‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 48 sur 154 · CIIAP. IV. ROME RÉPUBLICAINE · texte numérisé non relu

CIIAP. IV. ROME RÉPUBLICAINE

certes, le plus grand bien que tu puisses procurer à la patrie, aux citoyens, à toi-même, à nos enfants, en un mot, à tout le genre humain , ce sera de détruire , ou au moins d'affaiblir autant que possible , l'amour de Fargent ; autrement il n'y a pas moyen de gouverner ni les affaires privées , ni les affaires publiques , ni le dedans , ni le dehors. Car, là où la passion des richesses a pénétré , la discipline et les mœurs disparaissent; l'esprit perd sa vigueur; 1 âme elle-même, un peu plus tôt, un peu plus tard, nnit parsuo^ comber. » Ces paroles de Salluste sont trop vraies et trop éloquentes pour que nous y ajoutions le moindre mot. « Là où les richesses sont en honneur , on compte pour rien tous les biens véritables, la bonne foi, la probité, la pudeur, la chasteté ; car pour la vertu , il n'est qu'un chemin, et bien rude; mais pour la fortune il en est mille ; on y arrive également par des voies bonnes ou mauvaises. — « Commence donc , continue toujours l'historien de la conjuration de Catilina , par renverser le pouvoir de l'argent. Que ce ne soit plus la richesse qui donne le droit de décider de la vie et de Vhonneur des citoyens ; comme aussi que la préture , le consulat , soient accordés , non d'après ropuience , mais d'après le mérite. On peut s'en]fier au peuple pour bien choisir ses magistrats. Laisser les juges à la nomination du petit nombre, c'est du^despotisme ; les élire pour leur fortune , c'est de l'iniquité. » Terminons par une dernière citation de notre auteur. « Et l'on comprend bien qu'un homme ne peut s'élever au-dessus des autres , et se rapprocher des dieux , si, dédaignant la cupidité et les plaisirs des sens, il n'est tout entier à son âme , non pour la flatter, pour céder à ses fantaisies, pour l'amollir par une funeste complaisance , mais pour l'exercer par le travail , la patience, les bonnes maximes et les actions de vi* gueur. »

« En effet, élever un palais ou une maison de plaisance, l'orner de statues, de tapis et d'antres ouvrages des arts, et faire en sorte que tout y attire plus les regards que nousmêmes, ce n'est pas tant nous honorer par les richesses que les déshonorer par nous. Quant à ceux qui ont l habitude de se remplir le ventre deux fois par jour , et de ne passer aucune nuit sans courtisanes, dès qu'ils ont laissé s'aorutir dans cette servitude l'âme qui est faite pour commander \ c'est en vain qu'ils veulent ensuite tirer a'une faculté énarvée et boiteuse ce que Ton obtient d'une faculté exercée ; leur folie les perd eux et presque tout avec eux. Mais ces

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maux et tous les autres disparailront avec le pouvoir do rar,ent, etc., etc. »

Telles étaient les hautes classes sous César, telles furentelles aussi à répoque dont nous nous occupons. Il est donc tout naturel que T. Gracchus , trop jeune pour les difficultés de la position, ait eu les mômes sentiments que Salluste, et de plus, le désir de porter remède aux calamités domestiques qu'il voyait au sein de la République, qui n'était pas à ses yeux ce qu'elle était pour le patriciat. Il y avait dans le cœur de la République des formes stériles sans raison d'être , et par conséquent sans vie ; il y avait des abus invétérés frondant toute reforme ; une barliîarie des plus vénales née dans la guerre, et qu'une soldatesque oisive exerçaitavec cynisme. T. Gracchus pensait qu'il fallait assurer la grande propriété, la restreindre dans de justes et d'équitables bornes, et créer avec l'ancien domaine public un fonds immobilier, loué comme propriétés flottantes, à des fermiers de la République. Qu'y avait-il là de si contraire aux penchants de la nature humaine, comme le prétend aujourd'hui une école, puisqu'on voit tous les jours de simples fermiers ne jamais devenir propriétaires et cependant cultiver des champs dont-ils ne restent que les éternels locataires? Au langagede celte école, on croirait vrai ment qu'il n'existe en fait d'agriculteurs, que les seuls propriétaires.

En l'année 133 avant l'ère vulgaire, T. Gracchus proposa: 4 ° que personne ne possédât pi us de cinq cents jugères de terres conquises, et que personne n'envoyât aux pâturages pubhcs plus de cent tètes de gros bétail ou plus de cinq cents têtes de petit; que chacun eût sur ses terres un certain nombre d'ouvriersde condition libre; 2* que ce que l'Etatauraitrecouvréfen terres de Vagerpublicus, serait distribué aux citoyens pauvres méritants, mais dételle sorte que chacun d'eux n'eût que dix jugères; 3° que ceux des grands propriétaires qu'atteindrait la loi, recevraient une indemnité pour les dédommager desdépeuros utiles faites par eux sur le fonds qui leur serait ôlé ; 4° enfin que les lots distribués aux pauvres étaient inaliénables, et ne devaient au trésor aucune redevance; que s'ils ne les cultivaient pas eux-mêmes, ils retourneraient à l'Etat (1). S'apercevant que ces projets soulevaient une vive opposition dans le parti conservateur ou intéressé, parmi les détenteurs de biens du domaine public, Tibérius y ajouta un pal< liatif. Les propriétaires devaient garder deux cent cinquante jugères (621 hectares ou 219 arpents) pour chacun de leurs

(1) Appiea, Guerre civ.p 1. i, cb. 10.

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enfanls mâles; c'était presquedix mille livres de renies.' Mais il manquait à Gracchus le talent et les moyens indispensables pour l'exécution de ses projets. Quelque généreuses que fussent ses vues, il n'avait pas combiné et préparé assez longtemps d'avance leur exécution possible. Il avait d'abord affaire à une classe de riches puissants et pervers, qui tenait vigoureusement en bride ce qui était au-dessous d'elle. Le patriciat était résolu à vaincreà tout prix, et il nereculaitdevant aucun ciime. Le peuple avait bien confiance en Gracchus ; mais, eût il même obtenu dejui une plus juste distribution des terres , il n'avait pas de quoi faire les premiers frais les plus indispensables pour les exploiter. La campagne , tout en adoptant la réforme du tribun, ne devait donc pas l'appuyer aussi énergiquement que la population de la ville» qui ne voyait dans la loi agraire qu'une vengeance sur le patriciat qui la faisait tant souffrir. Le projet de Graccbuft était donc conçu dans un temps et dans des termes qui le rendaient inexécutable, et les moyens de Gracchus n'étaient tout au plus qu'empiriques, comme ceux qui ont été tentés depuis soixante ans par une foule d'individus.

Les plébéiens, peu a peu chassés de leur patrimoine, étaient réduits par la misère et la fainéantise, à n'avoir plus d'éta^ blissement fixe ; ils commençaient à dépendre entièrement de la fortune d'autrui, à trafiquer même de la liberté et de la république. 4^a multitude spoliée , corrompue et abtmée par le patriciat et les gens d'argent . dispersée dans tant d'espèces de vies et de professions différentes, n'ayant aucun lien , était impropre à suivre avec logique et persévérance l'idée généreuse et de bien public qu on faisait planer sur elle, destinée à la tirer de la servitude pour lui rendre ses droits et sa dignité. Or, c'Ost sur cet élément variable et sans consistance que Gracchus allait s'appuyer.

Le jour des comices arrivé, Tibérius veut se faire proroger dans le tribunat. Alors, le patriciat que ses périls poussent,

f)rend l'audace du crime. Une soldatesoue imbécile est ancée contre les plébéiens. Tibérius Gracchus se réfugie au Capilole, où il est assommé par des brigands conduits par son propre cousin , Scipion Nasica , qui s'écriait que la république était sauvée ; mais dans sa Bouche, la république c'étaient les richesses de la noblesse et de la caste d'argent. Que fil la multitude? flottante, le cœur en défaillance, la bouche béante , elle voit stupidement dans la loçe du sénateur, et l'armure du légionnaire, le fétiche de 1 autorité, pwis de l'autorité usurpée, arbitraire et spoliatrice! Avec

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Tibérius périrent plus de trois cents de ses partisans, et alors aussi il y eut une violente recrudescence de réaction contre les partisans des idées honnêtes. Ce fut le premier mouvement décidé à Rome avec efFbsion de sang et de meurtre, depuis l'expulsion des rois, dit Piutarque.

Si Rome n'avait jamais conquis qu'au Nord . elle ne se serait jamais perdue. Mais ses conquêtes à l'Orient et an fond de la Méditerranée la perdirent ; car le Nord continuait de lui donner pour son salut des légions pour le soutien d'une généralité gouvernementale et d'une souveraineté au profit de la morale, et dans l'Orient, Rome ne rencontra jamais q^u'une multitude mouvante aux idées individualistes, sensuelles et anarchiques. Les conquêtes orientales faites par les Romains eurent donc l'influence la plus pernicieuse sur leur esprit et leurs mœurs. Ces conquêtes , en effet , se fitsaient presque toutes alors sur la race et le sang phéniciens, variésde différentesclassesmétme», selon les localités, mais étant toutes au fond le sang arabe : ce n'était donc pas étonnant I Avec ses richesses ravies aux peuples sans raison et sans droit, le patriciat continuait comme par le passé à vivre, en les agrandissant, dans les débauches les plus basses et les plus effrénées, tandis que les plébéiens croupissaient de plus en plusdans la dégradation, les souffrances et le manque du nécessaire. Les uns et les autres s'abrutissaient continuellement et à tel point que chez eux s'effaça tout sens moral. Quand l'homme ne trouve plus de plaisir au foyer domestique, sa nature rebondit; il les cherche au dehors, et alors il invente ou laisse se produire des fêles , des foires , des bacchanales, et il les prend à la face de tous ; les sexes sont mêlés ensembles, et alors aussi ses plaisirs, qui ne sont plus qu'entièrement sensuels et tout à fait cyniques , perdent la société.

Les Romains ne sentirent pas qu'avec le mélange, la promiscuité des sexes , cette vie extérieure et sans retenue de leurs femmes et de leurs filles et se confondant avec les hommes, dans des banquets, sur les places publiques , dans des foules et des presses dans les rues, aux jeux, le jour et la nuit, sans la moindre retenue ; ils ne sentirent pas qu'avec tout cela ils allaient arriver promptementà ne pouvoir plus permettre la célébration des mystères, c'est*à-dire les différentes cérémonies du culte de^ Bacchus (en l'année 186 av. l'ère vulgaire), sans les plus intolérables désordres. Et c'est aussi ce qui arriva. Le sénat rendit un décret par lequel il les défendit. 11 leur aurait été facile de faire rentrer les

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femmes dans la retenue et l'intérieur s'ils avaient voulu , s'ils avaient su conserver et développer selon la marche des idées et l'agrandissement des rapports sociaux et de la civilisation, un bon intérieur, un intérieur aisé et agréable pour tous les plaisirs intimes de famille et d'amis, et pour cela conserver et développer avec soin leurs anciennes formes et dispositions architecturales et de séparations domestiques , en les appropriant à la marche des idées et des rapports. Cette non-retenue , cette impudeur des femmes venaient de l'imperfection, de l'ignorance et de l'amour misérable de la vie des yeux chez les hommes , chez cette fourmilière d'anciens esclaves ou d'affranchis. Pour retenir et obliger sévèrement les femmes à avoir de la retenue, il aurait fallu que les hommes les aimassent retenues ; mais, devenus eux-mêmes de la nature phénicienne , ainsi que nons l'avons vu, ils n'avaient de plaisir qu'à les laisser se produire au milieu d'eux tous et devant tout le monde , en public, au jeux, au théâtre, au cirque, etc.: ils aimaient aussi voir les autres, les lorgner, et, à vivre pour ainsi dire sur leur visage et leur sein. Ce monde, dans lequel le sénat en était, réduit à défendre les cérémonies de Bacchus , était à peu de chose près le même que le nôtre, que celui des temps modernes, mais avec des races humaines bien autrement énergiques et passionnées qu'aujourd'hui ! La vie de la femme en Grèce, dans les temps théologiques , était plus retirée, plus cachée et plus sainte. Voilà aussi pourquoi les mœurs g y conservèrent pures plus longtemps, quoiqu'il y eût pourtant pour les femmes de nombreux plaisirs , de nombreuses distractions dans leur intérieur. Mais elles furent perdues lorsque les sentiments anarchiques et cyniques des races sémitiques vinrent à y prévaloir.

Tout ce qui vient d'être dit précédemment sur la situation de Rome , fait voir la décadence, l'absence des mœurs politiques et domestiques, et, sans elles, la république ou la sociétedevaient nécessairement crouler. Dans 1 espace de quatre-vingt-quatre ans (de 133 à 49 av. l'ère vulgaire) la république romaine perd les bases de sa morale, et ce qu'il pouvait y avoir de social et de normal dans ses lois : il ne lui fallut ensuite que sept ans pour être engloutie (de 49 à 42). Mais auparavant elle dut entrer et traverser sa phase révolutionnaire et de guerre civile. Depuis Tannée 146 à venir à l'année 80, une lutte acharnée et sanguinaire s'élève et se continue entre l'aristocratie et la démocratie qui, à la fin est défaite. Le dictateur Sylla rétablit l'oligarchie et donna

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une nouvelle législation, en voulant remonter (rôs loin dans le passé, mais , sans y réussir.

Dans l'espace de vingt ans (de 80 à 60), on voit s'opérer la transition de l'oligarchie au système monarchique. De l'année 60à l'année 49, par impuissance etlassitude, lescaractères se détendent petit à petit et consentent à accepter ou à passer sous un seul maître, et dans les sept années suivantes (de 49 à 42), les éléments nouveaux consomment enfm l'évanouissement des idées républicaines, et l'esprit monarchique triomphe sans opposition, mais non sans ruse, sur la république, après qu'elle eut duré quatre cent soixante-sept ans.

Le Romain, tel que Tavait façonné l'esprit du suffète et du traGc phénicien , ne tenait plus aux vieilles traditions italiques , et il n'avait aucun amour pour les sciences et les arts. Cela était naturel ; parce qu'il n'y en avait pas dans la race mouvante, vivant des yeux et du pur fait qui corrompait sa nature depuis plus de di^ siècles. Le Romain n*avait ni ramourni le sentiment du beau, il n'a cultivé les sciences et les arts que par politique, par égoïsme, par vanité et par amour du faste. La langue qui crée , la langue chez les Romanis, resta longtemps rudimentaire, dure, barbare ; elle

crire. Mais elle ne s'est perfectionnée d'une manière relative que depuis la mort de Sylla jusqu'à celle d'Auguste. Q. Fabius, qui n'est point un historien, mais seulement annaliste, et comme lui L.-C. Alimentus, C. Acilius Glabrio, écrivent encore en grec. Le drame, imitation du drame grec, s'introduisit seulement à Rome depuis la première guerre punique. Quelque mauvaise, pervertie et éclectique que fût la philosophie grecque dane le deuxième siècle avant l'ère vulgaire, les Romains n'en voulurent pas.

Le Romain était despote et vide d'idées. Il aimait à parler au Forum et au sénat, mais seulement sur les affaires publiques et non par forme de discours comme le Grec devenu rhéteur. Ses paroles et sa science étaient fondées sur des textes , et ne roulaient que sur eux ; dès Iprs, le savoir du Romain , homme d'Etat , n'élait basé que sur des abstractions qui n'étaient pas des idées du monde intelligible. Sa science était donc mauvaise et tyrannique. Tacite lui-même, dans sa manière tendue et raide , n'est pas exempt de ce montalisme venteux qui fait parler tous les écrivains ro-*

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mains de quelque valeur, c'est ce qui plaisait tant d'instinct aux propagateurs des idées chrétiennes, et c'est encore ce vide emphatique que Ton trouve de nos jours au suprême degré cnez quelques slaves etchezM.deMontalembert, dans notre langue (1). Qu'on se souvienne des déclamations des Mieroslawski et autres! Aussi tous les dogmatiseurs chrétiens , encore aujourd'hui , ne cessent-ilç depuis dix-huit siècles, de dire que le latin et Rome sont le rondement môme du christianisme et du catholicisme , et cela parce que dans la langue latine aucun ouvrage véritablement scientifique n'a pu être rendu t Rome et sa langue , sont la langue même du vide emphatique ! Presque toute la littérature romaine n'est qu'un arrangement de paroles creuses, nulles et inefficaces d'idées qui ne sont pas précisément contraires à la raison, mais qui ne sont pas nées de la science, de la connaissance du vrai . comme dans la langue grecque , et qui, par conséquent, dans la pratique, ne pouvaient se décalquer sur la réalité, ni la rendre, pogr ramener l'ordre anéanti, ni en reconstituer un nouveau.

La langue et la république romaine n'ont laissé aucun monument scientifique et qu'un fort petit nombre de monuments pour l'architecture qui datent du commencement ou de la

(1) Dau8 celte immense yerve de M. de Montalembert qui en a tant imposé toutes les fois qu'elle s'est rencontrée au même de^ gré pour la même cause chez un écrivain depuis la fin des Âu~ tonias, il nV a aucune science, aucune lumière de mesure sur les choses réelles qui constituent la vie de Thomme comme des Etats sur la terre ; ce n'est qu'un vent emphatique mais envahissant pour et sur les masses et les sots qui forment toujours le grand nombr^.

Voyez comme celte facoude éclaire bien un homme de gouvernement, un ministre, un préfet, qui a à faire régner des mesures dans de nombreux rapports des nommes et des familles entre eux et entre les choses, afin que justice distributive soit établie ou maintenue entre tous ! Et comme cette faconde déclamatoire l'instruit bien sur cela! Et comme les usurpations des forts et des habiles, contre les faibles et les petits sont aperçues et empêchées, avec ce pur vent tiéclamatoiref sans compas de mes.ure !

Où est l'hérésie dans le monde ou les affaires temporelles avec ce vide? Il n'y en a pas, il n'y en a de possible que dans la sphère du bavardage creux, c'est-à-dire dans la sphère de disputes de mots sur des choses ou vents où il n'y a aucune mesure possible de vérification, comme dans tout le moyen âge où on le voit exister entre les dires, les livres, et les faits et les ehoses réelles.

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conclut que linnombrable foule, qui a besoin de voir et de toucher le pouvoir et de craindre , n'obéirait pas. La république n'est donc possible qu'avec un peuple cultivé et instruit, éclairé et réfléchi. La race sémitique déviée avait abruti le peuple romain , et il était incapable de servir la république, c'est-à-dire la chose publiâue, la chose de tous, la chose particulière et solidaire de chacun. Mais , encore une fois, pour gravir à l'élévation de la conception républicaine, il faut de l'intelligence, de l'instruction et de la réflexion. Le peuple romain en eutril? Pas suffisamment pour comprendre la répubhque , ce gouvernement ainsi nommé, qui tut substitué à la royauté. 11 y eut bien des chefs , mais tous étant élus et devant l'être, et passagers là où ils étaient, ce ne fut point là un symbole toujours vivant de la souveraineté comme il le faut à l'insuffisance intellectuelle populaire, et comme l'est la personne royale dans la royauté , telle que l'a définie Polybe (4). La république a réellement existé chez la race caucasique, sous les formes et les noms les plus divers; mais elle n a jamais réellement existé chez les nations bordant la Méditerranée , abîmées dès une époque très reculée par le sang et les idées arabes. Le patriciat romain, comme le clergé chrétien, â tenu le peuple dans la plus abrutissante ignorance pour pouvoir mieux l'exploiter, le faire travailler pour lui, afin qu'il pût jouir«de la somme des biens terrestres sans travailler, sans se donner la peine de les acquérir par l'activité matérielle. L'asservissement du peuple par le patriciat romain et le sacerdoce galiléen . a son origine dans Tespritde la race sémitique , et que nous avons caractérisé dans de nombreuses pages de ce livre. En résumé , l'histoire du peuple romain depuis l'abolition de la royauté jusqu'à l'avènement de l'empire, est celle d'un peuple se débattant avec des lois iniques, arbitraires et anti-sociales que confectionnait une faction d'oppresseurs athées et rusés, sous le couvert du nom de république , qui prétendaient qu'eux seuls constituaient la société et la famille, et qui avaient volé habilement les propriétés et les richesses qu'ils possédaient (2). •

il) Voyez page 90 de ce volume.

2} Âu»si, a la suite, de ses formules et de ses jongleries pour duper le peuple et pour les mesures quMl disait avoir à prendre, le patriciat romain annonçail-il à tout instant comme augure et pronostic, qu^un aigle venait de s'élever à tel endroit, se dirigeant vers tel point; que deux aigles venaient de passer par dessus tel lieu de la ville ou de la campagne, etc. ; parce que

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