CHAPITRE IV
i. HOME ROYALE.
Nous avons maintenante nous occuper d'une civilisation et d'un peuple qui ont ou l'influence la plus puissante sur la destinée de la société occidentale. Il s'agit de la civilisation romaine et du peuple romain. Il nous suffit de descendre dans l'histoire de Rome jusqu'à l'époque où elle acquiert un certain degré de certitude. Nous suivrons principalement
(1) Les EUoï sont une nation qui descenil des tyrrhénieus et qui, d'après la coutumo de leurs pèrei?, adorent ainsi Jupiter.
178 LITRE PREMIER. ANTlQUllé.
deux historiens , Diodes de Pépareth , cité par Plutarque , et Fabius Pictor qui emprunta à Diodes.
Âlbe , favorisée par sa situation géographique, le nombre de ses "habitants et l'éclat de ses races nobiliaires, cherchait à conserver et à immobiliser sa prépondérance dans la ligue des villes latines. Mais cela ne lui fut pas facile, à cause d'une plus haute antiquité que revendiquèrent «quelques autres localités, comme Tibur, La vinium et Ardée. Ensuite il y eut de fréquentes dissidences élevées par les Aenéades ou Silviensqui, sous la forme ou la dénomination monarchiques avaient l administration de la bourgeoisie albanienne, et, arppuyés par la noblesse , cherchaient à maintenir les doctrines gouvernementales primitives. Mais il s'éleva simultanément un parti anarchique , oligarchique , qui , sous le nom de démocratique, se fraya traîtreusement un avenir assuré. Le schisme était complètement consommé lorsque, selon les traditions vulgaires, le roi Procas remit la succession du royaume à son premier né Numitor. Mais il ne put empêcher que le fîls cadet , Amulius , ne supplantât son aîné ; qu'il en tuât le fîls et qu'il fît admettre Rhéa Silvia (Ilia) , ôlle de Numitor, au nombre des vestales. Amulius , amoureux de Ehéa , qui l'aimait aussi , eut d'elle deux fils jumeaux. Bomulus etRémus, qu'on fit passer plus tard pour fils du dieu Mars. Car les nations, les villes et les sectes aiment à se donner pour chefs et fondateurs des descendants issus des dieux. Cela se voit toujours et partout. Grands, beaux de x^orps , intelligents., courageux et actifs., sentant vivement l'insuUe faite à leur mère , et l'injustice exercée contre eux-mêmes, parvenus à l'âge viril. Romulus et Rémus se vengent de leur onde Amulius : ce dernier est vaincu par eux. Ils rendent ensuite l'autorité dans Albe à leur grand-père Numitor ; mais, trop indépendants pour vivre sous rautorilé régiilière de* ce dernier, ils vont fonder en 753 ou 754 Rome, sur la rive gauche du Tibre.
Romulus symbolise le mariage avec la terre en traçant par la charrue la forme carrée de Rome sur le mont Palatin. Dans cette forme apparaît "le nombre quatre , et dans les pories d'entrée, celui de trois. Ces nombres quatre et trois ne sont pas purement arbitraires. Le croire serait de l'ignorance. Nous ne disons pas avec l'éclectique Tite-Live « adeo minimis etiatn rébus parva réligio inscrit deos. » Nous disons, au contraire, que Romulus, tout révolutionnaire qu'il lût , animé des lois et des sentiments du ifiilieu dans lequel il vivait , ne put cependant pas "s'empèdiér de