‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 46 sur 154 · CHAP. IV. ROMK RÉPUBLICAINE · texte numérisé non relu

CHAP. IV. ROMK RÉPUBLICAINE

Eques et les Sabins. Cela se passait dans les années 495 et 4^ avant Tère vulgaire. Gagné cependant par les discours hypocrites du consul P. Servilius et du dictateur M. Valérius, il se décide à entrer en campagne , et en revient victorieux. Les promesses du patriciat toutefois ne sont pas réalisées. Alors les dix-huit mille plébéiens de l'armée victorieuse passent TÂnio et s'établissent) en vue de Rome, sur le mont Sacré. Le sénat a peur. Mais celte foule, ignorante et crédule , comme toutes les foules populaires , se laisse tromper de nouveau , comme toujours , par les jongleurs qui s'étaient distrilué les rôJes, par M. Agrippa qui iqi, raconte la fable des membres et de Teslomac. Cette mulijljîl^ armée et puissante se laisse endormir par les paroles do^ereuses d'Agrippa , cet hypocrite éclectique ; elle corn- ]}Oâe à la ûu avec son ennemi et ne sait profiter de sa position^ Le peuple gagne cependant quelques concessions, l"* Les esclaves pour dettes sont libérés; les dettes des pauvres leur sont remises tout en maintenant le droit des créanciers. Mais il faut connaître toute l'iniquité que le patricien avait mise dans les lois qu'il venait de rendre depuis le renversement de la monarchie. 11 faut savoir que les intérêts non payés ou arriérés (usurae), reformaient un nouveau capital devant intérêts (sors, caput). qu'il était permis de faire intérêts des intérêts (versuram facere), et que le débiteur était obligé et forcé d'acc|uitler tout cela î — 2° Les plébéiens eurent le droit de choisir dans leur sein des tribuns annuels ; il y en eut d'abord cinq, et dans la suite dix. Les tribuns devaient représenter l'élément démocratique ou populaire dans le gouvernement; les consuls, l'élément monarchique; et le sénat enfin, l'élément aristocratique. Une des faces de T histoire de la république romaine est celle de la lutte anarchique de ces trois pouvoirs politiques entre eux, et qui établirent alternativement le trouble et le despotisme les plus déplorables.

Le patriciat supportait avec impatience et douleur le pouvoir du tribunal , et l'explosion de son ressentiment contre lui éclata en 490, à l'occasion d'une grande quantité de blé arrivée de la Sicile. Le sénat délibéra longtemps sur le prix auquel on le délivrerait au peuple. Or, dans le sénat siégeaient les principaux accapareurs et les bailleurs de fonds des marchands romains qui avaient pris Thabitude de ne spéculer que sur la famine populaire , ainsi aue cela a encore Jieu de temps à autre dans de certains lieux dans les temps modernes. Le patriciat saisit cette occasion pour ren-

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trer dans les anciens droits qu'il avait perdus par l'institution des tribuns. M. Coriolan se charge du rôle de bouc émissaire de la faction oligarchique. Pendant la famine , il propose de ne donner du olé au peuple que lorsqu'il aurait consenti à l'abolition des tribuns. Le peuple le bannit. Il s'enfuit chez les Volsques , et parvient à les ameuter contre Rome. Ils arrivent jusqu'à la cinquième borne milliaire; lepatrieiat a la ruse d'envoyer au traître sa femme et sa mère dont les

f>rières l' éloignent de la ville menacée. Coriolan est tué par e peuple qu'il était parvenu à faire aller venger 9ur sa patrie le juste châtiment que le peuple romain avait prononcé contre lui.

Nous arrivons maintenant à l'époque de l'histoire de \ëltê^ publique romaine , où des luttes s élèvent entre les plébéfétis et les patriciens pour l'égalité des droits entre eux. L'odieux égoïsme du patriciat, et surtout son accaparement exclusif du domaine public, les misères qui en découlèrent, poussèrent de temps en temps le peuple à réclamer des lois concernant le? terresen culture, lois par lesquelles il aurait au moins l'usufruit d'une partie de ce domaine national. Mais toutes ces justes réclamations , souvent réitérées , restèrent constamment vaines et comme non avenues. En 486 enfin , le consul Sp. Câssius put faire passer la première loi agraire ; c'était^ pres-

gueun quart de siècle après l'établissement de la Répubique*. assius obtint que le territoire enlevé aux Berniques serait donné en partie en fermage seulement aux patriciens , et en partie comme jjrqpn^t^, au contraire, aux plébéiens. L'Or pinion sentant fortement sa ruse dans cette manière d'agir, et désirant le châtier , le sénat son compère au fond dans cet acte, s^en aperçut, et l'accusa de trahison pouf le sauver. Mais le peuple ne prit pas le change et le condamna à mort. Lorsque douze ans plus tard , en 473, Cn. Genucius , tribun, menaça d'uile plainte publique tous les consuls successeurs de Cassius , pour la non-exécution ou l'exésution timide de la première loi araire, on le trouva assassiné dans sa propre maison , la veille de ia séance ! On voit que l'oligarchie patricienne sauvegardait ies propriétés et la société par tous les moyens , aussi bien par le meurtre que par Ja calomnie. La cupidité enfante l'accusation calomnieuse de haute trahison, et elle sait habilement diriger aussi le poi* gnard de l'assassin. Ces inventions toutes arabes, juives, commencent en Italie sous la république romaine , se perpétuent pendant le moyen âge, et continuent même encore de nos jours.

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En parlant de Cassius, c'est grand'pitié de tire ce qu'en dilTite-Live, cet auteur qui manque du sens moral, et qui est un esprit médiocre ! « Ce fut alors , dit-il , pour la première fois , que fut promulguée la loi agraire , qui , depuis cette époque jusqu'à la nôtre , n'a jamais été mise en question sans exciter de violentes commotions (i).« Mais l'auteuir a soin d'informer auparavan.t qu'un « grand nombre de patriciens étaient alarmés du danger qui menaçait leurs in-~ téréts et leurs propres possessions ». En effet, les lois agraires ne touchaient que ceux qui avaient arrangé leur fortune avec la spoliation du pauvre, leur ordre social par l'arbitraire et la scélératesse , sans les rapports qui naissent des lois naturelles comme sans justice.

Tant que la justice fut le reflet ou le décalque de celle qui émane de la théologie antique, reflet pâle et décalque faiole peutrétre , sa loi ne fut pas écrite , et son administration se maintint en dégénérant dans les mains du patriciat. Mais, quand, à la longue, l'infusion du sang et des idées d'une triba pervertiede marchands colporteurs maritimes, eut abtmé jusqu'aux derniers vestiges oe la justice dont nous venens de parler , et qu'elle ne fut plus exercée que sous le bon plaisir et l'arbitraire des hautes classes, alors le peuple romain, se tordant dans une crise de désespoir , voulut enfin se sous^ traire à ce bon plaisir et à cet arbitraire des patriciens, et il finit par demander des lois écrites qui lui furent longtemps déniées. Cette question fitnattre entre les deux parties ih<téressées l'antagonisme le plus violent. En 472, la loi obtenue par Publilius Volero ordonnait que les magistrats plébéiens fussent élus dans les comices par tribus. En 402 , le tribun C. Terentiilus Arsa proposa la nomination de cinq citoyeus, chargés de définir par une loi l'autorité consulaire. « Le nom en était moins odieux , dit-il ; le pouvoir, plus révoltant peut-être que celui des rois. » On le voit, la royauté qui avait duré deux cent quarante-<;inq ans , était encore appréciée après un demi-sièele de son renversenaent , et le consulat qui ne durait que depuis quarante-sept ans, était devenu intolérable au peuple. C'est <^'en nommant deux maîtres , dualité stérile, au lieu de la royauté , on avait incontestablement perdu en liberté et en justice. Dans la discusaon de la loi de Terentiilus, Fabius, le préfet de Rome, devient furieux : « A nous la douleur, s'écirie-t-41, à vousloot l'odieux d'une attaque contre la République sans défense. «

(4) Liv.ii, ch. 41.

âl6 UVaE PKËlllEB. ANTIQUITE.

Dans la bouche de Fabius, qui représentait tout le patriciat, la République, c'était le patriciat, c'était les gens riches, c'élait les gens enrichis par Tiniquité..

Enfin, c'est seulement neuf ans plus tard, en 451 avant l'ère vulgaire, que dix sénateurs furent nommés pour rédiger les lois tant désirées par les plébéiens. Cette mesure fut prise -à l'infatigable instigation des tribuns , dont le nombre avait été porté à dix en 457. En l'année 300 de la fondation de Rome, 454 avant l'ère vulgaire, un sénatus-consulle envoyait trois patriciens, Sp. Postumius Albus, A. Manlius et P. SulpitiusCamerinus, à Athènes, avec l'ordre de copier les célèbres lois de Selon , et de prendre connaissance des institutions des autres Etats de la Grèce, de leurs mœurs et de leurs droits. C'est avec les matériaux que ces trois envoyés recueillirent pendant un voyage de deux ans, que les décemvirs composèrent en partie les lois des douze Tables, devenues la base du nouveau droit romain qui effaça entièrement les restes du droit étrusque de la royauté.

L'esprit,des lois des douze Tables est irrationnel, la forme et le style en sont anti-théologiques; c'est la formulation brève, dure et impérieuse, ce sont les ordres et les observations du maître méchant et sans charité, à ses inférieurs et à ses serviteurs. On a dit : le latin alors était rude et imparfait et le texte des douze Tables s'en ressent, — on le croit bien! 11 ne se formait et il n'était parlé littérairement que par une race d'hommes au caractère méchant et au cœur vicieux !

3ue par des natures impies! Delà l'esprit et la forme des onze Tables. Les lois romaines ne sont pas des principes naturels, ne sont pas des principes se déduisant de la connaissance du monde et des lois divineâ qui le régissent pour le maintenir dans Tordre éternel où nous le voyons. Les auteurs de ces lois, habitan4s de la ville, et de l'a ville constituée à l'instar de la ville arabe, des rives orientales et méridionales de la Méditerranée , vivant dans un milieu et un cercle artificiels, édifiés par eux sans égard pour la nature , les auteurs de ces lois, disons-nous, reportèrent dans leur C3nception les sentiments artificiels et ignorants du monde où ils vivaient.

Une des innovations les plus graves; amenées par la loi des douze Tables, c'est l'entrée des patriciens et de leurs clients dans les tribus plébéiennes; et c'était au profit du patriciat. La défense du connubium ou mariage entre plébéiens et patriciens était maintenue, comme également les droits innumains des créanciers sur leurs débiteurs, La défense du con-

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nubium no fut supprimée <}ue neuf ans plus tard , par le picbisciste rendu sur la proposition de Canuleius. Par la prohibition des mariages entre patriciens et plébéiens, les décemvirs , avaient voulu, selon Denys d'Halicarnasse, empêcher que la concorde ne s établit entre les deux ordres. Le sang orgueuilleux du patriciat phénicien se croyait souillé par le mélange du sang plébéien, d origine étrusque et pélassique; il se croyait spuille en confondant les droits de toutes les races. II y avait ensuite dans cette mesure un talent prodigieux, cjui consistait à préserver la pureté du patriciat, pureté à son point de vue bien entendu , et d'empêcher par des mariages avec les plébéiens Témiettementde sa force et l'augmentation do la leur. Par ce moyen l'oligarchie sauvegardait ses biens et ses richesses.

Aussi barbares qu'arbitraires, les lois des douze Tables permettaient au père de vendre le fils comme esclave et même de le tuer. Elles lui laissaient aussi la liberté de disposer do sa fortune ou de son bien après sa mort , en déshéritant le fils , comme si le plus souvent celui-ci n'était pas Tassocié du père et l'associe qui l'avait fortement aidé, soit à acquérir, soit à agrandir son avoir. D'après ces lois , la fille héritait de son père. C'était un des droits imaginés par l'esprit igno* rant et anarchique de la race sémitique, qui est une contradiction avec la nature et qui viole les deux principes en action dans le monde sous la direction du principe supérieur, la raison. La femme représentant le principe mineur ou passif, c'était une impossibilité sociale et normale contre la nature que de lui accorder le droit d'héritage au détriment du principe mâle , contre des frères. Ce droit est la cause la plus énergiaue de la dégénérescence de l'espèce par l'abandon de la fille belle et bien constituée sans mrtune , pour la laide et la crétine qui a des biens, et la cause de la ctissolution de la famille, et, par voie de conséquence , nécessairement de toute société , ainsi que nous le démontrons dans maints endroits. Il arriva une époque à Rome où presque tous les biens fonciers patrimoniaux et même mobiliers ap-

Ï)arlinrent aux femmes ou bien étaient hypothéqués pour es femmes. C'est ce fait qui aujourd'hui au milieu de nous immobilise tout, paralyse tout, annule l'acUvité de l'homme, tue tout crédit foncier. L'homme, comme mâle, est le chef de la femme , et il a le droit de lui commander. Depuis un temps immémorial la masse des hommes se trouve dans l'esclavage , et la tyrannie même des femmes, ment^ par des prêtées, endoctrinées par des individus et des agents sous une foule de titres (mais au fond de vrais amants ou des pour-

gaivants) , déguisés en conseils. Cette pernicieuse admission des femmes à F héritage aux terres est si grande et si funeste, qu'en deux cents ans de temps dans Tantiquité, elle perdit la république de Sparte. L'épnore Epitadès avait fait passer une loi semblable ; et dans l'espace de temps que nous venons d'indiquer, les neuf mille portions de terre des Spartiates et les trente mille des familles rurales laconiennes, étaient passées dans trois cents maisons, sur lesquelles quatre-vingts même détenaient presque tout, et la république fut perdue r Le partage des biens a été conçu par l'homme de la civilisation et aux mœurs méditerranéennes, afin de vivre sans travailler; il aime la division et le partage en fait de choses de propriété , de famille et de succ^sion , parce qu'il est rempli de vices et qu'il veut pouvoir s'y livrer sans la vue ni le contrôle de ses parents ni de personne* La constitution de Lycurgue ne fut bonne pour Sparte qu'avec les premiers Dorions pour citoyens ; car, lorsque ces Dorions furent détruits par les guerres et les malheurs, la constitution ne fut Î>lus qu'une institution hors de sens ou un non-sens. Les lotes et les Laconiens, population mêlée de sang phénicien, Juif, ne pouvaient manier loyalement ces institutions faites pour la vertu et la liberté de l'âme se contenant dans l'instinct du bien et du vrai généraux.

Tout ce qui a rapport oans la loi romaine à la police et aux droits de mitoyenneté et de voisinage de la contiguïté et du magasin d'hommes , porte l'empreinte de la vie urbaine , de la vie d'agglomération de ta race sémitique ou arabe; tout cela est arbitrairement enchevêtré, ouvre la porte aux interprétations les plus multiples et développe de plus en plus l'esprit de contention. La chicane avocassière, alimentée par les tracasseries et les turpitudes, avait beau jeu à Rome, et dans ses innombrables tribunaux, où ont été élaborées pendant des siècles, les lois tortueuses, fallacieuses et arbitraires, qui commencèrent à ébranler la société au moyen âge et qui concourent encore si fortement à Fabtmer de fond en comble dans les temps modernes. La loi romaine, civile et politique, sortie de la même donnée, de la même inspiration que la loi religieuse juive et que la loi chrétienne , a englouti l'Europe dans les désordres de tous genres, moraux et physiques, où elle se débat convulsivement depuis des siècles. La société occidentale ne sortira pas de* ces désordreâ , tant qu'elle ne voudra que redresser les lois, bases de son ordre social. L'empirisme n'y pourra rien faire. C'est sur une donnée générale qu'il faut

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