‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 50 sur 154 · CHAP. IV. ROME IMPÉRIALE · texte numérisé non relu

CHAP. IV. ROME IMPÉRIALE

fillo d'un aubergiste do Drépane , ville maritime obscure d'une petite baie de la Bithynie. C'est surtout à l'influence des femmes et de la cour impériale, c'est à celle d'Hélène , de Fausta, sa seconde femme . et de sa mère Entropie, qu'est due la conversion de l'empereur Constantin au christianisme, quoiquEusèbe, évoque de Cesarée et historien, soit assez ruse pour inventer que ces femmes ne se convertirent à rKvangilo qu'après l'empereur. Constantin était ambitieux , orgueilleux , guerrier et cruel. Il a fait assassiner dans le cours de ses tristes exploits, son bea u -frère , son neveu, son fils et sa femme. C'est lui qui renchérit de beaucoup sur cette magnificence vaniteuse et vide des charges de cour commencée- par son prédécesseur, et un des éléments de ce spectacle des yeux que se plaisait tant à exhiber plus tard la cour de Conslantinopleet qu'imitèrent ensuite les princes de l'Occident, par la grâce de Dieu, les rois très chrétiens, très catholiques, très fidèles , etc.. etc. C'est Constantin qui créa les charges de grand chambellan ou inspecteur des appartements sacrés , de commandant de la domesticité impériale , de chancelier et conseiller du palais, de trésorier de l'elnpire, de surintendant des domaines impériaux, de comtes des gardes du corps nobles, cavaliers et gardes à pied, etc., etc.

Si par une diffusion soutenue et universelle , Terreur ou les principes arbitraires ont fini par perdre jusqu'à la trace du dugiiK' et du culte vrais, et que, traduits en actes, ils se soient en cet état brassés et rebrassés dans tous les rangs de la population, alors, n'y ayant plus aucune foi , aucune opinion sociale commune, mais autant d'opinions qu'il y a d individus et d'intérôls , il n'y a plus aucune souveraineté dans la société et le pouvoir n'est plus qu'un fait, appuyé et soutenu par les ap[)ointements, et les facilités pour trompÎBr que donnent les fonctions publiques et des positions dans la société. Dans ce cas , le génie, appuyé de la vertu, ne serait pas toujours suffisant pour édifier quelque chose de durable, parce que pour qu'il pût faire quelque chose de pareil . il lui faudrait de bons instruments et en nombre suffisant : c'est-à-dire des hommes à sa hauteur et le comprenant, et il faudrait en outre que , pour la suite , il pût en faire de nouveaux |)ar un grand système d'éducation et d'un enseignement orçranisé sur la ligne orthodoxe de sa pensée, ce qui se rencontre très rarement. C'est là l'exemple de l'empereur Julien , succombant faute d'instruments pour le seconder,

â^O LIVRE PRKMIER.' ANTIQUITK.

et ne pouvant en faire parce que la souveraineté esl trop éparpillée et que les résistances sont trop multipliées pour lui en laisser le loisir. Ensuite que, ne possédant que d^intui" tion et de sentiment les dogmes traditionnels qui ferment sa foi , Julien n'a ni la langue ni la science, qui lui permettraient de les développer dans son camp, au milieu de son élat-major et en toutes circonstances, à ceux qui se trouve»raient l'entourer. Julien, dans les conjonctures où il se trouva, devait donc succomber! Cet enseignement qu'il aurait eu à faire en agissant, si cela avait été en son pouvoir, Alexandre une fois passé de la Grèce, où il le comprenait moins, en Asie, le saisit tout aussitôt de science et de langage et l'enseigna à ceux qu'il en jugeait dignes.

Quand on examine l'absence d'une bonne opinion publique pour la raison dans l'empire romain , à toutes les époques , depuis la mort d'Auguste jusqu'à son extinction , mais surtout sous les Césars , on voit que la cause en vient de sa forme, qui n'était qu'un littoral en cercle autour de la Méditerranée , et cercle qui, ne plongeant pas, ne portant pas la pensée gouvernante et prépondérante dans l'intérieur d'aucun continent , soit en Italie , soit eh Gaule , en Espagne , en Grèce, en Asie ni en Afrique, cette pensée était prise dans les résultantes de l'opinion des grandes villes (de Rome) qui étaient toutes à deux pas de la mer : de la mer qui donne toujours une opinion de lutte et des mœurs turbulentes; et puis par les raisons de populations phéniciennes dites partout précédemment.

Tandis que si la capitnle de lempire romain avait été seulement à cent lieues du littoral , n'importe dans quel continent, comme en Italie au delà du Tyrol, où est Vienne aujourd'hui, ou seulement à Milan, par exemple, ou au centre delaThrace, en Macédoine, ou dans la vallée de l'Euphrale, à Séfeucie, ou à Meniphis ou Thèbes en ïigypte, ou au delà de l'Atlas en Numidie, une opinion intense de Vaison aurait séjourné et subsisté dans cette capitale , et en aurait forcément empreint l'esprit du gouvernement. Aucune , ou presque aucune des monstruosités et des scélératesses des Tibère, des Caïus et des Néron n'auraient pu s'accomplir; parce que cette opinion aurait redressé et bridé les mauvais sentiments du prince, et en cas d'opiniâtreté de sa part dans le mal, l'aurait renversé et broyé.

Sous les empereurs, à partir du me siècle, et mémo plus tôt dans les contrées champêtres, il n'y a plus de sujétion de drc't de l'homme envers l'homme, il n'y a plus que des dé-

CMAl*. IV. RACES DUR Et 0£ FEH. %i[

pendances de fait dans les basses classes domestiques et les colons des campagnes, tenant plus à leur ignorance et à leur pauvreté, qu'à un droit légal des riches et des maîtres sur eux. Mais plus tard dans le moyen âge, quand le pouvoir sera passé dans la main d'empereurs ou de rois chrétiens et d'évéquos assumant le pouvoir temporel en eux, il se constituera bientôt un principe d'esclavage nouveau pour les classes en question , buse sur la nouvelle donnée , et elles seront clouées à la personne des chefs comme esclaves et à leurs terres, comme attachées à la glèbe: et ce princi|>e d'eschivage nouveau est constitué presque partout après Charlemagiio. •Cette profonde méchanceté asservissant partout et toujours le faible et la vertu au profit du vice, est due. et n'est due qu'à la doctrine sortie des traditions phéniciennes et (lu code dos Hyksos , et cela la fera toujours vouer à une haine inextinguible I

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