‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 83 sur 154 · CHAP. II. CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

CHAP. II. CHARLEMAGNE

travaillaieni , disaient-ils, qu'avec la bouche et les lèvres. L'idée d'un roi ?acré qui avait le droit de vie et de mort sur ses sujets , l'idée d'un chef spirituel éloigné qui s'arrogeait des privilèges inouïs, sans nécessité et sans droit, qui imposait l'obéissance et la dîme d'un Dieu invisible et inconnu, semblaient étranges et insupportables à l'esprit d'indépendance et de pratique des Saxons. Il leur semblait tout aussi insupportable que l'homme ne pût venger lui-même sa propre offense et qu'un héros n'eût pas son ciel particulier. La liberté et la religion étaient si étroitement et si intimement liées entre elles chez les Saxons, que les Francs catholiques crurent nécessaire d'attaquer à la fois toutes deux. Les Saxons prétendaient avec une grande justesse d'esprit que la dîme était un prétexte d'asservir au nom de Dieu 1 homme à l'homme , et de le soumettre au pur caprice humain. Le Saxon disait que sa religion commandait 1 honneur, que la religion catholique commandait l'amour au chrétien, mais que Ihonneur conduisait plus sûrement l'homme.

En exterminant les Saxons et en favorisant avec puissance la hiérarchie sacerdotale, Charlemagne ai immensément aidé au triomphe des idées phéniciennes : aux idées de cette tribu de cohue, de coudoiement, de presse, qui n'est qu'une foule sans lien, ne vivant que des yeux, tribu qui a abîmé et dissous tous les dogmes.

La subtije et complaisante doctrine de la grâce, doctrine purement nominale , inventée par l'africain Augustin pour le besoin de sa cause dans la dispute avec le rationnel Pelage , homme du Nord , fut accommodée par le pape pour récompenser Charlemagne. Nous connaissons dans tous ses détails l'origine de l'installation dite divine, mais purement humaine et tout arbitraire du pouvoir temporel d'un roi chrétien ; les chroniques sont là et elles sont écrites par des clercs. Nous savons le jour, l'année, l'heure et le lieu même de cette pieuse fourberie, le moment certain où un pape a dit à un roi : « Vous êtes l'image de Dieu sur la terre , » et où un roi dit à un pape: «Vous êtes l'envoyé de Dieu », et dès ce moment-là, le sceptre et l'encensoir ont conspiré pour déshonorer le ciel et pour usurper la terre.

Lorsque le pape Léon III, environné encore d'ennemis redoutables, eut besoin d'une puissance capable de le soutenir dans ses desseins futurs de suprématie, on joua une comédie dont les peuples furent dupes et victimes pendant une longue suite de siècles. Clovis avait figuré dans le prologue : Charlemagne joua la pièce de bonne foi. Sa droiture

germanique et celte ne conçut pas la duplicité chananéenne de son auxiliaire spirituel. L'empereur avait été patrice de Rome; il avait pris ce titre en 768, à la mort de son père Pépin le Bref. L'empire grec venait de perdre toute influence sur les Etats d'Occident , et le roi des Francs venait de se rendre maître de toute l'Italie. Mais cela ne suffisait pas ; il fallait encore réunir politiquement les peuples sous un même chef temporel afin d'assurer plus sûrement par l'Etat le développement de la suprématie sacerdotale. La lecture des classiques , le souvenir d'Auguste et celui du titre d'empereur, flattaient la vanité du roi franc, et ne coûtaient rien au pape pour le lui conférer. Pour investir ce chef de la puissance surnaturelle qui lui manquait encore, Léonin, dans un conciliabule tenu à Paderborn en 799, était convenu avec Charles d'une scène, et qui fut bien jouée plus tard, le jour de Noël, 25 décembre de l'année 800, dans la basilique de Saint-Pierre de Rome. Lorsqu'après avoir entendu la messe pontificale , Charles s'était agenouillé pour prier , le pape, selon les conventions de Paderborn, s'avança avec gravité vers l'empereur et lui posa sur le chef une couronne d'or. Au même instant et par ordre, le peuple élu et rassemblé dans la basilique , se mit à crier : « Carolo augusto a Deo coronato , magno et pacifico imperatori Romanorum vita et Victoria (1) » ; « vie et victoire à l'auguste . Charles , couronné par Dieu , grand et pacifique empereur des Romains. »• Cette improvisation et ces paroles seules, concertées d'avance entre tous les évoques et les prêtres, le sénat des Francs et des Romains (genatus Francorum et Romanorum) (2) , ont introduit toute une série d'idées nouvelles dans le droit politique de l'Europe; puissamment imaginaires, elles sont dues à l'esprit inventeur du christianisme, de cette doctrine tout entière d'imagination et de sentiment, vide et inefficace. Si la fraude et le merveilleux eurent jamais une conception plus prosaïque et plus transparente, c'est bien en cette occasion, de chercher à créer deux choses aussi impossibles et aussi imaginaires que de vouloir établir une dualité- fausse , un imperium , c'est-à-dire un pouvoir terrestre, temporel ou des actes, et un autre pouvoir spirituel ou de l'esprit , et de créer ces deux puissances qui se heurtent depuis lors, le pouvoir temporel et le* pouvoir

(1^ Anii. Lauriss. 188. — Anu. Einh. 189. (2) Chronicon Moissiacense Perz., i, 805.

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spirituel , qui n'ont produit et qui ne produisent que la lutte , l'antagonisme , l'anarchie , l'impiété , le déclassement des hommes et des choses, et fondent le désordre en permanence.

Car l'acte et la collection des actes ou le monde leipporel, sont la traduction de l'idée et des idées; et réciproquement, l'idée et les idées sont le principe et la vie génératrice des actes.

Charlemagne ne fut pas ingrat envers le pape ; un service en vaut un autre. Pour payer sa gratitude de cet acte de toute-puissance, l'empereur exila les plus puissants ennemis de l'évêque de Rome , et il déposa dans le trésor de l'église de Saint-Pierre des présents magnifiques, des pierreries, des couronnes, des clefs, des calices et autres ustensiles sacrés en or et en argent. Les missions, qui jusque-là n'avaient été que des entreprises individuelles, furent exécutées par l'Etat, par le pouvoir temporel. Quoique la cour de Constantinople n'eût jamais formellement reconnu les droits des empereurs d'Occident, de ce moment, Charles se regarda comme maître par droit divin de tous les Etats qui avaient composé autrefois le vaste empire de Rome. Le souvenir de cet ancien empire flatta aussi les peuples de la péninsule Italique et les empêcha de prévoir la servitude qui les attendait.

Dans le cours de l'histoire de la monarchie chrétienne de droit divin, il arriva cependant de graves atteintes à la bonne intelligence entre le pape et les rois par la grâce de Dieu , qu'ils avaient cru devoir toujours régner dans leur intérêt réciproque. Nous n'en citerons qu'un exemple. Dans ses démêlés avec le pape Boniface VITT, Philippe le Bel se trouva tout à coup et fort inopinément dans un singulier et grand embarras par le fait de son sacre, cérémonie toute religieuse, et par les mots de « roi par la grâce de Dieu. » Comment pouvait-il méconnaître le représentant de l'autorité divine s'il fondait sur elle son droit de régner? Comment Philippe se tira-t-il de cette inquiétante et embarrassante conjoncture? En faisant tout simplement un appel direct aux droitç imprescriptibles de la nation , qu'on n'avait plus consultée depuis une éternité. Il fît un appel aux droits du peuple pour les opposer aux prérogatives spirituelles, usurpées et arbitraires du pape. Tl est curieux que Philippe employa pour la première fois comme représentation nationale les Etats généraux composés des communes, de la noblesse et du clergé, contre la papauté absolue, et il est en outre plus remarquable encore que, six cents ans plus tard , en itHO,

cette môme représentation fut employée aussi à la destruction de la monarchie absolue et du pouvoir clérical.

Charlemagne respecta l'antique principe germanique que chacun devait être jugé selon sa loi et par ses pairs. L'empereur fit recueillir les lois et les coutumes des différents peuples de son empire, tels que les Frisons, les Saxons, les Thuringes, les Bavarois, les Allemands, les Lombards, etc., et compléta celles qui ne l'étaient pas. Il fit également subir des modifications au pouvoir exécutif; car le vasselage développé déjà alors, la fusion partielle des Germains avec les Romains, le nouvel empire et l'accroissement du pouvoir du tlergé, accroissement donné à dessein par le prince, toutes ces circonstances militaient en faveur de la couronne. Il y avait annuellement une assemblée nationale tenue en automne. Elle était la source de toutes les ordonnances ayant force de loi. L'Eglise y était représentée par des évêques et des abbés, la noblesse féodale par des ducs, des comtes, des markgraves et des dignitaires impériaux et élevés, les communes enfin et les hommes libres par des échevins (scabini). Le roi ouvrait en personne ou par un délégué les assemblées nationales des Etats, leur soumettait les questions à résoudre et en provoquait la discussion.. Quand les ecclésiastiqueset les laïcs, divisés en deux chambres (curiae) séparées, avaient pris ensemble une détermination, elle était sanctionnée par le prince comme ayant force de loi (capitulare), signée par les parties présentes et envoyée aux fonctionnaires publics pour être exécutée. Toutes les questions présentées à Texamen des diètes nationales, étaient élaborées Eréalablement en été parle roi, ses conseillers d'Etat et les omines éclairés dont il s'entourait. Malgré de telles bornes, en droit et en fait Topinion fondamentale suivante prévalait incontinent, à savoir : qu'une loi ne sortait que de l'action réciproque de la couronne et des Etats. Leœ consensu populi fit et constitutione régis, c'est-à-dire la loi devient telle par la résolution du peuple et la sanction du roi (4). C'est pour cela qu'on rassemblait annuellement au milieu du mois de mai dans chaque contrée et sous la présidence d'envoyés royaux, les évoques, les abbés, les comtes, les protecteurs ou avoués des églises et les échevins, afin d'examiner la conduite des fonctionnaires de chaque branche de l'administration, la situation des affaires temporelles et spirituel-

(1) Ediclum Pistenss, a. 864.— Capitul. 803 et 804. Baluz., ii,

CûAP. If. ciiaulemaose. .')i9

les, pour promulguor. les lois nationales et proposer enfin des règlements et des lois utiles et nécessaires Les rapports verbaux et écrits des envoyés (missi) qui pesaient avec soin les griefs et principalement ceux des échevins, comme représentants immédiats du peuple, devaient servir à donner un aperçu des choses particulières au roi et à l'assemblée nationale, et le souverain donnait dans ce but ses instructions à ses délégués, et souvent aussi il faisait des plaintes locales l'objet d'une délibération générale. Secunda autera ratio régis erat interrogatio, quid unusquisque. ex illa parta regni qua veniebat, digna relatu vel retractatu afferret. Ensuite le roi avait l'habitude de souvent demander ce que celui-ci ou celui-là rapportait de remarquable de sa patrie (1). Mais si des lois en vigueur devaient éire modifiées, les communes devaient donner auparavant leur consentement. « Ut populus interrogetur de capilulis quae in lege noviter addita sunt. Et postquam omnw consenserint, subscriptiones et manufirmationes in ipsis capilulis faciant: » Qu'on interroge le peuple sur les nouveaux appendices aux lois. Alors quand tousy auront consenti, on apposera les signatures(2).

Afin d'assurer l'action du pouvoir exécutif unitaire, Charlemagne institua les envoyés ou légats, les missi dominiciy sorte d'inspecteurs généraux de l'administration publique. Ces fonclionnaires étaient probes. Le milieu dans lequol ils étaient choisis, portait encore fortement l'cMnprointe du caractère celte et germanique. Los idées arabes n'en avaient point encore pétri de dociles, doubles et lâches instruments du pouvoir. Afin d'éloigner tout soupçon de partialité , ces fonctions étaient conférées à un laïc et à un ecclésiastique qui exerçaient simultanément leur mission.

Charlemagne s'occupa avec libéralité, avec une sorle de ferveur craintive même de l'église chrétienne, de ses employés, de ses biens et de ses institutions. Si les comtes, les légats et tous les autres fonctionnaires du pouvoir temporel, ne pouvaient commettre impunément la moindre fautL\ si les peuples et les princes étrangers devaient sentir le bras conquérant du roi des Francs, colui-ci vénérait le pape, comme chef visible des fidèles, dans tous ses discours et dans toutes ses action^. Il conlirmaitet étendait srs domaines (3) et ses

(l) Ilincni.ir, de OrJine patat., c* 25. . (i) Capitul., ann. 803, t^ 19.

(3) Par .ses tloiiations et les légations à la papauté, do Tltalie centrale, Charle.nia[,^ne a fondé directement ou est au moins cause de Tultramontanisme.

tique et unitaire, au point de vue administratif, au point de vue civil et moral j 2** par l'action chrétienne , abrutissante des évêques et du clergé. Ces derniers minaient alors , comme ils le font encore aujourd'hui, la société temporelle ou le royaume des actes pratiques. Qui ne voit sous nos yeux l'action funeste, l'action dissolvante de la tradition , dissolvante de la famille et corruptrice des mœurs, qu'exerce le célibat des prêtres qui , ne tenant à rien du foyer paternel et maternel , ni marital, brise ce foyer par la captation. la séquestration et la soustraction des femmes de leur milieu légitime ?

Les congrégations que le clergé travaille sans cesse à former pour soustraire les femmes à l'autorité de leurs parents d'abord , efn brisant l'autorité paternelle et maternelle , et ensuite en les soustrayant à la fréquentation des hommes de la vie pratique, c'est-à-dire aux laïcs, servent à les leur livrer sans partage et à faire souffrir une foule de travaux de la vie réelle auxquels ellesétaient nécessaires. Ces enseignements exclusifs du clergé sur l'autre vie, en cherchant à inspirer du dégoût pour celle-ci, c'est-à-dire de la vie pratique terrestre , et puis la destruction de tous sentiments pour la famille au sein des classes pratiques, toutes ces choses du prêtre, concernant l'autre vie , mais avec des formes, montrant qu'il comprend fort bien les choses de celle-ci , qu'il ne contribue en rien à faire produire , et enfin ses idées et ses enseignements ignorants sur l'égalité mensongère parmi les hommes, etc., etc., cela ne pervertit-il pas la société, et ne pervertirait-il pas la race germanique elle-même dans son propre pays , si 1 Allemagne n'y avait mis ordre en secouant le joug et les enseignements de Rome et de la Galilée? Oui évidemment. Voilà l'explication de ce phénomène si significatif de Charlemagne.

Le mal est et a toujours été que la (îaule ne fut pas assez complètement conquise, au moinsdans ses contrées du midi, par les Germains aux iv et v« siècles. S'il y avait eu chez rîous une plus forte immigration de Germains, Germains de la môme race et de la même famille que les Celtes et les Gaulois, le christianisme aurait eu infiniment plus de difficulté à s'établir , et par suite les idées sémitiques phéniciennes s'y seraient plus difficilement propagées pour venir dévoyer la raiison des habitants.

Tant que Charlemagne couvrit dé sa puissante personnalité les inslilulions qu'il fonda dans son empire, cet empire gigantesque, mais composé déléinenls hélérogènos, put se

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maintenir et môme prospérer. Mais à sa mort , il tomba en dissolution. Les nations diverses qui le composaient, froissées dans leur foi religieuse et leur constitution civile et domestique, ainsi que dans leurs mœurs, réagirent contre le pouvoir et la puissance des rois francs, et l'empire de Charlemagne fut divisé : trois Etats séparés se forment, la France , l'Italie et l'Allemagne. La France , où le sang carthaginois et les idées phéniciennes se sont mêlés aux sang gaulois, celte, et germain, et aux débris oblitérés des croyances théologiques de l'âge symbolique, tout en secondant ou au moins en afjprouvant les idées de domination et de suprématie ecclésiastique de l'évêque de Rome , se constitua lentement en monarchie absolue pour aboutir enfin en 1792, à l'abolition de cette monarchie et ouvrir l'ère d'une révolution sociale. L'Italie , dont beaucoup de peuples étaient gâtés par le contact du sang phénicien et des idées phéniciennes, serait, toutefois en protestant vigoureusement de temps à autre , sous le joug sacerdotal qui y ruina le pouvoir temporel. L'Allemagne , vierge de tout mélange de sang méditerranéen , et où les grandes traditions de liberté et de théologie symbolique palpitaient encore , lutta pendant des siècles pour son indépendance intellectuelle contre le despotisme sacerdotal et anarchique qui siégeait au Vatican de Rome. L'Allemagne aboutit seulement à la réforme religieuse , ses prérogatives civiles et politiques , ayant été sauvegardées par les traditions et le droit germaniques.

Nous avons dit que les éléments hétérogènes, les diverses nations dont se composait l'empire de Charlemagne avaient été la cause de sa dissolution. Il ne faut pas oublier, cependant, qu'il y en eut une puissante encore, et qui est la véritable cause intrinsèque de cette dissolution. L'église, cette ennemie de toute organisation sociale laïque et temporelle, mina cet empire en se saisissant des fils et successeurs de Charlemagne pour les abêtir, et par là les annuler (1). Car il importe peu à l'église de voir les peuples heureux et prospères; il lui faut la domination absolue, afin d'arriver par là à la jouissance des plaisirs terrestres de toutes espèces et la satisfaction d'un orgueil tout à fait impie au fond. Et pour cacher ces vues ambitieuses et méchantes de contention et de division, pour affaiblir tout ce qui n'est pas

(1) Les empereurs d'Allemagne ont constamment soutenu les derniers CarlQviflgiens,

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elle et avoir la suprématie, elle se couvre encore du manteau de l'hypocrisie, et prétend que pour commander la vénération et le respect des nations . il faut que l'église soit riche , opulente et brillante. Un coup d'œil pénétrant et scrutateur sur Thistoire des successeurs de Gharlemagne prouve que les évêques, agirent précisément avec eux , comme les évoques avaient agi avec les rois mérovingiens. Comme le catholicisme cherche, sans y atteindre, à régner dans le monde eu dehors de ses réalités, et comme si ces réalités n'existaient pas, il doit nécessairement avoir en horreur tout pouvoir qui tend à imiter dans le monde la nature intérieure ou intime de l'esprit premier qui produit et maintient les formes et la disposition qu'on remarque dans les choses. De là cette action incessante et coupable pour s'opposer systématiquement à tout établissement d'ordre temporel fondé sur la nature des choses , ordre qu'en partie le génie de Gharlemagne était parvenu , non sans peine , à fonder parmi les nations qu'il avait réunies sous son sceptre conquérant.

Dans les premiers siècles de la monarchie et surtout sous les successeurs de Gharlemagne , Louis le Débonnaire . Charles le Chauve, les premiers Capets, etc., ce n'étaient dans les guerres et les invasions des Normands que trans-

f)orts de reliques , que déterrements d'os pour les porter ou es sauver ailleurs , et surtout , que disputes entre les couvents de moines à qui les aurait ou ne perdrait pas les siennes. En voici le véritable motif: C'est qu'alors, par l'idolâtrie, le fanatisme et la superstition, dont les prêtres et les moines avaient rempli l'esprit des masses , ces fainéants se faisaient nourrir par les dons des nombreux visiteurs de toutes ces reliques. C'étaient purement pour vivre sans travailler qu'eurent lieu toutes ces disputes de moines pour avoir ou pour ne pas perdre quelques restes matériels de cadavres de leurs prétendus saints I

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