TRINITÉ CHRÉTIENNE PUREMENT NOMINALE
Dans les premiers siècles , le christianisme fut en butte aux critiques des quelques esprits supérieurs qui conservaient encore la tradition et le principe de la nécessité de ]a plus ancienne trinité tbéologique.
Il fut alors obligé d'y songer, et un Dieu trois fut élaboré. Mais la trinité proposée, et puis arrêtée on 325 au concile de Nicée, ne fut et n'est encore qu'une trinité verbale , un arrangement de mots , faits pour le besoin des raison nementis sur Dieu , et qui ne donne aucune lumière pour la forme des sociétés et le gouvernement des Etats. C'était la trinilé cosmogonique qu'il importait seule de saisir et d'enseigner, parce qu'elle seule donne la loi et le mode d'action de Dieu qans la création , et puis dans le gouvernement du monde. Quand le messie des chrétiens apparut, le monde physique était créé et fonctionnait comme aujourd'hui. Il n'y avait de ténèbres , que des ténèbres sociales comme il y en a aujourd'hui , que dans le domaine des hommes , à la surface des continents , et surtout dans les cités et les peuples bordant la Méditerranée. C'était pour les faire dissiper, disaientils , que le messie des chrétiens venait. Mais les hommes ne pouvaient le faire qu'en imitant relativement, autant qu'il est en leur pouvoir, l'action de Dieu, comme le chimiste, en faisant des opérations expérimentales qui font saisir la loi de Dieu ou théologie des entrailles des choses. Or , c'est ce qu'était incapable de faire une certaine multitude menée par les meneurs du temps, qui devenait prépondérante alors, vivant depuis des siècles dans l'ignorance et la servitude. Il lui aurait fallu partout la direction morale et temporelle des familles vertueuses et éclairées ou de grandes races, et elles avaient presque toutes péri dans les convulsions civiles sous la main des multitudes
Ï)assionnées par de faux amis. Le monde s'en est ressenti ongtemps. Beaucoup de chefs des chrétiens dans les premiers temps , étaient des hommes de classes moyennes , sans traditions ; ils n'avaient point de science, ne faisaient que du sentiment et y ajoutaient quelquefois de la mauvaise foi. Or , le sentiment sans le dogme ou la science des choses, est tout ce qu'il y a de plus impuissant pour re-
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dresser et gouverner les sociétés. Le sentiment se formule Dieu comme il Fentend ; il le fait arbitrairement plus ou moins à son image. Tel est le sentiment d'une société , tel est aussi son Dieu. La science seule le proclame tel qu'il est dans toute son imposante vérité !
Nous avons dit plus haut que Dieu est entré dans le monde, et n*est pas la matière : dans le monde tout n'est pas Dieu. L'animal, le reptile immonde, ne sont pas des dieux. L'homme ne va pas s'agenouiller devant eux et les adorer. La matière, ni ces êtres ne sont Dieu, et le fussentils, Thomme n'irait pas encore s'humilier devant eux; car, lors même qu'ils seraient des dieux ou en participation de Dieu , Dieu est bien plus en lui , puisqu'il est le prince né des êtres terrestres créés, et que ce sont ceux-ci , au contraire, qui lui doivent et qui lui font adoration , ce qu'ils montrent bien par leur universelle obéissance et crainte. Mais le Dieu créé est en le monde ,' et non dans le monde comme le premier, car il est le démiurae ou le trois , ou lo triangle intelligible, l'ouvrier par excellence ou le maçon. On a donc d'abord cet être trois et ensuite le principe, le Dieu un ou premier qui lui a donné l'être, et non la matière, épouse du démiurge qui a accouché du monde. Dans les sociétés de l'antiquité , la science ou l'église était là , qui enseignait cette unité distincte , et , avec ses temples où elles adoraient et faisaient adorer l'unité et la trinité divines , les populations la suivaient, et alors aussi ces populations ne s'identifiaient pas avec la matière ou le monde et restaient libres et dignes.
En résumé, la trinité chrétienne, ou du concile deNicée , ne répond à rien de théologique , de gouvernemental , de politique ni de social comme la trinité prouvée par la connaissance de la nature des choses , ou trinité réelle des Pélasges , des Egyptiens et des Orphiques. En effet , le père . première personne de cette trinité, ne peut être entendu que comme le premier principe , le principe des choses , la Raison. Le fils , seconde personne de cette trinité , est dit par les théologiens chrétiens , le verbe , Vesprit , Vintelligence. Mais l'intelligence dans la vraie trinité , c'est la raison ou le premier principe, ou le principe supérieur, ce qui fait double emploi avec le père. Cette seconde personne devrait représenter le mouvement, la vie. le principe rtcti/, lo principe mâle , et il fait double emploi avec le Père. Le Saint-Esprit, ou la troisième personne de cette trinité , représente l'amour, le lien entre le Père et le Fils. Mais il de-
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vrait roprésenter le principe passif, le principe femelle, la matière qui est le troisième terme de la trinitô physique , le troisième terme de la réalité. Cette trinité ne donne donc pas la raison de ce qui est. Elle n'éclaire pas, elle ne donne aucune lumière pratique, et par là gouvernementale, sociale ni domestique. Elle est donc parfaitement oiseuse, futile et de nul secours, et comme telle, elle égare au lieu de servir. Une religion , un dogme religieux qui pose Dieu comme un principe, sans ses attributs, une religion qui ne donne pas la loi de l'activité de Dieu et des choses du monde qui sont le produit de cette activité , est quelque chose de vain et d'inefficace. Car le monde et son oraro, 8ont un assemblage de formes. Or. il y a des formes qui donnent à l'homme de l'argent, des biens, de l'aisance, des avantages et des facilités, et d'autres qui les lui ôtent, ou travaillent à les lui enlever. Selon des circonstances, l'homme a donc un grand intérêt à avoir, et à ce que la loi des formes spontanées d'abord, et puis forcées , soit connue et respectée. Et cela ne peut venir que delà jeligion, du dogme religieux qui l'explique, le fait aimer et respecter. Or, le christianisme qui n'en dit rien est complètement insuffisant , et laisse voler.