CHAP, V. LE CHRISTIANISME
Débordée par les travaux et la science laïcs, le christianisme et l'Eglise, slationnaires dans leur principe , ont été impérieusement forcés d'emboîter le pas avec la science, soos peine de rester à une grande distance en arrière , et de succomber par atonie. Mais ils sont demeurés complètement inaclifs dans toutes les grandes découvertes scientifiques, toutes faites uniquement par des laïcs, et encore qu'ils ont voulu empêcher. Et quand l'Eglise veut galvaniser l'inanimation de son fait , elle est obligée d'emprunter à la science qu'elle appelle profane, mais qu'elle torture pour l'assimiler à ce qu'elle nomme les dogmes, tout autant qu'elle est obligée de torturer ces derniers, pour chercher à les enchâsser dans les lois naturelles , trop claires et trop vulgarisées aujourd'hui, pour les couvrir du dédain que son intérêt lui commande , mais qu'elle n'ose leur jeter. Nous recommandons à nos lecteurs un ouvrage exceptionnel dans le nombre de ceux qui sont sortis d'une plume sacerdotale; c'est Y Introduction à V étude de Vhistoire ecclésiastique , par M. l'abbé P -S. Blanc (1). La loi générale ou de la synthèse du monde, et par conséquent aussi une de ses parties, de la société et de son gouvernement , y est tracée avec une certaine élévation , une main sûre et hardie pour un prêtre. Ses prolégomènes, ses prémisses et ses formules, sont iustes, et l'on aperçoit que l'auteur s'est laissé entraîner par la conscience de la vérité. Mais il n'en est pas de même de leur application à lEglise , sujet principal de son livre , et qu'il avait pourtant avoué dans sa cinquièmesection , êtire édifiée sur le plan du monde cosmique et marcher avec lui. Sur ce point on est complètement déçu. Malgré le talent incontestable de l'auteur , on est obligé de ne plus le suivre dans sa marche boiteuse sur la route où il cherche à entraîner son lecteur. En lisant attentivement les intéressantes pages de la cinquième section du livre de M Blanc, on ne reste que plus profondément convaincu de la déviation de l'Eglise, aes lois que l'auteur lui pose comme jalons; et encore cela n'a pas été trouvé suffisant par les meneurs du parti sacerdotal, et, à sa tête par l'archevêque de Reims , M. Thomas Gousset , auquel le livre est dédié, et qui l'a accepté. Dans les deux volumes qui forment le corps de l'ouvrage en question , l'auteur n'a plus continué a être substantiel et instructif comme dans son volume ô Introduction. Muni d'un à priori nul, soit spontanément, soit sur les conseils, ce
(1) 1 vol. in-8 de xxxiv et 867 pa^^, 1841.
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qui est bien plus croyable , des meneurs de Pépiscopat , il a pris dans chaque siècle, depuis le premier jusqu'au siècle actuel, non les faits, les ouvrages, les discussions et les doctrines tels qu'ils se sont passés, mais seulement ceux ou les parties de ceux qui vont à un cadre nul , à une pensée vide, à un en^eignement de mots. En sorte que cet ouvrage intitulé Histoire ecclésiastique et destiné, y est-il dit, à servir à renseignement dans les grands séminaires , qui s'annonçait assez bien par l'introduction , est encore plus détournant de la vérité, de la vraie science et de la vraie histoire, et travestissant de l'esprit des jeunes gens qui se destinent au sacerdoce, que tout ce qui se fait dans ce parti, et cela dans une pensée bien arrêtée d'abrutissement universel à semer dans.les esprits de tout le monde, mais surtout des populations. — Tant il est vrai de répéter ici comme cela a été dit précédemment , que cette doctrine juive essénienne arabe n'est et ne sera jamais qu'une engeance pour tuer l'esprit humain, dans le dessein d'exploiter l'homme sans qu'il puisse jamais être assez fort pour la secouer.
La seule chose qu'il y aurait à faire et comme châtiment, par un chef de gouvernement qui voudrait les mettre à Tépreuve, ce serait de fonder une école de médecine à l'usage exclusif du sacerdoce et dans laquelle il serait défendu de se servir pour l'enseigner d'aucuns autres livres, observations et sciences que ceux qui sont considérés comme entièrement orthodoxes par l'église catholique. Cette école aurait un bâtiment à elle, avec ses bibliothèques, le tout voisin et en communication exclusive avec les congrégations dites savantes et qui se reforment chaque jour. Un ou deux des docteurs sortant de cette école . seraient envoyés daiis chaque arrondissement, et il serait défendu aux prêtres d'avoir recours à aucuns aulre« médecins qu'à ceux-là pour toutes leurs maladies à eux ! Et puis nous verrions dix ans après ce qui en adviendrait de la guérison par les livres orthodoxes !
Toutes les attaques de Jésus contre les pharisiens pour leurs mensonges , leurs . détours , leur dissimulation , n'étaient chez lui dans son esprit et son cœur, qu'au point de vue d'une conscience droite, d'un homme vrai et moral. C'est le même sentiment de droiture, ainsi qu'on peut le voir en lisant le coran, qui anime Mahomet partout dans la production des feuillets de son livre.
M;jis il n'y a chtîz l'un ni l'autre pas une seule expression qui fasse connaître, qui montre une entente de la vraie
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nature de Dion. Ces choses , chez les pharisiens, qui faisaient tant s'impatienter, s'escrimer Jésus, ce n'étaient 3ue tous ces mensonges , ces dissimulations et ces roueries ont se servent constamment des gouvernements et des cours de l'Europe, dans la prise et pour le soutien de leurs mesures gouvernementales, en réponse à de justes et morales attaques qui- sont incessamment dirigées par des hommes et Topinion contre eux. La donnée première juive sur Dieu et les choses , étant incomplète , erronée, les pharisiens et les princes de la politique juive qui n'avaient pas d'autre code qu'elle, étaient obligés de biaiser, de faire de l'empirisme et de l'expédient sur tous les faits et circonstances politiques et sociaux journaliers qui se présentaient. Voyez tous les cabinets actuels de l'Europe , font-ils autre chose eux-mômestous les jours, assis qu'ils sont sur cette fausse donnée juive par le christianisme!
11 y a plus de sept siècles que l'envie furieuse d'un moine exalté fit condamner, par le pape Céleslin II, la manifestation de la raison dans la personne et les écrits de Pierre Abailard : il y a plus de six siècles que le pape Innocent III institua l'odieux tribunal de l'inquisition ; aux iiv* et xv« siècles, il est tombé plus d'un martyr glorieux de la science et do la raison par le fait et la main de l'Eglise, ce qui n'a pas empêché ( Copernic de fonder la vraie connaissance du syslème planétaire et Galilée de le prouver: Magellan de démontrer, contre Lactance et d'autres érudits chrétiens de la môme trempe, la sphéricité de la terre par sa circumnavigation, sphéricité connue de toute l'antiquité , des pythagoriciens , d'Anaximandrc , de Thaïes, de Parménide , deStrabon , etc.; Franklin d'inventer les para tonnerres et de maîtriser la foudre; Watt de découvrir la puissance et les effets merveilleux de la vapeur; les chemins de fer d'abréger miraculeusement les dislances et de prolonger par là la vie humaine ; le télégraphe électrique de porter la pensée de l'homme avec la vitesse de l'éclair d'un bout de la terre à l'autre! Et comment voudrait-on avec toutes ces découvertes , auxquelles il faut joindre encore celle de l'imprimerie et de l'imprimerie mécanique à vapeur, découvertes toutes laïques et qui contrastent d'une manière si éclatante avec la pauvreté du dogme chrétien et ses conséquences; comment voudraiton, disons-nous, continuer de maintenir l'esprit humain dans l'engourdissement et l'immobilité du moyen âge ou du peuple juif, ou dans cette sentimentalité indigente et unique-
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meut contemplative d'une petite secte religieuse peu profonde, lorsque partout et toujours se révèlent la science des lois , la vie, le mouvement, les pulsations et Tincessante activité de la nature entière que le christianisme ne peut et ne veut ni comprendre ni admettre ! Lorsque la connaissance du monde nous divulgue ses secrets loni^temps connus , longtemps perdus et plus longtemps encore recherchés : ces secrets qui doivent ôtre appliqués à la civilisation, au gouvernement, aux progrès et au bonheur des hommes I
Pour tout développement substantiel , la doctrine chrétienne offre ce qui suit :
« Dieu est unique ; il a créé le ciel et la terre ; et la terre s étant perdue par le vice, il a envoyé son Fils , le Verbe , pour la racheter par sa passion et son sang. Le rachat est pour les âmes et le salut éternel , car pour la vie présente , sçn royaume n'est pas de ce monde. »