DU CHRISTIANISME
Il est un fait d'une immense importance que l'on n*a pas suffisamment remarqué ou apprécié: c'est que la Grèce, en transportant son siège, son foyer de vie ou centre politique, à Alexandrie en Egypte . par l'action d'Alexandre , et puis l'établissement des Lagides dans la même ville comme souverains de l'Egypte, ne pouvaient manquer de compromettre ïhellénisme ou la religion orphique , qui était le culte de tout l'Occident. En effet, quoiqu'ils eussent eu le soin particulier à Alexandrie, dans ce nouveau séjour où ils se posaient, de fonder les doctrines Uttérairesy religieuses, scientifiques grecques , en les mettant sous la direction d'un
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président du Musée , qui était constamment égyptien d'origine et qui sortait toujours de la race des prêtres, d'un des sanctuaires ou d'Héliopolis ou de Memphisou deThèbes, ou de Sais, Alexandrie se trouvant à la porte de la Judée, de Samarie, de Jérusalem, de la Phénicie, tout près de la race juive elphènicienne, ne pouvaitmanquerd'arnveren très peu de temps de recevoir celte race qui y forma bientôt le fond ou la masse de la population. Cette immixtion surabondante do l'esprit arabe et phénicien devait influer sur l'esprit public et sur celui des écoles et des enseignements ; elle devait influer fatalement avec ses idées vagues, égalitaires, avec ses idées démocratiques et individualistes , et qui étaient alors les idées incarnées dans l'âme des Phéniciens , des Juifs et des Arabes, comme elles n'ont jamais cessé de l'être. Alexandrie, bien que grecque d'origine , mais , quant au pouvoir, se trouvant sans territoire sur le bord de la mer , et sans continent terrestre de ses propres sentiments, ne recevait comme telle , par-ci par-là , au moyen de l'arrivée des navires venant de Grèce, que seulement quelques Grecs en petite quantité. Cela n'équivalait pas pour sa conservation dans l'orthodoxie hellénique à une ville qui aurait été entourée des populations de la terre, de villes et d'agriculture de sa propre foi, comme auraient pu l'être Athènes, Thèbes, Delphes, Olympie , ou encore mieux une des villes de la Thrpce et de la Macédoine , patrie de ces Lagides. La race juive phénicienne , en immense majorité à Alexandrie, et les Lagides qui avaient extrait tout ce qu'il y avait de supérieur dans le monde et les pays grecs pourle faire porter là , avaient, dès lors et dans le fait, transplanté la véritable souveraineté de la Grèce à Alexandrie par le vrai collège des doctrines grecques qui y étaient (1). Aucun Etat de la Grèce européenne et anatolienne n'en ayant conservé ni maintenu de collège, et ces institutions gouvernementales helléniques d'Alexandrie se trouvant là, comme on l'a dit, au milieu d'une population d'une autre race et d'un autre culte, la race juive phénicienne , exclusivement traficante , ne pouvait manquer de faire périr tôt ou tard l'hellénisme englouti. Adrien, en rétablissant les écoles d'Athènes au préjudice d'Alexandrie, en eut le sentiment vague, et il agissait pour y remédier sans se rendre nettement compte de ce qu'il
(1) Ces rivalités des fondateurs et conservateurs des biblio~ thèques d'Alexandrie et de Pergame, en lonie, venaient du sentiment que chacun avait de vouloir fixer Thellénisme chez soi.
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faisait. L'hellénisme allait bientôt se trouver au nailieu de juifs, et par eux, au milieu de chrétiens, secte qui ne s'était formée par les juifs et au sein des juifs que pour enlever le pouvoir aux Grecs. Le christianisme ne fut qu'une nouveauté qui vint naturellement , disons-nous, pour sortir le monde de la situation grave où il était. On ne pouvait enlever le pouvoir aux Grecs, ni par le pharisaïsme, ni par le saàducéisme , qui étaient des doctrines, l'une de ruse hypocrite, l'autre de grossier matérialisme, et ne pouvaient ni Ton ni Tautre prendre le pouvoir ; il en fallait une autre participant du fond des doctrines de la Judée , mais plus sentimentale et moins égoïste : de là le christianisme sorti de l'essénéisme. La vraie population , les vraies villes fondatrices du christianisme, ce furent Alexandrie et Antioche !
L'hellénisme, se dépaysant pour se transporter à Alexandrie , devait périr par les idées phéniciennes juives. Voilà ce que l'on n a pas compris jusqu'ici. Avec la science et les dogmes grecs donnés à Alexandrie par les Lagides, les dogmes grecs devaient périr faute de peuple , de vrai peuple grec ,• voilà une deuxième vérité.
La race phénicienne-arabe s'étant mêlée forcément par la tyrannie mercantile, démocratique, avec la race pélasge indo-persique, osque, étrusque-celte, pendant huit cents ans avant le christianisme dans toutes les contrées bordant la Méditerranée, le sang métis qui en résulta fut d'une nature sémitique-juive qui n'aima rien de la race synthétique pélasge de la terre, et qui préférait en tout le particulier, l'individuel, l'empirisme, le moralisme déclamatoire aux doctrines ayant corps et science, et rendant compte de la nature et des lois des choses. Alors, dans cette situation de l'humanité méditerranéenne , qui était dans la main des difie-rentes petites souverainetés grecques d'abord , puis de la grande souveraineté romaine, le christianisme ou une doctrine semblable à lui, c'est-à-dire une doctrine vide de science , et de tout savoir et purement morale , était une chose forcée. Le culte juif mosaïque qui ne pouvait suffire même dans le territoire chananéen , au centre de la tribu juive, était impuissant à embrasser et à faire la conquête de foi de toute cette humanité métisse sortie de lui, comme nous venons de le dire; il en fallait un retravaillé, mais sortant de lui. De là, les élucubrations du Christ dans des retraites qu'il faisait chez les sentimentaux, ou religieux de sa tribu, ou Esseniens. Mais, nous le répétons, ces élucubrations roulaient dans une forme purement morale et sur la
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morale sans aucun fond scientifique. C'est là ce qui l'a rendu et le rend impuissant à son tour à constituer une société sur Tordre de la nature ou de la science, et ce qui a donné et donne à ses sectateurs la pensée de vouloir fonder les sociétés sur des idées et des formes temporelles de toute invention, et non sur les types de la création , sur les formes de la réalité donnée par l'esprit divin ïm-même , qui a fait toutes choses (1). On voit bien qu'il y avait un grand nombre de Juifs dans toutes les villes et les nations bordant la Méditerrannée ; car des les premiers jours du christianisme, Paul allant prêcher sa doctrine^ dans un grand nombre de cités de l'Asie, de l'Ionie, de la Macédoine et de la Grèce, y rencontre une foule d'hommes, des populations pour ainsi dire, de la nation juive. En effet, après avoir parlé, à tout instant, on le voit dire : Ils m'ont ajourné à la synagogue, pour tel jour à la synagogue, et j'y fus, un grand nombre de Juifs m' écoutaient, plusieurs m'attaquèrent, etc., d'au- »tres dans d'autres endroits, ils m'écoutèrent pendant quelque temps, et puis, après avoir conféré et chuchoté entre eux , il s'éleva un tumulte , ils me forcèrent à sortir , ils ameutèrent la populace et me firent jeter des pierres, etc. — Tout cela montre que les villes de la Grèce et de l'Asie étaient remplies de Juifs qui y étaient depuis longtemps , puisqu'ils y avaient des synagogues. Or , à la réserve de quelques rabbins, médiocrités de la famille des pharisiens, tout le reste de ces Juifs étaient des sadducéens de la secte la plus matérialiste, la plus sensuelle, la plus traficante et la plus cosmopolite de la race d'Abraham.