‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 45 sur 154 · ROME RÉPUBLICAINE · texte numérisé non relu

ROME RÉPUBLICAINE

Brntus, après avoir renversé la royauté à Rome , fonde ce pouvoir pharisaïque et athée, qualifié de république , mais qui ne constitue en réalité que l'esclavage deVimmense majorité, comme cela avait eu lieu dans les nations de la Grèce,

(i) Fastes m, ÎM «t suiv.

CBAP. IV. lOME RÉPUBLICAINE. 211

à la suite de Tancienne royauté. Cet esclavage écrase le peQple, le ruine, ratt'ame, Te dégrade et l'opprime jusqu'au siècle d'Auguste , où il arriva enfin à respirer et à pro6ter un peo des fruits de son travail et à vivre en paix pendant une trentaine d'années. A la suite de l'anéantissement de la royauté à Rome, la nouvelle aristocratie, extrêmement p^ santé pour le peuple , n'avait en vue que de s'enrichir et de dominer, tandis que l'ancienne , qui avait bien une bonne partie de set vices, était dominée par la royauté et son esprit de Justice. La dernière avait quelques traditions et elle était forcée d*en faire usage sous la royauté ; la première n'avait que de l'ignorance, de l'égoïsme et un esprit tyranniaue d'inaividualiâ. L'histoire de la république romaine n est que l'histoire des luttes du fond pur de la population italique indigène et aux traditions étrusques , contre celte portion inliaie de la nation polluée par 1 infusion du sang phénicien et les idées carthaginoises. Le peuple voulait vivre paisiblement en travaillant, et le nouveau patriciat républicain ou plut^ oligarchique voulait vivre dans l'oisiveté et acquérir des richMses et des biens sans travailler, et cela aux dépens deceux qui usaient leur corps incessamment dans une continuelle et pénible activité.

Cette flfristocratie n'avait pas d'autre élément , d'autre pensée , que de chercher dans toutes les directions de la ros» des vents des disputes aux peuples étrangers et contigus , pour leur déclarer la guerre et , par la guerre , pousser les masses sous la direction des siens, à acquérir et expulser, à chasser les populations étrangères pour s'emparer de leur sol , iion au pro6t de la souveraineté ou du domaine publie de la République , mais à son profit personnel , à elle, en ae le divisant et se le partageant ensuite entre le nombre de ses familles. Et elle n a pas fait autre chose pendant cet es«' pace de temps de près oe cinq cents ans, du renversement des rois jusqu'à Auguste.

Dès l'origine de la république romaine , l'unité du pon^ voir, sans lequel il n'y a pas de société, fut brisée et rompue. Le triple pouvoir du roi comprenait la surintendance ae lareligion et du culte , k première magistrature en temps de paix pour le gouvernement et l'administration du pays , eC enfin la suprême puissance en temps de guerre. L'esprit oHgarchique disloqua cette unité triple , et le pouvoir pour être démembré n'en fut que plus arbitraire et plus tyraun»que. Par la substitution de deux consuls au roi , il se trouva qu'on avait bi^ nioûie banni l'autorité royale de Rome que

âl2 LIVKK PMBHIER. ANTIQUITE.

le nom d6 roi. La nécessité de iunité du pouvoir se Gt bientôt sentir de nouveau, mais en temps de guerre seulement et pour des circonstances violentes , et elle reparut, en 501 avant Tère vulgaire, sous le nom de dictature ; c'était seulement sept ans apr^ l'abolition de la royauté. Lorsqu'il n'y eut plus rien à craindre des Tarquins et que la guerre avec les Etrusques eut cessé , le peuple fut tyrannisé davantage parle patriciat. Les plébéiens avaient été appauvris par les guerres, et la plupart d'entre eux étaient devenus les débiteurs des patriciens. Ces derniers faisaient exécuter dans leur égoïsme de fer, les lois terribles qu'ils avaient rendues contre les débiteurs. D'après ces lois injustes, le débiteur ne devait pas seulement abandonner au créancier son bien mobilier et immobilier, mais se livrer avec les siens comme hypothèque de la somme due. Un débiteur dans cette situation était appelé nexuif esclave pour dettes. Si à l'expiration du temps fixé , il ne pouvait pas restituer la somme prêtée , il était adjugé avec sa famille au créancier comme addictUs et perdait ses droits de citoyen. Il faut savoir, comme nous le disions tout à l'heure, que les patriciens s'étaient arbitrairement mis en possession du domaine public, ager pubUcus, qu'ils faisaient cultiver leurs terres par des clients qui ne faisaient point de service militaire; qu'ils étaient en outre exempts des impôts sur la fortune, et, comm« ils s'attribuaient le butin de la guerre , ces patriciens habiles pouvaient facilement s'enrichir ou rester opulents. Il ne faut pas juger les luttes des plébéiens et des patriciens avec cette mprale élastique des faits accomplis . mais avec la morale universelle, avec la vraie morale. Les patriciens en prêtant aux plébéiens leur rendaient à la vérité un service. Mais la nécessité de ce service était amenée par la ruse et les menées de toutes sortes des premiers qui , par leurs lois perfides , mettaient le peuple dans la misère et dans la situation extrême de ne pouvoir gagner, avec la meilleure volonté possible et avec le sentiment le plus honorable, de quoi subvouir à sa subsistance indispensable. Que faisait le patriciat romain? Il prêtait à des malheureux , à des nécessiteux, qu'il avait mis lui-même, sciemment, dans la nécessité d'emprunter et qu'il avait plongés dans la position de ne pouvoir payer leurs créanciers. Le patriciat était donc coupable au plus haut degré. Aussi l'état qu'il avait amené ne put-il durer longtemps. Les débiteurs, dans l'impossibilité de rembourser, demandaient la remise des dettes, et le peuple en même tû/nps retum le service militaire contre les Yolsques , les

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