BIBLIOTHÈQUES D'ALEXANDRIE
On connaît la célébrité et l'importance des bibliothèaaes d'Alexandrie. L'une, située auprès du palais des rois, dans un emplacement nommé Brucbium et fondée par Ptolémée Soter (323 à 284 av. l'ère vulgaire) ou son fils Ptolémée Philadeiphe (284 à 246), renfermait 700,000 rouleaux ou volumes , fut en partie incendiée , par malheur et sans le vouloir, par les soldats de César en l'an 46 avant l'ère vulgaire dans sa lutte contre Pompée. L'autre , établie dans le temple de Sérapis , fondée postérieurement à la première ,renfermait comme elle le dépôt des trésors de la science indienne, égyptienne , grecque et romaine. Tout ce que l'antiquité possédait avait été précieusement renfermé dans ce sanctuaire des connaissances humaines. Là, étaient conservés cette immense quantité de livres dont les auteurs anciens ne nous font plus connaître qu'une partie des titres et quelques rares fragments (i). La bibliothèque du Sérapéon fiit augmentée par une partie importante des ouvrages que les
(1) Un ouvrage d'Aristoto sur la cosmographie est perdu. C'est grand dommage ; car Âristote y faisait connaître, non-seulement son opinion sur la construction du monde , mais celle de tous ses devanciers et contemporains. Comme les ouvrages d^ Aristote sont à peu près tous parvenus jusqu'à notts, celui-là, qui était
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rois de Pergame avaient établie dans leur capitale avec une si ardente sollicitude et un goôt si éclairé pour tout ce gui pouvait concourir au développement comme au maintien de Tordre social dérivé encore des temps que les poètes ont chanté sous le nom d'âge d'or. C'est Antome qui donna à Cleopâtre la précieuse bibliothèque de Pergame. Elle subsista jusqu'en l'année 389, où elle périt à l'instigation de l'empereur Théodose , cet Arabe espagnol, et par le zèle du ténébreux et pervers Théophile , patriarche d'Alexandrie, qui y fit mettre le feu par une bande sauvage de chrétiens fanatioues.
Dans la suite, les chrétiens, pour détourner d'eux le reproche d'avoir commis cet odieux , stupide et pervers acte de vandalisme , n'eurent pas honte d'en accuser le khalif Omar, qui , selon des auteurs très postérieurs à l'événement, aurait Drûlé la bibliothèque d'Alexandrie en l'année 641. Mais on sait aujourd'hui que cette imputation n*est qu'un pur mensonge, et tout aussi odieux que l'incendie en luimême.
Toujours et partout, nous voyons le christianisme en lutte avec la science du {)assé et du présent , et s'il pouvait , il lui couperait toute vie dans l'avenir. Son existence se trouve menacée là où il ne peut établir et maintenir le vide , le mysticisme et le sentimentalisme déclamatoire. Comme il n'enseigne pas la théologie des choses temporelles , il hait les sciences qui les exposent et qui découvrent son vide et sa nudité. Or dans la bibliothèque d'Alexandrie étaient conservés les travaux des théologiens de l'antiquité, dont la science était autrement profonde aue celle de toutes les misères de ce Qu'on appelle les pères de l'église , misères littéraires , où ils étalent Vignorance du monde et de ses lois , l'ignorance sur la nature de Dieu et de son gouvernement de l'univers, l'ignorance de la nature de l'homrme et de ses rapports avec les choses physiques et morales, en ayant bien soin de prendre les dires de leurs adversaires dans les ouvrages de second et troisième ordre. Tout chez les pères de l'église découle d'un mauvais à priori , et du dessein formé d'abîmer le monde et les doctrines antiques , d'une soif de faire main basse sur les biens et les influences terrestres, toutes choses que le monde laïc aujourd'hui n'aperçoit pas assez , dans la déviation de jugement sain et perspicace où le milieu vicieux, créé par l'c-
'de la plus grande importance sur des dogmes religieux, a sans nul doute été détruit par les chrétiens.
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glise Ta précipité. Les idées sémitiques Font si fort perverti, que c'est en dehors des réalités qu'il cherche toujours le remède aux maux qui l'accablent, guoique d'un autre côlo il y ait aussi des réformateurs qui veulent jeter le monde dans un naturalisme plastique sans poésie et tout à fait inadmissible.