‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 63 sur 154 · CHAPITRE PREMIER. GAULOIS. CELTES · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. GAULOIS. CELTES

nés à l'oubli de» lois de la nature ou de Dieu : alors les prêtres ont recours à cette consolante pensée pour tâcher d'aider à faire supporter aux opprimés et aux froissés les peines morales et physiques qu'ils ont à endurer de la part d'hommes méchants.

Il y avait anciennement. dans Ttle de Sain, l'oracle d'une divinité gauloise , desservi par neuf druidesses , qui se vouaient à une virginité éternelle : on les nommait Gailicence (1).

Les druides s'occupaient, au rapport de César (2), du mouvement des astres , de l'immensité de l'univers , de la grandeur de la terre, de la nature des choses et de la force et du pouvoir des dieux immortels. A l'exemple de Pythagore, dit Ammien Marcellin (3), ils menaient une vie claustrale, s'élançaient à l'examen de sujets mystérieux et élevés, dédaignaient les choses terrestres et déclaraient que les âmes étaient immortelles.

Les bardes gaulois accompagnaient les guerriers dans les combats et chantaient leurs hauts faits. C'étaient les précurseurs des troubadours et des trouvères.

Il y avait encore des druides dans la Gaule du temps de Vespasien (4), et des druidesses sous Alexandre Sévère 5).

Les monuments religieux gaulois qui nous restent , ne datent pas de leur religion primitive. Ces monuments gaulois sont d'une seconde époque religieuse, où l'homme croit révérer à un plus haut degré la diyinité en l'enfermant dans un sanctuaire enceint de murs. Mais les temples reçoivent cependant une forme particulière et qui n'est point arbitraire ; les grands temples deviennent alors circulaires. Ils sont élevés sans art en matériaux bruts, comme les livre la nature, et ces matériaux sont disposés quant à leur forme, selon leur qualité, leur plus ou moins de dureté. A Garnac, dans le Morbihan, existent les débris d'une grande enceinte druidique. Il y en a d'autres à Lok-Maria-Ker, dans le même département. Nos monuments celtiques sont très mutilés. Les ruines de ceux d'Angleterre doivent nous servir à les reconstituer plus aisément. Nous parlerons d'abord de Stonehenge, non loin de Salisbury. Cuhelyn, un des plus an-

(i) P. Mêla, 1. m, ch. 6. Voy. aussi Strabon, I. iv, p. 198. (21 Guerre des Gaules, I. ti, ch. ÏK.

(3) L. XV, ch. 9.

(4) Tacite, Hisf., 1. iv, ch. 54.

(o) Lamprid. Alex, ch. 60; Vopisque, Aaréiien^ ch. 41; iVumérien, ch. lî>.

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ciens bardes , appelle remplacement de ce temple , le liea de Jôr, le beau champ carré du grand sanctuaire ou tempU de la puissance. Qu'on se figure trois cercles concentriques, dont le plus grand a 33 mètres de diamètre ; sa circonférence était formée par trente pierres monolithes , d'environ 0 met. 70 c. à i mètre d'épaisseur, 2 met. 30 c. dé largeur et de 5 met. à 5 met. 30 c. d'élévation, liées entre elles par autant d'architraves, fixées sur les montants à tenons et mortaises. Dans l'intérieur de ce premier cercle et à une distance de 2 met. 40 1^. environ , existe un second cercle de 91 met. de circonférence : il se composait de quarante pierres, de 2 met. 30 c. de hauteur, et non liée^ par des architraves , comme dans tous les temples druidiques. Ensuite venait une enceinte décagonale, nombre qui ex[)rime le principe et la fin, dont cinq pans seulement étaient accusés et formés chacun de deux pierres perpendiculaires avec architraves et de 6 mètres de hauteur. Une dernière enceinte circulaire inscrite dans l'enceinte décagonale et contre elle, est formée de trente pierres plus petites. Ce vaste sanctuaire était entouré d'un large et profond fossé de 100 mètres de diamètre. Ce monument est le temple des Hyperboréens dont parle Hécalée de Milet, auteur du commencement du v« siècle avant l'ère vulgaire, et cité par Diodore (1). Diodore, d'après Hécatée, en fait un temple d'Apollon. Une enceinte sacrée lui est dédiée dans l'Ile, ainsi qu'un temple magnifique , de forme ronde , dit-il , et orné d un grand nombre de riches offrandes.

Au centre de Stonehenge, il y avait une grosse pierre : était-ce la pierre de Crom, le dieu suprême? N'en avons-nous pas la certitude, puisque dans la caverne de New-Grange , près Drogheda, comté de Meath, se trouvent des caractères symboliques, une ligne spirale répétée trois fois? L'inscription en ogham , alphabet secret des qruides , se traduit par AË , c'est-à-dire celui, le dieu sans nom, l'être ineffable. Il y avait aussi une inscription d'un mot, El, sur le temple d'Apollon à Delphes, et sur laquelle Plutarque nous a laissé une curieuse dissertation. C'était dans les deux endroits le AUM encore aujourd'hui des Indiens.

Les pierres branlantes du Yaudet, appeléesRoc'hwerc'het, la Roche aux Vierges , et certaines pierres nommées en Bretagne Daou-gan (deux engendrent) , ne conduisent-elles pas au dogme de la théologie de l'ordre social primitif, où

(1) L. II, ch. 47.

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