‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 75 sur 154 · LE MONDE SELON LE PRÊTRE CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

LE MONDE SELON LE PRÊTRE CHRÉTIEN

Comme dans son exaltation du ciel et de la vie future , le prêtre chrétien maudit la terre, l'existence d'ici-bas , au lieu * d'exçliquer par la raison, la science et l'expérience , les phénomènes qui s'y passent et s'y manifestent, de les expliquer par les lois qui régissent l'univers et la nature de notre sphère , et que Dieu a conçues et maintenues , il explique aune manière fatale, désolante et vraiment blasphématoire et sacrilège, les cataclysmes, les bouleversements physiques, les conséquences funestes , mais inévitables , qui résultent du jeu, de l'organisme et de l'harmonie de la nature, et qui ne proviennent quelquefois aussi que de la conjonction des contraires dans les fonctions des facultés naturelles, des contraires fâcheux ou mauvais relativement à eux , mais concordants , harmoniques et divins pour l'accomplissement du beau et du bien dans le tout.

Non content de montrer le séjour terrestre de l'homme sous l'aspect le plus sombre et le plus attristant, le prêtre cherche à l'en détacher par des déclamations passionnées et véhémentes. Il lui prêche le néant des joies d ici-bas, cherche toujours à le dégoûter de l'existence et lui montre sans cesse la perspective d'une vie future meilleure, de manière que quand le fidèle sort de l'église, nous en attestons ici tous ceux qui vont dans les temples écouter des prédications , l'aspect de la rue devant la porte, le mouvement, la vie , le jeu des occupations et des professions dans la ville , la société naturelle et réelle enfin lui apparaissant pour ce qu'elle est auprès du monde, de l'univers vide et sans action dont une minute auparavant on remplissait son esprit, il aperçoit un abîme, et est forcé de se dire avec tristesse : Mais pourtant tout ce que l'on vient de dire et de faire dans ce temple est sans rapport et sans liaison avec ce que je vois, et ma raison me dit que cette vie réelle de la rue, de intérieur de la maison, du soin des affaires, sort et est pourtant une conséquence de la nature des choses qui sont laites par Dieu. Alors l'esprit dans sa tristesse est conduit , esl poussé à faire un choix : ou bien de rester dans la vie pratique au risque d'un certain matérialisme et d'une absence de poésie et de vie tendre de l'esprit, dont l'homme a besoin , et de ne plus aller à l'église , ou bien de continuer d'y aller, de maugréer ses affaires et le monde , d'abandonner la société réelle , de se faire mystique et cagot s'il a des rentes pour vivre. Dans

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