‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 6 sur 154 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

douces au plus haut degré du génie de l'ordre et de rharmonie sentirent , avant l'époque où des contrats arbitraires et conventionnels s'établirent dans la société , contrats non basés sur les lois du monde extérieur, mais uniquement sur le caprice et l'imagination humaine. Et du moment que la loi des lois fut méconnue, l'anarchie, la tyrannie et les désordres s'introduisirent dans la société humaine, pour continuer dans d'éternelles vicissitudes, sous des formes et des variétés diverses , jusqu'aux temps mêmes où nous vivons. Sans la ' science de cette loi , qui est , qui a été et qui demeure l'objet des recherches de la plus haute philosophie , le monde ne retrouvera pas son assiette , son aplomo , et la société restera jetée hors de son centre de gravité , pour être ballotée par des systèmes vagues , erronés , quoique souvent spécieux et saisissants.

Répétons-le encore, une étude sérieuse, profonde, désintéressée , sans parti pris d'avance , des ouvrages philosophiques et des monuments de l'antiquité , et de ceux de la Grèce ancienne avant Alexandre , plus spécialement , nous enseigne que la loi du principe des principes a été en vigueur dans la société , qu'on avait pénétré dans son essence et ses développements à une certaine époque , qui , à la vérité , est ancienne , et qu'on cherchait à reconquérir jusqu'à la venue du christianisme. L'histoire de toute la philosophie , postérieurement à Homère et à Hésiode , n'est que l'histoire de la recherche dans le labyrinthe des traditions des peuples , sur la mesure , le nombre et le poids dans les choses de la nature , des investigations dans les tortueux détours où la théologie primitive avait été lancée par les diverses vicissitudes suscitées aux nations du Nord par les peuples orientaux. Â l'époque reculée dont nous parlons , les recherches de la philosophie transcendantale sur ce sujet furent abandonnées, et une nouvelle phase , une

f)hase inférieure pour l'esprit de l'homme, s'ouvrit , dans aquelle il s'attacha à la poursuite d'images que l'imagination avait créées , et qu'accompagnait un échafaudage basé sur le sentiment. C'est ce que nous aurons à prouver, et c'est ce qui fera le sujet dfe notre second livre. Homère et Hésiode (1), ces deux grandes unités créatrices

(1) Homère est Ionien, de TAsie mineure ; il est plus poète que philosophe. Hésiode est né à Ascra, en Béotie; son père était ue Cumes, ville de TAsie mineure éolienne. Hésiode est poète et philosophe en même temps. JérAme raconte que Pythagor©

IN'TRODt'CTlUN. ZllI

humaines, vulgarisent les débris épars de Tancienne loi qui surnageaient encore dans le monde intellectuel. La poésie revêtit d*une forme plastique les éléments abstraits qui constituaient la loi de 1 univers. En mettant les nouvelles divinités dans rOlympe, la poésie épique pen^a leur donner plus de noblesse et de clarté. Mais en vulgarisant les principes logiques, les poètes les firent déchoir de leur grandeur et de leur vérité; ils les émiettèrent, les abandonnèrent aux spéculations de tous genres, en anthropomorpbisant les facultés créatrices et gouvernementales do Tesprit premier. Alors aussi un autre âge commence : on explique par le merveilleux ce qu'on ne comprend plus, et alors aussi on prête à des divinités imaginaires des facultés surnaturelles. Pour des esprits pénétrants et cultivés, la religion nationale des Grecs avait subi des métamorphoses et des altérations sensibles. Mais ce qui s'en était cousit vé, portait le cachet d'une gravité, d'une unité qui résidaient dans les my-stères. perpétués chez les intelligences d'élite par les prêtres des collèges sacrés, établis au pied des sanctuaires. Enfin arrive le ▼!• siècle avant lôre vulgaire. Le grand dogme do l'école orphique s'efface de plus en plus. La synilièse devient qualitative, quantitative. Autant de synthèses, autant d'écoles. Du sommet, le désordre descend en bas, la cité et plus tard la campagne doutent, et tout est perdu.

La science de la nature intellectuelle et physique, prise dans son ensemble, a conduit les hommes dans une haute antiquité à une synthèse générale. Des faits isolés, on s'est successivement élevé à l'idée de l'ensemble. Parallèlement à la contemplation physique du monde, il se 6t aussi un travail de l'imagination divinatrice de l'homme. La connaissance des choses était tirée des profondeurs de l'intelligence et résultait de contemplations intérieures, plutôt que de la perception des phénomènes.

Les langues répandues dansde vastes contrées, agissaient comme moyens de conmiunication entre des races séparées par de longues distances. Les langues, étant le produit spontané de l'intelligence humaine, conduisent à un lointain obscur qui précède toute tradition. Les recherches sur les prévit dans les enfers Pâme d'Hésiode attachée à une colonne d'airain et {^rinçant les dents ; qu'il y aperçut encore celle dUloinèro pendue à un arbre et environnée de serpents, en punition des choses qu'il avait attribuées aux dieux. Dio{jènu Laërce , Vie de PythiiQorc.

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