GHAP. II. DE LA FEMME CHEZ LES FRANCS
droit (Je succession , et c'était bien. La dot, que le mari devait à la femme qu'il épousait , n'était que l'engagement de la nourrir , el cette dot revenait à la famille de la femme dans le cas oia celle-ci mourait.
Dans l'epèce humaine pour les mariages , il y a un des deux sexes qui recherche l'autre, qui va en avant, qui est actif; et il ne faut pas que le recherché ait autre chose que sa personne et les qualités de son âme , de son corps et de sa lignée, — fautedequoi le recherchant ne serait pas dirigé dans ses vues sur la personne , sur la fille seule pour en faire uneépouse, mais sur ses biens; et il sera tout aussitôt porté à rechercher parmi les filles à marier , celles qui ont des biens , celles qui sont riches et il fera peu de cas des qualités du corps et de l'âme de la jeune fille . — mais de l'étendue de sa fortune. De là, le commencement de la dégénérescence de l'espèce.
Si c'était l'homme qui fût passif dans l'affaire du mariage, et que la femme le recherchât la première , qu'il fût obligé par b^on sexe d'attendre qu'on le demandât , il ne devrait pas avoir de biens, il ne devrait pas hériter, et la fille, elle , devrait hériter de tous les biens paternels. Le mariage étant fait pour l'union des deux sexes, la reproduction est le fond même du mariage. Il ne faut dès lors pas que celui qui recherche l'autre, homme ou femme , puisse être influencé par rien (ïétrangerh la personne, afin que le contrat qui a bien pour fin la reproduction de l'espèce, ne soit contracté que pour les qualités corporelles et spirituelles de l'autre, et non influencé ou détourné par la vue de biens et avantages matériels à avoir. Autrement l'union qui provient du rapprochement par le mariage produira souvent des enfants ' crétins, mal faits et pauvres de corps et d'esprit.
Cette loi que la femme doit être sans dot est absolue : elle a été signalée à toutes les époques de l'histoire et chez toun les peuples civilisés. Voilà aussi pourquoi on la retrouve chez les Francs.
Le code des Francs protégeait les femmes dans tous les cas où leur pudeur pouvait recevoir une atteinte, et ce qui était très bien, c'est que les femmes, pour avoir droit à cette protection permanente, devaient l'acquérir et la mériter par leur conduite décente et honorable. Ce n'était pas une protection quand même , comme de nos jours. L'adultère était puni chez nos ancêtres avec sévérité ; si le mari avait surpris sa femme en flagrant délit d'adultère, et si l'auteur du crime faip.ai]t mpe de résister, l'époux in^iilté avait droil
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de tuer Cet homme qui lui volait son honneur. La prostitution n'était nulle part tolérée. Les Francs ne savaient ce que c'était que la sensualité quand ils descendirent dans les Gaules.
. A côté de l'épouse en titre chez les Francs, plusieurs autres femmes pouvaient partager et partageaient simultanément la couche du maître. Ils avaient dans la partie la plus retiréjB de la maison , un gynécée où se tenaient les femnles ou les servantes qui leur donnaient des enfants et qui passaient dans leur lit. Les pauvres et le peuple étaient plus souvent monogames , parce qu'il n'y avait pas là autant de besoins que chez l'homme supérieur qui est éclairé , qui a de l'imagination et dont l'âme a plus d'éléments dans les régions du beau et dans le multiple , le beau ne sortant pas du particulier, mais de la miiltipUcité mesurée et harmonique; l'homme supérieur amasse plus etjpeut aussi plus dépenser.
On voit dans l'histoire que les Francs souffrirent horriblement de la contrainte que le clergé gaulois voulait leur imposer en ne leur permettant qu'une seule femme , contrainte pour laquelle il invoquait sa loi, qu'il qualifiait de divine. Les Francs ne souffraient pas que le prêtre se permît de voir , de juger et de condamner ce qui se pas>çiit dans le sanctuaire du foyer domestique : ils contribuaient volontiers à toutes les dépenses du culte; ils faisaient généreusement l'aumône; ils donnaient à pleines mains pour la construction et l'embellissement des églises, pour l'entretien des monastères , pour les châsses , les reliquaires , les tombeaux des saints, mais ils devenaient indociles et rebelles , dès que leur conduite privée était en butte aux réprimandes arbitraires, aux anathèmes injustes et déclamatoires des évêques et des clercs , et ils avaient raison. Le fond de la doctrine chrétienne n'étant pas bon , les formes que le prêtre en tirait ne leur convenaient pas. De là, la répugnance qu'ils avaient pour la bénédiction conjugale do l'Eglise. Ils se contentaient de suivre la loi salique, la loi du sou et denier, et du présent du» matin (Morgen Gabe). parce qu'ils savaient très bien qu'en se soumettant à l'église pour le mariage, ils perdaient leur autorité, et que c'étaient eux, au contraire, qui devenaient dépendants, esclaves d'une femme menée par des étrangers, les prêtres.
L'acceptation du sou et denier par la lomme, la faisait considérer dans son esprit comme ne s' appartenant plus à ellemôDFie : par là, elle faisait acte de soumission à son mari et