CHAP. V. I.E CHRISTIANISME. 5U
môme naît du libre arbitre, et le prouve. Le dogmedn péché originel est absurde et injurieux à Dieu ; car une créature qui n'existe point ne saurait être complice d'une mauvaise action ; et c'est outrager la justice divine , de dire que Dieu le punit comme coupable de cette action . A cela Augustin répondait que Thomme ne peut rien par lui-même , sans le secours de la grâce. C'était une autre abstraction que l'homme; ne peut admettre qu'aveuglément. Pressé par les Pélagiens de s'expliquer sur la nature de cette grâce, Augustin de Tagaste , de sang arabe, n'eut autre chose à répondre que la pauvreté suivante : Que les hommes étant uans la masse de perdition . et Dieu n'ayant aucun besoin d'eux, et étant d'ailleurs indépendant et tout-puissant, il faisait grâce à qui il voulait, sans que celui à qui il ne la fai-» sait pas eût droit de se plaindre; rien n'arrivant que par une suite de sa volonté , qui avait tout prévu et tout déterminé (1). Cela ne montre cl\ez lui aucune connaissance de la nature humaine, du bon et du mauvais dans de certaines fanriilles ou races, par rapport à d'autres familles et races qui se perpétuent par la reproduction en donnant à ceux qu'elles enfantent les qualités ou les vices dont elles sont elles-mêmes affectées , et qualités et vices qui résultent originairement chez elles d'un séjour longtemps plongé dans un milieu bon ou \'icieux. Tout cela était affirmé avec un imperturbable sérieux ; l'Eglise à cette époque , n'était plus déjà aussi humble qu'auparavant , elle devenait hautaine , impérieuse, tyrannique pour la pensée. Augustin parlait et agissait contre Pelage au commencement du v» siècle : il pouvait s'appuyer sur la force matérielle que Constantin et Théodose avaient donnée au sacerdoce. Il ne faut pas oublier que les chrétiens sont doux et humbles jusqu'à Constantin ; mais dès qu'ils ont le pouvoir souverain , ils tyrannisent la pensée de toutes manières en lui enlevant d'abord ses monuments intellectuels et ensuite les corps. La liberté de penser et d'allure cessa quand la doctrine eut le pouvoir politique par l'adoption de l'empereur et du gouvernement. Pendant que la secte n'était qu'un parti, ce parti discutait et remuait des idées pour convaincre ses adversaires , c'est
(1) En adoptant rarrangement de mots d'Auprustin, les chrétiens disent que la religion est d'ordre surnaturel , parce que leur doctrine ne voit pas le fond des choses; personnellement ils ne peuvent atteindre au faîte de la religion que par une sorte flVxtasc de Tesprit et qu'ils appellent la grâce.
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vrai, mais encore en montrant une prestesse d'allures et de formes pour les attirer par la pensée et Tagrément de ces formes d'une grande et entière liberté. Dès qu'ils furent appuyés par l'arrivée de l'empereur et du gouvernement , c est - à - dire de ceux qui ont en main le pouvoir , cette fameuse doctrine, qui avait paru si libérale, se transforma en le plus vaste système de tyrannie sur l'esprit qui ait paru sur la terre , et puis sur les corps couverts de chaînes , dans tout le moyen âge , par la prison, la mort, la martyrisation dans des souterrains !
Les idées de l'Arabe africain Augustin ne pouvaient impunément être émises qu'au sein d'une société qui avait subi l'action avilissante de la civilisation phénicienne , et
2ui était imbue de toutes les fictions du mauvais parsisme , es pauvretés élucubrées par les Juifs, des subtilités et des insuffisances sociales et politiques de l'école d'Alexandrie , qu'au sein d'une société qui était souffletée par la fatalité faussée des Romains , corrompue par les éléments de dissolution qui se maintenaient à côté des vestiges expirants de l'organisation sociale où s'était conservée la vérité. Dans le moment où Pelage cherchait à maintenir un côlè de lumière dans le monde des intelligences , ce monde était déjà recouvert d'une enveloppe ténébreuse; la science ancienne était de plus perdue ou n'était plus que le partage de quelques intelligences fortes, obligées de se taire.
Il n'y a donc pas lieu de s'étonner qu'un homme osât écrire « que Dieu créa le ciel avant toutes choses, et qu'il le suspendit dans la partie la plus élevée de l'univers pour
y établir le trône de sa gloire qu'il a rempli le lieu de
sa demeure de lumière en y attachant le soleil. Il a placé , conlinue-t-il, les ténèbres sur la terre ; car cette masse grossière n'a pas d'autre jour que celui qu'elle reçoit du soleil; elle est le lieu de la nuit, de la mort et du tombeau. — La terre est autant éloignée du ciel que le mal est éloigné de la vertu.— Ceux qui tiennent qu'il y a des antipodes, tiennent-ils un sentiment raisonnable? Y a-t-il quelqu'un assez extravagant pour se persuader qu'il y ait des hommes qui aient les pieds en haut et la tête en bas; que tout ce qui est couché en ce pays-ci, soit suspendu en celui-là ; que les herbes et les arbres y croissent en descendant , et que la pluie et la grêle y tombent en montant? Faut-il s'étonner que l'on ait mis les jardins suspendus de Babylone au nombre des merveilles de la nature, puisque les philosophes suspendent aussi des meri , des villes et des montagne:?? Cher-»
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chons la source de celle erreur , et nous trouverons sans doute qu'elle procède de la même cause que les autres. Quand les philosophes , trompés par Tombre de la vraisemblance, ont une fois admis un faux principe, il faut aussi qu'ils admettent les conséquences qu'ils en tirent. Ils tombent de faussetés en faussetés: ils embrassent indiscrètement la première au lieu d'examiner la seconde qui se présente. Comnient donc se sont-ils engagés à soutenir qu'il y a des antipodes? En observant le mouvement et le cours des astres, ils ont remarqué que le soleil et la lune se couchent toujours du même côté , se lèvent toujours de même. Mais, ne pouvant découvrir l'ordre de leur marche , ni deviner comment ils passaient de l'occident à l'orient, ils se sont imaginé que le ciel était rond , tel aue sa vaste étendue le fait paraître ; que le monde même était rond comme une boule. C'est ce qui les a portés à faire des globes d'airain sur lesquels ils ont gravé des figures monstrueuses auxquelles ils ont donné le nom d'astres. Le ciel étant rond, il fallait que la terre , qui est renfermée dans son étendue, fût aussi ronde. Que si elle est ronde , elle regarde le ciel de tous côtés de la même manière, et lui oppose de tous côtés des mers , des plaines des montagnes. 11 suit encore de là qu'il n'y a aucune partie qui ne soit habitée. Voilà comment la rondeur que l'on a attribuée au ciel a donné occasion d'inventer les antipodes. Quand on demande à ceux qui défendent ces opinions monstrueuses comment il se peut faire que ce qui est sur la terre ne tombe pas vers le ciel, ils répondent que c'est parce que les corps pesants tombent toujours vers le milieu comme les rayons d une roue, et que les corps légers , comme l'air , les nuées , la fumée, le feu , s'élèvent en l'air. J'avoue que ne sais ce que je dois dire de ces personnes qui demeurent opiniâtres dans leurs erreurs, si ce n'est que quand elles disputent, elles n'ont d'autre dessein que de divertir ou de faire paraître leur esprit. Il me serait aisé de prouver par des arguments invincibles, qu'il est impossible que le ciel soit au dessous de la terre (1). »
On ne peut que se prendre de pitié en lisant le passage que nous venons de transcrire , passage tiré d'un ouvrage célèbre parmi les chrétiens, du maître que l'empereur Constantin donna à son fils aîné Crispus. Quelle différence de ton entre ce champion , un des plus forts du christianisme primitif, et surnommé le Cicéron chrétien, et Strabon,
;i; Lactauce, Institutions divines^ I. u^ ch. 10; I. ai, cli. 24.
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rbomme modestô , le géographe savant , le philosophe instruit et pratique , calme et maître de lui-même et de son langage! Il connaît la sphéricité de la terre (1), connue encore d'Ampélius à la fin du iv« siècle(2). Strabon connaît également la loi de gravitation des corps (3); il explique la forme sphériaue de la terre eu faisant observer, entre autres, que la couroe de la mer empêche les navigateurs de voir les fanaux à une grande dië^tance, et que ce n'est qu'en s'approchant d'eux qu'on peut les voir, et c'est une des nombreuses démonstrations dont on se sert effectivement encore de nos jours pour prouver que notre terre est un globe. La raison , poursuit Strabon , déduit la sphéricité de la terre des révolutions des corps célestes. Si la terre était infinie , ces révolutions ne pourraient avoir lieu. — A quelles désolantes réflexions ne durent pas se livrer les gens de bon sens et les véritables. savants du temps de Lactance et des fhéteurs chrétiens qui le précédèrent, en lisant dans les livres, et en entendant débiter sur les places publiques des doctrines comme celles que nous venons de rapporter plus haut ! Il y avait déjà trois siècles que le christianisme travaillait à abîmer la science et le monde , et , comme on voit , il y était parvenu. C'est que le christianisme, continuation du mosaïsme, ainsi que le déclarait son fondateur lui-môme (4), n'était qu'une sorte d'ampliation du code d'une tribu arabe, ayant pour ancêtre Abraham , comme nous l'avons déjà dit plus haut , code qui manquait d'une saine poésie et qui ne pouvait revendiquer la moindre prétention à une science quelconque : il n'y a qu'à le lire pour s'en assurer. Le code arabe mosaïque porte le caractère endémique du lieu où il a été conçu et pratiqué. Sa substance est pauvre, triste et stérile comme la nature du désert. Sa forme est pleine de figures plus pompeuses que vraies. Elle est destinée à frapper des hommes ignorants par des images fortement colorées, dont les contours sont tracés avec colère et passion , mais qui manquent de mesure.
C'est de ce code fait pour une tribu nomade et qui était parfait pour elle , que le fondateur du christianisme com-
Î>osa une série sans liaison entre elles, de sentences moraes , destinées à remédier aux désordres qui existaient dans
{V\ Liv. I, p. 11. (i) Mémorial^ ch. 6.
(3) Liv. II, p. 110.
(4) Matth., ch. 5, v. 17.
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le milieu où il vivait. Tout dans ces sentences est local, restreint aux hommes et au temps de l'époque où s'en fit la prédication, et cela même sans concordance entre les idées et leur exécution. Dans le code chrétien, dans l'évangile, comme il ne s'y trouve aucune science des réalités , il ne peut pas s'y trouver non plus de dogmes : on n'y trouve que des sentiments. Et c'est aussi pour celte raison que le christianisme n'a pu se traduire en un royaume temporel ^ en un royaume assis politiquement sur des principes liés logiquement à lui , comme principe supérieur , comme l'ast tout établissement social . quand il est juste, quand il fonctionne comme il le doit au profit de tout le monde. Les forts le sentirent bien , et alors, pour se tirer d'embarras , ils dirent que la religion était d'ordre surnaturel. Or , est réputée surnaturelle toute doctrine qui ne voit pas et qui n'enseigne pas le fond des choses. Mais comme les chrétiens disent que personnellement on ne peut atteindre au faîte de la religion, que par une sorte d'extase def l'esprit , un de leurs docteurs, Augustin , inventa une doctrine qui est appelée grâce. Noos en avons déjà parlé ailleurs.
Il n'y a aucune science dans l'Evangile, avons-nous dit, et cela par une bonne raison ; son fondateur n'avait aucune connaissance du monde , de la constitution de la terre et des cieux Aussi ses sectateurs dans les discussions avec les païens savants , disaient-ils surtout : à quoi bon savoir cela? A quoi bon cela? C'est aussi ce qu'avait déjà dit Socrate.
Quand on étudie sérieusement et sans préjugé la doctrine chrétienne, après s'être initié à la ronnaissance de la philosophie de l'académie, on reconnaît aisément son influence sur la première. Les chrétiens ont admis, sans toutefois les accompagner de la démonstration scientifique, une quantité d'idées platoniciennes; ils ont cherché , mais sans succès, à exposer les abstractions qu'ils mettaient en avant, en essayant de suivre ou en imitant le génie, l'esprit et la méthode de Platon. Ce philosophe a toujours passé aux yeux des chrétiens pour un prophète divin ; Clément d'Alexandrie le nomme fùu/,:^&'x et oio-j ^e^.pop^.-jusvov (1), ami de la vérité ^ porte-Dieu. L'élaboration des doctrines chrétiennes s'est opérée sous l'influence de la partie vide et idéologique, de la partie non fondée sur le monde intelligible de la philosophie antique. Chez Platon , la doctrine de toutes les choses qu'il traite est exposée avec calme, souvent avec science, en
(1; Strom., l. 1, S 8, p. Bil. — L. v, S lî, p. 692.
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toutes circonstances avec de grandes ressources d'esprit : est démontrée par induction , etsi de cette manière elle n'est pas toujours convaincante, elle procure néanmoins, en beaucoup d'occasions, un contentement à la raison. Il n'y a rien de semblable dans Texposition de leurs doctrines chez les premiers chrétiens. Ils ne savent pas un mot des sciences naturelles. Partant d'une mauvaise base, ne pouvant utiliser la logique , ils sont toujours fougueux , sententieux et importuns, sans aucune espèce de modération pourtours advirsaires, en un mot, craintifs de voir s'échapper la domination des âmes qu'ils venaient d'assumer, en attendant qu'ils travaillent à concentrer aussi dans leurs mains Ja domination politique ou des corps si longtemps convoitée.
En supposant que Ton pût admettre le christianisme comme doctrine morale , elle ne serait encore autre que la morale universelle , naturelle : et elle aurait une sorte d'analogie avec la morale qui se déduit scientifiquement de la doctrine de la vérité Mais, d'un autre côté , elle est bien moins complète que cette dernière, parce qu'elle n'est basée que sur le sentiment et qu'elle n'a point pour fondement les réalités pratiques. Le christianisme ne fait que poser et affirmer : il n'enseigne pas les moyens de réaliser ses prétentions; elles sont abandonnées au bon plaisir des hommes. Pourquoi cela? C'est qu'il ne se base pas sur là science; )1 la rejette même , puisqu'il dit : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux (1). Son but n'était pas de changer l'imperfection de l'ordre social de l'époque, puisque l'on fait dire à son fondateur : Ne pensez pas que je sois venu détruire la loi et les prophètes, je ne suis pas venu les détruire , mais les accomplir (2). Et une autre fois il disait : Je vous dis, en vérité , qu'un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux (3). Ne vous faites point de I résors sur la terre, où la rouille et les vers les mangent , et où les voleurs les déterrent et les dérobent. Il parlait à une tribu de pauvres Sémites, infestée de brigands et de voleurs, et dont le sol stérile qu'elle habitait avait fait naître et avait développé l'esprit de rapine, de cupidité et d'usure. Malgré cette assurance formelle du christianisme qu'un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux , il n'y a qu'à jeter les yeux autour de soi pour s'assurer qu'il
(1) Matlh., ch. 5, Y. 3.
(2) Id., V. 17.
(3j /rf., lU, V. 23. Marc, <;h. 10, v. iî. Matthieu, ch. 6, v. 19.
CljAP.- V. Lt CHUISTIAMSME. 25ii
a été impuissant à détruire l'existence de riches et de pauvres; il n'est donc pas encore parvenu, au bout de dix-huit siècles, à fonder un des points les plus capitaux de son enseignement. Le christianisme n'a pas donné la loi d'équilibre et de proportion de l'action de chaque individualité sociale. Elle est aJbandonnée sans hiérarchisation à l'arbitraire et au hasard, et en n'en donnant pas la théorie, il a perpétué l'inégalité fortuite et sans raison naturelle des conditions et du bonheur; et à quoi sert alors l'idée d'une providence exprimée par ces paroles : Ne vous inquiétez point où vous trouverez de quoi manger, pour le soutien de votre vie , ni d'où vous aurez des vêtements pour couvrir votre corps ; la vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que* le vêtement? Considérez les oiseaux du ciel , ils ne sèment point , ils ne moissonnent point . et ils n'amassent rien dans les greniers ; mais votre père céleste les nourrit. N'ètes-vous pas beaucoup phis qu'eux (1). Ce qui montre qu'il semait là le germe de toutes les fainéantises et de l'exploiliition du monde laïc, du monde qui est à la pluie et au soleil, fainéantises qui se sont montrées plus tard et qui se montrant tant aujourd'hui. Le christianisme s'élève avec raison contre le trafic d'argent, et cela de la manière la plus forte^(2). Le trafic d'argent n'est pas autre chose que l'usure, tel bas qu'on en mette le profit. Le signe monétaire a été ini^enté pour faciliter les échanges; l'usure le rend productif par Luimême On a eu raison de regarder cette espèce d'industrie comme la plus contraire à la nature (3). Elle tend à faire de plus en plus passer le signe du travail dans les mains de ceux qui ne travaillent pas, et c'est effectivement aussi ce qui est arrivé. Le christianisme, faute de science, n'a su remédier à cette lèpre sociale. L'Eglise au xix* siècle n'y met aucun obstacle, puisqu'il y a même des évêques et des prêtres d'ordre inférieur, qui ont des fonds placés à intérêt.
Le christianisme n'est qu'un prolongement funeste ou irrationnel dans les nations agricoles et industrielles de l'état de société du code arabe, enfanté dans des plaines arides et stériles, par l'imagination vide et ignorante , mystique , superstitieuse et fanatique. II est étonnant que bien plus de cent millions d'hommes de sang caucasique n'aient pas secoué l'empire d'une doctrine aussi inconsistante et aussi fu neste à l'ordre social tout entier.
(1) Matth., ch. 5, p. 25, 26.
(2) M, ch. 25.
(3) Aristote, Politique, i. i. ch. 8, p. 30.
fSi LITBI MIHIU. «MTIQl'ITÉ,
Destiné à élondri! son empire sans tenir compte des réalités morales et physiques du monde, le chnstianisme a anéanti à dessein les dernières lueurs de la science et des formes sociales antiques ; c'est aux livres qu'il a fait surtout une guerre acliarnée ; on s'en aperçoit par l'absence de tous ceux, en si immense quantité, qui sont cités par les auteurs grecs et romains. Tous les traités spéciaux sur certaines sciences et sur c«rtains points scientifiques , surtout les livres sur ta théolo^e et sur la natore . ont été anéantis à dessein , méchamment, par le zèle intéressé et fanatique des premiers rhrétiens. Cela leur était facile, les copies et les inanuscrits n'en existaient (ju'en petit nombre et coAtaîent de plus fart cher. Dès le milieu du iv siècle avant l'ère vulgaire . Platon acheta au prix de cent mines (9,000 francs) trois livres de Pylliagore. Il acquit encore des parents de Philolaiis un livre de ce pythagoricien pour la somme de 10 mines , et dont il lira le^ matérianx qa'il employa pour composer son Timée 1).
Une doctrine qui pendant dis-hnit Fîècles n'a po établir l'ordre, la pais, le repos, la tranquillité parmi les hommes, et leur donner proportionnellement le bonheur que l'Etre suprême leur avait destiné , qui n'a pu leur faire à tons parcourir heureux et contents la carrière que leur tempéramcnt'physique , leurs aptitudes, leurs goûts, leurs facultés intellectuetles. les lois de la nature, enfin en un mot , leur assignaient sur la terre , est une doctrine incomplète, insuffisante et funeste. Le christianisme re'nferme, dit-on, les plus belles promesses de félicité , si l'on suit sa morale : mais ne voit-on pas, par l'expérience de tous les jours, qu'elle vient se heurter coN're les réalités du monde ut uu 'après dix-huit siècles d'e-^saii et de sacrifices , on attend encore la réalisation des promesses faites par l'Ëvangijc? Elles n'ont abouti jusqu'à présent qu'au code civil , à sa procédure et au code pénal , toutes lois qui menacent (<t punissent et qui ne récompensent jamais l'Homme pour uv bonnes actions, ainsi que le faisait le code de l'ordre théolo^ique symbolique. Ou et comment la morale de l'E- ■' -t-ellepu être pratiquée sans devenir unedoctrine BU profit des méchants ? Cette morale est restée une ■-■?, une fiction irréalisable et irréalisée, dont on iruit en paroles, mais qui est démentie tous tes '" manières différentes en action.
iiu, Vil- lie flnloB, Vit de PltHolaûs,