‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 7 sur 154 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

miers caractères du langage aux époques reculées, recherches dans lesquelles l'espèce humaine est considérée comme un organisme vivant, ont trouvé amplement matière à s'exercer dans la longue chaîne des langues indo-germaniques qui 8* étend depuis le Gange jusqu'à la péninsule Ibérique, depuis la Sicile jusqu'au cap Nord.

C'eét dans un espace borné de la terre, qu'a commencé la connaissance du monde par une sorte d'intuition divinatrice, et quelques observations positives sur les parties isolées du domaine de la nature. L'histoire n'est point parvenue encore à fixer un siège primordial de la civilisation. Mais dans une antiquité recuiée , à la limite de l'horizon qu'a découvert jusqu'à ce jour la science historique, elle nous faitdéjà apercevoir de grands centres de culture briller simultanément comme des points lumineux, et rayonner les uns vers les autres; c'est 1 Egypte. Babylone, Nmive, Cachemire, l'Iran et la Chine. « Il est probable que la vérité fut originairement » déposée au milieu des hommes; mais peu à peu elle som~ » meilla et fut oubliée. La connaissance reparaît comme » un souvenir (1). »

Dans le but que nous nous proposons , il est à propos de prendre pour jalon principal de nos investigations un groupe de peuples, et de choisir celui chez lequel se retrouvent le moins incomplètement et le plus clairement les préliminaires do notre civilisation occidentale. La culture intellectuelle des Grecs et des Italiques peut sans doute paraître toute récente, si ou la compare à celle de l'Egypte, de la Chine et de l'Inde; mais, en dépit des révolutions et du mélange des nations envahissantes, les éléments étrangers qui ont afflué de l'Orient et du Midi, se sont reproduits sans interruption sur le sol européen, associés aux résultats de leur civilisation indigène. Dans les pays où des connaissances nombreuses étaient répandues plusieurs milliers d'années à l'avance , ou bien la barbarie a tout rejeté dans les ténèbres, ou bien , tout en conservant les anciennes mœurs et des institutions politiques complexes et invariables comme en Chine, les nations se sont complètement arrêtées dans la voie des sciences et des arts industriels (2).

La population primitive de la Grèce ne nous est qu'imparfaitement connue et qu'à travers des légendes et des mythes; population bouleversée par les grands changements

ir.

Guillaume de Humboldt, Werke, t. i, p. 73r osmos, par A. de Humboldt, 1848, t. n, p. 137.

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q«i arrivèrent au sol qu'elle babilait et amenés par des periurbationà géologiques et géographiques que des traditions ontcoDâenées, mais en les rendant pour ainsi dire inintelligibles. Tout ce que les Grecs jpenlirent de leur ancienne civilisation traditionnelle et indigène dans les cataclysmes physiques d'abord, par la violence de nouvelles races guerrières ensuite , qui assumèrent le pouvoir et ruinèrent les débris de la culture intellectuelle qui subsistaient encore, dut être reconquis par de grands enorts et cbez les peuples voisins , c'est-à-dire les i>euples de l'Asie; et c'est aus&i ce

Zue firent les Grecs par leurs navigations et leurs colonies, a synthèse religieuse se maintint cependant dans leur mémoiTQ , et, quelque déviés et oblitérés qu'en fussent les % estiges, il nous en reste assez de témoignages pour la saisir et l'eiposer. La configuration de la Grèce, ses Iles surtout, en favorisèrent puissamment le souvenir, et même l'exercice en quelques localités , et cette synthèse que nous exposons pour la première fois est identique aux principes religieux ïondaineutaux de tous les pays de 1 Orient . de l'Asie orientale et méridionale, de l'Egypte et des riions septentrionales et occidentales de l'Europe.

Dans les siècles qui suivirent Homère . des épaves do la théologie et de la science antérieure à l'auteur de l'Iliade flottaient eneore à la surface du monde intellectuel d'alors. que d'épaisses ténèbres commentaient à envelopper. Deux courants moraux se disputaient déjà l'empire du monde. Le premier était armé des traditions de la science passée ; il animait les anciennes et nobles races grecques préservées encore des germes delà di.-solution sociale qui commencent surtout fortement à p<irtir des Hellènes. Le second courant avait entraîné les multitudes déviées par le contact de races étrangères d'origine stnuilique , et simultanément par l'esclavage fondé par elles (nous appelons l'attention du lecteur sur ce fait !„ qu'acceptait la caste militaire, usurpatrice du pouvuir pobtique qu'elle sépara du dogme théologique.

Il est impossible déconsidérer comme accidentelle et forliHie l'existence de profondes connaissances scientifiques sur le monde, chez quelques individualités isolées, chez les savants et les philosophes grecs que nous vo> ons apparaître de temps en tem|)s, comme de lumineux météores au sein de l'obscurité quiensoiTait la Grèce après Homère. Ces hommes sont précisément les supports intelligents de ces épaves dont nous avoub parlé plus haut; et au lieu de les représenter comme les fondateurs de la science moderne, on ne doit Us

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