CHAPITRE PEEMIIB.^LE FILS BT LA MÈRE
l'effrayer par des menaces de supplices éternels. Tl n'en était point ainsi dans le dogme antique; car, par ce dogme, l'homme était puni ou récompensé dans ce monde, môme , . soit sur sa personne , ses choses et ses descendants, par des délais immédiats ou presque toujours immédiats de Idijus" • tke divine.
Les principes de la donnée chrétienne étant pris dans le vide et ne se basant pas sur la connaissance des choses, ne purent en aucune manière régler la fin des transactions humaines. Le hasard seul les domina donc; en sorte que le monde devint la proie de la ruse , de la force et de l'arbitraire, tandis que les natures droites et faibles n ont de compensation que l'avenir d'une vie meilleure dans le royaume éiernel. La vertu devint dupe et victime ,et le vice, sous le couvert du bonheur , du hasard et du cynisme , est le roi de la terre. Le Dieu chrétien n'y pouvait rien et il le disait luimôme ; son règne n'était pas de ce monde. Le christianisme a identifié la pensée indigente d'une chose, d'une abstraction, avec la réalité. Aussi les doctrines chrétiennes sontelles restées à l'état de réflexion et dans les livres. Elles n'ont jamais pu se traduire en actes dans la pratique.
La « lutte de l'homme contre la nature , cette lutte aux points de contact des races, dont parle un auteur contemporain (1), dans la collision de leurs fatalités opposées qui disparaîtraient par saccades et à de certaines époques par l'arrivée du christianisme, fils de la Judée et delà Grèce, ensuite par la France, qui viendrait aujourd'hui expHquer le verbe du monde social dans la même direction , » est une erreur; parce que cette lutte de l'esprit contre la nature, cette opposition aux points do contact des races dans les collisions qu'elle enfante , ne provient que de l'infériorité et de la subjectivité abstraite de l'idée chrétienne-juive qui, prise comme absolue, erronée, venant ensuite à se traduire en actes , comme cela a été fait dans toutes les nations ou cités de l'Oicident, a enfanté ces oppositions matérielles de droits, d'intérêts et de choses qui, faisant la position sociale des races ou plutôt des partis dans leur sein , empêchent d'abord tout progrès ou amélioration , les changements que l'on apporterait comme tels à la machine politique de ces races, produisant bientôt autant d'abus ou de vices , d'un autre côté ; ensuite enfin, ces oppositions de nation à nation.
(l) M. Michelet, JnirodUelion à J' Histoire nnivenelley p. 71.
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