‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 61 sur 154 · GAULOIS. CELTES. GERMAINS · texte numérisé non relu

GAULOIS. CELTES. GERMAINS

Dans notre premier livre, nous avons montré la destruction de l'ordre social symbolique , le triomphe de la violence d'abord et ensuite celui des idées anarchiques de Socrate et de son école. Nous avons vu le désordre s'introduire aussi dans la société par l'ignorance ; nous avons montré la désolation et la tristesse universelles qui en furent la conséquence, et enfin l'établissement d'une nouvelle doctrine , destinée , selon la pensée de ses fondateurs , à tirer le monde de la situation où il avait été amené ; nous avons vu cette doctrine s'élever sur l'hellénisme abîmé.

Dansce second livre, nous a vonsà nous occuper uniquement des nombreuses tentatives faites par cette nouvelle doctrine, devenue maîtresse du monde occidental, pour fonder un nouvel ordre social et pour aider l'humanité à poursuivre sur la terre la destinée qui lui est faite par la législation divine ou normale cosmique. La ruine de la science antique, commencée dès les âges héro'iques , et dans l'âge et la phase civils qui lui succédèrent, consommée postérieurement par des spéculations abstraites de l'école de Socrate , et par conséquent vides, fut précipitée par la nouvelle doctrine qui, produite en Judée , formulée et élaborée à Alexandrie et à Antioche , parvint enfin à se saisir d'une grande partie de la société européenne. Dans ce second livre , nous avons à nous occuper de la lutte du christianisme que représentaient les races dites romanes, avec les débris, très altérés à la vérité , de la plus ancienne civilisation connue , celle de

Tâge théologique et aue représentaient les éléments éparpillés des Hellènes, et les peuples de race germanique et celtique. Cette lutte fut celle de la raison , de la science , de l'esprit d'observation et de la vie pratique contre l'imagination , les spéculations vides , le sentimentalisme mystique , l'individualisme sensuel , l'esprit sordide et aléatoire , 1 amour du changement, etc., etc., et la môme qui avait existé sous d'autres formes dans l'antiquité, entre le monde grec et le monde oriental arabe.

Mais le christianisme , pure abstraction à priori , conçu par l'esprit fuyant la science et ne se basant par conséquent pas sur le monde réel , dans un travail infatigable , passionnant le cœur contre la tête , ne sut pas s'incruster, comme les religions de l'antiquité, dans la société humaine et les entrailles de son organisme ; il ne saisit pas la raison pour se l'assimiler et ne resta enfin qu'à la superficie des choses dans les masses, sans traditions et sans livres autres que ceux des Juifs. De là, avec le temps et des revenus , la nécessité d'un pouvoir hiérarchisé qui , après s'être habile- , ment emparé de l'autorité, régna à son unique profit en menaçant les natures faibles et sentimentales des peines de l'enfer et livrant les intelligences fortes , les natures vigoureuses , rationnelles et rebelles à la foi , au bras vengeur d'un pouvoir civil , passionné et fourvoyé par la nouvelle doctrine.

Apprenons d'abord à connaître le théâtre nouveau sur lequel le christianisme allait se produire et les différents peuples au sein desquels il allait pénétrer. C'était d'abord la Gaule, le midi de notre France , la région située approximativement au sud d'une ligne sinueuse tirée des basses Pyrénées au Rhin. C'était ensuite la Celtique, le centre et le nord de la France , et enfin la Germanie , en partie sur la rive gauche du Rhin, et au delà de ce fleuve, au sud, à l'est etau nord. Narbonne et Marseille étaient les villes les plus connues de la Gaule; Corbilon (1). sur la Loire (Covéron?), une grande ville commerciale, et Alesia , la métropole de toute la Celtique (2). Quant à la Germanie, sa population n'habitait point dans de grandes villes (3) ; c'est ce qu'affirme Tacite. Dans des temps très reculés , il se fit un mélange de Gaulois et de Phéniciens. Aussi les idées et le sang orientaux,

(1) Polybe, 1. XXXIV, ch. 10.

(2) Dioaore, 1. v, ch. 32; 1. iv, ch. 19; Straboa, 1. iv, p. 190. ^3) Tacite, Germanie, ch. 16. Nullas Germanoriim populis urbes

habitari satis notum est.

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