‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 82 sur 154 · CHAP. H. CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

CHAP. H. CHARLEMAGNE

chrétienne, vide de synthèse, était incapable de fonder l'unité sociale, et par conséquent la stabilité, l'ocdre , la paix et le bonheur au sein des Etats. Les vues de Charlemagne éîaient vastes , immenses; mais une partie des moyens à sa disposition pour les réaliser était insuffisante; un des plus puissants même dans d'aulres conjonctures, portait en luimême tous les germes de l'anarchie que l'empereur voulait détruire. Il dut néanmoins s'en servir, parce que les circonstances le lui commandaient.

On parle souvent de la conquête de l'islamisme par le sabre, en exaltant outre mesure le soi-disant triomphe pacifique du christianisme. Mais on a soin d'omettre de dire qu'il avait été travaillé depuis des siècles, involontairement sans doute , à l'introduction de la doctrine chananéenne dans tous las pays méditerranéens, par cette incessante action des idées ténébreuses de la race sémitique ou arabe sur ces contrées. Il reste cependant assez de monuments épars çà et là dans les livres de leurs adversaires, pour nous convaincre suffisamment de la violence et des cruautés exercées par les chrétiens des premiers temps sur ceux qui ne voulaient pas prendre leurs songes^our des réalités, et la conversion forcée des Germains sous Charlemagne, témoigne suffisamment de la férocité chrétienne quand l'Eglise, devenue forte, trouvait des opposants à ses convoitises mondaines. La religion chrétienne continua au nord contre le culte germain , conservé, avec altération à la vérité, au sein des nations germaniques , l'antagonisme criminel qu'elle avait élevé contre la liberté et le culte symbolique, contre l'hellénisme abîmé des nations du bassin de la Méditerranée. La guerre contre les Saxons peut s'expliquer, mais non se justifier. La charité et la paix sur les lèvres, l'orgueil et la cupidité dans le cœur, l'Eglise, par l'épée de Charlemagne tuait sans pitié tout ce qui ne voulait pas se soumettre à son joug. Aussi les nations germaniques d'au delà du Rhin du temps de Charlemagne . auraient-elles pu dire avec le chef breton Galgacus : « Piller, tuer, voler, s'appelle régner dans leur langage menteur, et là où ils font une solitude, ils disent qu'ils ont donné la paix (1). » Le dessein de Charlemagne fut de fonder, aidé de l'évêque de Rome, un vaste empire maintenu par une savante et puissante liiérarchie, dont les liens abouUraient à son sceptre. Fourvoyé par l'Eglise, il exécuta ce projet principalement par la force brutale sur les nations récem-

(1) Tacite, Vie d^Agricoia^ ch. 30.

ment incorporées à l'empire et avec les idées anarchiques qu'il recueillit chez les évéques, à la cour de Rome et dans des milieux mystiques et vides, que chaque évéque aviait déjà de longtemps formé autour de lui et où les grandes traditions scientifiques et gouvernementales avaient dû fuir successivement devant les idées nulles et de dissolution sociale venues du désert oriental et pour lesquelles des chefs bons en apparence, mais vicieux au fond, étaient parvenus à fanatiser les masses ignorantes , souffrantes et pauvres qui attendaient le règne de Dieu.

C'est avec la férocité des Macchabées que le clergé poussa Charlemagne à convertir les Saxons, en employant le fer et le feu. L'emoereur chrétien, semblable à un chef de tribu arabe, stimulé par des directeurs ecclésiastiques, en tua d'un coup quatre mille cinq cents. Nous avons dit plus haut quelle était la pjrofondeur et la vérité du culte des Germains. Les Saxons étaient de cette grande famille. Ptolémée dit qu'ils habitaient l'extrémité méridionale de la Chersonèse cimbrique; nous les retrouverons plus tard comme une des peuplades des Ingaevones (1) et qui occupaient le Holstein moderne. Ils avaient une constitution libérale et avaient su conserver leur indépendance et leur rehgion. Mais le temps et l'espace qui les séparaient de la mère patrie, leur tirent altérer le culte symbolique indien-thrace, le culte et la religion du Dieu premier. Ils adoraient principalement sa créature Hertha (Erde). la terre, comme nous avons vu les Grecs, pendant et après l'âge héroïque, ne plus adorer que le soleil dans le temple de Delphes.

Les Saxons eurent donc une profonde aversion pour le culte mystique, inactif et non vivant, élaboré au fond de la Méditerranée, et par suite ils devaient être de terribles ennemis pour Charlemagne et ses évoques, qui voulaient leur imposer Ce culte à coups de sabre. La guerre de Charlemagne contre les Saxons, qui dura trente-deux ans, était en môme temps nationale et religieuse. Les Francs combattaient dans une grande exaltation, de l'imagination pour le Christ et lo pape, les Saxons , au contraire, dans le libre exercice de la raison et de l'entendement, pour Wodan , le.dieu suprême et un, et leur liberté politique, civile et domestique; et , dans leur système, ils devaient détester avec raison la dîme qu'on voulait les forcer de payer aux prêtres et aux moines, ces •inutiles et pieux fainéants à leur point de vue , et qui ne

(l) L. I», ch. 11} I. lY, ch. 18,

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