple (I). Dans la suite cependant, la créatioB de flottes Cretoises, ioniennes et athéniennes,

(1) Hérodote, 1. 1, ch. 1.

15G LIVRE THËHIER. ANTIQUITÉ.

mit à la ûa un terme à la piraterie des Phéniciens ; les Grecs les repoussèrent partout où ils furent rencontrés.

Voyons ce qu'était la Phénicie. Qu'on se figure un pays de 400 kilomètres de longueur et de 40 kilomètres de largeur , longeant la rive orientale de la Méditerranée , avec une quantité de villes maritimes , villes grandes et populeuses, dont les maisons avaient quatre et cinq étages d'élévation , dont les faubourgs se touchaient presque les uns les autres , villes dans lesquelles travaillait une foule de malheureux esclaves dont le salaire n'était pour ainsi dire oue la pitance journalière et qui travaillait sous la violence de leurs maîtres , les plus redoutables forbans de la Méditerranée, aidés par leurs subordonnés et acolytes , écu meurs de mer de second ordre , mais aussi déviés que leurs supérieurs , et on aura une idée assez exacte de ce qu'était la confédération des villes maritimes de la Phénicie dans son origine. De rusés industriels faisaient fabriquer à vil prix des marchandises qu'on embarquait ensuite sur de nombreux bâtiments, qui, sillonnant la Méditerranée dans toutes les directions, les transportaient au loin, en Grèce, en Egypte, en Italie, dans les Gaules, en Ibérie et sur les côtes d'Afriaae. Ces hardis aventuriers allèrent même en Irlande, dans 1 Islande et jusque dans les mers du Nord et de la Baltiaue. Là, pn vendait les marchandises qu'on n'avait point fabri-

3uées , à un haut prix , et avec ces richesses on s'adonnait ans la patrie à la mollesse et à toutes les débauches. Car les natures chananéehnes sont voluptueuses et lubriques. Le Phénicien n'avait pas le respect suffisant du mariage, et ne sentit jamais les vrais principes so.ciaux , ou les principes sociaux nécessaires. Car sa ville était toujours constituée eu nid , les maisons les unes sur les autres, les familles et les sexes superposés et à peu près mêlés ensemble, et tout cela popr l'intérêt du commerce, du trafic, la montre des yeux, rétalage de la marchandise et des objets jusaue dans les jambes et les pas du passant, en sorte qu'il ne lui restait aucun espace, aucun appartement ou clôture pour un intérieur de famille et d'intimité. Il prenait volontiers ses plaisirs, même avec les femmes, cyniquement à la face de tous-(J»).

(1) La destruction depuis vingt-cinq ou trente ans, de tonte enceinte intérieure, cour, jardin et champs d'ébats pour les moments de loisir, dans toutes les g^randes villes de France et surtout à Paris, vient d'un esprit bourgeois, qui rentre dans l'esprit phénicien et qui couduit à des convulsions soci^lles à tout instant répétées.

cnhp. m. Li:t plirTiiciENi 157

Après avoir pourvu abondamment pendan; pluriount siècles tous les o>an>hés du bassin de la Méditorranée , d^àrticles et de cboses utiles à la vie, teU que véiemonis et ustensiles de tous genres , l'esprit actif mais fripon du Phénicien s'ingéniait à agrandir le nombre des objets qu'il ofllîrait au consommateur étranger. Quoiauo devant étm d*un prodigieux rapport, le? articles seulement utiles et nécessaires ne rapportaient pus encore asî^'z à son ardente et insatiable passion du gain et du lucre. On songeo alora à fabriquer une foule de choses parfaitement inutil(*s bux nécessités et au bonheur do la vie corporelle et inlellnctuelle. Après avoir commercé avec des épicos . des pelleténos, des chevaux d'Arménie, du verre, des toiles de colon, des étoffes de laine et de soie, les Phéniciens trafiquèrent aussi avec les produits de lenr pernicieuse industrie . toU que d'innombrables objets pour 1 ameublement des maisons, pour la toilette et rhabillement . de pures bagatelles, do^ jouets exécutés en or, en argent, en ivoire, en ébène, en ambre , etc. Du Caucose , ils tiraient les esclaves, dont ils faisaient aussi un commerce considérable et très lucratif/1).

L'exposition , la vue et la |)ossession de tous ces objets destinés aux habitants des villes, énervaient par conséquent aussi le caractère sérieux et grave des populations agricoles, des races nobles de TOccident, corrompaient les idées, leccrur et les mœurs des hommes pour qui tous ces objets étaient tentants, neufs et séduisants. Avec Fes marchandises, le Phénicien importait aussi en tout pays la volupté de ses idées sensuelles et cyniques , l'exemple de sa vie facile et aventureuse , comme Tessence do sa paresse phvsique, qui n'en stimulait que davantage la chaleur et la iTertiiité de son aclivilé intollecluelle maisdéfirwialrice, rusée, déloyalo et perverse. Car, sans foi so<m;iIo ni n^ligieusiî, siins aiilre culte que celui do son dieu protecteur d(*s villes maritimes et du commerce, qu'avaitril à ménager sur cette terre? Ne regardait-il pas les hommes uniquement comme des instruments à exploiter à son profit, et dont il fallait tirer le plus grand bénéfice possible, sans aucune considération pour le maintien du bon et juste ordre social ? car il n'avait pas le sens moral I N'était-il pas de son intérêt de travailler de toutes ses forces à fournir les éléments matériels à l'établissement de villes sur le bord et à l'embouchure des rivières

(1) Ezécbiel, ch. Î7, v. 13. — Joël, cb. 8, v. î. — Conf. PoUux, m, 78-81.

458 LIVU nUUEH* AKT1QUIT&.

el des mors, de concourir à fonder et h aider une c^ste oli-

§arctiique, qui ne pouvait sortir chez les peuples où ils fonaient ces vUles que de la partie malsaine du peuple et de la noblesse héroïque et guerrière , tombée dans la dégradation par Tathéisnie et l'impétuosité des passions viles?

Dans des tenipii très reculés de nous , dit Diodore , des bergers ayant mis le feu aux arbres des Pyrénées, toute la chaîne deV monts s'embrasa. Pendant Tincendie une grande quantité d'argent inonda la terre brûlante... Les Phéniciens ayant appris ce qui s*était passé ,8' empressèrent d'aclieter cet argent en échange d'une très petite quantité d'autres marchandisc^s; et l'ayant ensuite porté en Grèce, en Asie, et chez presfjue toutes les nations de la terre , ils acquirent par ce trafic d'immenses ricliesses. L'avidité de ces niar* chands pour les profit» que ce genre de négoce leur procurait était même si grande, que lorsque la cuarge de leurs vaisseaux était complète et qu il restait cependant encore de l'argent sur le marché, ils coupaient tes plombs attachés aux ancres et y su Instituaient des lingots d'argent jxjur remplir le môme office. Un commerce si prmJuctif s* étant prolongé, les Phéniciens accrurent avec le temps leur prospérité et leurs richesses â un tel point qu'ils furent en élut aenvoyer diverm»s colonies , soit eu Sicile et dans les lies adijacontes, soit dans la Libye, enfin eu Sardaigue et même en Ibério (1).

Salluste , en appliquant sa critique amèro aux Romains de son temps, dépeint avec une grande énergie le caractère du Phénicien. Si les études ethnographifiues avaient été en usage à son époque, il aurait sans nul doute coni[>aré s(^s compatriotes aux Phéniciens el aux Sadducéens , qui les ^valent imprégnés de tous leurs vices.

Le PliéniiMon n'avait en vue que de satisfaire ses désirs physiques, et comme ils étaient iniinimenl plus grands que ses moyens, il recourait à l'argent, au trafic et au crime de corrompre pour assouvir ses passions. Et il s'adonnait sans scrupule aux opérations factices d'un trafic exagéré et forcé, il faisait le commerce de courtage, le trafic d'argent ((ui tire un profit de la monnaie et altère ainsi sa véritable dt^tiiiaiioQ. Car le signe monétaire a été inventé pour faciliter les échanges; le trafic d'argent avec accompagnement d usure le rend productif par lui-même. Dans les premiers temps de l'origine pliénicienne de cette sorte d'usure, toutes les

(1) Diodore, I. v, ch. 35,

COAT. Ul. LES MÊaiClEKS. 159

nations l'esécrèrent généralenienl. Mais l'impferturbable assurance, rinallérable persévéra nce du Cha naiiéiMi- IMiûiiicion , réussirent à la longue, et les Grecs et les Romains, au lieu de le jeter à la mer, continuèrent do le recevoir et finin'iit dans la suite par se corrompra en grande partie par le contact trop fréquent et trop suivi de cette race do corru))tc'urs de nations et d*afifàires dans tous les genres. La bourgeoisie mercantile de la Phénicie était athée au fond, perverse on politiaue , voleuse dans le commerce , rusée et astucieuse enfin aans toutes les affaires. Elle ne redoutait aucun moyen pour posséder de l'argent, et le venin social du Phénicien antique s'est naturellement perpétué |>ar l'importation de son code dans les contrées occidentales jusque dans les temps modernes. Par les nombreuses colonies fondées par les Phéniciens chez tous les peuples du bassin do la Méditerranée, ils inoculaient aux populations agricoles et honnêtes l'esprit artihciel de l'habitant ces grandes villes, do ces villes resserrées dans un petit espace, et dont les uKMobres ne vivent pas à côté les uns des autres, niais sur la této les uns des autres. Or, cet esprit est essentiel lement nuiuvais. corrompu et corrupteur en toutes choses sans exception , et produit la promiscuité. ^

Le désordre développé air plus haut degré chez les Phéniciens ne leur a jamais permis de former par l'esprii d'égoïsme, de notabilités mouvantes comme le sable, unsc^uiEtat durable et homogène avec la multiplicité ou la vie et Tunilé au sommet. Les villes phéniciennes n ont jamais forn:é que des confédérations, que des gouvernements par sénats d'édiles, empiriques et sans foi, c'est-à-dire éclectiques; (ju'uno ligue , qu'une hanse commerciale , dont les membres étaient indépendants les uns des autres. La seule chose qu'ils comprirent, c'est que Tunion fait la lotrce !

Selon Pline, Tyr avait vingt-deux stades ou quatre kilomètres de tour; ses murs d'enceinte très épais, avaient au delà de quarante mètres d'élévation. Elle était donc un vrai nid. Lorsqu'on 332 avant l'ère vulgaire, Alexandre prit ce repaire antique d'iniquité, il fit passer au fil de Tépee huit mille Tyriens, et trente mille autres furent vendus, ce qui peut donner une idée de l'immense population de cette ville antique et individualiste (1).

L^ Ituréens, peuple de brigands mêlés d'Arabes et habi-

(l)Le6 uégociaotsde Tyr, dit Isaie, soat des princes; ses marchands les riches de la terre. Ch. 23, v. 9,

160 LiviE pinifCR. ATnQcrrÉ.

tant le mont Liban, étaient proches parents des Phéniciens, et ils avaient avec eux une grande ressemblance de caractère (1). Non loin de la Phénicie, l'histoire nomme encore la

(1) StraboD, 1. xti, p. 755. Ce sont le« descendantg des mêmes brigands qui TieDoeut jusqu^aux portes de Smynie, pour enlever les femmes, les enfants et des membres de familles qu*ilâ saveut aisées, et qui les font contribuer de tout leur avoir, sous peine de les égorger. En voici des preuves:

«On écrit de Srayme (Turauie d'AsieJ, le 22 novembre: Jamais il n*y a eu moins oe sûreté dans nos campagnes qu*à

{présent; même les environs immédiats de Smyme ne sont pas à *abri des exploits des brigands; aussi y voit-on des villages entièrement abandonnés et où toutes les maisons sont vides. Mercredi dernier, à trois heures de Taprès-midi, sur Tune des promenades les plus fréquentées par les Smyrniotes, située seulement à deux portées de fusil de notre ville, un détachement à cheval de la fameuse bande de bandits d'\ani-Katerdochi est venu se jeter au milieu des promeneurs, les a dispersés, et a' saisi et emporté trois jeunes européens.

Le consul général de France, M. Picbon, s^est rendu auprès des autorités et les a engagées à faire poursuivre ces bandits. Dans la soirée, des troupes sont en effet parties dans diverses direction», mais elles ont agi avec une telle#idolence, qu*elIc8n*ont pas atteint les brigands. Les trois jeunes gens sont revenus hier à Smyrne, après avoir été rachetés par leurs parents au prix de S5 000 piastres turques (6 250 francs) chacun.

Hier dans la matinée, en vue du port de Smyrne, no brick turc revenant d'Alexandrie en ramenant des pèlerins de la Mecque, a été attaqué par un pirate. Le capitaine turc se mit sur la défensive, etles premiers hommes de Téquipage du pirate qui mirent ?iiea sur son bâtiment, turent accueillis par une fusillade qui les ua tous; mais dans ce moment même, le pirate fut secouru par un a'itre pirate, avec Taide duquel il s'empara du brick ftirc, et tous ceux qui se trouvaient kui ce dernier navire ont été impitoyablement passés au lil «te l'épée.

Cet évéuenienta produit ici une panique, et par suite, toutes les compagnies d'assurances maritimes ont annoncé Qu'elles n'as- •ureraient plu» les navires naviguant dans rArchipel. Cette me— Mure a frappé de mort le commerce de Smvrne, qui, dans cette saison, a pour principal objet l'expédition dfe marchandises pour Cbios, Tschernié, Samos, Scala-Nova et plusieurs autres ports de ces parages. » {Journal det Débats du 15 décembre 1852.)

« Turquie, — Une lettre que nous recevons de Smyrne, sous la date du 27 janvier, contient tous les détails d'un nouveau crime commis, quelques jours auparavant, par la bande de brigands qui infeste les environs de cette ville. C'est un jeune homme appartenant k une famille respectable du pays et employé dans une tDAison decommerce française, qui en a été la victime. Ce jeune

CIIAP. III. LU PBÉ!IICIF.!I«. !<»!

secte mystique des Assassins, avec lesquels les croisés tombèrent en contact. Cétait une race d nommes dont la perversité ne pouvait s'exprimer dans la Ian;;ue humaine, di-

me reYenait, en pleia jour, du Tîlla^ de Koukioudjt, di»* de trois quarts de lieue de la TiIle, lor^u*iI fui afi.iilli par

homme

tant

trois de cesi bandits, qui remmeuèrt:nt dant !«?< monti|fnf«.

Sur leur route, cps bandits rencontrèrent un p.iuvri* Ti«*iIUrd qu*ils emmenèrent, afin de 8*enser^'i^ plus tard comme de tnf*fm^ ger pour obtenir la rançon qu*kls se promettaient de U raptiir*' du jeune homme. Arrivét^ à une assez Kraode distance «Uns Us montagnes, les bandits exigèrent de leur captif qu*il i'rcrivlt à S4 famille et à ses amis pour qu^on eût à leur euvoy«*r pour «a r^n^'U une somme de 75,000 fr.

Sur le refus du jeune homme, appuy<^ de fi m possibilité où étaient les siens de se procureret de najer uni" s/tmnif nup-i r/inlidérable, il fut soumis aux plus cruelles 'tortures. Ce^ torturt?» «lurèrent pendant quarante heures, pendant ies<iueil*'« il n\ 'iTait un répit dans les tourments que pour donner a leur victime le temps de revenir de ses fréquents évanouissements «rt «le reprendre quelques forces physiques. Enfin, le malheureux jeune homme se décida à écrire à sa famille une lettre dictée par ces bandits, demandant qu*on envoyât pour sa rançon une somme de 160,000

Ïiiastres (60,000 fr.), "sans quoi sa tète serait envoyé*; à sa àmille.

Le messager porteur de la missive fut chargé par les bandits de rendre compte des tortures auxquelles était soumis leur c.i|*tif, et de bien assurer que si la somme demandée ne venait pas, la mort aurait lieu sans retard.

Cest dans de pareilles circonstances que la famille dece malheureux jeune homme dut, avec le concours de ses amis, réunir la somme exigée, qui consomme sa ruine. Le jeune homme fut relâché, et retourna à Smyrne dans un état si alarmant que les médecins n'ont pu que deux jours après déclarer être sans danger pour sa vie.

Voilà ie fait qui s'est produit aux portes d'une ville de 130 mille âmes, et on sait que depuis deux ou trois ans il s'en est produit plusieurs de pareils impunément. Il est vrai que jamais ces bandits n'avaient osé exiger des sommes aussi considérables; mais l'impunité augmente leur criminelle avidité.

Le gouvernement ne devrait-il pas prendre des mesures énergiques pour purger les environs de Smyrne de ces hordes de bandits, dont les chefs sont connus, qui, on le sait, reçoivent asile et protection dans certains villages des environsY

Pourquoi le gouvernement ne feraitril pas payer aux villages, sur le territoire desquels se commettent de pareils crimes^ les sommes extorquées aux victimes? Ce serait le moyen de détruire cette connivence qui existe entre les villageois et les bandits. »

{La Presse du 11 février 1853.)

162 LIVAE PIEMIER. ANTIQL'ITE.

sent les historie/16. Ces peuples étaient du môoiesang, de la inàvne origine que les Ctiananéens. Toutes ces tribus d'essence arabe et t)édouine, à imagination ardente, légères, égoïstes, portées au mysticisme, au surnaturel et au iner- \eilieux, [laresseuscfsde corps, ayant horreur de tout travail manuel sérieux et suivi , mais très actives d'esprit, ont corrompu, nous le répétons encore, tous les peuples méditerranéens, par leur caractère facile . leur génie do pirates et de trafiquants, leur commerce d'objets uniauement de luxe ei par conséquent superflus et inutiles aux besoins et aux exigences de la vie naturelle et tranqaille des peuples agricoles et du vrai commerce, qu'ils visitèrent originairement.

Il est un point resté inaperçu mais incontestable , c'est (1110 la corruption humaine est en grande partie venue de I esprit de trafic hideux développé et propagé par les Phéniciens et les Arabes; et si dans le moyen âge on a exercé des cruautés et des vexations inouïes contre les débris éparpilléh de ces populations trafiquantes , contre ces tripoteurs d'aiïaires honteuses et ces agioteurs, elles n'ont été qu'une réaction des races indo-germaniques et nobles contre elles, r|ui se débattaient et se défendaient instinctivement contre I action pernicieuse do ces individualités ennemies de tout ordre social régulier, moral, juste et fondé sur la raison, dont chaque membre doit travailler autrement qu'avec des dllFérences de chiffres sur le papier, ei non vivre dans Toisiveté et la fainéantise, en trafiquant sur le signe du produit du travail, la monnaie, qui ne doit rion rapporter par luimême. Car tout métal précieux, argent et or, ce que ne savent pas les gouvernements présents depuis soixante ans, on le voit bien, en dehors de la quantité véritablement nécessaire d'esp(9ces frappées au coin pour les besoins des transactions, doivent être laissés danslos mains qui les font (»\traire des min(ïs et qui peuvent les détenir à l'état do n)archandi:MïS et de denrée , mais non les leur frapper du signe do la monnaio circulante, pour leur permettre de s'emparer par 1 hypothèque et une foule de moyens indirects des maisons, des biens, des forêts, des exploitations do tout le monde , de créer par oe moyen à leur volonté des abondances ou des raretés de numéraire, ot imprimer par lii, selon leur volonté, des nouveautés, des extravagances de luxe pour ruiner tout le monde excepté eux.

Par leur intermédiaire, les républiques de Gènes, de Pise, de Florence ot de Venise au moyen Age , n'ont pas peu contribué à perpétuer et a uugnicnter Iva éléments ténébreux

CHAf III LES raiUli IE^> IfffJ

de dissolation sociale, élaborés el praliiiut*» par U*» l'In-mciens de rantiquité, qui De manquent i»asd'iniitalvur% j-arnii les modernes.

Cest surtout par leur? nomb^tMl^es colonie^ qu»- 1»* rK.-mciens ont pu eiercer leur jHTnu*i«'U?4' .irinm .iu •••in *U* peuples vivant sous Teiupire d'un onJn» >'hi.iI >vnjli«l. ;•!•• et uonnant le bonheur. Les d.iU'S ili* n*- i-oIhikc?* p-n 'ir.tinl jusqu'à douze el même jusiju'ii s«'uo :»iiv:»-i.i\.iiii /rn- vulgaire Parmi les lies de la Mwlilrmm'i'. Wr% l'Iifiiii .iii- «icopèrent colles de Chypre, dedrrii'. do Uhinli**. «Îi-Tl» •-.• les S()orades et les Cyi'ladrs ; sur la iiht Nnin- it ! i Vr \ niitide , ils fondert*nt Prœnêle et BitMniuiii l.a Istii^u .Ir- Solymëens dérivait de celle dos Plièninens a MiMï.fh:-. Ii> Phéniciens habitaient autour du temple dfl'hth.i. ri t "j: !<• quartier s appelait le camp des Tyriens f Pour l»-^ en-^^cber de se répandre dans la pupuUlion . l'autnriti- pf..>r.iniaue les concentrait dans cnaquc grjmlt* \i]!r«!;iT - u!t l.i-i presque toujours autour uu près du granil tcnipic prir.ii; il où ils constituaient un marcliédt* vente de tuu« liur» ;.<■' tobjets. Les Phénicien^ se sont logés autuur du luuu* 1 1 .^.cile, ils se sont emparés des promonloins i-t di'< Ilot- .ni jacents pour commencer avec les Sicules ,i Us im .'ii|.i r«i,t aussi Malte , Gozzo . la Sardaicnc. la Oirsi* (3,. I lii* irKIlM*. Yviça [Vj et les lies Baléares. £n Esnagno , lf*s IM.cdj .< ii<. fondèrent Tartesse, Gadir, Carléja. Malara , Hi.<«p.'i!i-. •■• -mles côtes septentrionale!) de T Afrique . l*tii{ui' . Cjrtli >.i- Âdrumetum , Tysdrus et les deux Leptis; Mir la « nu- «. . , dentale de l'Afrique, en vue de l'Océan, le>Twifii<. .ix.ni ■ r fondé non moins de trois cents villes {b . La V^irt* inr ,•.• , lement peuplée par les Pliéniciens.

Dans des temps reculés, les Phéniciens fondrreiii di- i*: i bli.ssements lixes en grand nombre en Italie, i!^^ d\j>t:iii des comptoirs et des empories. Mais aprea la chûlc di' lu monarchie, le Phénicien put venir plus iinpiinémeiituncDKi

(\) Hérodote, 1. n, ch. lli.

h\ Thucydide, 1. vi, ch. 2.— Dindore, 1. tjch. 35.

(3) Les eaclaTes corees, par suite «lu Ciir.*n'tcr»î |Mrtirii!irr ilmit la nature les a doués, diffèrent »iii;ruli*Tfm«'iit d.iiis \v\\t* iii-mr* des autres esclaves. Diodore,!. v', ch. 13. Ct-Bt bans douli' |iîir leur esprit anarchique et ruruorance qu'ils so djbtiiimianMit. Le caractère phénicien s'y était conservé. Lta Phéuicn#ns sont i».-* barbares août parle Dindoïc, i. v, «h. !*•

(4J biodore, 1. v, ch. xvi.

(5) Strabon, l. xvn, p. 826.

if^ uvik; faïuiiui. aktxquiti.

■'inocpler à la belle population italique. La république fit m^e un traité de commerce avec Cartha{;e , la ville toute phénicienne. Aprèsla destruction dé Carthage, le sang arabe yintsejnèler à la population des villes du sud de Tltalieit

È quelques localilés inarilimes deja Sicile et d*pù sortirent tyrans sanguinaires dont noti^ parle. rhisloiré. Et aujourd'hui encore, c'es.t la moralité pélasgique, osque et étrusque qui se débat contre la perversité phénicienne, surtout à Naples. Le type asiatig^ued*une partie de la population des villes du sua de Tltahe , est une preuve de son origine arabe ou chananéennê. Ce type contraste d*une malûére frappante avec celui des contrées moyennes et septentrionales. Une fraction de l'aristocratie it^ienne dé-inve du.patriciat romain (1], qui, lui-même descendait, par le mélange de noms , soit oes Phéniçienç, soit des Carthaginois, car c'est tout un.

Les Phéniciens se débarrassaient.adroitement par leurs colonies du surcroît de la population , de la pauvreté et des individualités turbulentes. Comme l'anarchie était l'essence de l'esprit phénicien et que de l'anarchie sociale naissent la pauvreté des uns et les grands biens des autres, la misère dans les cités phéniciennes se développait et croissait en proportion des richesses exceptionnelles. C'est ce qui nous ,0st prouvé jusque dans les temps modernes. La richesse exjirôme pour les uns et la pauvreté excessive pour les autres est un état anormal et intolérable dans un ordre social régulier et fondé sur une théologie vraie. Indépendamment de

(i) Od écrit de Rome» le 6 décembre» .à la Gas^Ue tCAugt»

«Le duc Gesarini, de la famille des, Torlonia, setrouyait Avec •a fkmille dans son oalais de Nenni; à Genzano^ on venait de se I^er -de table: Le duc, s^étant mis à Ifi fenêtre, aperçut deux de «68 domestiques qui se disputaient dans ia cour;, eohauifé par le tId, il saisit son fusil et tira; le cuisinier, qui passait en ce mo* ' ment devant les deux domestiques, fut atteint mortellement par U balle. *

. » Une instruction est commencée contre le jduc César ini. Immédiatement après le meurtre, il s^est réfu($ié dans un couvent de franciscains pour se soustraire à toute juridiction séculière. Sa^fan^ille a obtenu, dit-on, sa gr&ce du pape, sous la .condition iiu*ji se présenterait et subirai^ sèn procès. Le duc Cesarini avait djgà antérieurement tuéuq de ses palefreniers qui Pavait Insulté; mais Grégoire XVI lui avait fait grÀce, moyennant une somme considérable et des péDitences ou expiations.»

{/ournal des Débaiê^ du. 18 décembre 1852. )

CB^AP. m. LES PHÉNICIENS. iB!>

lexporta lion de la pauvreté j les Phéniciens trafiquaient avec la chair humaine; ils en avaient formé de grands et de nombreux débouchés. Leur culte admettait des sacrifices humains , et celui d'Astarte ou d'Adonis permettait des débauches aux femmes qui versaient dans la société une population considérable de malheureux n'ayant ni père ni mère , et dont on faisait des matelots.

Le dieu tyrien Melkarth, nommé si fréquemment Hercules par les Grecs, qui aimaient à tout helléniser, n'est que le dieu urbain et du commerce des Phéniciens. Les colonies phéniciennes le reconnais^rsaient pour leur dieu protecteur commun. Partout où ils se fixèrent, ils lui élevaient des sanctuaires; son culte était le lien qui les liait à la mère patrie. Et comme le commerce, les richesses et les colonies de Tyr ne furent agrandis et protégés que par les armes, Melkarth fut également adoré comme le dieu de la guerre, comme assistant , comme présidant même aux combats L'intérêt et la violence formaient donc avec d'autres éléments ténébreux la religion et le culte des Phéniciens. C'est le culte de ce même Melkarth qui fut introduit chez les Israélites sous le règne d'Ahab , qui avait épousé la phénicienne Jésabel . fille du roi Ithobal, l'Ethbaal de la Bible. Ahab régnait de 917 à 897 avant l'ère vulgaire. Athalie fut leur fille.

Ce sont les éléments de dissolution sociale et politique introduits par les Tyriens-Phéniciens dans le royaume do Salomon qui en amenèrent le partage. Lorsqu'en Egypte , après une grande anarchie qui avait ébranlé l'empire des Pharaons jusque dans ses bases, Nékhos succéda à Psammétichus, en 617 avant l'ère vulgaire, et qu'il voulut maintenir et affermir le nouvel ordre de choses, qu'il tenta même, en dépit du sentiment national , de rendre l'Egypte puissance maritime, il s'adressa aux Phéniciens, qui corrompirent immédiatement par leur contact dissolvant les Egyptiens, à tel point que la conquête de l'Egypte fût possible , ce qui ne manqua pas d'arriver quatre-vingt-douze ans plus tard sous Cambyse en 525.

Chez les Phéniciens naturellement point de belle littérature, mais un perfectionnement matériel de l'écriture pour tenir plus proprement, plus promptement et d'une manière plus régulière l'avoir et le déoet de ces marchands , les mé • moires et les registres de la boutique et du comptoir ; point de beaux-arts, point d'architecture, point de sculpture que pour les proues de vaisseaux; point de peinture, point de musique, point de théâtre . mais do la numismatique, de la

i6d L1VB£ PBRMIER. iVNTIQUlTi.

monnaie en mêlai précieux,; rien de grand, rien d'élevé, rien d^ be^Ai,. rian d^noble, rien de saint! mais, des piaisirsi sen^ sgel^ etgrqssier^ de toutes sortes. Partout où leur hanse se répandait i ou s'étabIiss^it par insinuation et parsouple&se, ont y élevait des hangars, des magasins., des dépôts, des bour^ et des banques, des comptoirs, les seula temples de ce peuple de fripons légaux, tolérés et acceptés I

C'e3t encore 1 esprit anti-social et dissolvant de Sidon et de Tyr (^ui , corrompant Tidée dorique , l'unité symbolique de l'ancienne Grèce pélasgique. dans la Grèce (1) propre et sur lacôte occidentale de l'Asie mineure, contribua, par les colonies grecques envoyées en Italie et sur les rives gauloises bordant la Méditerranée , à pervertir et à dégrader tous les peuples avec lesquels il tomba en contact. Carthage corrompt aussi l'Espagne et le sud de la Gaule , comme l'Italie par les lies de la Méditerranée. Partout l'esprit phénicien détache par l'appât d'un gain facile et sanâ travail actif et sérieux, les populations rurales de l'agriculture et de leur» devoirs sociaux. Partout où les enfants de Tyr et de Sidon portent leur venin , ils amènent aussi l'asservissement des nabiiants des campagnes et la naissance d'une caste d'oisifs qui exploitent les travailleurs paisibles. Si un< esprit commercial modéré et équitable fait prospérer l'industrie, s'il favorise les richesses légitimes et le bonheur des nations., il les ruine et les perd au contraire, s'il poursuit avec déloyauté une voie exce)»sive , s'il s'impose par d'injustes envahissements , par des conquêtes de ruse et s'il dégénère enfm en sales tripotages. £t malheur aux peuples qui n'ont pas d'autres moyens, de traîner leur existence que par un trafic calculé sur la ruine des autres I

Le type de la tête du Phénicien est en tout semblable à celle de l'Arabe : c'est une face d'épervier, le nez aquilii^ mais mal fait, œil brillant et vif , front déprimé et fuyant ,^ bouche grande et lèvres saillantes , angle facial de 30 degrés , cheveux frisés ou.crépua, etc. Les< Phéniciens, comme tous les peuples sémitiques , aiment le clinquant, les dignités, les hyonneurs et lescroix, les acceptant, les postulant de tous les aventuriers politiques comme de ceux, qui ont les droits les plus légitimes au gouvernement de& Etats.

Hérodote et Diodore ajoutent souvent à leurs récits : ils étaient Phéniciens, c'était une loi phénicienne , etc. Nous-

(1) Pendaut une longue suite de siècles, deux porifi côte de Messénie, portaient le nom de ^sivixst.

sur la

CHAP. ni. LES JUIFS. iê%

mênie avons plus de soixante notes sur Hérodote et Diodore où ils parlent des I^étticiens et cela toujours en mauvaise part. Or, il ne faut pas oublier que l'un et l'autre, aux époques où ils ont écrit, étaient en présence des faits, et qpa ces dires de leur part (>nt une Corce que les traducteurs ai les modernes n'ont pas remarquée.

a. LES JUIFS.

Le peuple juif n'a pas eu la moindre importance dans Tantiquité, et Apollonius Molon d'Alabande , cité par Fiavien Josèphe, a très justement dit que les Juifs n'ont jamais inventé la moindre clfiose qui pût être utile aux hommes. Ils avaient une théologie; mais elle était propre au désert et ressortait du désert. L'agglomération juive n'était qu'une fraction des tribus arabes, qui chacune avaient leur code

Particulier et un ancêtre nominal ou réel. Le code sacré des uifs était un de ces codes qui reflète la vie et. le milieu de cette petite peuplade, et Abraham était son ancêtre; dé' iaieni donc des Béni- A bram , comme les tribus nomades de l'Algérie et comme toutes les tribus de l'Arabie. Ces codes, dans aucun cas, ne pouvaient être pris, comme on l'a fait, pour servir à des nations de la terre, à des nations agricoles, industrielles et commerciales de la vraie industrie qui ressort des productions de la terre ou de l'agriculture. Moïse copia en l'affaiblissant l'idée sur Dieu qui régnait en Egypte , mais d'une manière bien incomplète chez lui et pourtant encore bien inutilement, puisque ses personnes ou Tes Elohim furent immédiatement abandonnés ou mal ren* dus par la langue vague des Hébreux pour tomber dans l'unité ou matérielle ou tout à fait nominale de leur JéhovcA. Il ne démontra donc pas les modes de création de Dieu ni ceux de son gouvernement. Moïse affirme , il est sienten*-tieux, courroucé, et son Jéhovah est fait à son image. Il n'y a ni science ni amour ni bonté dans la théologie de Moïse , n>ais il y a de l'ignorance, de la haine et de la colère. Comme Moïse était ignorant, il rapporl^ait tout au merveilleux, au surnaturel, à l'arbitraire. Pour lui , il n'y a pas de lois du. monde. L'eau se divise en deux parties et se solidifie en une niasse compacte , la poussière se change en vermine, le bâton en serpent , le fleuve en sang, le roc en source ; le jour, et la nuit paraissent à la fois dans le même lieu , tantôt le soleil s'arrête dans sa course et tantôt il rétrograde. Tout cela a lieu au profit du peuple^ d'Israël, a^ez ignorant pour

Itô LIVBË t>RBMIBtl. AKTIQVlflÉ.

le croire. N'ayant jamais mieux compris que les autres peuples sémitiques le gouvernement de runivers par Dieu autrement que d'une manière fatale , impérieuse, despotique , immédiate et directe, ils disaient que si l'homme était sage, e*était Dieu oui lui avait envoyé la sagesse, aue si l'homme était habile dans une chose, c'était Dieu qui lui avait donné cette habileté, que si Thomme était beau et robuste, que s'il était un héros, c'était l'esprit de Jéhovah qui était descendu sur lui; y avait-il abondance de sauterelles, c'était une armée que Dieu envoyait sur la terre; y avait-il une sécheresse , c'était Dieu qui avait retenu la pluie. Des ennemis soumettaient-ils la Judée , c'était encore Dieu qui les avait envoyés en punition , etc. , etc. On voit par ces enseignements l'esprit de ténèbres, la dégradation intellectuelle de ceux pour lesquels ils sont faits ; on voit ici la pauvreté de l'esprit arabe , de l'esprit du désert , esprit endémique aux lieux et combien une pareille doctrine conduisait au maintien de l'abrutissement, de l'énervation de l'esprit et à l'esprit de fatalité.

La lutte d'un bon et d'un mauvais principe apparaît chez les Juifs après leur captivité à Babylone. De cette époque datent aussi leurs notions imparfaites sur l'immortalité, et, dans le deuxième livre des Machabées, on voit enfin arriver la doctrine de la résurrection. Les Juifs n'ont pas d'autre histoire que la leur, point de géographie, point d'histoire naturelle, point d'astronomie, point de calendrier régulier et par conséquent (i) point de physique , point de mathématiques, point de philosophie! Après leur exil , ils connurent la philosophie chaldéenne et perse et lui firent quelques emprunts. Sous les Ptolémées , en Egypte, quelques-uns s'occupèrent de la philosophie grecque , de celle de Pythagore et de Platon , et ils l'étudièrent avec ardeur. L'auteur du livre de la Sagesse et Philon, et les thérapeutes et les Esséniens étaient des platoniciens mystiques et imparfaits , qui firent pénétrer la philosophie grecque chez quelques Juifs, mais en y mêlant cette doctrine .orientale de Perse, de Syrie, de Chaldée et de la basse Egypte appelée gnose , et dont se servirent saint Jean et saint Paul pour montrer de la science et passionner les natures mystiques et sentimentales qui, comme poètes et prêtres, finissent souvent par vulgariser les doctrines et entraîner les masses , si elles ne

(1) Avant leur captivité, Tannée des Juifs n'ayait eu que 354 jour?.

CIIAP. III. L£S JL'IPS. i09

sont arrêlées et neutralisées par les natures théologiques rationnelles, gouvernementales et profondes; ces natures, voyant, elles, le vide, le nu et l'appauvrissement de tous travaux par ce mysticisme, en montrent le danger pour la ruine évidente de toute industrie, de toutes aisances, de toute agriculture et de tous travaux quelconques même. — Les Juifs n'ont jamais eu d'art, commo tous les peuples du désert, et quand, mille ans avant Tère vulgaire, ils voulurent bâtir le temple de Jérusalem, ils furent obligés d'emprunter aux Phéniciens des artistes et des artisans capables.

Un certain nombre de Juifs étaient pharisiens, et c'étaient les savants qui , sous l'égide de la loi de Moïse, combattaient toute réforme, toute innovation étrangère qui aurait pu élargir leur loi, réfréner leurs appétits physiques les plus grossiers et les soumettre à une loi sociale plus conforme à la justice et à l'honnêteté. Les sadducèens étaient les véritables représentants de la tribu du désert; c'étaient des natures hardies, cupides, orgueilleuses, traficantes et énormément actives. Les sadducéens peuplèrent toutes les villes maritimes de la Méditerranée, et, si droitsen apparence, mais si dissimulés et si profondément athées au fond, ils ont laissé une nombreuse traînée dans le monde qui a de puissantes ramitications et domine dans ce moment d'une manière menaçante les gouvernements et les chefs d'Etats. L'importance donnée auxJuifs n'est due qu'aux auteurs chrétiens; ilsétaient entièrement ignorés des autres nations de l'antiquité et confondus dans les tribus arabes.

En décrivant, comme nous sommes obligé de le faire, les doctrines , les traditions et les mœurs des diverses races et surtout ici des Juifs et des différentes tribus qui en sortirent ou qui leur étaient jointes et faisaient toutes partie de la famille arabe, il n'est pas entré dans notre intention de les injurier en quoi que ce soit. Mais, forcé d'être vrai pour le but que nous nous proposons, qui est de montrer la doctrine de la vérité et la race humaine qui l'a produite et qui suivait cette doctrine , nous sommes amené par la vérité de notre historique à raconter ce qui en est sur la race arabe et ce qui est très fâcheux au point de vue de l'esprit de justice et de paix de la race de la terre, mais naturel pour ces diverses tribus nomades, violentes et ténébreuses dans leur séjour au désert. Mais aussi cela montre que la race de la terre doit établir des institutions en vue de les bien contenir dans le lieu de leur séjour et ne pas leur laisser de porte ouverte pour se faire dépouiller par elles, chez elle.

fTO LlVOE'P&EIllBB. ANTIQUITÉ.

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